Quintus Fabius Pictor siégeait au Sénat pendant la guerre contre Hannibal, et il en a tiré une histoire de Rome écrite en grec, aujourd’hui perdue. Pour la bataille du lac Trasimène, sa voix ne nous arrive que par un relais. Près de deux siècles plus tard, Tite-Live déclare au livre XXII de son Histoire romaine qu’il a préféré ce témoin « contemporain de cette guerre » aux auteurs qui multipliaient les morts des deux côtés, et il retient de lui quinze mille Romains tués sur le terrain, dix mille dispersés à travers l’Étrurie (XXII, 7, 1-4). Polybe, qui avait lu le même Fabius, prévenait ses lecteurs que le titre de sénateur ne dispense pas de vérifier ce qu’un sénateur écrit (III, 9, 3-5).
Quatre jours dans les marais de l’Arno
Au printemps 217 avant notre ère, Hannibal quitte ses quartiers d’hiver de la plaine du Pô, où il a battu les Romains au Tessin et à la Trébie. Tite-Live se contente d’écrire que le printemps approchait (XXII, 1, 1). Le chef carthaginois écarte la route la plus commode pour la plus courte, qui traverse des marais que l’Arno avait noyés plus qu’à l’ordinaire. Ses soldats y marchent quatre jours et trois nuits sans trouver un endroit sec où s’étendre, couchés sur les bagages entassés dans l’eau ou sur les carcasses des bêtes de somme. Hannibal lui-même, juché sur le seul éléphant qui lui reste, souffre des yeux et finit par en perdre un, faute de temps et de lieu pour se soigner (XXII, 2, 1-11).
Le consul Caius Flaminius l’attend à Arretium, l’actuelle Arezzo. Tite-Live le peint en homme que son premier consulat a grisé, qui ne craint ni les lois ni même les dieux (XXII, 3, 4). Hannibal, bien renseigné sur ce caractère, ravage sous ses yeux la campagne qui s’étend entre Cortone et le lac pour le pousser à la faute (XXII, 4, 1). Au conseil, les officiers recommandent d’attendre l’autre consul, Cnaeus Servilius, et de joindre les deux armées. Flaminius refuse et fait lever le camp. Au départ, son cheval s’abat et le jette par-dessus sa tête, et un porte-enseigne vient annoncer qu’il ne parvient pas à arracher l’enseigne du sol (XXII, 3, 7-13).
Ce portrait prépare une leçon. Devant le Sénat, après la défaite, le dictateur Fabius Maximus explique que le consul a surtout péché envers les dieux, par des cérémonies négligées (XXII, 9, 7). Polybe parle de son côté de la folie du chef (III, 84). Les deux récits principaux viennent donc d’une tradition hostile, et le texte même de Tite-Live laisse pourtant passer autre chose, un consul qui garde son sang-froid quand tout cède, qui rallie les rangs rompus, court là où les siens plient et tient près de trois heures au milieu du combat le plus dur (XXII, 5, 1 ; 6, 1-2).
Le brouillard monte du lac
Tite-Live dessine le terrain en trois traits. À l’endroit où les monts de Cortone descendent jusqu’au Trasimène, il ne reste qu’un chemin très étroit, comme ménagé exprès ; ensuite s’ouvre une plaine un peu plus large ; ensuite les collines se relèvent (XXII, 4, 2). Hannibal installe son camp à découvert avec ses Africains et ses Ibères. Les frondeurs baléares et l’infanterie légère passent derrière les hauteurs. La cavalerie attend à l’entrée même du passage, masquée par des buttes, pour refermer la nasse une fois les Romains engagés (XXII, 4, 3). Flaminius atteint le bord du lac au coucher du soleil. Le lendemain, le jour à peine levé, sans avoir fait reconnaître le terrain, il franchit l’étroit et ne voit que l’ennemi qui lui fait face (XXII, 4, 4).
Le brouillard décide du reste.
