Connectez-vous pour enregistrer les articles, suivre votre progression et ajouter des favoris.

🧭
Abonnez-vous pour bénéficier des playlists

Bartolomeu Dias 1488 : le cap doublé et le journal de bord perdu

Dietmar Rabich / Wikimedia Commons
9 min de lecture29 sources vérifiées
L’article complet en PDFAbonnez-vous pour bénéficier du téléchargement PDF

Le livre est un traité de cosmographie imprimé à Louvain dans les années 1480. Il appartient à un Génois qui essaie depuis des années de convaincre une cour, n’importe laquelle, de financer une route occidentale vers l’Asie. En décembre 1488, dans la marge du feuillet 13, cet homme note que le Portugal vient de trouver l’autre route, et précise qu’il était là. C’est à peu près tout ce que l’on possède d’écrit sur le moment à propos du voyage de Bartolomeu Dias.

Six cents lieues et un relèvement faux

La note est courte et elle est chiffrée. Dias a poussé six cents lieues au-delà de la limite antérieure, quatre cent cinquante vers le sud puis cent cinquante vers le nord ; le cap serait à 3 100 lieues de Lisbonne ; l’astrolabe lui donne 45 degrés de latitude sud. Le cap de Bonne-Espérance est à un peu plus de 34 degrés. L’écart, plus de dix degrés et plus de 1 100 kilomètres, ne discrédite pas la note : il renseigne sur ce que valait un relèvement pris sur un pont de caravelle.

L’essentiel est ailleurs. La note date le retour de décembre 1488, et Duarte Pacheco Pereira, qui a fait la traversée du retour à bord, le date de la même façon. Or João de Barros, qui écrit en 1552, place ce retour en décembre 1487 au terme de seize mois et dix-sept jours de mer, ce qui reporterait le départ à l’été 1486. Deux contemporains contre une chronique tardive : la chronologie reçue aujourd’hui, départ en août 1487 et retour en décembre 1488, se construit sur eux et contre lui. Elle est ferme aux deux extrémités du voyage. Beaucoup plus lâche entre les deux.

Une chronologie tirée du calendrier des saints

Eric Axelson, qui a passé sa vie sur ce dossier, l’écrit dès 1940 : le journal et les cartes de Dias ont probablement disparu, et il en énumère les causes possibles, un tri des archives royales sous Manuel Iᵉʳ, le tremblement de terre de Lisbonne, les guerres civiles du XIXᵉ siècle, ou la simple négligence. Près de cinquante ans plus tard, en tête du volume qu’il dirige pour le cinquième centenaire, il le redit sans nuance : ni livre de bord, ni journal, ni carte. Reste une méthode, qu’il a exposée la même année dans une étude sur la toponymie et les padrões du voyage. Les Portugais baptisaient caps et baies du saint dont c’était la fête ; ces noms se retrouvent sur les cartes italiennes des années 1490 et dans la relation du premier voyage de Vasco de Gama ; en les recoupant avec le calendrier liturgique, on obtient un itinéraire daté.

Le résultat est d’une précision saisissante, et il faut savoir ce qu’il vaut. La baie où l’escadre fait de l’eau porte le nom de saint Blaise, fêté le 3 février : d’où la date de l’escale. Le padrão le plus oriental est dédié à saint Grégoire, fêté le 12 mars, et c’est ainsi qu’on date le point extrême du voyage. Aucune de ces dates ne vient d’un document du bord. Toutes viennent d’un nom de lieu.

L’équipement se devine par des voies aussi obliques. L’escadre emportait des padrões, colonnes de pierre surmontées d’une croix et gravées aux armes de Portugal, taillées au royaume et embarquées comme du lest utile ; Diogo Cão en avait planté jusqu’à Cape Cross, sur la côte namibienne, et l’inconnu commençait là. Elle emportait aussi six Africains capturés lors des voyages de Cão et formés au portugais, à débarquer le long de la route pour expliquer aux souverains locaux ce que voulait le roi de Portugal. On ignore tout de ce qu’ils sont devenus. Quant à la grande boucle par le large qui a fait passer les caravelles au sud du continent sans qu’elles le voient, les historiens ne tranchent pas : coup de vent subi, ou recherche délibérée de vents portants. François-Xavier Fauvelle pousse l’aveu d’un cran : on ignore comment Dias a su qu’il avait trouvé le passage. Le voyage tombe sur la borne conventionnelle qui ouvre l’époque moderne, période que l’on fait courir de la fin du XVᵉ siècle à la Révolution.

