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Les Bulgares face à Byzance : un empire raconté par ses adversaires

ByzanceCroisades & guerres médiévalesEurope slave & steppes27 septembre 2026◈ 26 sources vérifiées
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9 min de lecture26 sources vérifiées
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Quinze mille prisonniers aveuglés, écrit Jean Skylitzès. Quatorze mille, écrit Kekauménos, chef militaire byzantin dont le témoignage ne dépend pas du sien. Les deux chiffres portent sur la même journée de l’été 1014, quand l’armée de Basile II disperse celle du tsar bulgare Samuel dans un défilé de la Belasica et que, selon eux, l’empereur fait crever les yeux des captifs. Les deux auteurs écrivent dans la seconde moitié du XIᵉ siècle, deux générations après les faits, en grec, pour des lecteurs de Byzance.

Cent mètres de falaise à Madara

Pour les trois siècles et plus qui séparent l’installation des Bulgares au sud du Danube, en 681, de l’annexion de leur État par Basile II en 1018, les textes produits du côté bulgare tiennent en peu de place. Le plus visible est gravé dans le roc. Près du village de Madara, dans la province de Choumen, au nord-est de la Bulgarie actuelle, un cavalier terrassant un lion a été sculpté dans une falaise haute de cent mètres. L’UNESCO, qui l’a inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1979, le date du début du VIIIᵉ siècle et fait de Madara le principal lieu sacré du premier Empire bulgare avant la conversion au christianisme. Autour du relief, des inscriptions en grec rapportent des épisodes des règnes des khans Tervel, Kormisos et Omourtag.

Sur leur étendue dans le temps, l’institution se contredit. La page anglaise de la notice arrête les événements rapportés à 801, la page française à 831. Or la déclaration de valeur présentée pour le même bien nomme Omourtag, dont le règne s’achève en 831 selon la chronologie usuelle. Le 801 anglais est donc probablement une coquille, recopiée d’un document de l’UNESCO à l’autre jusque dans l’évaluation de l’ICOMOS approuvée le 12 mars 2025.

Ce que ces inscriptions laissent voir du pouvoir tient surtout aux titres. Un compte rendu paru en 1994 dans la Revue des études byzantines résume leur progression : archonte, c’est-à-dire chef, depuis Tervel, « premier archonte » depuis Kroum, « archonte par la grâce divine » depuis Omourtag, formule qui imite la titulature impériale et proclame que le khan n’est plus le fédéré de personne. Byzance admet la formule après la christianisation. En 927, elle concède au souverain Pierre le titre de basileus, le mot grec qui désigne l’empereur, mais un basileus des Bulgares, placé au-dessous des empereurs autocrates des Romains. On garde ici les graphies françaises Kroum et Omourtag, celles de cette revue, parce qu’un lecteur francophone prononcerait de travers les formes anglaises Krum et Omurtag qui dominent en ligne.

Un crâne cerclé d’argent

Le 26 juillet 811 (année du monde 6303 dans le comput de Théophane, qui compte les années depuis la création), l’armée de Nicéphore Iᵉʳ, qui vient de piller Pliska, la résidence du khan Kroum, est surprise dans les montagnes et détruite. L’empereur meurt dans l’attaque. Théophane le Confesseur, qui achève sa Chronographie dans les années qui suivent, raconte que Kroum fait trancher la tête de Nicéphore, l’expose plusieurs jours au bout d’une perche, puis en fait dégager le crâne, le revêt d’argent et y fait boire les chefs des Slaves. Cette coupe est devenue l’image la plus répétée des guerres bulgares.

Elle en est aussi la plus fragile. Un second récit de la catastrophe existe, anonyme, connu sous le nom de Chronique de l’an 811. Ivan Dujčev l’a publié en 1936, puis en a donné en 1965 une édition commentée en français, dans le premier volume des Travaux et Mémoires du Centre de recherche d’histoire et civilisation byzantines, aux pages 205 à 254. Dès 1963, le compte rendu de la conférence d’histoire byzantine publié dans l’Annuaire de l’École pratique des hautes études tirait de la comparaison des deux textes un jugement sévère pour Théophane. Les deux récits sont indépendants et ne dérivent probablement pas d’une source commune ; Théophane n’aurait connu les faits que de loin, quand l’anonyme les raconte avec une précision plausible et se passe de la coupe, rangée parmi les détails qui méritent peu de crédit. Théophane garde pour lui un avantage, celui d’écrire quelques années seulement après la défaite. Et la chronique anonyme n’est pas un témoin sans parti : depuis 1936, on la rapproche d’un autre fragment historique anonyme, Athanasios Markopoulos a interrogé en 1999, dans la Revue des études byzantines, ses liens avec l’hagiographie, et Paul Stephenson la présentait encore comme controversée dans les Dumbarton Oaks Papers parus en 2007. Un silence ne réfute rien. Il montre seulement qu’un auteur ancien pouvait raconter la mort de Nicéphore sans la coupe.