Monté du lac, il s’est posé plus épais sur la plaine que sur les pentes, si bien que les colonnes carthaginoises se voient entre elles et descendent ensemble, quand les Romains entendent la clameur avant de rien distinguer (XXII, 4, 6). Polybe insiste sur ce brouillard autant que Tite-Live. Centurions et tribuns, écrit-il, ne pouvaient ni secourir une partie de la ligne en difficulté ni même comprendre ce qui se passait, assaillis de front, par l’arrière et sur les deux flancs, et la plupart des hommes furent tués dans l’ordre de marche (III, 84). Dans ce brouillard, note Tite-Live, l’oreille servait plus que l’œil (XXII, 5, 3).
On se bat près de trois heures, et c’est autour du consul que la mêlée est la plus dure (XXII, 6, 1). Un cavalier insubre, un Gaulois de la plaine du Pô nommé Ducarius, le reconnaît à son visage, crie aux siens que voilà l’homme qui a massacré leurs légions et ravagé leurs champs et leur ville, abat l’écuyer qui s’interpose et transperce Flaminius de sa lance ; les triaires, vétérans placés au dernier rang de la légion, l’empêchent de dépouiller le corps (XXII, 6, 3-4). Polybe ne donne pas de nom et dit seulement que le consul tomba sous les coups d’un groupe de Celtes (III, 84). Alors la débandade commence. Coincés entre la pente et l’eau, beaucoup entrent dans le lac jusqu’au cou ; certains tentent de nager avec leurs armes et coulent, d’autres, debout dans l’eau, tendent les mains vers les cavaliers lancés à leur poursuite et supplient avant d’être achevés, ou demandent le coup à un camarade (III, 84 ; XXII, 6, 6-7). À l’avant de la colonne, environ six mille hommes ont percé la ligne qui leur barrait la route. Aveuglés par la brume, ils gagnent une hauteur sans savoir ce qui se passe derrière eux, et c’est seulement quand le soleil dissipe la nappe qu’ils découvrent la plaine couverte de morts. Ils fuient. Le lendemain, cernés par Maharbal, ils se rendent, et sur les termes de cette reddition les deux historiens divergent. Pour Polybe, ils ont obtenu la vie sauve (III, 84). Pour Tite-Live, on leur avait promis de les laisser partir avec un seul vêtement chacun, et Hannibal les fit enchaîner, ce que l’historien romain commente d’un trait sur la loyauté punique (XXII, 6, 11-12).
Un détail flotte dans ce récit sans s’y rattacher. Tite-Live affirme que, ce jour-là, un tremblement de terre abattit des quartiers entiers dans plusieurs villes d’Italie, détourna des fleuves et fit glisser des pans de montagne, et qu’aucun combattant ne le sentit (XXII, 5, 8).
Une rive qui a bougé
Où, exactement ? Les recherches locales placent l’affrontement sur la rive nord, dans l’amphithéâtre de collines que dessinent le mont Gualandro et la hauteur de Montigeto, au pied de Tuoro sul Trasimeno, et la commune a balisé sur le terrain un itinéraire de la bataille. Le problème tient au lac lui-même. Le Trasimène est immense et presque sans profondeur. Il couvre aujourd’hui environ 120 km² et se tient vers 257 mètres d’altitude, si plat qu’on a pu le comparer à une salle de 120 m² couverte de 6 millimètres d’eau. Une variation de niveau de quelques mètres suffit à déplacer la rive très loin, et ce niveau n’a jamais été stable. Entre le XVᵉ et le XIXᵉ siècle, il s’est tenu en moyenne au moins deux mètres au-dessus du niveau actuel, et en 1602 il a dépassé 261 mètres et noyé Passignano. À l’époque d’Hannibal, il devait être au contraire plus bas d’environ deux mètres, et des vestiges antiques gisent aujourd’hui sur le fond, selon la synthèse publiée par l’université de Pérouse en 2022 à partir des travaux d’Ermanno Gambini et de Luca Gasperini.
