Un chanoine de Brême tient à préciser qu’il n’invente rien. Au livre IV de son histoire des archevêques de Hambourg, achevée vers 1075, Adam rapporte ce que lui a confié le roi de Danemark Sven Estridsen : beaucoup de gens ont découvert dans cet Océan une île appelée Vinland, parce que la vigne y pousse seule et donne un vin excellent. Le blé y vient sans semence, et cela, Adam l’a appris de Danois dignes de foi. Au-delà de cette île, ajoute le roi, la mer n’est plus que glace et brume.
Le copiste descendait de Guðríðr
Ce passage, la plus ancienne mention écrite connue du Vinland, se lit au chapitre 39 du livre IV dans l’édition de Bernhard Schmeidler (Monumenta Germaniae Historica, 1917), au chapitre 38 dans les éditions antérieures, et Jean-Baptiste Brunet-Jailly l’a traduit en 1998. Côté islandais, la première mention tient en une phrase d’Ari Þorgilsson, dans le Livre des Islandais des années 1120. Au chapitre 6, Ari rapporte que les colons du Groenland trouvèrent des restes d’habitations laissés par des gens de la même sorte que ceux du Vinland, que les Groenlandais appellent Skrælingar. On ne lit ce texte que dans deux copies sur papier faites en 1651 par le prêtre Jón Erlendsson, AM 113 a fol. et AM 113 b fol. à l’institut Árni Magnússon de Reykjavík, et le parchemin qu’il recopiait avait disparu quand Árni Magnússon le chercha.
Les deux grands récits, que Régis Boyer a traduits en français, sont plus tardifs encore. La Saga des Groenlandais ne survit que dans la Flateyjarbók, écrite entre 1387 et 1394 par deux prêtres, Jón Þórðarson et Magnús Þórhallsson, et conservée sous la cote GKS 1005 fol. La Saga d’Eiríkr le Rouge a deux témoins, la Hauksbók (AM 544 4to, à Copenhague), que Stefán Karlsson a datée pour l’essentiel des années 1302 à 1310 en comparant son écriture à deux lettres autographes de son maître d’œuvre, et la Skálholtsbók (AM 557 4to, à Reykjavík), du début du XVᵉ siècle. Sur le découvreur comme sur la durée, les deux sagas divergent. Dans la première, Bjarni Herjólfsson aperçoit des terres inconnues sans y descendre, Leif Eiríksson les reconnaît ensuite, et les séjours au Vinland totalisent sept hivers, étalés sur treize ans environ. Dans la seconde, Leif tombe sur le Vinland par hasard, et le récit suit l’expédition de Þorfinnr Karlsefni et de son épouse Guðríðr, longue d’au moins trois ans. Le copiste de la Hauksbók avait une raison personnelle de soigner ce texte. Haukr Erlendsson, juriste au service du roi de Norvège, prolonge la généalogie des descendants de Karlsefni et de Guðríðr jusqu’à sa propre famille, par la lignée de son père Erlend. On lit donc ce récit comme une mémoire de famille, mise par écrit au XIIIᵉ siècle et recopiée par un homme qui comptait les héros parmi ses aïeux.
La forge de la baie des Épaves
Helge Ingstad avait remonté les côtes depuis la Nouvelle-Angleterre, en quête de points d’accostage scandinaves, quand un habitant de L’Anse aux Meadows, George Decker, le conduisit en 1960 vers des bosses et des levées couvertes d’herbe, à la pointe de la grande péninsule du Nord de Terre-Neuve. Jusqu’en 1968, son épouse, l’archéologue Anne Stine Ingstad, y dirige une équipe venue de Norvège, d’Islande, de Suède et des États-Unis.
Sous les levées apparaissent les bases de huit bâtiments de tourbe sur charpente de bois, trois habitations, une forge et quatre ateliers, alignés sur une terrasse au-dessus d’une tourbière selon le plan des maisons d’Islande et du Groenland autour de l’an mil. Une épingle de manteau en bronze à tête annulaire gisait dans la fosse de cuisson d’une grande maison ; une autre maison a livré une lampe à huile en pierre et une fusaïole, le petit volant d’un fuseau à main, et un troisième foyer un fragment d’aiguille en os. Ces outils de filage font dire à Parcs Canada que tous les occupants n’étaient pas des hommes. Ce qui a emporté la conviction des fouilleurs, c’est la masse de scories de fer et de rivets de bateau, les déchets d’une forge où l’on réparait des navires. Le site a livré quelque 800 objets, et l’UNESCO l’a inscrit au patrimoine mondial en 1978.