L’homme tué à l’aiguade de São Brás

Le premier contact avec les habitants de la côte sud n’est raconté que par un texte, et ce texte a neuf ans de retard. C’est la relation anonyme du premier voyage de Vasco de Gama, attribuée tantôt au matelot Álvaro Velho, tantôt à l’écrivain de bord João de Sá, Carmen Radulet penchant en 1994 pour le second. Elle ne survit que par une copie du XVIᵉ siècle, quarante feuillets venus de Santa Cruz de Coimbra, passés à la bibliothèque municipale de Porto en 1834, imprimés en 1838 et traduits en français par Paul Teyssier et Paul Valentin.

Le passage est bref. Quand Bartolomeu Dias était là, écrit l’auteur, les gens ont fui et n’ont rien voulu accepter de ce qu’il offrait ; un jour où les marins faisaient de l’eau à une bonne aiguade au bord de la mer, ils ont défendu la source à coups de pierres lancées du haut de la colline, et Dias a tiré à l’arbalète et en a tué un. Barros, seul autre récit ancien du voyage, ne mentionne aucune rencontre à cet endroit. Les Portugais avaient nommé les parages d’après ce qu’ils y voyaient, des bouviers et leurs bêtes : les gens de la côte étaient des éleveurs, bovins et moutons, et il y avait eu troc avant que cela tourne.

Ce que la source ne donne pas est considérable. Pas de nom pour l’homme tué, pas de motif à la dispute, pas d’effectif, rien sur ce qui s’était dit ou n’avait pas pu se dire. Axelson, qui a commenté le texte deux fois, écrivait en 1940 que cet homme était la première victime d’une agression blanche en Afrique du Sud, et en 1973 que la scène avait engagé une chaîne fatale de méfiance. Deux formules d’un même historien à trente-trois ans d’écart, sur trois lignes de source.

Deux témoins contre un chroniqueur

Vient ensuite l’épisode le plus recopié de toute l’affaire. Dias aurait baptisé la pointe cap des Tempêtes, Cabo Tormentoso, en mémoire des coups de vent essuyés, et Jean II l’aurait rebaptisée cap de Bonne-Espérance en apprenant que la route des Indes s’ouvrait. La scène vient de Barros, dans la Décade première de son Ásia, imprimée à Lisbonne par Germão Galharde en 1552, soixante-quatre ans après les faits.

Deux textes antérieurs disent autre chose. Duarte Pacheco Pereira, que Dias a recueilli gravement malade à l’île de Príncipe au retour et ramené au Portugal, écrit dans son Esmeraldo de situ orbis, composé entre 1505 et 1508, que le promontoire n’a pas reçu son nom sans raison : Dias a vu la côte tourner au nord puis au nord-est vers le golfe d’Arabie, y a lu l’espérance de la découverte de l’Inde, et l’a nommé pour cela cap de Bonne-Espérance. La note marginale de décembre 1488 attribue elle aussi le nom à Dias. Un témoin qui a partagé le navire, un autre qui dit avoir assisté au rapport fait au roi.

En rester là serait malhonnête, car le camp d’en face n’est pas démuni. Barros est facteur de la Casa da Índia à partir de 1533 et travaille sur des papiers aujourd’hui perdus ; il conserve des éléments qu’on ne trouve nulle part ailleurs, l’avis des officiers recueilli par écrit avant le demi-tour, le navire de charge laissé en arrière avec neuf hommes, le décompte des seize mois et dix-sept jours. Rebaptiser un lieu par décision de chancellerie était d’ailleurs un geste ordinaire de cette cour. Et le texte de Pacheco Pereira est lui-même fragile : l’autographe est perdu, les deux copies conservées datent du XVIIIᵉ siècle, l’édition imprimée de 1892, si bien que sa formulation exacte est déjà une reconstitution. Ce qui est établi tient en peu de mots. Deux témoins situés à moins de vingt ans de l’événement donnent le nom à Dias, et le cap des Tempêtes circule depuis 1552 sur la seule autorité de Barros. Il n’a plus quitté les manuels.

