Un médecin melkite réfugié à Antioche a résumé l’affaire en quelques lignes. Yahyâ ibn Sa’îd, qui rédige la suite des Annales d’Eutychius jusqu’en 1034, raconte que Basile II, à bout de ressources, s’est tourné vers le souverain des Rus', qui était son ennemi, et que celui-ci a consenti. Le prix fut la sœur de l’empereur, à condition que le prince et son peuple reçoivent le baptême. Aucun débat sur les religions, aucun envoyé ébloui, aucune cécité miraculeuse. Le baptême de Vladimir tient là, dans une clause de traité militaire.
Un empereur aux abois et six mille Varègues
Basile II n’a pas le choix. Depuis février 987, Bardas Skléros est en révolte ; le 14 septembre de la même année, Bardas Phocas se proclame empereur et tient l’essentiel de l’Asie Mineure. Constantinople risque le siège. L’empereur se tourne vers Kiev, avec qui le traité de 971 prévoyait une assistance militaire. Vladimir envoie six mille hommes. Ils sauvent le trône à Chrysopolis, puis à Abydos le 13 avril 989, où Phocas meurt.
La contrepartie était sans précédent. Anne était porphyrogénète, née dans la chambre de porphyre réservée aux enfants d’empereur régnant, sœur de Basile II et de Constantin VIII. Or son propre père, Constantin VII, avait consacré le chapitre 13 du De administrando imperio à interdire les mariages entre la maison impériale et les nations étrangères. Céder Anne à un prince païen du Dniepr revenait à violer une doctrine formulée par écrit deux générations plus tôt. Basile II l’a fait. C’est la mesure exacte de sa panique, et le meilleur argument pour dater l’accord de 987 ou du tout début de 988.
Thietmar de Mersebourg, évêque saxon mort en 1018, confirme l’essentiel depuis l’autre bout de l’Europe. Au livre VII de sa Chronique, il traite Vladimir de fornicateur sans mesure jusqu’à ce qu’il prenne une épouse convenable venue de Grèce et adopte la foi chrétienne à son instigation. Le portrait est hostile et le motif édifiant. Mais il place, vers 1015, le mariage grec au cœur de la conversion, comme Yahyâ.
Quatre histoires cousues en une
Le récit que tout le monde connaît vient d’ailleurs. Le Récit des temps passés, souvent appelé Chronique de Nestor, a été mis en forme à Kiev dans les années 1110, environ cent vingt-huit ans après les faits. L’attribution même au moine Nestor du monastère des Grottes reste discutée : elle repose sur le témoignage d’un seul manuscrit tardif, le codex Khlebnikov. Et le plus ancien exemplaire conservé du texte est la Chronique laurentienne, cent soixante-treize feuillets de parchemin copiés entre le 14 janvier et le 20 mars 1377 par le moine Lavrenti pour le prince Dmitri Konstantinovitch de Souzdal. Entre l’événement et le plus vieux support qui le raconte, près de quatre siècles.
Ce que contient ce texte n’est pas un récit, mais quatre. Donald Ostrowski a montré en 2006 comment la conversion de Vladimir y assemble des traditions distinctes, sous les années d’annale 6494, 6495 et 6496 : les missionnaires qui viennent à Kiev, les envoyés dépêchés chez les voisins, la prise de Cherson, la cécité guérie. Chaque épisode conduit à la conversion, et chaque fois Vladimir remet sa décision, ce qui permet à l’épisode suivant de commencer. Le vœu qu’il prononce devant les murs de Cherson, promettant le baptême si la ville tombe, n’est plus jamais mentionné après la victoire. Andrzej Poppe date pour sa part la comparaison des religions de la seconde moitié du XIᵉ siècle au plus tôt, et la légende de Cherson des années 1070 ou 1080.
