« Une formule favorite pour décrire les doctrines de M. Schiller et les miennes, c’est que nous serions des gens qui pensent qu’il suffit de dire ce qu’on trouve agréable de dire et de l’appeler vérité pour remplir toutes les exigences pragmatistes. » William James rapporte cette caricature dans la sixième leçon de Pragmatism, prononcée au Lowell Institute de Boston à la fin de 1906, et la qualifie de calomnie impudente. Quelques pages plus haut, il avait pourtant écrit que le vrai n’est que l’opportun dans l’ordre de la pensée, et la formule « le vrai, c’est ce qui marche » figure elle-même dans la leçon, où James l’attribue à son allié d’Oxford, Ferdinand Canning Scott Schiller.
Les passages anglais sont traduits ici par la rédaction ; la première traduction française de Pragmatism, due à E. Le Brun, paraît chez Flammarion en 1911 avec une introduction d’Henri Bergson, et l’édition courante, traduite par Nathalie Ferron, est présentée par Stéphane Madelrieux, auteur en 2008 d’une étude sur l’empirisme de James.
Entre Hoboken et Plymouth
L’idée que James défend en 1906 a vingt-huit ans, et sa première version est française. Au cours d’une traversée vers l’Europe, entre Hoboken et Plymouth, Charles Sanders Peirce rédige en français, pour s’exercer, un article qui paraît en anglais dans le Popular Science Monthly de janvier 1878, puis dans la Revue philosophique de janvier 1879 sous le titre « Comment rendre nos idées claires ». Gérard Deledalle a reconstitué cette chronologie en 1981 d’après une lettre de Peirce datée de 1904.
Le problème est hérité de Descartes, pour qui une idée claire et distincte garantissait la vérité. Peirce objecte qu’on peut se sentir parfaitement au clair avec une idée confuse, si bien que le sentiment de clarté ne prouve rien, et il propose un autre degré de clarté, formulé ainsi dans le texte français : « Considérer quels sont les effets pratiques que nous pensons pouvoir être produits par l’objet de notre conception. La conception de tous ces effets est la conception complète de l’objet » (Revue philosophique, VII, p. 48, version qu’il cite encore à Harvard en 1903). La règle porte sur le sens des mots, et Peirce l’applique à deux mots difficiles. Le réel désigne ce dont les caractères ne dépendent pas de ce que quiconque en pense (Collected Papers, 5 405). Une chose réelle a donc pour effet pratique de produire des croyances, et des chercheurs partis de points différents finissent, s’ils poussent l’enquête assez loin, par converger sur la même. D’où la définition du texte français, « l’opinion prédestinée à réunir finalement tous les chercheurs est ce que nous appelons le vrai, et l’objet de cette opinion est le réel » (p. 56). L’anglais dit fated, et Peirce précise en note que le mot désigne ce qui doit immanquablement arriver, sans rien de superstitieux. En 1901, dans le Dictionary of Philosophy and Psychology de James Mark Baldwin, le vrai devient l’accord avec la limite idéale vers laquelle tendrait une enquête sans fin (5 565). Aucun élément de cette définition ne mesure le vrai à l’avantage qu’en retire celui qui croit.
Ce français a eu un relecteur. Dans une note glissée dans ses Papers in Logic, laissés à la bibliothèque de l’université Johns Hopkins, Peirce dit préférer ses versions françaises et en attribue le mérite à Léo Seguin, ancien communard banni en 1871, professeur de français à New York, tué en Tunisie en 1881 alors qu’il y suivait l’armée comme correspondant de presse. Deledalle juge pourtant l’anglais plus net que l’original et explique la préférence de Peirce par son amour de la France. Les retouches de Seguin sont difficiles à repérer, et on ne sait pas trancher sur sa part dans la phrase consacrée au vrai.
Vingt ans de silence suivent, selon James lui-même, jusqu’à sa conférence de 1898 à l’université de Californie.