Cinq mille éclats dans le sable de Kwaaihoek

Le padrão de saint Grégoire cesse d’être mentionné dans les sources après le XVIᵉ siècle. Axelson l’a cherché à partir des relations portugaises anciennes et d’un calcul du recul du trait de côte depuis 1488. L’université du Witwatersrand a financé la fouille ; en février 1938, le tamisage du sable a rendu environ 5 000 fragments, assez pour remonter la colonne. L’inscription est perdue ; quelques lettres et une partie des armes de Portugal restent lisibles. Classé monument national en 1939, l’objet se trouve dans le hall de la William Cullen Library, à Johannesbourg.

Les deux autres ont eu moins de chance. Celui d’Angra Pequena, dressé le 25 juillet 1488, a tenu plus de trois siècles avant que des officiers britanniques le trouvent arraché et brisé dans les années 1820 ; un négociant en guano a emporté en 1855 les morceaux qu’il pouvait à Cape Town, d’autres ont été dégagés sur place en 1953, et une réplique de dolérite a été dévoilée le 25 juillet 1988 sur le site, monument national namibien depuis le 12 janvier 1973. Du padrão de saint Philippe, sur la péninsule du Cap, on n’a jamais retrouvé le moindre éclat.

Restent les cartes. La mappemonde de l’Insularium illustratum d’Henricus Martellus, à Londres, montre le sud de l’Afrique dessiné hors du cadre, comme s’il avait fallu loger en catastrophe une information qui ne rentrait plus. Les toponymes portés le long de cette côte viennent des relevés de l’expédition, et c’est par eux, faute de mieux, que sa chronologie a été reconstituée.

Une caravelle sans plans et une plage fermée

En février 1988, le gouvernement sud-africain de Pieter Willem Botha finance un festival pour le cinquième centenaire ; Leslie Witz en a reconstitué la fabrique à partir des archives d’Axelson. La pièce maîtresse est une caravelle construite au Portugal, partie de Lisbonne en novembre 1987, qui doit accoster à Mossel Bay le 3 février au matin. Les organisateurs butent aussitôt sur l’état du dossier. Le nom du navire de Dias étant inconnu, la réplique est baptisée Bartolomeu Dias. Aucun plan contemporain n’existe, le plus ancien disponible datant du début du XVIIᵉ siècle : on approxime d’après des dessins relevés sur des cartes et des tableaux. Sous la ligne de flottaison, la coque est moderne, avec un moteur qui consomme en moyenne 400 litres par jour ; à Simonstown, on retire du pont les bidons de gazole avant l’entrée en scène.

Le reste s’est dérobé de la même façon. La scène de l’aiguade était injouable dans une fête qui se voulait multiculturelle, et elle n’a pas été jouée ; les habitants de la côte ont été figurés par des acteurs blancs en masques noirs. Début janvier, le pasteur Pieter Klink s’était fait chasser de la plage réservée aux Blancs de De Bakke, à Mossel Bay, et avait appelé au boycott ; l’appel fut largement suivi. Le 3 février au matin, un autocar amenant les gymnastes de la police de Hammanskraal a perdu ses freins sur le col de Robinson : treize policiers y ont laissé la vie, et le festival a continué.

Le Bartolomeu Dias Museum Complex a ouvert l’année suivante à Mossel Bay, autour de la caravelle hissée à l’intérieur par une ouverture ménagée dans le mur du fond. Le boycott n’y figure pas, l’accident du col non plus. Dans une alcôve, à côté de dioramas représentant les rencontres entre voyageurs européens et populations locales, l’institution a apposé un cartel intitulé « Incorrect Information » : le musée y déclare avoir connaissance d’un certain nombre d’erreurs, grammaticales et historiques, dans le texte de cette exposition, présentée telle qu’elle lui a été donnée.