« Fais-toi aussi calife des Sarrasins »

Un siècle plus tard, la menace a changé de visage. En 913, l’empereur Alexandre meurt le 6 juin, laissant un héritier de sept ans, Constantin VII, sous la régence du patriarche Nicolas Mystikos. Syméon, fils du khan Boris qui a fait baptiser les Bulgares dans les années 860, campe devant la ville et exige d’être couronné basileus des Romains. Il obtient un couronnement, comme basileus des Bulgares seulement, précise Nicolas Drocourt en 2021 à la suite de Paul Stephenson, un point que les chroniqueurs grecs ont tendance à taire. La portée du geste se discute depuis longtemps, et un article paru en 1978 dans le Journal of Theological Studies mettait déjà le mot « couronnement » entre guillemets dans son titre.

La guerre qui suit tourne à l’avantage bulgare, en 917 près d’Anchialos, sur la côte de la mer Noire. En 924, Syméon et l’empereur Romain Iᵉʳ Lécapène se rencontrent sous les murailles de Constantinople. Au printemps 925, les lettres que Théodore Daphnopatès rédige au nom de Romain Iᵉʳ réclament la restitution des terres conquises « par la violence et par la guerre » et traitent d’usurpation le titre qu’affiche désormais Syméon, empereur des Bulgares et des Romains. L’une d’elles raille le prétendant, qui pourrait tout aussi bien se proclamer maître de la terre entière, ou « calife des Sarrasins » pour inspirer davantage de terreur. Syméon revendique le trône de Constantinople avec le vocabulaire même de Constantinople, et la chancellerie impériale répond par l’ironie sur le seul terrain qu’elle ne peut pas céder, celui des titres.

Syméon meurt en 927 sans avoir obtenu le titre romain qu’il réclamait.

La paix conclue la même année avec son fils Pierre accorde à celui-ci le titre de basileus des Bulgares, une épouse petite-fille de Romain Iᵉʳ et le renouvellement du tribut que les Byzantins versent aux Bulgares.

Kleidion, 29 juillet 1014

Quatre-vingt-sept ans plus tard, Basile II fait la guerre à Samuel, qui tient alors le dernier État bulgare. Le 29 juillet 1014, les Byzantins tournent les retranchements bulgares du défilé de Kleidion. Skylitzès rapporte, aux pages 348 et 349 de l’édition de Ioannes Thurn, que l’empereur fit aveugler les prisonniers, environ quinze mille, en laissant un œil à un homme sur cent pour qu’il ramène les autres à Samuel. Le tsar, à leur vue, s’effondre, et il meurt le 6 octobre.

Pour croire le chiffre, on dispose d’un argument sérieux. Kekauménos, dans ses Conseils et récits, parle de quatorze mille hommes, et Paul Stephenson, peu suspect de complaisance envers la légende, relève en 2000 que ce second auteur confirme l’ordre de grandeur de manière indépendante. Deux témoins grecs du même siècle, qui ne se recopient pas, tombent à mille près sur la même foule d’aveugles.

Personne, pourtant, n’a compté. Skylitzès compile ses prédécesseurs, et plusieurs byzantinistes cités par Stephenson ont reconnu dans son récit de ces années la trace de biographies de généraux aujourd’hui perdues. Dans son livre de 2003, Stephenson montre surtout que Basile a combattu dans les Balkans de façon bien plus intermittente qu’on ne le répétait, et que les Bulgares lèvent encore de grandes armées après 1014, ce qui cadre mal avec quinze mille soldats rendus aveugles. Son hypothèse admet la mutilation et en réduit l’échelle, faute de pouvoir la mesurer.

La seule copie enluminée de la chronique de Skylitzès parvenue jusqu’à nous n’a d’ailleurs pas été peinte à Byzance. Conservée à Madrid, à la Bibliothèque nationale d’Espagne, sous la cote VITR/26/2, elle a été réalisée en Sicile, dans l’entourage de la cour normande, et la bibliothèque elle-même la date tantôt du milieu, tantôt du dernier quart du XIIᵉ siècle, en lui comptant selon les pages 574 ou 577 miniatures.

Le Musée national d’histoire de Sofia, dans une page publiée pour le 1009ᵉ anniversaire de la mort de Samuel, range l’aveuglement parmi les récits légendaires et souligne qu’une armée byzantine fut battue peu après près de Strumica. La même page s’en prend longuement aux historiens de Macédoine du Nord, qui revendiquent l’État de Samuel pour leur propre passé national.

