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Le care selon Carol Gilligan : la voix d’Amy et le barème de Kohlberg

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Sur l’échelle de Lawrence Kohlberg, la réponse de Jake se cote comme un mélange des stades trois et quatre, celle d’Amy comme un mélange des stades deux et trois. Les deux enfants ont onze ans. Ils ont entendu la même histoire, celle d’un homme, Heinz, qui ne peut pas payer le médicament dont sa femme a besoin pour vivre, et on leur a posé la même question, savoir s’il doit le voler. Jake répond que oui, puisqu’une vie vaut plus que de l’argent. Amy répond qu’il ne devrait pas, que sa femme ne devrait pas mourir non plus, et qu’il faudrait trouver un autre moyen. Carol Gilligan rapporte les deux entretiens au deuxième chapitre d’In a Different Voice, publié à Cambridge (Massachusetts) par Harvard University Press en 1982, avec les cotes que le barème leur attribue. À onze ans, selon ce barème, Amy a un stade entier de retard sur Jake.

Six stades et un échantillon de garçons

Kohlberg avait bâti son échelle sur des dilemmes de ce genre, soumis d’abord à des garçons, et Maureen Sander-Staudt rappelle dans l’Internet Encyclopedia of Philosophy que les filles, ajoutées ensuite aux échantillons, obtenaient des scores inférieurs. La théorie range les raisonnements moraux en six stades successifs et place au sommet celui qui tranche par des principes universels de justice, de façon impartiale, sans égard pour les liens qui unissent les personnes en cause. Nathalie Zaccaï-Reyners résume l’enjeu d’une formule, la maîtrise de principes abstraits et impartiaux servait de modèle à la maturité morale, si bien que les enquêtes trouvaient les femmes, de façon répétée, moralement déficientes.

Gilligan avait préparé sa thèse à Harvard, où Kohlberg était son mentor. En 1977, la Harvard Educational Review publie son premier article sur la question, sous le titre que reprendra le livre, « In a Different Voice : Women’s Conceptions of Self and of Morality » (vol. 47, n° 4, p. 481-517). Elle y part d’entretiens avec des femmes qui envisagent un avortement, et soutient que la théorie du développement n’a pas donné une expression adéquate aux préoccupations et à l’expérience des femmes. Le premier chapitre du livre de 1982, « Woman’s Place in Man’s Life Cycle », reproche aux théories du développement d’ignorer l’expérience morale des filles ou de décrire les femmes comme bloquées à un stade interpersonnel, et accuse Kohlberg de placer une morale des droits au-dessus d’une morale de la responsabilité, alors que les deux diffèrent sans former une hiérarchie (p. 18-19, d’après Jordan Pascoe). Le livre a reçu en 1992 le prix Grawemeyer en éducation de l’université de Louisville, et il a été réimprimé l’année suivante précédé d’une « Lettre aux lecteurs ».

« Une sorte de problème de maths avec des humains »

Jake a son raisonnement tout prêt. La vie humaine vaut plus que l’argent, le pharmacien pourra gagner de l’argent plus tard, Heinz ne retrouvera jamais sa femme, et il doit donc voler le médicament. Lui-même voit dans le dilemme « une sorte de problème de maths avec des humains » (sort of like a math problem with humans, p. 26-28 ; traduction de la rédaction pour toutes les citations anglaises de l’article). On pose les valeurs en présence, on les compare, la plus lourde emporte la décision, et n’importe qui retrouverait le même résultat par le même calcul. Le barème range ce jugement parmi les raisonnements conventionnels.

Amy refuse le choix qu’on lui tend. Heinz ne devrait pas voler, mais sa femme ne devrait pas mourir non plus ; il pourrait emprunter l’argent, et surtout, dit-elle, Heinz et le pharmacien « devraient vraiment en parler et trouver un autre moyen de réunir l’argent » (they should really just talk it out and find some other way to make the money). Gilligan relit cette réponse au plus près. Jake voit un conflit entre deux droits, la propriété et la vie. Amy voit, selon elle, « un récit de relations qui se prolonge dans le temps » (a narrative of relationships that extends over time), et le problème naît à ses yeux d’une absence de réponse du pharmacien (failure of response), qui laisse mourir une femme qu’il pourrait sauver. Il se résout en rétablissant la communication, pas en hiérarchisant des principes. L’entretien n’entend pas cette réponse. L’enquêteur répète ses questions, Amy comprend que ce qu’elle a dit n’a pas été entendu ou n’est pas la bonne réponse, et sa confiance faiblit, d’après le passage que cite un compte rendu paru en mars 1986 dans la Socialist Health Review. Le barème, lui, lit dans ses réponses le sentiment d’une impuissance devant le monde.

