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Alexandre Nevski, entre les Mongols et les chevaliers teutoniques

Nicholas Roerich / Wikimedia Commons
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Aux uns on coupe le nez, aux autres on crève les yeux. La Première Chronique de Novgorod réserve ce châtiment, à l’année 1257, à ceux qui ont « mené au mal » le jeune Vassili, prince de la ville. Les Tatars venaient d’exiger des Novgorodiens la tamga, une taxe sur le commerce et l’artisanat, et la dîme, et la ville s’en était tirée cette fois par des présents au khan. Furieux, le père de Vassili chasse son fils de Pskov, où il s’était retiré, l’expédie dans la terre de Souzdal et fait mutiler son entourage. Ce père s’appelle Alexandre Iaroslavitch. L’Église russe le vénère comme saint depuis 1547, et trois États successifs ont donné son nom à un ordre, l’Empire russe en 1725, l’Union soviétique en 1942 et la Fédération de Russie en 2010.

« Ou moins, Dieu le sait »

Le 15 juillet 1240, selon la même chronique, des Suédois accompagnés de Norvégiens et de Finnois remontent la Neva et s’arrêtent au confluent de l’Ijora. Alexandre, qui a une vingtaine d’années, les attaque avec sa suite et des Novgorodiens sans attendre les troupes de son père. Le chroniqueur nomme quelques morts de son camp, puis arrête le total à vingt hommes, ceux de Ladoga compris, « ou moins, Dieu le sait ». Aucun texte suédois ne mentionne la rencontre. John Lind relevait en 1991 que cette bataille, immense dans la tradition russe, manque souvent dans l’historiographie suédoise, et que presque tout ce qu’on en raconte vient de la Vie d’Alexandre. La tradition a mis Birger Magnusson à la tête des Suédois, alors qu’il ne devient jarl qu’en 1248 ; l’encyc​lopédie de Saint-Pétersbourg penche pour le jarl Ulf Fasi.

Anton Gorski, de l’Institut d’histoire russe de l’Académie des sciences, refuse pourtant d’y voir une échauffourée de frontière parmi d’autres. Avant 1240, rappelle-t-il en 2021, une armée suédoise n’était entrée qu’une seule fois dans la Neva, en 1164, et la tentative suivante attend 1300, quand les Suédois bâtissent à l’embouchure la forteresse de Landskrona, rasée l’année d’après par un fils d’Alexandre. Personne, du vivant du prince, ne l’a appelé Nevski. Le surnom n’apparaît qu’au XVᵉ siècle, et Pierre le Grand l’a fixé sur le terrain en fondant en 1710 le monastère Saint-Alexandre-Nevski à l’embouchure de la rivière Tchiornaïa, là où l’on plaçait alors, à tort, le combat ; les reliques du prince y arriveront de Vladi​mir en 1724.

Ouzmen, près de la pierre au Corbeau

À la fin de 1240, des troupes venues de Livonie, gens de l’évêque de Dorpat et frères de l’ordre Teutonique, prennent Izborsk puis Pskov, deuxième ville de la terre de Novgorod, qu’elles tiennent plus d’un an. Elles s’emparent de Koporié, au bord du golfe de Finlande, et leurs coureurs paraissent en 1241 à trente verstes de Novgorod, ville la plus peuplée de la Rus’ au début du siècle avec près de 30 000 habitants selon l’estimation de Pierre Gonneau. Revenu cette année-là sur le trône de Novgorod qu’il avait quitté, Alexandre reprend Koporié, puis Pskov au printemps 1242, et passe en terre estonienne.

