Ce sont les travaux d’un réseau de chauffage qui ont fait remonter le sceau. En août 2025, l’expédition archéologique de Novgorod, qui surveillait les tranchées ouvertes sur l’Iaroslavovo dvorichtche, la « cour de Iaroslav », sur la rive marchande du Volkhov, en retire une bulle de plomb qui porte d’un côté saint Georges, la lance à l’épaule, de l’autre le trident des princes de Kiev et les traces d’une légende grecque mal imprimée. Piotr Gaïdoukov, directeur adjoint de l’Institut d’archéologie de l’Académie des sciences de Russie, la date du règne novgorodien de Iaroslav le Sage, entre 1010 et 1019. La trouvaille comble un vide curieux. La chronique ne nomme la cour de Iaroslav qu’à l’année 1113, à propos de la construction d’une église Saint-Nicolas, et les fouilles n’y avaient jamais rencontré ni résidence princière ni couches du XIᵉ siècle, peut-être arasées par des terrassements plus tardifs.
C’est sur cette cour au nom de prince que Novgorod réunissait l’assemblée qui congédiait ses princes.
« Pourquoi as-tu voulu siéger à Pereïaslavl ? »
À l’année 6644 (1136), la Première Chronique de Novgorod rapporte que les Novgorodiens convoquent les gens de Pskov et de Ladoga et décident de chasser leur prince, Vsevolod Mstislavitch. Le 28 mai, ils l’enferment dans la cour de l’évêque avec sa femme, ses enfants et sa belle-mère. Il y reste deux mois. Le 15 juillet, on le laisse sortir de la ville et l’on garde son fils Vladimir à sa place. Le chroniqueur aligne trois griefs. Le prince ne prend pas soin des smerdy, les paysans dépendants, il a voulu régner à Pereïaslavl, loin au sud, et il a quitté la troupe le premier de tous. La même année, Sviatoslav Olgovitch arrive de Tchernigov pour le remplacer.
Ces lignes se lisent dans la copie dite synodale, un manuscrit de 169 feuillets de parchemin conservé au Musée historique d’État de Moscou sous la cote Sin. 786. Zofia Brzozowska et Ivan Petrov, qui l’ont publié en 2019 avec une traduction polonaise, y distinguent deux mains principales. La première copie les feuillets 1 à 118, jusqu’aux années 1234-1235, et travaille vers 1235, probablement au monastère Saint-Georges, la seconde poursuit jusqu’en 1330-1331. Le récit de 1136 a donc été mis au net un siècle après l’événement, à partir de notes perdues. Il ne parle d’aucune constitution nouvelle. La « révolution de 1136 », qui ouvrirait la république, est une date d’historiens, commode, que la chronique ne souligne d’aucune façon.
L’Église suit un chemin voisin. En 1156, selon la même chronique, toute la ville se rassemble pour choisir comme évêque Arkadi, « homme élu de Dieu ». Le premier tirage au sort que relève Michael Paul date de 1193, et c’est un aveugle qui sort le lot ; en 1229, le prince Rostislav, encore enfant, porte les lots hors de Sainte-Sophie jusqu’au vetche assemblé devant l’église. Paul compte sept élections par le sort, en 1193, 1229, 1274, 1359, 1388, 1415, 1421. Pour ceux qui l’employaient, le procédé était parfaitement rationnel, puisqu’il remettait à Dieu le dernier mot et le retirait aux factions, à la manière du tirage qui désigne Matthias au premier chapitre des Actes des Apôtres. Ianine place à la fin du XIIᵉ siècle la création d’une charge républicaine de tysiatski.
Trois cents ceintures d’or
Qui siégeait au vetche ? Valentin Ianine, qui a dirigé l’expédition archéologique de Novgorod à partir de 1962 et publié la même année Les Posadniks de Novgorod, refondus en 2003, n’y voyait que quelques centaines de boyards. La liberté novgorodienne se confondait pour lui avec le pouvoir d’une oligarchie de propriétaires fonciers, dont il a reconstitué les domaines et les lignages à partir des sceaux, des chartes et des lettres sur écorce. Un document hanséatique de 1331 semblait lui donner raison, puisqu’il mentionne trois cents « ceintures d’or », formule qui désigne des notables. Igor Froïanov et ses élèves ont soutenu l’inverse à partir des années 1980, en faisant du vetche l’organe suprême d’une démocratie communautaire ; son livre de 1992, Novgorod la rebelle, ne voit dans les conflits des IXᵉ-XIIᵉ siècles que des luttes entre lignages, entre tribus, entre le prince et l’assemblée. Cette lecture a toujours ses défenseurs, et sa version la plus solide tient à un fait que personne ne conteste, celui d’une ville qui a réellement déposé des princes et désigné ses évêques. En 2025 encore, Andreï Dvornitchenko soutenait dans la revue Rossiïskaïa istoriia que Novgorod fut de bout en bout une république à base démocratique, et que la comparaison avec Venise, faite en 2022 par Pavel Loukine dans un livre consacré aux deux cités, ne tient pas. D’autres chercheurs doutent même que le vetche ait été une institution, et le réduisent à une foule.