Birgitta Wallace, archéologue de Parcs Canada attachée au site pendant plus de quarante ans, en a tiré une estimation que résume un compte rendu de son livre de 2006, Westward Vikings. Entre soixante-cinq et quatre-vingt-dix personnes, six à huit semaines de travail pour bâtir les maisons, une occupation d’une dizaine d’années à peine, aucun dépotoir, aucune réfection des bâtiments. Le camp a brûlé, peut-être de la main de ses occupants, et le peu d’objets abandonnés suggère un départ en ordre. Wallace en conclut à une base de passage, une porte d’entrée vers des terres plus riches.
Le lieu n’était pas vide avant eux. Des peuples autochtones fréquentent la pointe depuis environ six mille ans, dont les Dorset, installés sur la rive sud de la baie plus de deux siècles avant les Scandinaves, mais aucun n’y campait pendant le siècle des voyages. Pour ces sociétés, le mot de Moyen Âge ne désigne rien, et les archéologues de Terre-Neuve raisonnent par cultures successives, ce qui interdit de leur appliquer le découpage européen.
Vingt-neuf cernes sous l’écorce
Longtemps, la date du séjour a résisté aux laboratoires. Des cinquante-cinq datations au radiocarbone faites sur des contextes scandinaves du site, la plupart dans les années 1960 et 1970, aucune n’était assez précise, et leurs fourchettes couvraient toute l’ère viking.
L’équipe de Margot Kuitems et Michael Dee, à l’université de Groningue, a contourné l’obstacle. En 993, un afflux de rayonnement cosmique, probablement une tempête solaire, a brusquement accru le carbone 14 de l’atmosphère, et cette hausse apparaît la même année dans les cernes des arbres du monde entier. Il suffit de repérer le cerne qui porte le signal, puis de compter jusqu’à l’écorce. Les chercheurs ont réalisé 127 mesures sur 83 cernes prélevés un à un dans quatre bois des dépôts scandinaves. Trois viennent d’arbres différents, deux sapins et un genévrier ou un thuya, et tous portent les coupes nettes d’une lame de métal, outil que les habitants autochtones de la région ne fabriquaient pas. Dans chacun, le signal se trouve vingt-neuf cernes sous l’écorce. L’abattage a donc eu lieu en 1021, au printemps pour l’un, en été ou en automne pour un autre ; le quatrième bois, trop court, n’a pu être daté. Publiée par Nature en octobre 2021, l’étude tient cette année pour la seule date calendaire sûre d’une présence européenne outre-Atlantique avant Colomb.
Rien ne dit que 1021 soit l’année de l’arrivée, et aucun nom de saga ne s’y rattache. La durée du séjour divise. En 2019, Paul Ledger, Linus Girdland-Flink et Véronique Forbes ont repris les anciennes dates dans un modèle bayésien, un calcul qui combine les mesures et leur ordre connu, et obtenu une activité scandinave de zéro à 195 ans, peut-être un siècle. Michael Dee et Margot Kuitems ont répondu dans la même revue que l’imprécision des données interdisait toute estimation de durée, et Ledger cosignait deux ans plus tard avec eux l’article de Nature. La durée courte défendue par Wallace repose sur l’architecture et sur l’absence de dépotoirs, et c’est la lecture que nous retenons, parce qu’aucune mesure ne l’a encore contredite.
Des noix qui n’ont jamais poussé à Terre-Neuve
Le climat de la pointe nord de Terre-Neuve exclut la vigne. Il exclut aussi le noyer cendré, un noyer d’Amérique du Nord, dont le site a pourtant livré trois noix et un morceau de loupe, l’excroissance veinée du tronc que le vieux norrois appelle mösurr, toujours trouvés avec des objets scandinaves. Le noyer cendré n’a jamais poussé à Terre-Neuve. Le noyer cendré réclame une saison chaude et longue, ses peuplements sauvages les plus proches sont dans le nord-est du Nouveau-Brunswick et dans la vallée du Saint-Laurent, et il pousse là où pousse la vigne sauvage, dont le raisin mûrit en même temps que ses noix. Quelqu’un a rapporté ces noix d’un pays plus au sud, et ce quelqu’un a probablement vu des vignes.
Wallace en a tiré une géographie complète. Pour elle, L’Anse aux Meadows serait le Straumfjörðr de la Saga d’Eiríkr le Rouge et les Leifsbúðir, les cabanes de Leif, de la Saga des Groenlandais, et le Hóp, où la saga place le raisin, se situerait dans le nord-est du Nouveau-Brunswick ; Colleen Batey, qui a rendu compte du livre en 2007, estimait que peu de spécialistes en doutaient. Les noix ne désignent pourtant pas un lieu unique, puisque noyers cendrés et vignes sauvages poussent aussi en Nouvelle-Angleterre. Elles prouvent un voyage au sud de Terre-Neuve sans dire jusqu’où il est allé. La Saga des Groenlandais fait d’ailleurs trouver des raisins par un homme de l’équipage de Leif, Tyrkir l’Allemand.