La vérité arrive à une idée
James part de la définition du dictionnaire, que ses adversaires acceptent aussi, la vérité comme accord d’une idée avec la réalité, forme courante de la théorie de la vérité-correspondance. Le désaccord commence avec le mot « accord ». Pensez à l’horloge accrochée au mur, propose James. Votre image de son cadran en est bien une copie. De ses rouages, à moins d’être horloger, vous n’avez presque rien, parfois le seul mot, qui vous sert pourtant sans vous tromper. Le temps passé ou la puissance ne se copient pas davantage.
Il pose alors sa question habituelle, celle de la différence concrète que fait, dans la vie de quelqu’un, le fait qu’une idée soit vraie plutôt que fausse. Sa réponse tient en deux phrases. « Les idées vraies sont celles que nous pouvons assimiler, valider, corroborer et vérifier. Les idées fausses sont celles que nous ne pouvons pas. » La vérité cesse d’être une propriété inerte attachée à l’idée ; « la vérité arrive à une idée. Elle devient vraie, elle est rendue vraie par des événements ». Un homme perdu dans les bois, affamé, tombe sur ce qui ressemble à un sentier de vaches. Il lui importe au plus haut point de penser qu’une habitation se trouve au bout, car s’il le pense et suit le sentier, il se sauve. Sa pensée vraie est utile parce que la maison, son objet, est utile. Dire alors que l’idée est utile parce que vraie ou vraie parce qu’utile revient au même, écrit James ; « vrai » nomme l’idée qui déclenche la vérification, « utile » nomme sa fonction une fois accomplie. Quand l’homme voit enfin la maison, cette vérification complète devient le prototype de toutes les autres.
La formule litigieuse arrive au terme du parcours. Le vrai « n’est que l’opportun dans l’ordre de notre pensée, comme le juste n’est que l’opportun dans l’ordre de notre conduite ». Expedient se rend ici par « opportun », qui garde l’idée de ce qui convient à une situation ; « avantageux » tirerait le mot vers le gain, nuance que la suite de la phrase ne soutient pas. James restreint aussitôt l’opportun, « à la longue et dans l’ensemble », car l’expérience future a l’habitude de « déborder ». L’astronomie de Ptolémée, l’espace euclidien, la logique d’Aristote ont été opportuns pendant des siècles ; on les dit aujourd’hui vrais dans ces limites, et faux absolument. Le vrai absolu devient un point de fuite idéal vers lequel convergeraient les vérités provisoires, et l’on reconnaît là le chercheur final de Peirce.
95 Irving Street
La meilleure épreuve de la thèse est celle que James propose, et chacun peut la refaire devant une horloge murale. Personne, dans la salle, n’a vu les rouages qui font de l’objet une horloge ; on règle pourtant sur lui la durée de la conférence, et la croyance passe pour vraie parce que rien ne la contredit. « La vérité vit pour l’essentiel à crédit », écrit James. Nos pensées circulent comme des billets de banque tant que personne ne les refuse, mais l’édifice repose sur des vérifications directes faites quelque part par quelqu’un, faute de quoi il s’effondrerait comme un système financier sans encaisse.
L’exemple suivant est plus inattendu. Si vous demandez l’heure à James et qu’il vous répond qu’il habite au 95 Irving Street, sa réponse est vraie, mais rien ne l’obligeait à la donner, et une fausse adresse ferait aussi bien l’affaire. L’adresse est réelle, celle d’où il signe en août 1909 la préface de The Meaning of Truth. Contre le rationalisme de son temps, qui faisait de la vérité une exigence inconditionnelle, James en conclut que l’obligation de reconnaître une vérité dépend des circonstances.
Le même raisonnement mène James plus loin, et ses lecteurs ont cessé de le suivre à cet endroit. Dans la deuxième leçon, il juge l’Absolu des idéalistes vrai « dans cette mesure », puisqu’il accorde à ceux qui y croient des « vacances morales », le droit de laisser le monde aller son train en le sachant en de meilleures mains. Si les idées théologiques ont une valeur pour la vie concrète, ajoute-t-il, elles seront vraies au sens où elles sont bonnes pour autant. Une croyance réconfortante que rien, dans l’expérience, ne vient contredire, en quoi diffère-t-elle alors d’une croyance vraie ?