Loukine, de l’Institut d’histoire russe de l’Académie des sciences, a repris la question dans sa thèse de 2014, publiée et augmentée en 2018, en partant d’une trentaine de documents hanséatiques en latin et en moyen-bas-allemand, écrits sur le moment, peu traduits, et qui émanent de marchands étrangers sans raison de flatter ni de dénigrer l’assemblée. Il y lit la réunion des hommes libres de la ville, membres des organisations de quartier, les « bouts », et de rue, d’où les paysans, les smerdy et les kholopy, les non-libres, sont exclus. Les boyards la dirigent, toutes les catégories de citadins libres y viennent, et une réunion ordinaire ne devait guère dépasser un millier d’hommes, sans doute moins. Les ceintures d’or de 1331 désignent pour lui l’élite ou une partie de l’élite, pas l’assemblée. Les décisions se prennent à l’unanimité, l’odinatchestvo, les désaccords se règlent par la force plus souvent que par une procédure, et la justice du vetche passe par le potok i razgrablenie, qui livre les biens du condamné au pillage. Au-dessus des magistrats, un conseil que les Allemands appellent de heren, « les seigneurs », apparaît dans leurs lettres dans les années 1330 ; au début du XVᵉ siècle, il réunit le posadnik, le tysiatski et les cinq anciens des bouts, puis s’élargit dans les années 1440 à d’autres posadniks et tysiatskis. La reconstruction de Loukine paraît la plus solide des trois, parce qu’elle repose sur les seuls témoins qui n’avaient pas de parti à prendre dans la ville.
Chantier de Nerevski
Le 26 juillet 1951, sur le chantier de Nerevski, Nina Akoulova dégage le pavage de bois d’une rue et ramasse un morceau d’écorce couvert de lettres. L’expédition est alors dirigée par Artemi Artsikhovski. La lettre n° 1, très abîmée, est une liste de redevances que Timofeï, Foma et Iev perçoivent de plusieurs villages à la fin du XIVᵉ siècle. Ianine comptait 949 lettres trouvées à Novgorod à la fin de la campagne de 2003. À l’automne 2024, on en recensait 1 228 dans la ville, 59 à Staraïa Roussa, 19 à Torjok et 16 à Smolensk, et la seule campagne de 2024 en a livré 57 dans la région, dont 40 sur le chantier de la Trinité.
Ces textes se datent par la couche où ils gisent, et la couche par le bois. Olga Tarabardina a publié en 2009 une échelle dendrochronologique fondée sur plus de 1 600 échantillons de bois prélevés sur quatorze chantiers, qui date 330 constructions, dont les chaussées de neuf rues, du Xᵉ au XVᵉ siècle. Un sol gorgé d’eau a gardé le bois, le cuir, l’os, et l’écorce avec.
Les plus anciennes lettres touchent à peine la politique. Le n° 915-И, du premier tiers du XIᵉ siècle, est un croquis d’icône, une femme nimbée avec le nom de Varvara. Au n° 246, de la fin du XIᵉ siècle, un créancier réclame quatre grivnas et demie et menace de saisir des marchandises. Au n° 109, écrit vers 1100-1120, Jiznomir explique à Mikoula que l’esclave achetée par celui-ci à Pskov lui vaut d’être arrêté sur ordre de l’épouse du prince, et qu’il ira plaider avec un homme du prince. La campagne de 2024 a rendu le n° 1175, où un certain Jiroslav écrit à son père et à sa mère ; Alexeï Gippius y reconnaît un posadnik du début des années 1070. Les écritures se croisent parfois. Jos Schaeken a identifié en 2018 le Thyrentekey d’un document en moyen-bas-allemand de 1331 avec un Terenti Koï connu par une lettre sur écorce et avec le Terenti Danilovitch de la Première Chronique, un seul Novgorodien saisi par trois sortes d’écrit. Le nombre de citadins capables de lire ne se laisse pas chiffrer, puisqu’on ne compte que des lettres perdues ou jetées dans un sol assez humide pour les garder, et la thèse soutenue à Leyde en 2016 par S. Dekker place ces textes entre l’oral et l’écrit, avec leurs formules fixes et leur forte dépendance au contexte.