Le 5 avril 1242, un samedi, jour de saint Claudien, les deux armées se rencontrent. La copie synodale de la Première Chronique de Novgorod, écrite au XIVᵉ siècle, place Alexandre et son frère Andreï sur le lac des Tchoudes, autre nom du Peïpous, à Ouzmen, près de la pierre au Corbeau. Les Allemands et les Tchoudes, c’est-à-dire les Estes, enfoncent en coin les rangs novgorodiens ; Dieu, sainte Sophie et les martyrs Boris et Gleb donnent la victoire ; on poursuit l’ennemi sur la glace pendant sept verstes jusqu’à la rive de Souboli ; il tombe des Tchoudes sans nombre et quatre cents Allemands, et l’on en ramène cinquante à Novgorod. Dans sa rédaction récente, connue par la copie dite de la Commission, du milieu du XVᵉ siècle, la même chronique porte les Allemands tués à cinq cents et remplace saint Claudien par saint Théodule, fêté le même jour. En face, la Chronique rimée de Livonie, composée en moyen haut allemand dans les années 1290, ne nomme ni lac ni glace. Les gens de Dorpat, écrit-elle, ont rejoint l’armée des frères avec trop peu de monde ; les archers russes ouvrent le combat ; les bannières des frères flottent au milieu d’eux ; beaucoup tombent des deux côtés « sur l’herbe » ; encerclés par des Russes soixante fois plus nombreux, vingt frères restent morts et six sont pris. La Chronique laurentienne, enfin, copiée en 1377 et conservée à la Bibliothèque nationale de Russie sous la cote F.п.IV.2, met au premier plan Andreï, envoyé par leur père au secours d’Alexandre, et ne dit pas de quel lac il s’agit.

Les chiffres ne se contredisent peut-être pas autant qu’il y paraît. Iouri Begounov, Igor Kleinenberg et Igor Chaskolski ont proposé en 1966 que la chronique livonienne ne compte que les frères de l’ordre, quand Novgorod compte tous les cavaliers ennemis, et ils estimaient l’effectif des frères présents en Livonie entre cinquante et cent. Fennell jugeait les quatre cent cinquante tués et captifs nettement exagérés. Pour le reste, on ne sait rien de sûr, faute d’un seul chiffre contemporain sur les effectifs, et les estimations modernes du seul camp livonien vont de sept cents à quinze mille hommes.

Eisenstein relit Milton

La glace a son histoire propre, que Donald Ostrowski, de Harvard, a reconstituée en 2006 couche par couche. Dans les plus anciens récits russes, il n’est question que d’une poursuite sur le lac gelé. La Vie d’Alexandre fait du lac le champ de bataille, couvre la glace de sang, compare le fracas des lances et des épées au bruit d’un lac gelé qui se met en mouvement et ajoute un témoin qui a vu dans le ciel un régiment divin. Les compilations moscovites de la seconde moitié du XVᵉ siècle sont les premières à noyer des combattants, la chronique moscovite de la fin du siècle écrivant que d’autres se noyèrent dans le lac. Ostrowski y entend l’écho d’un autre combat, celui de 1016, où Iaroslav le Sage, l’aïeul qu’Alexandre invoque dans sa prière avant la bataille, repousse Sviatopolk sur un lac gelé, la glace ne cédant que dans certaines copies de la Chronique des temps passés. Le Recueil enluminé commandé par Ivan le Terrible, dont le volume dit de Laptev, conservé à la Bibliothèque nationale de Russie sous la cote F.IV.233, compte 1 005 feuillets de papier de 40 centimètres sur 30,3, montre aux feuillets 937v à 938v, selon la description d’Ostrowski, des têtes qui émergent entre des plaques de glace, et rien n’indique qu’elles appartiennent à un seul camp. Chez les historiens antérieurs à 1938 qu’il passe en revue, Ostrowski ne trouve aucun chevalier englouti par une banquise qui se rompt ; deux d’entre eux noient bien des Allemands, mais dans des trous d’eau libre. L’image apparaît en 1938, dans le film de Sergueï Eisenstein, qui avait médité pour ses plans la bataille du ciel du Paradis perdu, où les anges rebelles basculent par une brèche ouverte dans la muraille de cristal, selon sa biographe Marie Seton. Les chevaux, eux, tenaient sur la glace, et Olaus Magnus décrivait en 1555 des montures ferrées de fers recourbés à clous pointus qui y galopaient avec un cavalier en armure.