Pour aller plus loin

Ce dossier croise le traité de Tordesillas de 1494, dont Duarte Pacheco Pereira fut l’un des négociateurs six ans après avoir été ramené de Príncipe par Dias. Il rejoint le premier voyage de Vasco de Gama, dont la relation anonyme est le seul témoignage direct de l’ouverture de la ligne des Indes, ainsi que la forteresse de São Jorge da Mina et le commerce de l’or sur la côte de Guinée, où Dias avait servi avant de partir vers le sud.

Se connecter pour enregistrer
Se connecter pour enregistrer

Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Note marginale sur l’exemplaire de l’Imago Mundi de Pierre d’Ailly ayant appartenu à Christophe Colomb, feuillet 13, mention du retour de « Bartholomeus Didacus » à Lisbonne en décembre 1488, du relèvement à 45 degrés sud et de la carte présentée au roi Biblioteca Colombina, Séville
  2. Roteiro da primeira viagem de Vasco da Gama à Índia, 1497-1499, relation anonyme attribuée à Álvaro Velho ou à João de Sá, copie du XVIᵉ siècle, f. 1-40, provenant du monastère de Santa Cruz de Coimbra Biblioteca Pública Municipal do Porto, Ms. 804
  3. Duarte Pacheco Pereira, Esmeraldo de situ orbis, composé entre 1505 et 1508 ; autographe perdu, connu par deux copies du XVIIIᵉ siècle, l’une à la Biblioteca Pública de Évora, l’autre à la Biblioteca Nacional de Portugal ; première édition imprimée sous la direction de Raphael Eduardo de Azevedo Basto, Lisbonne, Imprensa Nacional, 1892
Voir les 26 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. João de Barros, Decada primeira da Asia, livre III, Lisbonne, Germão Galharde, 1552 ; exemplaire numérisé consulté : deuxième édition, Lisbonne, Jorge Rodriguez pour Antonio Gonçalvez, 1628 Biblioteca Nacional de Portugal
  2. Padrão de São Gregório, colonne de pierre érigée à Kwaaihoek le 12 mars 1488, environ 5 000 fragments recueillis lors de la fouille de février 1938 et remontés, inscription illisible, monument national depuis 1939 William Cullen Library, université du Witwatersrand, Johannesbourg
  3. Site du padrão de São Tiago, Dias Point, Lüderitz, colonne érigée le 25 juillet 1488, fragments dispersés à partir de 1855, réplique de dolérite dévoilée le 25 juillet 1988 monument national namibien depuis le 12 janvier 1973
  4. Henricus Martellus Germanus, Insularium illustratum, mappemonde aux f. 68v-69r, vers 1489-1490, sud de l’Afrique dessiné hors du cadre British Library, Londres, Add MS 15760
  5. Caravelle Bartolomeu Dias, construite en 1987 au chantier Samuel & Filhos à Vila do Conde, partie de Lisbonne en novembre 1987, arrivée à Mossel Bay le 3 février 1988, coque moderne sous la ligne de flottaison et moteur auxiliaire Bartolomeu Dias Museum Complex, Mossel Bay
  6. Cartel « Incorrect Information » apposé dans l’alcôve des dioramas de rencontres Bartolomeu Dias Museum Complex, Mossel Bay