Fourrures, cire et une église Saint-Pierre
Le Peterhof, la cour allemande de Saint-Pierre, est l’un des quatre comptoirs de la Hanse sur la route qui mène de Londres à la Russie, le plus septentrional de ceux qu’elle tient en Europe de l’Est. Du XIIᵉ au XVᵉ siècle, d’après Elisabeth Harder-Gersdorff, on y achète surtout des fourrures et de la cire. Les Allemands apportent en retour, selon Marina Bessoudnova, des produits de l’artisanat, des métaux et, de Livonie, des chevaux de guerre. La ville exerce son autorité sur un territoire qui va de la mer Blanche aux confins de la Volga, selon Pierre Gonneau. Le mot « marchande » trompe pourtant sur un point. Ceux qui tiennent les charges sont des boyards, et la recherche connaît leurs sceaux, leurs domaines et leurs généalogies bien mieux que les marchands proprement dits ; Viktor Zakharov reprochait en 2024 au livre de Loukine sur Novgorod et Venise de laisser dans l’ombre le rôle politique des marchands dans l’un des plus grands centres commerciaux de l’Europe médiévale.
Le 6 novembre 1494, sur l’ordre d’Ivan III, tous les résidents du comptoir sont arrêtés, marchands, commis, prêtres et jeunes gens venus apprendre le russe. On saisit les marchandises et le mobilier de l’église Saint-Pierre. Le 14 novembre, les envoyés de Reval et de Dorpat, Gottschalk Remmelingrode et Thomas Schrowe, sont arrêtés à leur tour, et Bessoudnova replace la décision dans les relations du grand-prince avec Maximilien de Habsbourg. Un érudit dantzicois a plus tard compliqué l’affaire. En 1674, le syndic Wenzel Mittendorp écrit dans ses Hanseatica que le comptoir a duré trois cent huit ans, ce qui le ferait naître en 1186, et qu’il a été transféré à Reval et à Narva ; Magnus Ressel rappelle que ce transfert n’a jamais eu lieu et que la cour de Novgorod servait de nouveau en 1509.
Karamzine invente une héroïne
À la fin de 1470, selon V. A. Koutchkine, Novgorod se place sous la suzeraineté de Casimir IV, roi de Pologne et grand-duc de Lituanie. Moscou répond par la guerre. Défaits sur la Chelon et sur la Dvina du Nord, sans secours lituanien, les Novgorodiens signent à Korostyn, le 11 août 1471, un traité qui leur interdit de traiter avec les princes lituaniens et soumet leurs tribunaux au contrôle d’Ivan III. Le 18 janvier 1478, la ville prête serment au grand-prince, et la Seconde Chronique de Sophie note qu’à partir de ce jour il n’y eut plus de vetche à Novgorod ; le 8 février, Ivan fait descendre la cloche de l’assemblée, qu’on emporte à Moscou.
La légende qui la fait éclater dans les collines du Valdaï, ses morceaux devenus les clochettes de la région, est rapportée en 1886 par Konstantin Sloutchevski, alors que le Valdaï n’apparaît dans les sources qu’en 1495, comme un hameau de deux feux.
Marfa Boretskaïa, la boyarde que la tradition place à la tête du parti lituanien, a subi le même traitement. S. S. Pachine et V. A. Iourchina ont montré en 2021 que les sources ne laissent pas voir son rôle réel, et que l’ambitieuse des manuels est un mythe historiographique devenu axiome. On sait qui l’a fabriquée. En 1803, Nikolaï Karamzine publie dans le Vestnik Evropy, le Messager de l’Europe, Marfa la posadnitsa, ou la soumission de Novgorod, où l’héroïne réunit presque toutes les vertus ; quelques années plus tard, dans son Histoire de l’État russe, le même Karamzine la fait vaniteuse et avide de pouvoir. Le mythe ne s’est pas formé sur rien, et l’UNESCO, en inscrivant en 1992 les monuments de Novgorod sur sa liste, résume encore la ville en une aristocratie urbaine gouvernant une cité-république par une assemblée populaire.