Le compilateur lui-même avoue son embarras. Il écrit que ceux qui ignorent la vérité situent le baptême à Kiev, d’autres à Vassiliev, d’autres encore ailleurs. Autrement dit : au début du XIIᵉ siècle, à Kiev, dans le monastère qui conservait la mémoire du prince, on ne savait déjà plus où il avait été baptisé.
Ce que le conte des religions garde de solide
Le passage le plus cité est aussi le plus littéraire. Vladimir écoute des musulmans de la Volga, refuse une religion qui interdit le vin et le porc, écarte le judaïsme au motif que ses fidèles ont perdu Jérusalem, envoie des observateurs à Constantinople qui ne savent plus, dans Sainte-Sophie, s’ils sont au ciel ou sur terre. La scène a des ancêtres : on raconte la même disputation devant le souverain khazar. Elle contient aussi un anachronisme lourd, puisqu’elle traite le christianisme latin comme une religion étrangère au christianisme grec, ce qui suppose le schisme de 1054 déjà consommé, soit deux générations après Vladimir.
S’arrêter là serait malhonnête. La situation que la scène met en fiction était réelle. Le traité de 944 atteste à Kiev une communauté chrétienne et une église Saint-Élie. Olga, grand-mère de Vladimir, avait reçu le baptême lors de son séjour à Constantinople au milieu du Xᵉ siècle, épisode consigné aussi dans les annales byzantines et figuré dans le manuscrit illustré de Jean Skylitzès conservé à Madrid. Les Bulgares de la Volga étaient musulmans, les Khazars avaient eu une élite juive, des missionnaires latins circulaient par la Baltique.
Une tradition arabe indépendante va plus loin. Sharaf al-Zamân al-Marwazî, mort vers 1124, écrit que les Rus' avaient reçu le christianisme, s’en étaient trouvés affaiblis à la guerre, et que leur roi V.lâdmîr envoya demander l’islam au souverain du Khwârezm, qui lui dépêcha un docteur de la loi. Le récit contredit la chronique kiévienne sur presque tous les détails et ne peut donc pas en dériver. Il montre qu’une hésitation religieuse du prince circulait dans des milieux qui n’avaient rien à voir avec les moines des Grottes. L’archéologie, elle, ne tranche pas : des croix pendentif sortent de contextes kiéviens du Xᵉ siècle, mais dans des sépultures qui contiennent aussi des dirhams et du mobilier païen.
Trois villes se disputent le baptême
La chronologie est le point le plus abîmé du dossier. L’année d’annale 6496 ne recouvre pas notre année 988, et la séquence événements-baptême-mariage change d’ordre selon les sources. En 1976, Andrzej Poppe a proposé un renversement complet : Vladimir aurait été baptisé à Kiev, au début de 988, en exécution du pacte, et n’aurait pris Cherson qu’en 989, non pas contre Basile II mais pour lui, la ville de Crimée ayant basculé du côté des rebelles.
Dimitri Obolensky a répondu en 1989 par un article dont le titre annonce la couleur. Il tient que rien, dans les sources byzantines, n’autorise à faire de Vladimir le mandataire de l’empereur en Crimée, et qu’une opération conjointe attestée pour 1016 par la chronique de Skylitzès ne prouve rien sur une situation antérieure d’une génération et de nature différente. D’autres datations, discutées dans le même article, repoussent le siège de Cherson à la fin de l’été 989 et sa reddition au printemps 990. Les historiens ont même mobilisé les phénomènes célestes que Léon le Diacre décrit au livre X de son Histoire, dont la lecture est elle-même contestée.
Une source slave ancienne complique encore les choses. Le Mémoire et éloge du prince russe Vladimir, écrit par un moine nommé Jacob vers les années 1040, affirme que le prince fut baptisé d’abord, descendit aux cataractes du Dniepr l’année suivante, et prit Korsun la troisième année. Baptême, campagne, mariage : trois ordres possibles, trois lieux possibles, et une seule pièce du dossier trouve une confirmation extérieure, la négociation matrimoniale.