Le dilemme de Heinz se prête à une expérience que chacun peut refaire. Posez-vous d’abord la question de Kohlberg telle quelle, Heinz doit-il voler le médicament, en vous interdisant toute autre réponse que oui ou non. Posez ensuite la question que suppose la réponse d’Amy, que doit faire Heinz pour que sa femme vive. La première demande de peser deux principes. La seconde fait chercher des personnes, des démarches, une suite d’événements, et elle admet des réponses que la première aurait écartées comme hors sujet. Lesquelles, parmi celles qui viennent à l’esprit, le barème de Kohlberg aurait-il su coter ?

Page 2 de l’introduction

L’argument du livre se refait en trois phrases. Les théories du développement moral ont été construites sur des sujets masculins et mesurent la maturité à la capacité de trancher un conflit de droits par des principes impartiaux, si bien que tout raisonnement d’une autre forme y apparaît comme un retard. Les entretiens de Gilligan font entendre un raisonnement d’une autre forme, cohérent pourtant, pour lequel un problème moral naît de responsabilités en conflit et se règle par l’attention aux besoins de chacun et le maintien des relations, dans une situation précise. Le retard mesuré tient donc à l’instrument, et la théorie doit faire place à deux orientations, celle de la justice et celle du care.

La même enquête demandait aux enfants ce que veut dire être responsable. Selon le résumé qu’en donne la juriste Joan Shaughnessy en 1988, Jake y entend l’obligation de s’abstenir de nuire, Amy celle de répondre à ce que les autres attendent d’elle (p. 37). Les deux enfants pensent à autrui, et la différence tient à la forme que prend l’obligation, une limite à ne pas franchir chez l’un, une réponse à donner chez l’autre. Gilligan tire de ses enquêtes une thèse sur le soi, puisque chez les garçons et les hommes, écrit-elle, la séparation et l’individuation sont étroitement liées à l’identité de genre (p. 8), et elle qualifie l’autonomie ainsi conçue de quête illusoire et dangereuse (p. 48, d’après Pascoe).

Une phrase de l’introduction règle d’avance un contresens. La voix différente qu’elle décrit, prévient Gilligan, se caractérise par son thème, et le sexe ne la définit pas (characterized not by gender but theme, p. 2). Jordan Pascoe, dans la notice qu’elle consacre à l’éthique féministe dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, révisée en août 2025, relève d’ailleurs que les femmes interrogées par Gilligan exprimaient aussi souvent la perspective de la justice que celle du care.

Le mot lui-même résiste au français. Fabienne Brugère observe en 2009 qu’il désigne à la fois une attitude, la sollicitude, et des pratiques, le soin, et la traduction de 2008 rend un passage du deuxième chapitre par « une éthique fondée sur la préoccupation (care) d’autrui » (p. 57, d’après Zaccaï-Reyners). On garde ici l’anglais, parce que chacun des équivalents français ne retient qu’une moitié de ce que Gilligan oppose à la justice, le sentiment ou le travail. Nel Noddings est allée plus loin deux ans après le livre, en 1984, dans Caring. A Feminine Approach to Ethics and Moral Education, où la perspective du care devient moralement préférable, et Pascoe rappelle qu’elle l’a plus tard déclarée explicitement féministe.