Herrer oc herskaps
Dans le texte russe de la paix de Nibur, conclue avec les villes hanséatiques en janvier-février 1392, Novgorod se désigne pour la première fois, selon Loukine, comme « tout Seigneur Novgorod le Grand », ves’ gospodin Velikiï Novgorod, formule qui nomme le peuple politique lui-même. Les versions en moyen-bas-allemand ne la reprennent pas et écrivent alle Grote Nowerden. Une charte pour le monastère de Solovki, de l’été 1468, donne une forme plus dure, gospodar’, le mot que les grands-princes de Moscou réclamaient pour eux seuls à l’égard de la ville. Loukine en a trouvé en 2023 une attestation antérieure, dans un traité avec la Suède du 10 avril 1468 où le scribe écrit oc af alla herrer oc herskaps ; le 15 août suivant, un accord avec le voïévode de Vyborg porte vnn van allen heren vnn herschoppe to Grote Nougorden, et une charte de 1472 van allen vnsen herschopp van Nowerden.
Les traducteurs ont rendu gospodin et gospodar’ par le même herschopp, mot qui couvre en moyen-bas-allemand le pouvoir, ceux qui le détiennent, une élite ou un territoire, et Loukine laisse ouverte la question de savoir s’ils ne percevaient pas la différence ou s’ils manquaient de mots pour la dire, alors que c’est sur cette différence que Novgorod et Moscou se sont affrontés dans les années 1470.
Pour aller plus loin
L’article sur Alexandre Nevski suit le même prince entre Novgorod, les Suédois et l’ordre Teutonique, avec la Première Chronique de Novgorod pour témoin principal. Les trésors d’argent de Gotland éclairent le commerce baltique d’avant la Hanse, et la Horde d’Or, qui impose à Novgorod tamga et dîme au milieu du XIIIᵉ siècle, complète la liste des puissances avec lesquelles la ville devait traiter.
On présente souvent Novgorod, grande ville marchande du nord de la Russie, comme une démocratie du Moyen Âge. L’idée n’est pas absurde. À partir du XIIᵉ siècle, cette cité au bord du Volkhov choisit les princes qui la protègent. Elle peut aussi les renvoyer. Mais qui décidait vraiment ?
Un prince enfermé chez l’évêque
Au printemps de 1136, les habitants de la ville se retournent contre leur prince, Vsevolod. Ils l’enferment dans la maison de l’évêque, avec sa femme et ses enfants. Il y reste enfermé un temps, puis on le laisse partir. On lui reproche de négliger les paysans, de viser une autre ville et d’avoir quitté ses troupes avant tout le monde.
Ce récit vient d’une chronique, un livre où l’on notait les événements année après année. Le manuscrit conservé a été recopié vers 1235. Il a donc été écrit longtemps après les faits. Les historiens ont fait de cette révolte la naissance de la république, mais le texte n’annonce aucun nouveau régime.
La ville désigne aussi son évêque. Dès la fin du XIIᵉ siècle, on tire parfois son nom au sort parmi plusieurs candidats. Une fois, c’est un aveugle qui tire. Une autre fois, c’est un petit prince encore enfant. Le hasard laissait ainsi Dieu trancher entre les clans de la ville.
Une assemblée sans liste de présence
Les grandes décisions se prennent dans une réunion des habitants, le vetche. Elle se tient sur une place de la rive marchande, appelée la cour de Iaroslav. Aucune liste ne dit qui avait le droit d’y venir, et les spécialistes se disputent sur ce point depuis des décennies.
Valentin Ianine, grand archéologue de la ville, n’y voyait que quelques centaines de grands propriétaires. Ces riches seigneurs fonciers s’appellent les boyards. Pour lui, la liberté de Novgorod était celle d’une poignée de familles. Un document allemand de 1331 semblait lui donner raison. Elle évoque trois cents « ceintures d’or », une façon de désigner des notables.
Igor Froïanov défendait l’idée contraire. À ses yeux, cette assemblée était le pouvoir suprême d’une démocratie de toute la communauté. Son argument n’est pas mince. Novgorod a réellement chassé des princes et choisi ses évêques.
Pavel Loukine a repris l’affaire avec des lettres de marchands allemands, écrites sur le moment. Ces étrangers n’avaient aucune raison de flatter l’assemblée ni de la noircir. D’après lui, tous les hommes libres de la ville pouvaient y venir, mais pas les paysans ni les serviteurs privés de liberté. Les boyards menaient les débats. Une réunion ordinaire comptait au plus un millier d’hommes, sans doute moins.