C’est sur ce terrain religieux que les critiques de 1908 ont frappé le plus fort.
Une vérité transatlantique
En janvier 1908, l’Albany Review publie un article de Bertrand Russell, « Transatlantic “Truth” », repris en 1910 sous le titre « William James’s Conception of Truth » dans ses Philosophical Essays. La même année, Arthur Lovejoy distingue dès son titre « treize pragmatismes », et George Edward Moore consacre au livre une longue étude dans les Proceedings of the Aristotelian Society. Russell porte deux coups. Le premier vise le sens du mot : la pensée qu’on veut transmettre en disant qu’une croyance est vraie n’est pas celle qu’on transmet en disant qu’elle sert nos fins, argument qu’il reprend dans son essai « Pragmatism » en avril 1909. Le second vise le critère, puisqu’il est souvent plus difficile, note Russell, de déterminer si une croyance est utile que de déterminer si elle est vraie. Comment savoir, demandera tout lecteur, qu’une croyance sera utile sans tenir d’abord pour vrai ce qui arrivera si on l’adopte ?
James répond en 1909 dans The Meaning of Truth, dont le chapitre XIV, « Two English Critics », vise notamment Russell. Pragmatistes et antipragmatistes, dit la préface, croient également aux objets existants ; les premiers appellent vérité une propriété des idées, leur aptitude à fonctionner, les seconds le plus souvent quelque chose des objets. L’existence de l’objet est même, dans d’innombrables cas, la seule raison pour laquelle l’idée vraie fonctionne. Sur l’Absolu, James recule, regrette son langage imprudent et conclut qu’il n’est vrai d’aucune manière. La même préface range Moore, Lalande et Parodi parmi les critiques laissés sans réponse, et qualifie l’Anti-pragmatisme de Schinz de « roman sociologique amusant ». Russell, lui, ajoute à la préface de ses Philosophical Essays un post-scriptum daté d’octobre 1910, après la mort de James survenue pendant l’impression du volume, pour dire le profond respect que la controverse laissait mal voir.
Une part de la difficulté tient à James, qui précise que les pragmatistes désignent par vérité exclusivement quelque chose des idées, leur maniabilité. La question de savoir ce qui rend une idée vraie demeure alors entière. Claudine Tiercelin en a repris l’inventaire en 2014, dans ses leçons au Collège de France.
Pragmaticisme
Peirce avait déjà pris ses distances. En avril 1905, dans « What Pragmatism Is », publié par The Monist, il constate que son mot se fait malmener dans les revues littéraires, dit embrasser son enfant pour lui faire ses adieux et annonce la naissance de « pragmaticisme », un mot « assez laid pour être à l’abri des kidnappeurs » (Collected Papers, 5 414). John Deely y voit le reniement du plus célèbre courant philosophique né en Amérique. Nathan Houser répond en 2010 qu’il s’agit d’un schisme à l’intérieur d’une Église, Peirce étant resté pragmatiste à sa manière, tout en ayant dit qu’il changeait de mot parce que James et Schiller avaient donné au premier un sens qu’il refusait.
En France, Émile Durkheim consacre au pragmatisme vingt leçons à la Sorbonne en 1913-1914 et y voit une mise en cause du rationalisme sur lequel repose, selon lui, la culture française tout entière. Le livre qu’on lit sous son nom, Pragmatisme et sociologie, n’a pas été écrit par lui. Armand Cuvillier l’a reconstitué en 1955 à partir de deux jeux anonymes de notes d’étudiants depuis disparus, si bien qu’on ne peut plus mesurer la part de sa propre réécriture, soulignent Stéphane Baciocchi et Jean-Louis Fabiani. Seule la leçon d’ouverture a reparu, dans une prise de notes conservée à la bibliothèque Victor-Cousin et publiée en 2012.