Le nom de bataille du lac Peïpous convient mieux que celui de bataille des glaces, que les textes russes ne lui donnent qu’à partir de la fin du XVᵉ siècle, parce qu’il ne décide pas d’avance où l’on s’est battu. En 1958 et 1959, une expédition dirigée par Gueorgui Karaïev a sondé le nord du lac Tioploïe, l’étroit qui relie le Peïpous au lac de Pskov, sans remonter une arme ni un ossement qu’on puisse rattacher au combat ; Ostrowski convient que la zone sondée était petite et la vase épaisse. Le récit d’Eisenstein a pourtant gagné les musées. En 2010, la notice que l’exposition Sainte Russie du Louvre consacrait à ce même volume de Laptev décrivait encore des chevaliers lourdement armés poursuivant Alexandre sur une glace qui craquait sous leur poids.

Nevrioui

Le 30 septembre 1246, le père d’Alexandre, Iaroslav, meurt empoisonné près de Karakorum, à la cour du grand khan Güyük. Jean de Plan Carpin, l’envoyé du pape, rapporte qu’après cette mort la mère du khan fit appeler Alexandre pour lui remettre la terre de son père, et que tous pensaient qu’on le tuerait ou qu’on le garderait captif s’il venait. Il ne vient pas. Les deux frères font finalement le voyage, d’abord chez Batou sur la Volga, puis en Mongolie, d’où ils rentrent à la fin de 1249 ; la Chronique laurentienne note qu’on confia à Alexandre Kiev et toute la terre russe, et qu’Andreï s’assit à Vladi​mir.

En 1252, Alexandre se rend à la Horde. Une armée conduite par Nevrioui, que la chronique ne présente pas autrement, marche alors contre Andreï. Selon la Chronique laurentienne, celui-ci avait « résolu avec ses boïars de fuir plutôt que de servir les tsars », et les Tatars le rattrapent près de Pereïaslavl avant de se répandre dans le pays ; ils tuent le voïévode Jidoslav et la femme de leur frère Iaroslav, et emmènent en captivité ses enfants, des gens sans nombre, des chevaux et du bétail. Andreï s’enfuit outre-mer, jusqu’en Suède d’après d’autres chroniques, et reparaît en 1256 comme prince de Souzdal. Alexandre rentre de la Horde grand-prince de Vladi​mir.

John Fennell a tiré de ces lignes, en 1973 puis en 1983, l’accusation la plus dure jamais portée contre le saint. Il envisageait, à la suite d’une suggestion de Goumilev, un soulèvement préparé par Andreï, gendre de Daniel de Galicie, entre 1249 et 1252, qu’Alexandre aurait aidé le khan à étouffer, au point d’écrire que le joug tatar avait moins commencé avec l’invasion de Batou qu’avec la trahison d’Alexandre envers ses frères. L’argument a pour lui l’enchaînement des faits, puisque le voyage d’Alexandre précède l’expédition et qu’il en est le seul bénéficiaire. Il a contre lui les textes. Aucune chronique ne fait se plaindre Alexandre. La plainte, qui accuse Andreï d’avoir flatté le khan et de mal payer le tribut, se lit chez Vassili Tatichtchev, au XVIIIᵉ siècle, accrochée à un récit de la Chronique de Nikon, compilée au XVIᵉ. Gorski a montré en 2021 que cette phrase trahit son époque. Elle emploie le mot vykhod pour le tribut, qu’on ne rencontre pas avant le XIVᵉ siècle, et calque l’accusation lancée en 1318 contre Mikhaïl de Tver, que la même Chronique de Nikon rapporte. Pour Ostrowski comme pour Gorski, l’expédition s’explique sans plainte. Möngke, porté au trône en 1251 grâce à Batou, réexamine les investitures accordées par la régente Oghul-Qaïmich, hostile à Batou, qui avait donné Vladi​mir à Andreï ; Alexandre se présente, Andreï ne vient pas, et la même année une autre armée, sous Kouremsa, frappe Daniel de Galicie, qui avait cessé de reconnaître l’autorité de la Horde. Ostrowski note encore que les chroniques tardives remplacent Batou par son fils Sartak, parce qu’elles ont admis la fable d’un Batou tué en Hongrie dès 1247-1248. Sur ce Sartak s’est greffée une autre invention, plus récente. Le romancier Alexeï Iougov prête à Batou, dans les années 1940, le désir de faire d’Alexandre son fils adoptif et son gendre ; Lev Goumilev en tire en 1970 une fraternité jurée entre Alexandre et Sartak, qu’il date même de 1251 dans un livre de 1989. Gorski n’a trouvé cette fraternité dans aucune source médiévale.