Des lettres dans la boue
En juillet 1951, une archéologue dégage une rue pavée de bois. Elle ramasse un morceau d’écorce de bouleau couvert de lettres. C’est un relevé de taxes dues par des villages. Depuis, les fouilles en ont livré plus de mille deux cents dans la ville. La terre très humide a protégé l’écorce comme le bois et le cuir.
Ces lettres se datent par la couche de terre où elles reposent. Cette couche se date à son tour grâce aux cernes des troncs qu’elle contient, comme ceux des chaussées. Les plus anciennes remontent au XIᵉ siècle.
Elles parlent surtout de la vie ordinaire. Un créancier réclame son argent et menace de saisir des marchandises. Un homme raconte qu’on l’a arrêté à cause d’une esclave achetée dans une autre ville. Un fils écrit à son père et à sa mère. Selon un spécialiste, ce fils était l’un des magistrats de la ville au XIᵉ siècle.
Personne ne sait combien d’habitants savaient lire. On ne retrouve que les lettres perdues ou jetées, là où la terre humide les a conservées.
La cloche descendue
Novgorod finit par se tourner vers le roi de Pologne et de Lituanie. Le grand-prince de Moscou, Ivan III, attaque et l’emporte. La ville perd son indépendance quelques années plus tard, en janvier 1478. Une chronique écrit que, depuis ce jour-là, l’assemblée a cessé d’exister.
Une femme passe souvent pour l’âme de la résistance, Marfa, une riche dame de la ville. Les sources ne disent presque rien de son rôle réel. Son portrait a été fabriqué bien plus tard. Au début du XIXᵉ siècle, un écrivain russe en fait une héroïne parée de toutes les vertus. Quelques années après, dans une grande histoire de la Russie, le même auteur la juge vaniteuse et avide de pouvoir.
Au début de février, Ivan III fait descendre la cloche qui servait à l’assemblée, et on l’emporte jusqu’à Moscou.
La version complète donne le document hanséatique des « trois cents ceintures d’or » et les traités de 1468 où les traducteurs confondent les deux mots sur lesquels Novgorod et Moscou se sont affrontés.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Première Chronique de Novgorod, rédaction ancienne, copie synodale, parchemin, 169 feuillets, première main vers 1235 (ff. 1-118, jusqu’aux années 1234-1235), seconde main vers 1331, aux années 6621 (1113 : première mention de la cour de Iaroslav, d’après le communiqué de l’Institut d’archéologie), 6644 (1136 : Pskoviens et Ladogiens convoqués, Vsevolod enfermé dans la cour de l’évêque le 28 mai avec sa femme, ses enfants et sa belle-mère, relâché le 15 juillet, trois griefs) et 6664 (1156 : élection d’Arkadi par « toute la ville »), éd. A. N. Nasonov, Novgorodskaia pervaia letopis’ starshego i mladshego izvodov, Moscou et Léningrad, 1950, texte repris dans l’anthologie de V. K. Ziborov ; tirages au sort de 1193 et 1229 d’après Paul 2003 Moscou, Musée historique d’État (GIM), Sin. 786
- Lettre sur écorce de bouleau Novgorod n° 1, chantier de Nerevski, trouvée le 26 juillet 1951 par Nina Akoulova, fin du XIVᵉ siècle, liste de redevances perçues par Timofeï, Foma et Iev
- Lettre sur écorce de bouleau Novgorod n° 915-И, premier tiers du XIᵉ siècle, croquis d’icône portant le nom de Varvara
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Sources primaires (suite)
- Lettre sur écorce de bouleau Novgorod n° 246, fin du XIᵉ siècle, réclamation de quatre grivnas et demie
- Lettre sur écorce de bouleau Novgorod n° 109, vers 1100-1120, Jiznomir à Mikoula, éd. A. V. Artsikhovski et V. I. Borkovski, Novgorodskie gramoty na bereste, t. III, Moscou, Akademiia nauk SSSR, 1958, p. 38-41
- Lettre sur écorce de bouleau Novgorod n° 1175, campagne 2024, Jiroslav « à son père et à sa mère », identification avec un posadnik du début des années 1070 par A. A. Gippius
- Lettre sur écorce de bouleau mentionnant Terenti Koï, d’après Schaeken 2018
- Document hanséatique de 1331 mentionnant trois cents « ceintures d’or », traduit en annexe de Loukine 2018 d’après l’autoréférat de 2014