Faut-il tout jeter hors de L’Anse aux Meadows ?
La quête d’un Vinland méridional a une histoire, qui commence à Copenhague. En 1837, Carl Christian Rafn, secrétaire de la Société royale des antiquaires du Nord, publie les Antiquitates Americanae, édition des textes nordiques qui place le Vinland dans l’actuel Massachusetts et au Rhode Island. Ses correspondants de Nouvelle-Angleterre lui envoient des relevés du rocher de Dighton, où il croit voir l’image de la colonie de Karlsefni, puis la description d’une tour ronde à Newport, qu’il attribue en 1839 aux Scandinaves. La tour est un moulin à vent du XVIIᵉ siècle, bâti par le gouverneur Benedict Arnold. Selon l’historien Douglas Hunter, cette lecture a prospéré dans une Nouvelle-Angleterre savante heureuse de se trouver des ancêtres nordiques.
Un faux autrement sérieux est sorti d’une grande bibliothèque. En 1965, Yale présente une carte du monde sur parchemin, avec à l’ouest du Groenland une Vinlanda Insula, et publie avec des conservateurs du British Museum un volume qui la donne pour une œuvre du XVᵉ siècle. Dès 1973, le laboratoire McCrone trouve dans l’encre de l’anatase, un dioxyde de titane employé dans les pigments à partir des années 1920. En 2021, la fluorescence X appliquée à toute la carte montre du titane partout, et une note de reliure au verso a été repassée à l’encre moderne pour rattacher la carte au Speculum historiale de Vincent de Beauvais. Le manuscrit relié avec elle à son arrivée, l’Hystoria Tartarorum, récit d’une mission de deux clercs polonais chez les Mongols, est authentique et n’est connu qu’en deux copies, à Yale et à Lucerne. Le catalogue de la Beinecke date désormais la carte, cote MS 350A, d’environ 1900 à 1940.
Le denier du Maine résiste mieux.
Le 18 août 1957, un archéologue amateur, Guy Mellgren, déclare l’avoir trouvé sur le site Goddard, un ancien habitat autochtone de Naskeag Point, dans le Maine. Conservé au Maine State Museum d’Augusta sous le numéro MSM 72,73,1, c’est un denier d’argent norvégien d’Olaf Kyrre, roi de 1067 à 1093, et son authenticité n’est pas en cause. Sa découverte l’est. Une enquête de 2003 avait conclu au verdict écossais du « non prouvé ». En 2017, le numismate Svein Gullbekk a montré que ce denier, d’une variante inconnue ailleurs, ne peut provenir d’aucun trésor norvégien enregistré ni des doublons vendus par l’université d’Oslo, et que son usure ressemble à celle des trouvailles isolées ; il juge la découverte plausiblement authentique. Le chemin le plus simple passe alors par des échanges autochtones depuis le Labrador ou Terre-Neuve, et ce denier, frappé trois quarts de siècle après les voyages de Leif, ne prouve aucun débarquement dans le Maine.
Point Rosee n’a pas survécu à la fouille. En 2015, l’archéologue Sarah Parcak repère par satellite un emplacement au sud-ouest de Terre-Neuve, où ses sondages livrent ce qui ressemble à un foyer de type scandinave et à du fer des marais grillé. Fouillé de nouveau en 2016 avec des spécialistes du monde nordique, le site ne donne aucune trace claire d’occupation humaine avant 1800, et ce fer des marais est courant dans toute l’île.
Un navire sans ancre, revenu du Markland
Plusieurs questions n’ont pas de réponse, chacune pour une raison précise. On ignore quelle expédition a abattu les arbres de 1021, parce que les sagas ne donnent aucune date absolue. Le Hóp demeure introuvable, parce que les noix désignent une aire de répartition et non un lieu. Quant au départ, les sagas parlent de combats avec les Skrælingar, Parcs Canada rapporte que certains y voient la cause du retrait, et le départ en ordre que suggère la fouille s’accorde aussi bien avec un choix de rester près du Groenland et de l’Europe.