Ce que le sol de Kiev a rendu
Le prince rentre avec un clergé, des reliques de saint Clément de Rome, martyrisé à Cherson, et un programme de construction. Les églises de bois s’élèvent sur les emplacements des idoles, dont une dédiée à saint Basile, nom de baptême de Vladimir, sur la colline où se dressait Peroun. Puis vient la première église maçonnée du monde slave oriental, l’église de la Dîme, ainsi nommée parce que le prince lui attribua un dixième de ses revenus. Le Récit précise qu’il fit venir des maîtres de Grèce. Elle est consacrée en 996. En 998, le patriarcat de Constantinople érige à Kiev une métropole, dont les titulaires seront presque tous grecs.
Il n’en reste rien debout. Ruinée par les Mongols en 1240, l’église de la Dîme n’a laissé que des fondations arasées, fouillées par campagnes depuis le XIXᵉ siècle et de nouveau entre 2005 et 2011. On y a trouvé des briques à estampilles grecques, un pavement d'opus sectile en marbre blanc de Proconnèse et vert antique, des fragments de fresques. Le plan lui-même reste ouvert : basilique à coupole, basilique à croix inscrite, église en croix grecque inscrite, ou peut-être édifice sans coupole. Autour de l’an mil, Vladimir fait aussi frapper des pièces d’or et d’argent qui copient le solidus de Basile II et Constantin VIII, le Christ sur une face, le prince en costume impérial sur l’autre. Il en subsiste une poignée, et le corpus de référence y voit des objets de prestige plutôt que des instruments d’échange.
À Chersonèse, le sol se dérobe autrement. Une dizaine des quarante hectares de la ville antique ont été fouillés. Aucune église du site ne peut être désignée avec certitude comme celle du baptême, et l’ensemble, inscrit au patrimoine mondial en 2013, a été porté en 2026 sur la liste du patrimoine mondial en péril.
Reste une phrase du Récit. Vladimir emporta de Cherson deux statues d’airain et quatre chevaux d’airain, dressés derrière l’église de la Mère de Dieu, que les ignorants croyaient de marbre. Le chroniqueur les voyait encore de ses yeux au début du XIIᵉ siècle. Personne ne les a jamais retrouvés.
Pour aller plus loin
Ce dossier croise la formation de la Rus' de Kiev et la part qu’y ont prise les Varègues, question où l’archéologie de Gniozdovo et de Novgorod pèse autant que les chroniques. Il rejoint la garde varangienne de Constantinople, née de ce contingent de six mille hommes, ainsi que le chantier de Sainte-Sophie de Kiev entrepris par Iaroslav en 1037, où l’appropriation des modèles byzantins devient visible dans la pierre.
On raconte souvent que le prince de Kiev a comparé les grandes religions avant de choisir la plus belle. Des envoyés seraient revenus de Constantinople bouleversés par la beauté du culte, et le prince aurait tranché. L’histoire est célèbre. Elle a été écrite plus de cent ans après les faits, par des moines de Kiev qui avaient de bonnes raisons de la raconter ainsi.
Un empereur qui ne peut pas refuser
En 987, l’empereur de Constantinople est en très mauvaise posture. Deux de ses généraux se sont révoltés, l’un d’eux se proclame empereur et marche sur la capitale. Basile II demande des soldats au prince de Kiev, Vladimir, qui les lui envoie. Six mille hommes. Ils sauvent le trône.
Vladimir réclame en échange une chose qu’aucun souverain étranger n’avait jamais obtenue : la main d’Anne, la sœur de l’empereur. Le père d’Anne avait laissé un traité écrit qui interdisait ce genre de mariage avec les étrangers. Basile II passe outre. La condition posée par les Grecs est simple : le prince doit se faire baptiser, et son peuple avec lui.
Deux témoins extérieurs le confirment. Un médecin chrétien installé à Antioche résume l’affaire en quelques lignes, sans un mot sur une comparaison des religions. Un évêque allemand mort en 1018 dit la même chose autrement : Vladimir a pris une épouse grecque et adopté sa foi. La conversion est d’abord une clause de contrat.