La lignée a survécu sous des formes divergentes. Richard Rorty a décrit en 1979 la vérité comme ce que nos pairs nous laissent dire. Hilary Putnam a refusé d’étendre son admiration pour les pragmatistes classiques à leurs théories de la vérité. Cheryl Misak reprend la voie de Peirce et tient pour vraie la croyance qui résisterait au doute si l’on enquêtait aussi loin qu’il est fructueux de le faire. Harvey Cormier a pris la formule litigieuse pour titre d’un livre, The Truth is What Works (2001), consacré à défendre James.
Le désaccord le plus net porte aujourd’hui sur la tâche que la sixième leçon accomplit. Reprenant une distinction de Richard Kirkham entre le projet qui dit ce qu’est la vérité, celui qui fournit un critère pour la reconnaître et celui qui décrit ce qu’on fait en déclarant un énoncé vrai, John Capps juge les théories pragmatistes solides sur les deux derniers et fragiles sur le premier. Susan Haack objectait dès 1976 que les pragmatistes, pour qui le sens d’un mot tient à ses usages, auraient rejeté la frontière même entre définition et critère. Selon qu’on suit l’un ou l’autre, la phrase de James sur l’opportun échoue comme définition du vrai ou réussit comme description de l’usage du mot, et le texte de 1907 ne contient aucun élément décisif pour départager les deux lectures.
Pour aller plus loin
Ce sujet rejoint la volonté de croire, que James avait défendue avant Pragmatism, et le doute méthodique de Descartes, contre lequel Peirce construit sa règle de clarté. Il croise aussi le vérificationnisme du cercle de Vienne, qui rattachera le sens d’un énoncé à sa vérification sans passer par l’utilité.
On prête souvent à William James une idée qui tient en une phrase. Le vrai serait ce qui marche. James l’a défendue en 1907 dans un livre tiré de conférences données à Boston. La formule a fait de lui une cible pendant des décennies. James jugeait pourtant qu’on la comprenait de travers, et ses textes donnent une image plus subtile.
Une règle écrite sur un paquebot
L’idée de départ appartient à un autre penseur, le logicien Charles Sanders Peirce. Pendant une traversée vers l’Europe, il rédige en français un article sur une question précise. Comment savoir si l’on comprend vraiment un mot ? Sa réponse prend la forme d’une règle. Il faut se demander quels effets concrets aurait la chose dont on parle, et ces effets rassemblés forment tout le sens du mot.
Peirce applique ensuite sa règle au mot « vrai ». Il imagine des chercheurs partis de points très différents. Si leur enquête dure assez longtemps, ils finissent par tomber d’accord. Le vrai, pour lui, désigne cette opinion finale vers laquelle tous convergent. Dans cette définition, l’utilité n’a aucune place.
Une horloge, un sentier, un billet
James remet la règle en circulation vers la fin du siècle. Il commence par une définition banale, selon laquelle une idée vraie est d’accord avec la réalité. Mais que veut dire « être d’accord » ? Il prend l’exemple d’une horloge accrochée au mur. Chacun se représente son cadran, mais presque personne ne connaît ses rouages. Tout le monde la prend pourtant pour une horloge, sans se tromper.
Une idée vraie, conclut James, est une idée que l’on peut vérifier. Elle nous conduit quelque part sans nous égarer. Il raconte l’histoire d’un homme perdu dans les bois et affamé. Le malheureux trouve un chemin tracé par des vaches. S’il pense qu’une maison l’attend au bout et qu’il le suit, il est sauvé. Cette pensée lui sert parce que la maison existe.
La plupart du temps, ajoute James, personne ne vérifie rien soi-même. On fait confiance aux autres, un peu comme on accepte un billet de banque tant que personne ne le refuse. C’est là qu’il écrit sa phrase la plus célèbre. Le vrai serait ce qui convient à notre pensée, à condition de juger sur la durée et dans l’ensemble.
La riposte venue d’Angleterre
En janvier 1908, le philosophe anglais Bertrand Russell publie une critique sévère. Il adresse deux reproches à James. Quand on dit qu’une croyance est vraie, on ne veut pas dire qu’elle nous sert. Et savoir si une croyance est utile se révèle souvent plus difficile que savoir si elle est vraie.