Un défenseur de l’orthodoxie prêt à bâtir une cathédrale latine ?

Dans les registres d’Innocent IV, publiés à Paris par Élie Berger, sont copiées deux lettres du pape au prince, datées du 23 janvier et du 15 septembre 1248. La première annonce à Alexandre que son père, peu avant de mourir, s’est soumis à l’Église romaine, l’invite à faire de même et loue la sagesse qu’il a montrée en refusant de tendre la nuque au joug des Tatars, allusion au voyage de 1246 qu’il n’avait pas fait. La seconde le félicite d’avoir accepté et se réjouit de son projet d’élever à Pskov une cathédrale pour les Latins.

Ces deux lettres dérangent l’image du prince dressé contre Rome. Alexandre Maïorov, de l’université de Saint-Pétersbourg, y voit en 2022 une disponibilité réelle, à replacer dans les négociations d’union que le pape menait au même moment avec l’empire grec de Nicée, et auxquelles des princes et des prélats russes prenaient part sans jamais quitter l’Église byzantine. Gorski avance une explication plus étroite, que les dates soutiennent. Alexandre a passé toute l’année 1248 hors de la Rus’, chez Batou puis sur la route de la Mongolie ; la lettre de janvier l’a sans doute rejoint sur la Volga, le pape a fait passer sa réponse, neutre et aimable, pour un accord, et les huit mois moins une semaine qui séparent les deux lettres suffisaient à des courriers pour l’aller et le retour.

Rentré en 1249, il refuse.

Le refus est raconté par la Vie d’Alexandre, qui fait venir deux cardinaux, Gald et Gemont, et met dans la bouche du prince et de ses évêques une fin de non-recevoir. Tout dépend alors de la date du texte. Iouri Begounov plaçait la première rédaction en 1282-1283 ; Ostrowski, qui la juge dépendante de la Première Chronique de Novgorod, l’a repoussée en 2008 à la seconde moitié du XVᵉ siècle, et ne fait remonter aux années 1280, dans son article de 2009, qu’un récit militaire plus court, d’où l’expédition de Nevrioui est absente. Mari Isoaho, dans sa thèse publiée chez Brill en 2006, rappelle que cette Vie n’est pas une biographie et qu’on l’a trop lue comme une source d’histoire politique et militaire.