Le surnom attend la fin du XIIᵉ siècle

Basile II meurt en 1025, et pendant plus de cent cinquante ans personne ne l’appelle Voulgaroktonos, « tueur de Bulgares ». Paul Stephenson a suivi le mot à rebours, du XXᵉ siècle au XIᵉ, dans un article de Byzantine and Modern Greek Studies paru en 2000. Les récits de ses exploits circulent dès sa mort. L’épithète, elle, n’apparaît qu’une fois la guerre rouverte avec la Bulgarie, après la révolte des frères Pierre et Asen en 1185, et sa première occurrence connue se lit dans l’Histoire de Nicétas Choniatès, rédigée entre 1195 et 1203.

La suite est une histoire de réemplois, longue et pas toujours logique, où Basile passe pour un souverain modèle pendant les quatre siècles qui précèdent 1453, tombe dans l’oubli sous la domination ottomane, redevient au XIXᵉ siècle une figure de la continuité hellénique, rattachée à la fois à Athènes et à Constantinople, puis sert d’étendard pendant la lutte pour la Macédoine, entre 1904 et 1908, et pendant les guerres balkaniques de 1912 et 1913, ce qui fait beaucoup d’usages pour un seul adjectif composé que son porteur n’a jamais entendu. Le public français, lui, a reçu le surnom par un sous-titre. Gustave Schlumberger publie chez Hachette, entre 1896 et 1905, les trois volumes de L’Épopée byzantine à la fin du dixième siècle, et les deux premiers portent en sous-titre « le tueur de Bulgares », dès 1896 pour le premier, consacré aux jeunes années de Basile II. Le mot avait donc un érudit français pour parrain avant même la lutte macédonienne.

Les Bulgares eux-mêmes ont gardé le récit grec. Au XIVᵉ siècle, le tsar Ivan Alexandre fait traduire en moyen-bulgare la chronique de Constantin Manassès, et l’exemplaire enluminé qui en subsiste, daté de 1344 ou 1345 par sa notice de catalogue, ajoute au texte byzantin dix-neuf passages sur l’histoire bulgare et soixante-neuf miniatures. À la Bibliothèque apostolique vaticane, sous la cote Vat. slav. 2, l’une d’elles, que le Musée national d’histoire de Sofia situe à la page 183, montre Samuel dans ses dernières heures recevant ses soldats aveuglés, peints pour un souverain bulgare d’après le récit des chroniqueurs grecs.

Pour aller plus loin

La conversion de Boris et l’école littéraire de Preslav, qui donnent au premier Empire bulgare sa langue écrite, forment le versant culturel de cette histoire. La campagne de Sviatoslav de Kiev dans les Balkans, entre 969 et 971, et la victoire du tsar Kalojan sur l’empereur latin Baudouin près d’Andrinople, en 1205, prolongent la question de ce que Byzance redoutait sur sa frontière du nord.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Cavalier de Madara, relief rupestre et inscriptions grecques, falaise haute de 100 m, village de Madara, province de Choumen (Bulgarie) bien du patrimoine mondial de l’UNESCO n° 43, inscrit en 1979
  2. Théophane le Confesseur, Chronographie, année du monde 6303 (810-811), mort de Nicéphore Iᵉʳ et crâne revêtu d’argent trad. Cyril Mango et Roger Scott, The Chronicle of Theophanes Confessor, Oxford, Clarendon Press, 1997, C-744 p.
  3. Chronique de l’an 811 (fragment anonyme dit « chronique Dujčev »), récit de la défaite de Nicéphore Iᵉʳ éd. et trad. Ivan Dujčev, « La chronique byzantine de l’an 811 », Travaux et Mémoires 1, Paris, De Boccard, 1965, p. 205-254
Voir les 23 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Théodore Daphnopatès, Correspondance, lettres 5, 6 et 7, écrites au nom de Romain Iᵉʳ Lécapène à Syméon de Bulgarie (925) éd. et trad. Jean Darrouzès et Leendert G. Westerink, Paris, Éditions du CNRS, 1978
  2. Jean Skylitzès, Synopsis historiarum, récit de Kleidion (1014) et de la mort de Samuel éd. Ioannes Thurn, Corpus fontium historiae byzantinae 5, Berlin et New York, 1973, p. 348-349
  3. Kekauménos, Conseils et récits, mention de quatorze mille captifs bulgares éd. Gennadij G. Litavrin, Sovety i rasskazy Kekavmena, Moscou, 1972, p. 152
  4. Nicétas Choniatès, Histoire, première occurrence connue de l’épithète Voulgaroktonos éd. Jan-Louis van Dieten, Corpus fontium historiae byzantinae 11, Berlin, 1975, p. 373-374
  5. Jean Skylitzès, Synopsis historiarum, exemplaire enluminé dit Skylitzes Matritensis, parchemin, Sicile, XIIᵉ siècle Biblioteca Nacional de España, Madrid, VITR/26/2
  6. Constantin Manassès, Chronique, traduction moyen-bulgare exécutée pour le tsar Ivan Alexandre, 1344-1345, 69 miniatures, dont la mort de Samuel devant ses soldats aveuglés [À VÉRIFIER : folio, le Musée national d’histoire de Sofia indique « page 183 »] Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. slav. 2