Cette instabilité a piégé les reconstitutions. Lors d’un congrès d’études hannibaliques tenu à Tuoro en 1961, une hypothèse a fait avancer la rive antique loin dans la vallée, ce qui resserrait d’autant le champ de bataille. La ville de Rome a offert pour l’occasion une colonne, dressée à l’automne 1965 via del Porto, à l’endroit supposé du rivage de 217. Les recherches suivantes ont montré que le vieux port de la Casa del Piano, où menait cette rue, servait depuis la fin du Moyen Âge, quand le lac atteignait des niveaux très élevés. La colonne marque donc, selon toute probabilité, une rive postérieure de plus de quinze siècles à la bataille. Une reconstitution plus ancienne refermait le piège plus à l’est, entre la colline de Montigeto et l’eau, et le centre de documentation de Tuoro expose côte à côte les maquettes des deux hypothèses, qui divergent d’abord sur le tracé de la rive.
Giovanni Brizzi et Ermanno Gambini ont repris la question dans la Rivista storica dell’antichità, en confrontant Polybe, Tite-Live et le poète Silius Italicus aux données géographiques et géophysiques. Leur volume de 2018, réédité en 2024 sous le titre 217 a.C. Annibale, la battaglia del Trasimeno, ajoute l’étude géologique de Luca Gasperini, fondée sur des relevés de détail et sur des carottages menés en 2013 près de la rive nord. Un lac plus bas signifie une plaine plus large, assez vaste pour loger deux armées que la reconstitution de 1961 tassait au bord de l’eau.
On ne sait pourtant pas où le piège s’est refermé. Les deux historiens antiques décrivent un relief, jamais un lieu-dit, et aucun objet ne peut être rattaché avec certitude à la journée de 217. Les armes, harnais, boucles et monnaies sortis de terre au XIXᵉ siècle appartiennent pour beaucoup à l’époque républicaine ou au début de l’Empire, une fourchette de plusieurs siècles qui interdit de les relier à la bataille. L’objet le plus célèbre trouvé dans le secteur, la statue de bronze dite de l’Orateur, mise au jour juste au sud de Sanguineto et conservée au Musée archéologique de Florence, date de la fin du IIᵉ ou du début du Iᵉʳ siècle avant notre ère, plus d’un siècle après Hannibal. Les fosses en tronc de cône creusées dans le calcaire autour de Tuoro ont été lues comme des ustrina, des bûchers collectifs où Hannibal aurait brûlé les morts pour prévenir les épidémies ; d’autres y voient d’anciens fours à chaux. La tradition locale rattache encore au massacre deux lieux-dits, Sanguineto et Ossaia. Tite-Live, lui, écrit seulement qu’Hannibal fit séparer les corps des siens des monceaux de cadavres pour les ensevelir (XXII, 7, 5).
« Pugna magna victi sumus »
À Rome, la foule envahit le forum dès la première rumeur, et des femmes arrêtent les passants dans les rues pour savoir. Peu avant le coucher du soleil, le préteur Marcus Pomponius parle au peuple en quatre mots latins, « nous avons été vaincus dans une grande bataille » (XXII, 7, 6-8). Plutarque lui prête une annonce plus longue, qui mentionne aussi l’armée taillée en pièces et le consul mort (Vie de Fabius Maximus, 3). Quelques jours plus tard, une seconde nouvelle tombe. Quatre mille cavaliers que l’autre consul, Servilius, envoyait en renfort sous les ordres du propréteur Caius Centenius ont été encerclés par Hannibal en Ombrie (XXII, 8, 1).
La cité se tourne vers la dictature, une magistrature d’exception qui remet temporairement tout le pouvoir à un seul homme. Seul un consul pouvait nommer un dictateur, et Servilius se trouvait loin, coupé de Rome par l’armée carthaginoise. Le peuple élit donc lui-même Quintus Fabius Maximus, ce qui, précise Tite-Live, ne s’était jamais fait (XXII, 8, 5-6). Quelques chapitres plus loin, l’historien revient sur ce point pour corriger un prédécesseur. Coelius Antipater avait écrit que Fabius fut le premier dictateur créé par le peuple ; Tite-Live objecte que le peuple a seulement élu un homme chargé d’agir à la place d’un dictateur, et que la gloire de Fabius, puis les descendants qui grossissaient le titre inscrit sous son portrait, ont fait de lui un dictateur en bonne et due forme (XXII, 31, 8-11).