Le profil de Nikolaï Tcherkassov

Mort en 1263, peu après un dernier voyage chez le khan, Alexandre est enterré au monastère de la Nativité de Vladi​mir. L’Église le canonise en 1547, et jusqu’au début du XVIIIᵉ siècle on ne le peint qu’en moine, parce qu’il avait pris l’habit sous le nom d’Alexis avant de mourir. Le voile funéraire brodé vers 1670-1680 dans les ateliers Stroganov de Solvytchegodsk, 1,92 mètre sur 60,5 centimètres, aujourd’hui au musée d’histoire et d’art de Serguiev Possad sous le numéro d’inventaire 5552, se trouvait très probablement dans la cathédrale du monastère de Vladi​mir où il reposait. Pierre le Grand fait transférer les reliques à Saint-Pétersbourg en 1723-1724, et des oukazes de 1724 ordonnent de ne plus le représenter qu’en habit de prince et de l’honorer en saint guerrier. Faute de tout portrait, l’architecte Igor Teliatnikov a placé en 1942 sur l’esquisse du nouvel ordre soviétique, institué le 29 juillet, le profil de Nikolaï Tcherkassov, l’acteur qui jouait le prince chez Eisenstein, et 42 165 personnes l’ont reçu pendant la guerre.

Le calendrier officiel a fait le reste. La Russie célèbre chaque 18 avril un jour de gloire militaire pour la victoire du lac Peïpous, soit le 5 avril des chroniques augmenté des treize jours qui séparent le calendrier jul​ien du grégorien depuis 1900, alors que l’écart n’était que de sept jours au XIIIᵉ siècle, si bien que la Bibliothèque présidentielle, dans la notice même où elle annonce la fête, donne pour équivalent grégorien du combat le 12 avril 1242.

Pour aller plus loin

L’invasion mongole de la Rus’ entre 1237 et 1240, avec la prise de Vladi​mir et de Kiev, forme l’arrière-plan de toute la carrière d’Alexandre. Daniel de Galicie, couronné roi par un légat pontifical en 1253 avant de rompre avec Rome, offre le contrepoint exact de ses choix. La croisade balte, de l’ordre des Porte-Glaive à son absorption par l’ordre Teutonique en 1237, éclaire enfin l’adversaire de 1242.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Première Chronique de Novgorod, rédaction ancienne, copie synodale sur parchemin, XIVᵉ siècle, aux années 6748 (1240 : Suédois sur la Neva le 15 juillet, vingt morts novgorodiens « ou moins, Dieu le sait »), 6750 (1242 : Ouzmen, pierre au Corbeau, coin allemand, poursuite de sept verstes sur la glace jusqu’à la rive de Souboli, quatre cents Allemands tués, cinquante captifs, samedi 5 avril, saint Claudien) et 6765 (1257 : tamga et dîme exigées par les Tatars, Vassili chassé de Pskov par son père, mutilation de ceux qui l’avaient « mené au mal », d’après la notice du Dictionnaire biographique russe reprise sur booksite.ru), éd. A. N. Nasonov, Novgorodskaia pervaia letopis’ starshego i mladshego izvodov, Moscou et Léningrad, 1950, p. 77-78 pour 1240-1242 [À VÉRIFIER : page de l’entrée de 1257] Moscou, Musée historique d’État (GIM), Sin. 786
  2. Première Chronique de Novgorod, rédaction récente, copie dite de la Commission, milieu du XVᵉ siècle, à l’année 1242 : cinq cents Allemands tués, saint Théodule, éd. A. N. Nasonov, 1950, p. 295-296 Saint-Pétersbourg, Archives scientifiques et historiques de l’Institut d’histoire de Saint-Pétersbourg de l’Académie des sciences de Russie [À VÉRIFIER : cote, non relevée sur une notice de l’établissement]
  3. Chronique laurentienne, copiée du 14 janvier au 20 mars 1377 par le moine Laurent et un second copiste sur un modèle du début du XIVᵉ siècle : 1242 (Andreï envoyé au secours d’Alexandre, victoire « au lac »), 1249 (Kiev et toute la terre russe à Alexandre, Vladi​mir à Andreï), 1252 (Andreï « résolu avec ses boïars de fuir plutôt que de servir les tsars », combat de Pereïaslavl, mort du voïévode Jidoslav), PSRL I, col. 470, 472 et 473 Saint-Pétersbourg, Bibliothèque nationale de Russie, F.п.IV.2
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Sources primaires (suite)