Un exemple donné par James aggravait son cas. Il avait jugé vraie, dans une certaine mesure, la croyance en un esprit absolu qui veille sur le monde, parce qu’elle offre du repos à ceux qui l’adoptent. Beaucoup de lecteurs ont compris qu’une croyance devenait vraie dès qu’elle réconfortait.
James répond l’année suivante. Les objets existent, explique-t-il, et c’est justement leur existence qui fait fonctionner les idées vraies. Il retire aussi l’exemple qui lui avait coûté si cher. L’esprit absolu, écrit-il désormais, n’est vrai d’aucune manière.
Peirce, entre-temps, avait pris ses distances. Le mot « pragmatisme », qui désigne ce courant attaché aux effets pratiques des idées, lui semblait devenu méconnaissable. En 1905, il le remplace par « pragmaticisme », un terme qu’il trouve assez laid pour que personne ne vienne le lui voler. Les spécialistes ne savent toujours pas s’il rompait avec James ou s’il marquait seulement une nuance.
Deux lectures de James s’affrontent encore aujourd’hui. Pour les uns, il échoue à dire ce qu’est le vrai. Pour les autres, il décrit très bien ce que nous faisons quand nous déclarons une chose vraie. Ses textes permettent de défendre l’une comme l’autre.
La préface de sa réponse porte une adresse, 95 Irving Street, à Cambridge. James citait justement cette adresse comme exemple d’une vérité exacte et parfaitement inutile.
La version complète raconte comment un ancien communard a relu le français de Peirce, et pourquoi le cours de Durkheim sur le pragmatisme ne survit que dans une reconstitution faite quarante-deux ans plus tard.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- William James, *Pragmatism : A New Name for Some Old Ways of Thinking*, New York et Londres, Longmans, Green, 1907, préface (leçons du Lowell Institute, novembre et décembre 1906, et de Columbia, janvier 1907) et leçon II, « What Pragmatism Means » (le principe de Peirce, la conférence de 1898 en Californie, l’Absolu vrai « in so far forth », les « moral holidays », les idées théologiques) Longmans, Green
- William James, *Pragmatism*, 1907, leçon VI, « Pragmatism’s Conception of Truth » (la définition du dictionnaire, l’horloge, le sentier de vaches, la vérité « on a credit system », « the expedient in the way of our thinking », le 95 Irving Street, la caricature qualifiée d’« impudent slander », la formule de Schiller « the true is that which works ») Longmans, Green
- William James, *Le Pragmatisme*, trad. E. Le Brun, introduction d’Henri Bergson, Paris, 1911, « Bibliothèque de philosophie scientifique » Flammarion
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Sources primaires (suite)
- William James, *Le Pragmatisme*, trad. Nathalie Ferron, présentation de Stéphane Madelrieux, Paris, ISBN 978-2-08-029550-7 Flammarion
- William James, *The Meaning of Truth : A Sequel to “Pragmatism”*, New York et Londres, Longmans, Green, 1909, préface signée « 95 Irving St., Cambridge (Mass.), August, 1909 » (la « workableness » des idées, l’existence de l’objet comme raison du fonctionnement, retrait de l’exemple de l’Absolu, liste des critiques laissés sans réponse) et chapitre XIV, « Two English Critics » Longmans, Green
- Charles S. Peirce, « How to Make Our Ideas Clear », *Popular Science Monthly*, vol. 12, janvier 1878, p. 286-302 ; *Collected Papers*, 5 405 (définition du réel) et 5 407 (définition du vrai), avec la note sur *fated* Popular Science Monthly
- Charles S. Peirce, « Comment rendre nos idées claires », *Revue philosophique de la France et de l’étranger*, t. VII, janvier 1879, p. 39-57, texte rédigé directement en français, p. 48 (maxime) et p. 56 (« l’opinion prédestinée à réunir finalement tous les chercheurs ») Revue philosophique