- Document en moyen-bas-allemand de 1331 nommant Thyrentekey et Jakun, fils du posadnik Semen, d’après Schaeken 2018
- Paix de Nibur entre Novgorod et les villes hanséatiques, janvier-février 1392, texte russe (« ves’ gospodin Velikiï Novgorod ») et versions en moyen-bas-allemand (« alle Grote Nowerden »), d’après Loukine 2023, p. 85-86
- Charte de Novgorod pour le monastère de Solovki, été 1468 (« gospodar’ »), datée entre mars et début août 1468 par V. L. Ianine, Novgorodskie akty XII-XV vv., 1991, d’après Loukine 2023, p. 87 et 90
- Traité entre Novgorod et la Suède du 10 avril 1468, vieux-suédois (« oc af alla herrer oc herskaps »), accord avec le voïévode de Vyborg du 15 août 1468 (« vnn van allen heren vnn herschoppe to Grote Nougorden ») et charte de 1472 (« van allen vnsen herschopp van Nowerden »), d’après Loukine 2023, p. 87-89 et 93
- Seconde Chronique de Sophie, à l’année 1478 : serment du 18 janvier et fin du vetche, d’après Riavkine
- Sceau de plomb de Iaroslav le Sage (saint Georges ; trident et légende grecque circulaire), trouvé en août 2025 sur l’Iaroslavovo dvorichtche lors de la surveillance des travaux d’un réseau de chauffage, daté de 1010-1019 par P. G. Gaïdoukov Institut d’archéologie de l’Académie des sciences de Russie, Expédition archéologique de Novgorod
- Nikolaï M. Karamzine, « Marfa-posadnitsa, ili pokorenie Novagoroda », Vestnik Evropy, 1803, d’après Pachine et Iourchina 2021, p. 14
- Actes des Apôtres, 1, 23-26 (Matthias désigné par le sort)
- Wenzel Mittendorp, Hanseatica, Dantzig, 1674, fol. 48-49 (comptoir de Novgorod tenu « 308 ans », prétendu transfert à Reval et Narva), d’après Ressel
- Konstantin K. Sloutchevski, Po severu Rossii, 1886 (légende de la cloche brisée dans le Valdaï), d’après Riavkine
Bibliographie
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Sources en ligne
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- « Матушкина плетка и кража невесты : археологи узнали, о чем рассказали новые берестяные грамоты », 9 avril 2025, conférence d’A. A. Gippius (campagne 2024, 57 lettres, n° 1175) Naked Science, rubrique de l’Université d’État de Novgorodhttps://naked-science.ru/article/column/matushkina-pletka-i-krazh
- « Наука о древнем Новгороде называется Янин », 4 février 2020 (Ianine à la tête de l’expédition depuis 1962, liberté novgorodienne et oligarchie boyarde) Meduzahttps://meduza.io/feature/2020/02/04/nauka-o-drevnem-novgorode-nazyvaetsya-yanin
- « В Великом Новгороде найдена печать Ярослава Мудрого », communiqué, 2025 Institut d’archéologie de l’Académie des sciences de Russiehttps://archaeolog.ru/media/2025/Пресс-релизы/Пресс%20релиз%20печать%20Ярослава%20Мудрого.pdf
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- « Letter 3 : From Zhiznomir to Mikula », trad. Jacob Bell (lettre n° 109) Teaching Medieval Slavery and Captivityhttps://medievalslavery.org/?p=4723
- P. V. Lukin, « Вече в социально-политической системе средневекового Новгорода », autoréférat de thèse de doctorat, 2014 (Ianine et les « quelques centaines de boyards », Froïanov, composition et effectif du vetche, conseil des seigneurs, document de 1331) Institut d’histoire russe de l’Académie des sciences de Russiehttps://iriran.ru/sites/default/files/Lukin_Avtoreferat.pdf
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- Magnus Ressel, « Die zeitgenössische Perzeption des Niedergangs der Hansekontore in den « Hanseatica » (1674) des Danziger Syndikus Wenzel Mittendorp », Hansische Geschichtsblätter Hansischer Geschichtsvereinhttps://journals.ub.uni-frankfurt.de/hgbll/index.php/hgbll/article/download/103/80
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- Pierre Gonneau, Novgorod, quatrième de couverture (ville la plus peuplée de Russie au début du XIIIᵉ siècle, territoire de la mer Blanche aux confins de la Volga) École pratique des hautes études, HISTARAhttps://histara.ephe.psl.eu/wp-content/uploads/2022/03/2021-09-12713-6-GONNEAU-novgorod-1.pdf