  1. Livländische Reimchronik, années 1290, récit de la bataille de 1242 (gens de Dorpat trop peu nombreux, archers russes, morts « sur l’herbe », soixante Russes pour un Allemand, vingt frères tués et six pris), éd. Leo Meyer, Paderborn, F. Schöningh, 1876, p. 51-52 ; trad. Jerry C. Smith et William L. Urban, The Livonian Rhymed Chronicle, Bloomington, Indiana University Press, 1977, p. 31-32
  2. Vie d’Alexandre Nevski (Povest’ o zhitii i o khrabrosti blagovernago i velikago kniazia Aleksandra) : glace couverte de sang, régiment divin, prière invoquant Iaroslav contre Sviatopolk, cardinaux Gald et Gemont, éd. V. Mansikka, Zhitie Aleksandra Nevskogo, Pamiatniki drevnei pis’mennosti 180, Saint-Pétersbourg, 1913, p. 24 et 31 ; première rédaction éd. Iu. K. Begunov, 1965, p. 174-194
  3. Innocent IV, lettres à Alexandre Iaroslavitch, 23 janvier et 15 septembre 1248, éd. Élie Berger, Les Registres d’Innocent IV (1243-1254) publiés ou analysés d’après les manuscrits originaux du Vatican et de la Bibliothèque nationale, t. I, Paris, Thorin, 1884, n° 4092, p. 621, et t. II, 1887, n° 4129, p. 5 ; éd. T. T. Haluščynskyj et M. M. Wojnar, Acta Innocentii PP. IV (1243-1254), Rome, 1962, n° 59 et 65, p. 110-112 et 117-118
  4. Jean de Plan Carpin, Historia Mongalorum : mort de Iaroslav et convocation d’Alexandre par la mère de Güyük, éd. E. Menestò et al., Giovanni di Pian di Carpine, Storia dei Mongoli, Spolète, Centro italiano di studi sull’alto medioevo, 1989, p. 323, cité d’après Gorski 2021
  5. Vassili N. Tatichtchev, Istoriia Rossiiskaia, t. V, Moscou et Léningrad, 1965, p. 40-41 : plainte d’Alexandre contre Andreï, cité d’après Gorski 2021
  6. Chronique de Nikon, PSRL X, p. 138-139 (récit de 1252) et p. 183 (accusation portée contre Mikhaïl de Tver en 1318), cité d’après Ostrowski 2009 et Gorski 2021
  7. Chronique moscovite de la fin du XVᵉ siècle, PSRL XXV, p. 135 (« d’autres se noyèrent dans le lac ») ; Première Chronique de Sofia, PSRL VI, 1, col. 314, cités d’après Ostrowski 2006
  8. Chronique des temps passés (Povest’ vremennykh let), à l’année 1016 : Iaroslav contre Sviatopolk sur un lac gelé, glace qui cède dans les copies laurentienne et de Khlebnikov, d’après D. Ostrowski (éd.), The Povest’ vremennykh let : An Interlinear Collation, Cambridge (Mass.), 2003, 142, 12-19, cité d’après Ostrowski 2006
  9. Recueil enluminé (Litsevoi letopisnyi svod), volume dit de Laptev, Moscou, seconde moitié du XVIᵉ siècle, papier, 1 005 feuillets, 40 × 30,3 cm, provenant de la bibliothèque du tsar, miniatures de la bataille de 1242 aux ff. 937v-938v d’après Ostrowski 2006 Saint-Pétersbourg, Bibliothèque nationale de Russie, département des manuscrits, F.IV.233
  10. Olaus Magnus, Historia de gentibus septentrionalibus, Rome, 1555 : chevaux ferrés de clous galopant sur la glace, trad. Peter Fisher et Humphrey Higgens, Description of the Northern Peoples, Londres, Hakluyt Society, 1996-1998, t. II, p. 524-525, cité d’après Ostrowski 2006
  11. John Milton, Paradise Lost, livre VI, v. 853-866 : la muraille de cristal du ciel qui s’ouvre sous les anges rebelles, cité d’après Ostrowski 2006
  12. Sergueï Eisenstein, Alexandre Nevski, Mosfilm, 1938
  13. Pokrov (voile funéraire) d’Alexandre Nevski, ateliers Stroganov, Solvytchegodsk, 1670-1680, satin, toile, soie, fils d’or et d’argent, 1,92 m × 60,5 cm, provenant très probablement de la cathédrale du monastère de la Nativité de Vladi​mir Serguiev Possad, Musée d’État d’histoire et d’art, inv. 5552
  14. Ordre d’Alexandre Nevski de l’URSS, institué par oukase du Présidium du Soviet suprême du 29 juillet 1942, dessin d’Igor Teliatnikov approuvé le 20 juillet 1942, profil de l’acteur Nikolaï Tcherkassov, 42 165 décorés pendant la guerre, d’après Skvortsova 2022
  15. Alexeï K. Iougov, Ratoborcy, livre 2, Alexandre Nevski, roman des années 1940, dans Sobranie sochinenii, t. III, Moscou, 1985, p. 317-318, cité d’après Gorski 2021