- Charles S. Peirce, *Lectures on Pragmatism*, première conférence, Harvard, 26 mars 1903, citation de la maxime dans sa version française ; *Collected Papers*, 5,18 Harvard
- Charles S. Peirce, « Truth and Falsity and Error », dans James Mark Baldwin (dir.), *Dictionary of Philosophy and Psychology*, 1901, p. 718-720 ; *Collected Papers*, 5 565 Macmillan
- Charles S. Peirce, « What Pragmatism Is », *The Monist*, vol. 15, n° 2, avril 1905, p. 161-181 ; *Collected Papers*, 5 414 (« pragmaticism », « ugly enough to be safe from kidnappers ») The Monist
- Bertrand Russell, « Transatlantic “Truth” », *The Albany Review*, janvier 1908, repris sous le titre « William James’s Conception of Truth » dans *Philosophical Essays*, Londres, Longmans, Green, 1910, chap. V, p. 127-149 (p. 121 de la réédition Routledge de 1994 pour la difficulté de juger l’utilité) ; post-scriptum de la préface daté d’octobre 1910 Longmans, Green
- Bertrand Russell, « Pragmatism », *The Edinburgh Review*, avril 1909, repris dans *Philosophical Essays*, 1910, chap. IV, p. 87-126 (p. 98 de la réédition Routledge de 1994 pour la distinction entre « vrai » et « qui sert nos fins ») Longmans, Green
- Émile Durkheim, *Pragmatisme et sociologie*, cours inédit prononcé à la Sorbonne en 1913-1914 et restitué par Armand Cuvillier d’après des notes d’étudiants, Paris, 1955 Vrin
- Émile Durkheim, « Leçon inaugurale. Pragmatisme et sociologie » (1913), transcription d’une prise de notes conservée à la bibliothèque Victor-Cousin de la Sorbonne, *Durkheimian Studies*, vol. 18, 2012, DOI 10,3167/ds.2012,180104 Berghahnhttps://doi.org/10.3167/ds.2012.180104
Bibliographie
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- Stéphane Baciocchi et Jean-Louis Fabiani, « Durkheim’s Lost Argument (1895-1955) : Critical Moves on Method and Truth », *Durkheimian Studies*, vol. 18, 2012, DOI 10,3167/ds.2012,180103 Berghahnhttps://doi.org/10.3167/ds.2012.180103
Sources en ligne
- « The Pragmatic Theory of Truth », John Capps, 2019, révision du 22 mai 2023 Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/truth-pragmatic/
- « Pragmatism, by William James » Project Gutenberghttps://www.gutenberg.org/files/5116/5116-h/5116-h.htm
- « William James : Pragmatism : Lecture 6 : Pragmatism’s Conception of Truth » The Mead Project, Brock Universityhttps://brocku.ca/MeadProject/James/James_1907/James_1907_06.html
- « The Meaning of Truth, by William James » Project Gutenberghttps://www.gutenberg.org/files/5117/5117-h/5117-h.htm
- « How to Make Our Ideas Clear » peirce.orghttps://www.peirce.org/writings/p119.html
- « English and French Versions of C. S. Peirce’s “The Fixation of Belief” and “How To Make Our Ideas Clear” » Grupo de Estudios Peirceanos, Universidad de Navarrahttps://www.unav.es/gep/FixationOfBeliefFrench.pdf
- « Philosophical Essays » Routledgehttps://www.routledge.com/Philosophical-Essays/Russell/p/book/9780415105798
- « The church of pragmatism » Semiotica, De Gruyter Brillhttps://www.degruyterbrill.com/document/doi/10.1515/semi.2010.007/pdf
- « Durkheimian Studies : Issue », volume 18, 2012 Berghahn Journalshttps://berghahnbooks.com/journals/ds/issue/18/1
- « The French Reception and Transformation of Pragmatism » Leibniz-Zentrum für Literatur- und Kulturforschung, Berlinhttps://zfl-berlin.org/project/the-french-reception-and-transformation-of-pragmatism.html
- « Henri Bergson, Sur le pragmatisme de William James » European Journal of Pragmatism and American Philosophy, OpenEditionhttps://journals.openedition.org/ejpap/806


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