Ce que les moines ont ajouté
Le récit détaillé vient d’une chronique composée à Kiev vers 1110. Les spécialistes y distinguent quatre histoires différentes assemblées bout à bout. On y voit le prince écouter des musulmans venus de la Volga, écarter le judaïsme, envoyer des observateurs chez les Grecs. Chaque fois il hésite, ce qui permet à l’épisode suivant de commencer.
Un détail trahit la fabrication. Le texte oppose le christianisme des Latins à celui des Grecs comme deux religions étrangères l’une à l’autre. Cette séparation n’a été consommée qu’en 1054, deux générations après Vladimir.
La situation, en revanche, était bien réelle. Kiev se trouvait au croisement de plusieurs mondes. Des chrétiens y vivaient déjà, avec leur église. La grand-mère du prince avait été baptisée à Constantinople. Les voisins de la Volga étaient musulmans. Un auteur de langue arabe, sans aucun lien avec les moines de Kiev, raconte même que Vladimir envoya demander l’islam à un souverain d’Asie centrale. Ce texte contredit la chronique sur presque tout, donc il n’en vient pas.
Personne ne sait où ni quand
Le plus embarrassant vient du texte lui-même. Son auteur écrit que certains placent le baptême à Kiev, d’autres dans une autre ville, d’autres ailleurs encore. Un siècle après, dans le monastère qui gardait la mémoire du prince, on ne savait déjà plus.
L’ordre des événements se dérobe pareillement. Vladimir a-t-il pris la ville grecque de Cherson, en Crimée, pour forcer la main de l’empereur, puis reçu le baptême ? L’historien Andrzej Poppe a soutenu l’inverse en 1976 : le prince aurait été baptisé chez lui, et n’aurait attaqué Cherson que plus tard, pour le compte de l’empereur, contre une ville passée aux rebelles. Dimitri Obolensky lui a répondu treize ans plus tard que rien, dans les sources grecques, ne permet de l’affirmer. Le désaccord n’est pas tranché. Un autre texte ancien, écrit vers 1040, place le baptême avant tout le reste.
Des fondations et des chevaux disparus
Revenu chez lui, Vladimir fait bâtir. Des églises de bois d’abord, dressées à l’emplacement des idoles renversées. Puis la première église de pierre du monde slave oriental, achevée en 996 par des maçons venus de Grèce, et à laquelle il attribue le dixième de ses revenus. Les Mongols la ruinent en 1240.
Il n’en reste que des fondations rasées au niveau du sol, dégagées par des fouilles successives. On y a trouvé des briques marquées en grec et un dallage de marbre importé. Les spécialistes discutent encore du plan de l’édifice, et même de la présence d’une coupole. En Crimée, le sol se dérobe autrement : à peine un quart de la ville antique a été fouillé, et aucune église ne peut être désignée comme celle du baptême.
La chronique ajoute un détail. Vladimir avait rapporté de Crimée quatre chevaux de bronze et deux statues, plantés derrière son église. Le chroniqueur les voyait encore vers 1110. On ne les a jamais retrouvés.