Bibliographie

  1. Paul Stephenson, « The legend of Basil the Bulgar-slayer », Byzantine and Modern Greek Studies 24, 2000, p. 102-132, DOI 10,1179/byz.2000,24,1.102 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1179/byz.2000.24.1.102
  2. Paul Stephenson, The Legend of Basil the Bulgar-Slayer, Cambridge, 2003, xviii + 170 p. Cambridge University Press
  3. Paul Stephenson, Byzantium’s Balkan Frontier : A Political Study of the Northern Balkans, 900-1204, Cambridge, 2000, DOI 10,1017/CBO9780511496615 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/CBO9780511496615
  4. Paul Stephenson, « “About the emperor Nikephoros and how he leaves his bones in Bulgaria” : a context for the controversial Chronicle of 811 », Dumbarton Oaks Papers 60, 2006 (paru en 2007), p. 87-109 Dumbarton Oaks
  5. Athanasios Markopoulos, « La Chronique de l’an 811 et le Scriptor incertus de Leone Armenio : problèmes des relations entre l’hagiographie et l’histoire », Revue des études byzantines 57, 1999, p. 255-262 Revue des études byzantines
  6. Nicolas Drocourt, « Une correspondance officielle pour faire la guerre ? Lettres polémiques et rhétorique de l’affrontement entre Byzance et l’Occident (IXᵉ-Xᵉ siècle) », dans Thomas Deswarte, Bruno Dumézil et Laurent Vissière (éd.), Epistola 3. Lettres et conflits durant l’Antiquité tardive et le Moyen Âge (IVᵉ-XVᵉ siècle), Madrid, 2021, p. 267-284 Casa de Velázquez
  7. G. Loud, « A Re-examination of the “Coronation” of Symeon of Bulgaria in 913 », Journal of Theological Studies 29, 1978, p. 109-120 Journal of Theological Studies
  8. Gustave Schlumberger, L’Épopée byzantine à la fin du dixième siècle, 3 vol., Paris, 1896-1905, t. I : Jean Tzimiscès. Les jeunes années de Basile II, le tueur de Bulgares (969-989) ; t. II : Basile II, le tueur de Bulgares Hachette

Sources en ligne

  1. « Madara Rider » (versions anglaise et française de la notice, déclaration de valeur et évaluation ICOMOS du 12 mars 2025) UNESCO, Centre du patrimoine mondialhttps://whc.unesco.org/en/list/43/
  2. « Histoire byzantine », compte rendu de conférence, Annuaire de l’École pratique des hautes études, 1963 Perséehttps://www.persee.fr/doc/ephe_0000-0001_1963_num_1_1_4743
  3. « Euangélos K. Kyriakès, Βυζάντιο και Βούλγαροι (7ος-10ος αι.). Συμβολή στην εξωτερική πολιτική του Βυζαντίου », compte rendu, Revue des études byzantines 52, 1994 Perséehttps://www.persee.fr/doc/rebyz_0766-5598_1994_num_52_1_1895_t1_0321_0000_2
  4. « Biographie de NICOLAS LE MYSTIQUE (852-925) patriarche de Constantinople (901-907, 912-925) » Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/nicolas-le-mystique/
  5. « Stephenson - The Legend of Basil the Bulgar-Slayer », compte rendu De Re Militari, The Society for Medieval Military Historyhttps://www.deremilitari.org/REVIEWS/Stephenson_basil.htm
  6. « El Skylitzes matritensis se somete a un detallado estudio científico-técnico » Biblioteca Nacional de Españahttps://www.bne.es/es/noticias/skylitzes-matritensis-somete-detallado-estudio-cientifico-tecnico
  7. « Un universo de imágenes : el Skylitzes Matritensis » Biblioteca Nacional de Españahttps://www.bne.es/es/agenda/universo-imagenes-skylitzes-matritensis
  8. « Chronicle of Constantinus Manasses, [1344 or 1345] » WorldCathttps://search.worldcat.org/title/chronicle-of-constantinus-manasses-1344-or-1345/oclc/17970747
  9. « 1009 samuil » Musée national d’histoire, Sofiahttps://historymuseum.org/1009-samuil/
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