Les annales islandaises, listes d’événements tenues année par année, donnent les dernières mentions. Plusieurs d’entre elles notent à l’année 1121 qu’Eiríkr, évêque des Groenlandais, partit à la recherche du Vinland, sans dire s’il le trouva ni ce qu’il devint. Plus de trois siècles après Leif, les annales de Skálholt, dans un manuscrit copié vers 1362 et conservé sous la cote AM 420 a 4to, enregistrent à l’année 1347 l’arrivée en Islande d’un navire du Groenland plus petit que les petits bateaux de commerce islandais, entré sans ancre dans le Straumfjörður extérieur, un fjord islandais homonyme de celui de la saga, avec à son bord des hommes qui avaient fait voile vers le Markland et que la tempête avait déportés. Le voyage laisse penser que des Groenlandais allaient encore, de temps à autre, chercher du bois sur ces côtes. Les annales de Skálholt comptent dix-sept hommes à bord, celles de la Flateyjarbók, closes en 1394, en comptent dix-huit.
Pour aller plus loin
La colonisation du Groenland par Eiríkr le Rouge et l’abandon des établissements norrois au XVᵉ siècle prolongent cette histoire vers l’est. La mise par écrit des sagas islandaises au XIIIᵉ siècle éclaire la distance entre les voyages et leurs récits, et la christianisation de l’Islande vers l’an mil fournit le repère sur lequel les deux sagas calent leurs chronologies.
Les Vikings sont-ils vraiment allés en Amérique, bien avant Colomb ? Vers l’an mil, des Scandinaves vivent au Groenland, tout près du continent américain. Des récits islandais disent qu’ils ont navigué plus loin vers l’ouest, jusqu’à une terre nommée Vinland. Ces récits ont été écrits bien après les voyages. Toute la question est de savoir ce que l’on peut prouver.
Un roi, un chanoine et deux sagas
Le plus ancien témoin écrit n’est pas islandais. Vers 1075, un chanoine de la ville de Brême rapporte une conversation avec le roi du Danemark. D’après le roi, beaucoup de gens ont découvert dans l’Océan une île où la vigne pousse seule. Ce chanoine, Adam, assure qu’il n’invente rien.
En Islande, le souvenir de ces voyages a pris la forme de sagas. Une saga est un long récit en prose, raconté de bouche à oreille puis écrit. Deux sagas parlent du Vinland. Elles ne donnent ni le même découvreur ni la même durée au séjour.
Ces deux textes ont été mis par écrit longtemps après les faits. On ne les connaît que par quelques manuscrits recopiés à la main. L’un des copistes descendait lui-même des héros de l’histoire. Il a prolongé la liste de leurs descendants jusqu’à sa propre famille, et l’on lit donc ces récits comme des souvenirs de famille.
Huit maisons sous l’herbe
En 1960, un habitant de la pointe nord de Terre-Neuve conduit un explorateur norvégien vers des bosses couvertes d’herbe. Sa femme, archéologue, y dirige ensuite les fouilles. L’endroit s’appelle L’Anse aux Meadows.
Sous l’herbe, les fouilleurs dégagent les murs de plusieurs bâtiments en tourbe, posés sur une charpente de bois. Ces bâtiments ressemblent aux maisons d’Islande et du Groenland de la même époque. On y trouve une épingle de manteau en bronze, de petits outils pour filer la laine et quantité de déchets de fer. Une forge servait à réparer les navires.
Le camp ne ressemble pas à un village installé pour durer. Une archéologue qui a longtemps étudié le site y voit une simple base de passage. De là, on partait vers des terres plus riches.
Des arbres coupés la même année
Dater ce camp a longtemps été impossible, jusqu’à ce qu’une équipe de chercheurs trouve une autre piste. En 993, un rayonnement venu de l’espace, probablement une tempête solaire, a laissé sa trace dans les arbres du monde entier. Cette trace se lit dans les cernes, ces anneaux que l’arbre ajoute à son bois chaque année. Il suffit ensuite de compter les cernes jusqu’à l’écorce.
Les chercheurs ont examiné plusieurs morceaux de bois du camp, coupés avec une lame de métal. Chaque morceau vient d’un arbre différent. Or les habitants de la région ne fabriquaient pas ce genre d’outil. Tous ces arbres ont été abattus la même année, en 1021.
C’est la seule date sûre d’une présence européenne en Amérique avant Colomb. Elle ne dit pas quand les Scandinaves sont arrivés, ni combien de temps ils sont restés. Sur cette durée, les spécialistes ne sont pas d’accord. Certains parlent d’une dizaine d’années, d’autres jugent possible un séjour bien plus long. Les auteurs de la datation répondent que les anciennes mesures sont trop floues pour trancher.
Le site a aussi livré des noix d’un arbre d’Amérique du Nord, le noyer cendré. Cet arbre n’a jamais poussé à Terre-Neuve. Il pousse plus au sud, au même endroit que la vigne sauvage. Quelqu’un a donc rapporté ces noix d’un voyage vers le sud, et il a probablement vu des vignes. Les noix ne disent pas jusqu’où ce voyage est allé.