Tronto demande qui fait le soin

En 1987, dans la revue Signs, la politiste Joan Tronto tient la position de Gilligan pour subtile (p. 644) et la juge pourtant mal engagée. L’assimilation du care au féminin lui paraît discutable (p. 645), et pour trois raisons. Les preuves qui relient le care au sexe sont faibles, et Tronto rappelle que la revue de littérature publiée par Lawrence Walker en 1984 ne trouvait de différence entre les sexes dans presque aucune des études sur le raisonnement moral, ce que Gilligan n’accordait que pour le raisonnement de justice (p. 647, n. 12). Dans une société qui tient le masculin pour la norme, une différence prêtée aux femmes se lit vite comme une déviation, et bientôt comme une infériorité. Enfin, si le care devient la morale des femmes, les féministes s’emploient à défendre cette morale au lieu d’examiner ce qu’elle vaut comme philosophie. Les échantillons de Gilligan, des femmes face à un avortement, des étudiants d’université, viennent d’ailleurs surtout de milieux privilégiés (n. 20). Tronto avance une autre variable, la position sociale, en s’appuyant sur des travaux qui décrivent chez des enfants noirs et chicanos, ou dans la culture afro-américaine, des façons de penser le soi par ses liens proches de la voix d’Amy, et elle en tire trois lectures possibles des mêmes résultats, la première donnant raison à Kohlberg et faisant de l’inégalité sociale un frein au développement moral des femmes et des minorités, la deuxième voyant dans ces vues morales une façon pour ces groupes d’affirmer leur singularité, la troisième tenant le care pour une capacité morale précieuse que développent ceux qu’on assigne aux tâches de soin, et dont des hommes privilégiés seraient privés par une expérience plus abstraite. Sa conclusion prolonge la troisième. Le care doit devenir une théorie morale complète, avec sa métaéthique, ses limites et ses institutions, et cesser de passer pour un simple correctif de la justice (p. 655).

Kohlberg avait répondu en distinguant deux sens du mot moral, selon le compte rendu qu’en donne Tronto (p. 653-654). Le care relève pour lui d’une morale particulière, attachée à des relations proches, et il en donne pour exemple la décision de divorcer d’une femme.

Une autre objection vise ce que l’éthique du care demande à celles qui la pratiquent. Plusieurs philosophes, que recense la notice de Pascoe, relèvent qu’un soin qui ne va que dans un sens peut rendre possible l’exploitation de celles qui le donnent, et qu’une éthique qui célèbre cette disposition risque de valoriser une féminité façonnée par l’oppression. Tronto a donné à ces objections une forme politique en 1993, dans Moral Boundaries, traduit par Hervé Maury en 2009 sous le titre Un monde vulnérable. Le care y devient une activité générique, qui comprend « tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre “monde” » (p. 143), en quatre phases, se soucier d’un besoin, le prendre en charge, prodiguer le soin et le recevoir, auxquelles répondent l’attention, la responsabilité, la compétence et la capacité de réponse (p. 147-150, d’après Brugère). Ce travail est réparti selon le sexe, la race et la classe, et les tâches les plus physiques échoient le plus souvent aux femmes, aux minorités raciales et aux classes populaires.

Mediapart, printemps 2010

Au printemps 2010, la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, défend dans un entretien à Mediapart une « société du care » qu’elle rattache à Gilligan, et les journaux réagissent avec violence. Jean-Michel Chahsiche a retracé l’épisode en 2014 dans Raisons politiques. Des universitaires dénoncent alors la misogynie des élites politiques et intellectuelles françaises et l’amateurisme du parti sur le sujet, tandis que des responsables politiques tentent de dissiper les malentendus des premières réactions.

Le livre était lisible en français depuis 1986. La première traduction avait paru chez Flammarion sous le titre Une si grande différence, et l’édition de 2008, revue par Vanessa Nurock et présentée par Sandra Laugier et Patricia Paperman, a rétabli le titre de Gilligan, Une voix différente, avec un sous-titre qui n’est pas celui de 1982, Pour une éthique du care.

Le prénom de la traductrice varie selon les notices, Annie à la BnF, Annick en 2008.

Gilligan a elle-même déplacé sa thèse. Dans un essai publié en 2019 par la Los Angeles Review of Books, elle écrit que la voix différente, associée aux femmes, est en réalité une voix humaine, et que, lorsqu’elle a commencé, cette voix était presque automatiquement entendue comme celle des femmes. Elle date de The Birth of Pleasure (2002) le moment où elle a nommé la force qui imposait cette écoute, le patriarcat, un ordre fondé sur un binaire et une hiérarchie des sexes qui élève le masculin au-dessus du féminin. En 2023, In a Human Voice, paru chez Polity, revient sur le livre de 1982 quarante ans après. Pascoe y lit une révision de la thèse selon laquelle le care serait propre aux femmes, au profit d’une voix humaine qui conteste une voix patriarcale. L’écart entre le texte de 1982, qui parlait déjà de thème, et la lecture qui en a fait une morale des femmes date donc des premiers lecteurs, et il a fallu quarante et un ans pour que l’autrice l’inscrive dans un titre.