Bibliographie

  1. John Fennell, The Crisis of Medieval Russia 1200-1304, Longman History of Russia, Londres, 1983, p. 105-109 Longman
  2. J. L. I. Fennell, « Andrej Jaroslavič and the Struggle for Power in 1252 : An Investigation of the Sources », Russia Mediaevalis 1, 1973, p. 49-63 Russia Mediaevalis
  3. Donald Ostrowski, « Alexander Nevskii’s “Battle on the Ice” : The Creation of a Legend », Russian History/Histoire russe 33 (2-4), 2006, p. 289-312 Russian History
  4. Donald Ostrowski, « The Tatar Campaign of 1252 », Palaeoslavica XVII (2), 2009, p. 46-64 Palaeoslavica
  5. Donald Ostrowski, « Redating the Life of Alexander Nevskii », dans Chester Dunning, Russell E. Martin et Daniel Rowland (dir.), Rude & Barbarous Kingdom Revisited : Essays in Russian History and Culture in Honor of Robert O. Crummey, Bloomington, 2008, p. 23-39 Slavica
  6. Anton A. Gorski, « Aleksandr Nevskii kak istoricheskii deiatel’ : spornye problemy », Istoricheskii vestnik 35, 2021, p. 11-27, DOI 10,35549/HR.2021,2021,35 010 Istoricheskii vestnikhttps://doi.org/10.35549/HR.2021.2021.35
  7. Aleksandr V. Maïorov, « Lion, Nikeia i Karakorum vo vneshnei politike Aleksandra Nevskogo », Vestnik Udmurtskogo universiteta. Seriia Istoriia i filologiia 32 (1), 2022, p. 101-114, DOI 10,35634/2412-9534-2022-32-1-101-114 Université d’Oudmourtiehttps://doi.org/10.35634/2412-9534-2022-32-1-101-114
  8. Mari Isoaho, The Image of Aleksandr Nevskiy in Medieval Russia : Warrior and Saint, The Northern World 21, Leyde et Boston, 2006, VIII-417 p. Brill
  9. John H. Lind, « Early Russian-Swedish Rivalry : The Battle on the Neva in 1240 and Birger Magnusson’s Second Crusade to Tavastia », Scandinavian Journal of History 16 (4), 1991, p. 269-295 Scandinavian Journal of History
  10. Iu. K. Begunov, I. E. Kleinenberg et I. P. Shaskol’skii, « Pis’mennye istochniki o Ledovom poboishche », dans G. N. Karaev (dir.), Ledovoe poboishche 1242 g. Trudy kompleksnoi ekspeditsii po utochneniiu mesta Ledovogo poboishcha, Moscou et Léningrad, 1966, p. 227-239 Nauka
  11. G. N. Karaev, « Rezul’taty podvodnogo arkheologicheskogo obsledovaniia severnoi chasti Teplogo ozera », dans G. N. Karaev (dir.), Ledovoe poboishche 1242 g., Moscou et Léningrad, 1966, p. 60-64 Nauka
  12. Iu. K. Begunov, Pamiatnik russkoi literatury XIII veka « Slovo o pogibeli Russkoi zemli », Moscou et Léningrad, 1965, p. 61 (datation de la première rédaction de la Vie) Nauka
  13. Lev N. Gumilev, Poiski vymyshlennogo tsarstva. Legenda o « gosudarstve presvitera Ioanna », Moscou, 1970, p. 341 et 382 ; Drevniaia Rus’ i Velikaia step’, Moscou, 1989, p. 534 Nauka
  14. Marie Seton, Sergei M. Eisenstein, éd. revue, Londres, 1978, p. 380-381 Dennis Dobson
  15. Pierre Gonneau, Novgorod. Histoire et archéologie d’une république russe médiévale (970-1478), Paris, 2021, 246 p. CNRS Éditions