La version complète donne le texte du médecin d’Antioche, les trois lieux de baptême que la chronique elle-même met en concurrence, et l’article de 1989 qui refuse point par point la thèse de Poppe.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- *Récit des temps passés*, années d’annale 6494 à 6496, et mention des statues et chevaux d’airain rapportés de Cherson ; plus ancien témoin conservé : Chronique laurentienne, 173 feuillets de parchemin, copiée entre le 14 janvier et le 20 mars 1377 par le moine Lavrenti à Nijni-Novgorod Bibliothèque nationale de Russie, Saint-Pétersbourg, F.п.IV.2
- Chronique de Radziwiłł, XVᵉ siècle, plus ancien manuscrit illustré du *Récit des temps passés*, folio 26v : église Saint-Élie de Kiev et adoration de Peroun Bibliothèque de l’Académie des sciences de Russie, Saint-Pétersbourg, ms. 34,5.30
- Yahyâ ibn Sa’îd d’Antioche, *Histoire*, continuation des *Annales* d’Eutychius pour les années 938 à 1034, passage sur l’alliance de Basile II avec le souverain des Rus' éd. et trad. I. Kratchkovsky et A. Vasiliev, *Patrologia Orientalis* 23, p. 428-433
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Sources primaires (suite)
- Thietmar de Mersebourg, *Chronique*, livre VII : mariage grec et conversion de Vladimir ; état des églises de Kiev en 1018 (VII, 32 dans l’édition Holtzmann) éd. Robert Holtzmann, Berlin, 1935
- Constantin VII Porphyrogénète, *De administrando imperio*, chapitre 13 : interdiction des mariages entre la maison impériale et les nations étrangères éd. Gy. Moravcsik, trad. R. J. H. Jenkins, Washington, 1967
- Léon le Diacre, *Histoire*, livre X, 10 : phénomènes célestes de 989 éd. C. B. Hase, Bonn, 1828, p. 175-176
- *Mémoire et éloge du prince russe Vladimir*, du moine Jacob, années 1040 : baptême antérieur à la campagne de Korsun
- Jean Skylitzès, *Synopsis historiarum*, manuscrit illustré de Madrid, folio 135 : baptême d’Olga à Constantinople Biblioteca Nacional de España, ms. Vitr. 26-2
- Église de la Dîme (Dessiatinnaia), Kiev, colline de Starokyiv : fondations arasées, briques à estampilles grecques, pavement d'*opus sectile* en marbre de Proconnèse et vert antique, fragments peints fouilles de 1908-1914 et campagnes de 2005-2011
- Cité antique de Chersonèse Taurique, presqu’île d’Héraclée, Sébastopol : environ 10 hectares fouillés sur 40 bien du patrimoine mondial n° 1411, inscrit en 2013, porté sur la liste du patrimoine mondial en péril en 2026
Bibliographie
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- Andrzej Poppe, « Two Concepts of the Conversion of Rus' in Kievan Writings », *Harvard Ukrainian Studies* 12-13, 1988-1989, p. 488-504 Harvard Ukrainian Research Institute
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Sources en ligne
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- « The Laurentian Chronicle 1377 (Russian Federation) » UNESCO, Mémoire du mondehttps://media.unesco.org/sites/default/files/webform/mow001/russian_federation_laurentian_chronicle_1377.pdf
- « Ancient City of Tauric Chersonese and its Chora » UNESCO, Centre du patrimoine mondialhttps://whc.unesco.org/en/list/1411/
- « Les premiers édifices chrétiens de Kiev » *Histoire de l’art*, Institut national d’histoire de l’arthttps://devisu.inha.fr/histoiredelart/98
- « La conversion (Xe-milieu XIe) » musée du Louvre, mini-site de l’exposition *Sainte Russie*https://mini-site.louvre.fr/sainte-russie/FR/html/1.1.html
- « Cherson and the conversion of Rus' : an anti-revisionist view » Cambridge University Press, Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/journals/byzantine-and-modern-greek-studies/article/abs/cherson-and-the-conversion-of-rus-an-antirevisionist-view/3057B3D1C9C48A25292202E30B6B7D3E
- « Kyivan Rus' in Dumbarton Oaks Papers » Dumbarton Oaks Research Library and Collectionhttps://www.doaks.org/research/byzantine/resources/ukrainian-resources/in-dop
- « Chronique de Nestor (Récit des temps passés) : naissance des mondes russes, traduite du vieux-russe par Jean-Pierre Arrignon » Persée, *Revue des études slaves*https://www.persee.fr/doc/slave_0080-2557_2009_num_80_1_7193_t1_0219_0000_1




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