Le dilemme qu’on choisit soi-même

En 2000, Sara Jaffee et Janet Shibley Hyde rassemblent dans le Psychological Bulletin (vol. 126, n° 5, p. 703-726) les études qui mesurent les deux orientations, cent treize sources utilisables, cent soixante tailles d’effet pour le care et quatre-vingt-quinze pour la justice. Les femmes recourent un peu plus au raisonnement de care (d = −0,28), les hommes un peu plus à celui de justice (d = 0,19), et les deux autrices jugent ces écarts petits et peu favorables à l’idée que le care serait surtout l’affaire des femmes (p. 703). Les variables qu’elles testent, âge, milieu social, type de dilemme, système de cotation, sexe du protagoniste, n’expliquent ensemble que 16 % de la variance pour le care et 17 % pour la justice. Sur les enfants et les personnes âgées, la méta-analyse ne dit presque rien, faute d’échantillons en nombre suffisant (p. 712).

Une de ces variables déplace pourtant la discussion vers le dispositif d’enquête. Pour les dilemmes standard, du type de celui de Heinz, et pour les dilemmes hypothétiques tirés de la vie réelle, l’écart entre les sexes reste minime (d = −0,19 et −0,20). Il grandit quand les personnes interrogées racontent un dilemme qu’elles ont choisi elles-mêmes (d = −0,37), et il atteint son maximum, d = −0,57, avec les mesures qui se passent de tout dilemme (p. 712-713). L’écart le plus faible se mesure ainsi sur le type de dilemme qui avait servi à coter Amy, et le plus fort là où l’enquêteur ne raconte plus d’histoire à personne.

Pour aller plus loin

Le Deuxième Sexe de Beauvoir, où la femme est définie comme l’Autre d’un sujet masculin, éclaire la critique que Gilligan adresse à des théories bâties sur des sujets masculins. L’Éthique à Nicomaque, avec sa sagesse pratique qui juge des cas particuliers, et le voile d’ignorance de Rawls, figure d’un jugement impartial, offrent deux points de comparaison sur ce que doit voir celui qui juge.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Carol Gilligan, *In a Different Voice. Psychological Theory and Women’s Development*, Cambridge (Mass.), 1982, introduction, p. 2 (« The different voice I describe is characterized not by gender but theme »), d’après Joan M. Shaughnessy ; traduction de la rédaction Harvard University Press
  2. Carol Gilligan, *In a Different Voice*, 1982, chap. 1, « Woman’s Place in Man’s Life Cycle », p. 8 (séparation et individuation liées à l’identité de genre chez les garçons et les hommes), p. 18-19 et 30 (théories qui ignorent l’expérience morale des filles ou décrivent les femmes bloquées à un stade interpersonnel ; morale des droits placée au-dessus de la morale de la responsabilité), et p. 48 (l’autonomie comme « illusory and dangerous quest »), d’après Jordan Pascoe Harvard University Press
  3. Carol Gilligan, *In a Different Voice*, 1982, chap. 2, « Images of Relationship », p. 26-28 (Jake, onze ans, « sort of like a math problem with humans » ; Amy, « his wife shouldn’t die either », « they should really just talk it out and find some other way to make the money », « a narrative of relationships that extends over time », « failure of response »), extrait consulté sur la page de cours de Douglas Davis, Haverford College ; cotes de Jake (« a mixture of stages three and four ») et d’Amy (« a mixture of stages two and three »), répétition des questions par l’enquêteur et sentiment d’impuissance lu par le barème, d’après le compte rendu de la *Socialist Health Review* ; définition de la responsabilité chez Jake et Amy, p. 37, d’après Joan M. Shaughnessy ; traduction de la rédaction Harvard University Press
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Sources primaires (suite)