Bibliographie

  1. François-Xavier Fauvelle, « 1488. Bartolomeu Dias double le cap de Bonne-Espérance (et fait demi-tour) », dans Romain Bertrand (dir.), L’Exploration du monde. Une autre histoire des Grandes Découvertes, Paris, 2019, p. 135-141, DOI 10,3917/ls.bertr.2007,01,0135 Éditions du Seuilhttps://doi.org/10.3917/ls.bertr.2007.01.0135
  2. Leslie Witz, « Eventless History at the End of Apartheid : The Making of the 1988 Dias Festival », Kronos 32 (1), 2006, p. 162-191 Kronos, University of the Western Cape
  3. Paul Teyssier et Paul Valentin (trad. et annot.), Voyages de Vasco de Gama. Relations des expéditions de 1497-1499 et 1502-1503, présentation de Jean Aubin, Paris, 1995, 397 p., coll. « Magellane » Éditions Chandeigne
  4. Eric Axelson, South-East Africa 1488-1530, Londres, 1940 Longmans, Green & Co (constat sur la perte du journal et des cartes, et formule sur la première victime, relevés dans l’étude de Leslie Witz)
  5. Eric Axelson, Congo to Cape. Early Portuguese Explorers, Londres, 1973 Faber & Faber (lecture de l’épisode de l’aiguade, relevée dans l’étude de Leslie Witz)
  6. Eric Axelson (dir.), Dias and his Successors, Le Cap, 1988 Saayman & Weber (constat liminaire sur l’absence de livre de bord, relevé dans l’étude de Leslie Witz)
  7. Eric Axelson, « The Dias Voyage, 1487-1488 : Toponymy and Padrões », Revista da Universidade de Coimbra 34, 1988, p. 29-55 Universidade de Coimbra
  8. Joaquim Barradas de Carvalho, « As edições e as traduções do « Esmeraldo de Situ Orbis » », Revista de História 29 (59), 1964, p. 67-80, DOI 10,11606/issn.2316-9141.rh.1964,122752 Revista de História, Universidade de São Paulohttps://doi.org/10.11606/issn.2316-9141.rh.1964.122752
  9. Carmen Radulet, « Acerca da autoria do « Diário da navegação de Vasco da Gama » (1497-1499) », dans Os descobrimentos portugueses no século XV, II Simpósio de História Marítima, Lisbonne, 1994, p. 89-100 Academia de Marinha

Sources en ligne

  1. « Roteiro da primeira viagem de Vasco da Gama à Índia, 1497-1499 », manuscrit MS-804 numérisé Arquivo Digital, Biblioteca Pública Municipal do Portohttps://arquivodigital.cm-porto.pt/Conteudos/Conteudos_BPMP/MS-804/MS-804_item1/index.html
  2. « Registre de la Mémoire du monde internationale : Roteiro da primeira viagem de Vasco da Gama à Índia », dossier de candidature UNESCOhttps://media.unesco.org/sites/default/files/webform/mow001/portugal_first_voyage_vasco_da_gama_to_india_fr.pdf
  3. « Add MS 15760 : Henricus Martellus Germanus, Insularium illustratum » British Library, Archives and Manuscriptshttps://searcharchives.bl.uk/catalog/032-002093447
  4. « Eventless History at the End of Apartheid : The Making of the 1988 Dias Festival » SciELO South Africa, revue Kronoshttps://scielo.org.za/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S0259-01902006000100008
  5. « Decada primeira [-terceira] da Asia de João de Barros. Dos feitos que os portugueses fezerão no descobrimento & conquista dos mares & terras do Oriente..., Em Lisboa, 1628 » Biblioteca Nacional Digital, Portugalhttps://purl.pt/21935
  6. « Dias (Diaz) Cross - William Cullen Library » University of the Witwatersrand, LibGuideshttps://libguides.wits.ac.za/c.php?g=145444&p=6578691
  7. « Esmeraldo de Situ Orbis » Fundação Calouste Gulbenkianhttps://gulbenkian.pt/publications/esmeraldo-de-situ-orbis/
  8. « Bartolomeu Dias » South African History Onlinehttps://sahistory.org.za/people/bartolomeu-dias
  9. « Dias, Mr Bartolomeu (navigation) » S2A3 Biographical Database of Southern African Sciencehttps://www.s2a3.org.za/bio/Biograph_final.php?serial=731
  10. « Maritime Museum » Bartolomeu Dias Museum Complex, Mossel Bayhttps://diasmuseum.co.za/maritime-museum/
  11. « 1488. Bartolomeu Dias double le cap de Bonne-Espérance (et fait demi-tour) » Cairn.info, Sciences humaines et socialeshttps://shs.cairn.info/l-exploration-du-monde-une-autre-histoire-des-grandes-decouvertes--9782021406252-page-135?lang=fr
La lettre

Vous avez aimé cet article ?

Les nouveaux récits de l’encyclopédie et l’enquête du moment.