Fabius commence par les dieux. Sur son avis, on consulte les livres sibyllins, recueil d’oracles gardé par un collège de prêtres, et l’on voue deux temples, l’un à Vénus Érycine, l’autre à Mens, la divinité du bon jugement (XXII, 9, 7-10 ; 10, 10). Ovide se souvient encore de ce temple voué dans la peur, après la mort du consul (Fastes, VI, 241-248).
Les chiffres ne s’accordent qu’en partie. Polybe compte environ quinze mille Romains tués dans la vallée, auxquels s’ajoutent les six mille capturés le lendemain (III, 84). Plutarque reprend les quinze mille morts et compte autant de prisonniers. Tite-Live s’en tient à Fabius Pictor, quinze mille tués et dix mille fugitifs rentrés à Rome par des chemins détournés, et donne du côté carthaginois deux mille cinq cents morts sur le terrain, sans compter ceux qui succombèrent ensuite à leurs blessures (XXII, 7, 2-3). Entre ces totaux, la préférence va ici à Tite-Live, parce qu’il a choisi sa source contre d’autres et qu’il dit pourquoi. Hannibal relâcha sans rançon les prisonniers alliés, garda les Romains enchaînés et fit chercher avec soin le corps de Flaminius pour lui donner une sépulture. On ne le retrouva jamais (XXII, 7, 5).
Ovide, seul témoin du jour
Aucun document d’époque républicaine ne donne le jour de la bataille, et le seul indice vient d’un poète. Au livre VI des Fastes, Ovide conseille à César de ne pas lever les enseignes si les auspices s’y opposent, prend à témoin Flaminius et les rivages du Trasimène, et place ce désastre « le dixième jour avant la fin du mois » de juin (VI, 763-768). Dans le calendrier réformé par César, celui d’Ovide, cela tombe le 22 juin. Dans le calendrier républicain, où juin ne comptait que vingt-neuf jours, la même formule donne le 21, et c’est la date qu’impriment la plupart des ouvrages.
C. F. Konrad a repris ce calcul en 2023 dans le Rheinisches Museum für Philologie. Lors de la réforme de César, les fêtes qui tombaient entre les ides et les calendes des mois courts ont gardé leur distance aux ides, et les anniversaires ont le plus souvent suivi le même usage. Si le jour de Trasimène passait pour néfaste, comme le laisse entendre Ovide, il a dû être recalé de la même façon. Ovide aurait alors transcrit une date déjà convertie, et le jour républicain serait le 22. Konrad tient le 22 juin pour plus probable que le 21.
Encore faut-il traduire ce 22 juin en saison. Le calendrier romain de l’époque avançait sur l’année solaire, d’un écart que les spécialistes ne chiffrent pas de la même façon. Pierre Brind’Amour estimait en 1983 qu’en 217 il ne devançait pas le soleil de plus de deux semaines, s’il le devançait ; Peter Derow, dès 1976, comptait cinq ou six semaines d’avance, ce qui ramène la bataille vers la fin du printemps. Konrad, qui laisse ce point ouvert, décrit un matin de brouillard à la fin du printemps. Le jour de la bataille du lac Trasimène ne repose ainsi que sur un vers adressé à un César plus de deux siècles après les faits, et ce vers donne deux dates différentes selon le calendrier dans lequel on le lit.
Pour aller plus loin
Trasimène prépare Cannes, l’année suivante, et Tite-Live fait dire à Fabius Maximus, avant ce second désastre, qu’un autre lieu pourrait bientôt devenir plus fameux que le Trasimène par les défaites romaines (XXII, 39, 8). Le sujet croise aussi la figure de Polybe, historien grec qui avait parcouru lui-même la route alpine d’Hannibal, et celle de Fabius Maximus, dont la stratégie d’attente naît au lendemain de la bataille.
On imagine volontiers la bataille du lac Trasimène par un matin d’été noyé de brume. Elle a lieu en 217 avant notre ère, au bord d’un grand lac d’Italie centrale. Ce jour-là, le chef carthaginois Hannibal anéantit une armée romaine. On connaît bien le déroulement du combat. Le lieu précis, la saison et même la date font pourtant encore débat.