  1. Carol Gilligan, *In a Different Voice*, réimpression de 1993 précédée d’une « Letter to Readers, 1993 », xxx-184 p., prix Grawemeyer en éducation de l’université de Louisville, 1992 (notice consultée) Harvard University Press
  2. Carol Gilligan, « In a Different Voice : Women’s Conceptions of Self and of Morality », *Harvard Educational Review* 47 (4), 1977, p. 481-517, DOI 10,17763/haer.47,4.g6167429416hg5l0 (entretiens avec des femmes envisageant un avortement, critique de Kohlberg) Harvard Education Publishing Grouphttps://doi.org/10.17763/haer.47.4.g6167429416hg5l0
  3. Carol Gilligan, *Une si grande différence*, trad. Annie Kwiatek, Paris, 1986, 269 p., première traduction française (notice BnF consultée) Flammarion
  4. Carol Gilligan, *Une voix différente. Pour une éthique du care*, trad. Annick Kwiatek revue par Vanessa Nurock, présentation de Sandra Laugier et Patricia Paperman, Paris, 2008, p. 57 (« une éthique fondée sur la préoccupation (care) d’autrui »), d’après Nathalie Zaccaï-Reyners Flammarion
  5. Carol Gilligan, « “In a Different Voice” : Act II », *Los Angeles Review of Books*, 15 mars 2019 (la voix différente comme voix humaine, l’écoute presque automatique comme voix de femme, le patriarcat nommé à partir de *The Birth of Pleasure*, 2002) ; traduction de la rédaction Los Angeles Review of Books
  6. Carol Gilligan, *In a Human Voice*, Cambridge, 20 juillet 2023, 131 p., ISBN 978-1-5095-5679-3 (notice et présentation de l’éditeur consultées) Polity
  7. Carol Gilligan, *The Birth of Pleasure*, New York, 2002, ouvrage où Gilligan dit avoir nommé pour la première fois le patriarcat, cité d’après son essai de 2019 (non consulté directement)
  8. Joan Tronto, *Un monde vulnérable. Pour une politique du care*, trad. Hervé Maury, Paris, 2009, 238 p., p. 143 (définition du care) et p. 147-150 (les quatre phases et leurs qualités morales), d’après Fabienne Brugère ; édition originale, *Moral Boundaries. A Political Argument for an Ethic of Care*, New York, 1993 La Découverte
  9. Nel Noddings, *Caring. A Feminine Approach to Ethics and Moral Education*, Berkeley, 1984, d’après Jordan Pascoe (perspective du care jugée moralement préférable, déclarée féministe en 2013) University of California Press

Bibliographie

  1. Joan C. Tronto, « Beyond Gender Difference to a Theory of Care », *Signs* 12 (4), été 1987, p. 644-663 (p. 644, position « subtle » de Gilligan ; p. 645, « The equation of “care” with “female” is questionable » ; p. 647, n. 12, la revue de Walker ; p. 650-651, position sociale et travaux sur les enfants noirs et chicanos ; p. 653-654, réponse de Kohlberg ; p. 655, le care comme alternative et non comme correctif ; n. 20, échantillons privilégiés) University of Chicago Press
  2. Lawrence J. Walker, « Sex Differences in the Development of Moral Reasoning : A Critical Review », *Child Development* 55, 1984, d’après Joan C. Tronto Society for Research in Child Development
  3. Sara Jaffee et Janet Shibley Hyde, « Gender Differences in Moral Orientation : A Meta-Analysis », *Psychological Bulletin* 126 (5), 2000, p. 703-726, DOI 10,1037/0033-2909 126,5.703 (p. 703, résumé et conclusion ; p. 712-713, tableau 2, type de dilemme et âge) American Psychological Associationhttps://doi.org/10.1037/0033-2909
  4. Jordan Pascoe, « Feminist Ethics », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 27 mai 2019, révision substantielle du 22 août 2025 (pagination de Gilligan 1982, Noddings, objection de l’exploitation des soignantes, révision de 2023) Stanford University
  5. Maureen Sander-Staudt, « Care Ethics », *Internet Encyclopedia of Philosophy* (Kohlberg mentor de Gilligan, échantillons de garçons, scores inférieurs des filles) University of Tennessee at Martin
  6. Fabienne Brugère, « Pour une théorie générale du “care” », *La Vie des idées*, 8 mai 2009 (le mot care entre sollicitude et soin, définition et phases chez Tronto, répartition du travail de care) Collège de France
  7. Nathalie Zaccaï-Reyners, « Les voix de l’éthique : justice et care », compte rendu de Carol Gilligan, *Une voix différente*, 2008, *EspacesTemps.net* (principes abstraits et impartiaux comme modèle de maturité, femmes trouvées « moralement déficientes », édition de 2008) EspacesTemps.net
  8. Jean-Michel Chahsiche, article paru sous le titre anglais que donne la notice de Cairn, « From “Ethic of Care” to “Welfare Society” : Politicization of the Ethic of Care in French Socialist Party » (titre français original ), *Raisons politiques* 56 (4), 2014, p. 87-104, DOI 10,3917/rai.056,0087 (entretien de Martine Aubry à Mediapart au printemps 2010 et réactions) Presses de Sciences Pohttps://doi.org/10.3917/rai.056.0087
  9. Joan M. Shaughnessy, « Gilligan’s Travels », *Law and Inequality* 7 (1), 1988 (citation de Gilligan 1982, p. 2, n. 29 ; résumé des réponses de Jake et d’Amy sur la responsabilité, n. 16) University of Minnesota Law School
  10. Nalini, compte rendu de Carol Gilligan, *In a Different Voice*, *Socialist Health Review*, mars 1986, p. 174-178 (cotes de Jake et d’Amy, répétition des questions de l’enquêteur) Socialist Health Review