Sources en ligne

  1. « Holy Russia exhibition at the Musée du Louvre », section « The Mongol era » : notices du volume de Laptev (F.IV.233) et du pokrov d’Alexandre Nevski (inv. 5552), exposition du 5 mars au 24 mai 2010 Musée du Louvrehttps://mini-site.louvre.fr/sainte-russie/EN/html/1.3.html
  2. « The Battle on Lake Peipus (Battle on the Ice) took place » Bibliothèque présidentielle Boris-Eltsinehttps://www.prlib.ru/en/node/619144
  3. « Василий Александрович, князь новгородский », notice reprise du Dictionnaire biographique russe Bibliothèque régionale universelle de Vologda, booksite.ruhttps://booksite.ru/fulltext/1/001/007/018/18519.htm
  4. « Лаврентьевская летопись », notice Grande Encyclopédie russe, bigenc.ruhttps://bigenc.ru/c/lavrent-evskaia-letopis-c6a9fb
  5. Ivan P. Petrov, « Ново издание и превод на средновековен славянски текст » (compte rendu de l’édition polonaise de la Première Chronique de Novgorod d’après GIM, Sin. 786), Philological Forum 9 (2), 2023, p. 259-261 Université de Sofiahttps://philol-forum.uni-sofia.bg/wp-content/uploads/2023/10/05_FF_2023_18_259_261_3_BG_new.pdf_ivan_p.pdf
  6. « 780 years ago the Battle on the Ice happened », exposition virtuelle de la copie de la Commission Institut d’histoire de Saint-Pétersbourg, Académie des sciences de Russiehttps://spbiiran.nw.ru/?p=29131
  7. « Neva Battle (1240) » Encyclopédie de Saint-Pétersbourg, encspb.ruhttps://www.encspb.ru/object/2804035469?lc=en
  8. A. V. Sirenov, « Источники XVI в. о браках Александра Невского », dans Александр Невский : личность и время, 2014, p. 44-50 : canonisation de 1547, translation des reliques en 1723-1724, oukazes de 1724 sur l’iconographie Institut d’histoire de Saint-Pétersbourg, Académie des sciences de Russiehttps://spbiiran.ru/wp-content/uploads/2024/03/sirenov-a-v-istozniki-o-brakach-a-nevskogo-2014.pdf
  9. E. Iu. Skvortsova, « Освободитель Освенцима генерал Ф. М. Красавин : орден Александра Невского при жизни, реабилитация – посмертно », Peterburgskii istoricheskii zhurnal 2, 2022, p. 201-212, DOI 10,51255/2311-603X_2022_2_201 Institut d’histoire de Saint-Pétersbourg, Académie des sciences de Russiehttps://hist.spbiiran.ru/wp-content/uploads/2022/10/pizh_2_34_2022_201-212_skvorcova.pdf
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