Un piège tendu au bord de l’eau
En face d’Hannibal se trouve Caius Flaminius. C’est un consul, l’un des magistrats élus chaque année pour gouverner Rome et mener ses armées. Pour l’attirer, Hannibal pille la campagne sous ses yeux. Le Romain se lance à sa poursuite sans envoyer d’éclaireurs.
Près du lac, un chemin très étroit longe l’eau. Il débouche sur une petite plaine entourée de collines. Hannibal attend depuis la veille, ses troupes cachées sur ces pentes. À l’aube, les Romains s’engagent dans le passage.
Une brume se lève alors sur le lac. Elle reste épaisse dans la plaine mais s’éclaircit sur les hauteurs. Les soldats d’Hannibal se voient entre eux et chargent ensemble. En bas, les Romains entendent des cris venus de partout sans rien distinguer.
Le massacre dure environ trois heures. Un cavalier gaulois reconnaît Flaminius et le tue d’un coup de lance. Beaucoup de Romains, coincés contre l’eau, entrent dans le lac pour fuir. Ils s’y noient ou s’y font achever. Le corps du consul ne sera jamais retrouvé, malgré les recherches d’Hannibal.
À Rome, la nouvelle sème la panique. Un magistrat réunit le peuple au forum et lui annonce simplement une grande défaite. Peu après, une colonne de cavaliers envoyée en renfort tombe à son tour dans un piège. La cité confie alors tout le pouvoir à un seul homme, Fabius Maximus.
Le récit d’un sénateur
Ce récit vient de deux historiens de l’Antiquité. L’un est grec et s’appelle Polybe. L’autre est romain et s’appelle Tite-Live. Tous les deux ont lu le livre d’un sénateur qui avait vécu cette guerre, Fabius Pictor. Ce livre est aujourd’hui perdu.
Tite-Live explique pourquoi il suit ce témoin. D’autres auteurs, selon lui, gonflaient les pertes. Il retient donc quinze mille Romains tués. Un autre auteur ancien ajoute autant de prisonniers. Polybe, lui, conseillait de ne pas croire ce sénateur sur parole.
Le lac n’était pas à la même place
Où le piège s’est-il refermé ? On le cherche sur la rive nord, près du village de Tuoro. Mais ce lac est immense et très peu profond. Quand son niveau change un peu, le bord de l’eau avance ou recule beaucoup.
Or ce niveau n’a cessé de varier. Pendant plusieurs siècles, à partir de la fin du Moyen Âge, l’eau est restée bien plus haute qu’aujourd’hui. Au temps d’Hannibal, elle était au contraire plus basse d’environ deux mètres. La plaine de la bataille était donc plus large qu’on ne l’a longtemps cru.
Aucun objet trouvé sur place n’a pu être relié avec certitude à la bataille. Des fosses creusées dans la roche ont été prises pour des bûchers où l’on aurait brûlé les morts. D’autres chercheurs y voient de simples fours à chaux. La question n’a pas été tranchée.
Un jour de juin, au printemps
Un seul texte donne le jour de la bataille. C’est un poème d’Ovide, écrit bien après les faits. Il la situe vers la fin du mois de juin. Selon la façon de compter les jours, on arrive au 21 juin ou au lendemain. Un spécialiste juge le lendemain plus probable.
Il faut encore savoir à quelle saison cela correspond. À l’époque, le calendrier romain était en avance sur le soleil. Pour un chercheur, cette avance restait faible. Pour un autre, elle dépassait un mois. Dans ce cas, la bataille aurait eu lieu à la fin du printemps.
À Tuoro, une colonne offerte par la ville de Rome se dresse depuis 1965 dans la via del Porto. Elle devait marquer le bord du lac au temps d’Hannibal, mais elle signale sans doute une rive bien plus récente.
La version complète raconte aussi le tremblement de terre qu’aucun soldat ne sentit, et la querelle de Tite-Live avec un historien plus ancien sur le titre exact de Fabius Maximus.