Sources en ligne

  1. « Gilligan : Jake and Amy » (extrait de *In a Different Voice*, p. 26-28) Haverford Collegehttp://ww3.haverford.edu/psychology/ddavis/p109g/gilligan.jake-amy.html
  2. « Diffrent Voices 173 » (compte rendu de la *Socialist Health Review*, mars 1986) FMES Institutehttps://fmesinstitute.org/wp-content/uploads/2024/01/Diffrent-Voices_173.pdf
  3. « In a different voice : psychological theory and women’s development » (notice de la réimpression de 1993) Simmons University Libraryhttps://libcat.simmons.edu/Record/b1241119/Details
  4. « In a Different Voice : Women’s Conceptions of Self and of Morality » Harvard Educational Reviewhttps://www.harvardeducationalreview.org/node/1216
  5. « Notice bibliographique » (*Une si grande différence*, 1986) Bibliothèque nationale de Francehttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34870045q
  6. « les voix de ethique justice et care » (Nathalie Zaccaï-Reyners) EspacesTemps.nethttps://www.espacestemps.net/articles/les-voix-de-ethique-justice-et-care/?output=pdf
  7. « Tronto Beyond Gender Difference » University of Wisconsin–Madison, Ethics of Carehttps://uwethicsofcare.gws.wisc.edu/wp-content/uploads/2020/03/Tronto-Beyond-Gender-Difference.pdf
  8. « Care Ethics » Internet Encyclopedia of Philosophyhttps://iep.utm.edu/care-ethics/
  9. « Feminist Ethics » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/feminism-ethics/
  10. « Pour une théorie générale du care » La Vie des idéeshttps://laviedesidees.fr/Pour-une-theorie-generale-du-care
  11. « Gender differences in moral orientation : A meta-analysis » Academia.eduhttps://www.academia.edu/13986379/Gender_differences_in_moral_orientation_A_meta_analysis
  12. « Journal article » (Jean-Michel Chahsiche, *Raisons politiques*, 2014) Cairn.infohttps://shs.cairn.info/journal-raisons-politiques-2014-4-page-87?lang=en
  13. « 06 7Law Ineq11988 1989 » (Joan M. Shaughnessy, « Gilligan’s Travels ») Law & Inequalityhttps://lawandinequality.org/wp-content/uploads/2020/12/06_7Law_Ineq11988-1989.pdf
  14. « “In a Different Voice” : Act II » Los Angeles Review of Bookshttps://lareviewofbooks.org/article/in-a-different-voice-act-ii/
  15. « In a Human Voice » London Review Bookshophttps://londonreviewbookshop.co.uk/stock/in-a-human-voice-carol-gilligan
  16. « carol gilligan human voice » (entretien de *Here and Now*, 4 octobre 2023) WBURhttps://www.wbur.org/hereandnow/2023/10/04/carol-gilligan-human-voice
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