Sources de cet article
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Sources primaires
- [Polybe, *Histoires*, III, 84 (le brouillard, la mort de Flaminius, les six mille de l’avant-garde), traduction E. S. Shuckburgh]( Perseus Digital Library, Tufts Universityhttp://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0234:book=3:chapter=84
- [Polybe, *Histoires*, III, 9, 3-5 (mise en garde contre l’autorité de Fabius Pictor), traduction W. R. Paton, Loeb Classical Library, 1922]( LacusCurtius, University of Chicagohttps://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Polybius/3*.html
- [Tite-Live, *Histoire romaine*, XXII, 1-10, 31 et 39 (texte latin)]( The Latin Libraryhttps://www.thelatinlibrary.com/livy/liv.22.shtml
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Sources primaires (suite)
- [Ovide, *Fastes*, VI, 241-248 et 763-770 (texte latin)]( The Latin Libraryhttps://www.thelatinlibrary.com/ovid/ovid.fasti6.shtml
- [Plutarque, *Vie de Fabius Maximus*, 3, traduction B. Perrin, Loeb Classical Library]( LacusCurtius, University of Chicagohttps://penelope.uchicago.edu/Thayer/e/roman/texts/plutarch/lives/fabius_maximus*.html
Bibliographie
- [C. F. Konrad, « Das Datum der Schlacht am Trasumenischen See », *Rheinisches Museum für Philologie* 166, 2023, p. 312-313]( Rheinisches Museum für Philologiehttps://journals.ub.uni-koeln.de/index.php/rhm/article/download/12275/12279/25835
- [Pierre Brind’Amour, *Le calendrier romain. Recherches chronologiques*, Collection d’études anciennes de l’Université d’Ottawa 2, Ottawa, 1983, 384 p. (p. 157-162 pour l’année 217)]( Éditions de l’Université d’Ottawahttps://relbib.de/Record/012931705
- P. S. Derow, « The Roman Calendar, 218-168 B.C. », *Phoenix* 30, 1976, p. 265-281 Classical Association of Canada
- [Giovanni Brizzi et Ermanno Gambini, « Di nuovo sulla battaglia del Trasimeno : qualche ulteriore considerazione », *Rivista storica dell’antichità* XXXVII, 2007 (paru en 2008), p. 77-100]( Pàtron Editore, Bolognehttp://www.prolocotuorosultrasimeno.it/annibale-al-trasimeno/
- [Giovanni Brizzi, Ermanno Gambini et Luca Gasperini, *217 a.C. Annibale, la battaglia del Trasimeno*, Pérouse, 2024, 230 p. (1re éd. *Annibale al Trasimeno. Indagine su una battaglia*, Tuoro sul Trasimeno, Lombardi Editore, 2018), avec L. Gasperini, « Lo studio geologico del lago Trasimeno e la battaglia del 217 a.C. »]( Morlacchi Editorehttps://www.morlacchilibri.com/varia/index.php?content=scheda&id=800
- [Sara Alimenti et Regina Lupi, *Il Trasimeno sull’orlo del prosciugamento. Storia di un dilemma ambientale nei secoli XVIII-XIX*, Culture Territori Linguaggi 21, Pérouse, 2022, p. 17-18]( Università degli Studi di Perugiahttps://research.unipg.it/retrieve/29dcca9d-fa20-4fad-a518-6bd13a809712/CTL_21.pdf
Sources en ligne
- [« The Battle of Trasimeno »]( Umbria Tourism, portail officiel de la Région Ombriehttps://www.umbriatourism.it/en/w/the-battle-of-trasimeno
- [« Hannibal Documentation Center »]( Parco del Lago Trasimenohttps://www.parks.it/parco.trasimeno/Ecen_dettaglio.php?id=457
- [« Annibale al Trasimeno »]( Pro Loco de Tuoro sul Trasimenohttp://www.prolocotuorosultrasimeno.it/annibale-al-trasimeno/
- [« 217 a.C. Annibale, la battaglia del Trasimeno » (extrait et sommaire)]( Morlacchi Editorehttps://www.morlacchilibri.com/varia/allegati/Pagine%20da%20Gambini_Brizzi_Gasperini_Annibale%20al%20Trasimeno_interno.pdf
- [« Quintus Fabius Pictor »]( Encyclopaedia Britannicahttps://www.britannica.com/print/article/199711





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