Des faux, puis une dernière trace
La quête du Vinland a aussi produit des erreurs. Un savant de Copenhague place le Vinland en Nouvelle-Angleterre. Il attribue aux Vikings une tour ronde de la ville de Newport, qui est en réalité un moulin à vent du XVIIᵉ siècle.
Une carte du monde montrant une île du Vinland a fait sensation, présentée comme médiévale. Les analyses trouvent partout dans son encre un pigment de titane, fabriqué seulement à partir des années 1920. C’est un faux moderne.
Les annales islandaises, ces listes d’événements tenues année après année, gardent une dernière trace. En 1347, elles signalent l’arrivée en Islande d’un petit navire venu du Groenland, sans ancre, poussé par la tempête. Ses marins revenaient du Markland, la terre des forêts. Ce voyage laisse penser que des Groenlandais allaient encore chercher du bois sur ces côtes, longtemps après les premiers voyages.
Une petite monnaie d’argent norvégienne, trouvée dans le Maine, divise toujours. Elle est authentique, mais les spécialistes discutent encore de sa découverte. Si elle a bien été trouvée là, le plus simple est de penser qu’elle a voyagé de main en main entre peuples autochtones. Elle est conservée au musée de l’État du Maine, à Augusta.
La version complète raconte comment on crut voir une colonie viking gravée sur le rocher de Dighton, et pourquoi le site de Point Rosee, repéré par satellite, n’a rien livré.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Adam de Brême, Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum, livre IV, chapitre 39 (chapitre 38 dans les éditions antérieures), rédigé vers 1075 éd. Bernhard Schmeidler, Monumenta Germaniae Historica, Scriptores rerum Germanicarum in usum scholarum, Hanovre et Leipzig, 1917
- Ari Þorgilsson, Íslendingabók, chapitre 6, années 1120, connu par deux copies sur papier exécutées en 1651 par Jón Erlendsson Stofnun Árna Magnússonar í íslenskum fræðum, Reykjavík, AM 113 a fol. et AM 113 b fol.
- Flateyjarbók, parchemin écrit entre 1387 et 1394 par Jón Þórðarson et Magnús Þórhallsson pour Jón Hákonarson, seul témoin médiéval de la Grænlendinga saga, avec les annales de Flatey (année 1347) Stofnun Árna Magnússonar í íslenskum fræðum, Reykjavík, GKS 1005 fol.
Voir les 38 sources restantesMasquer les autres sources
Sources primaires (suite)
- Hauksbók, Eiríks saga rauða, parties principales écrites entre 1302 et 1310 sous la direction et en partie de la main de Haukr Erlendsson Den Arnamagnæanske Samling, université de Copenhague, AM 544 4to
- Skálholtsbók, Eiríks saga rauða, début du XVᵉ siècle Stofnun Árna Magnússonar í íslenskum fræðum, Reykjavík, AM 557 4to
- Annales de Skálholt (Skálholtsannáll), année 1347, manuscrit copié vers 1362 Stofnun Árna Magnússonar í íslenskum fræðum, Reykjavík, AM 420 a 4to
- Trois bois façonnés à la lame de métal et abattus en 1021, deux sapins (Abies, probablement A. balsamea) et un genévrier ou thuya, avec un quatrième bois non daté, dépôts scandinaves de L’Anse aux Meadows numéros de découverte 4A 59 E3-1, 4A 68 E2-2, 4A 68 J4-6 et 4A 70 B5-14, Parcs Canada
- Épingle de manteau en bronze à tête annulaire, lampe à huile en pierre, fusaïole, fragment d’aiguille en os, scories de fer et rivets de bateau, L’Anse aux Meadows Parcs Canada, lieu historique national de L’Anse aux Meadows
- Trois noix cendrées (Juglans cinerea) et un fragment de loupe de noyer cendré, L’Anse aux Meadows Parcs Canada, lieu historique national de L’Anse aux Meadows
- Carte dite du Vinland, parchemin, bifolium f. 1v-2r, encre à l’anatase, datée par le catalogue d’environ 1900 à 1940, reliée à l’origine avec le Speculum historiale de Vincent de Beauvais (MS 350) et l’Hystoria Tartarorum (MS 350A.1) Beinecke Rare Book and Manuscript Library, Yale University, MS 350A
- Denier d’argent d’Olaf Kyrre (1067-1093), atelier incertain, déclaré trouvé le 18 août 1957 au site Goddard, Naskeag Point, Brooklin (Maine) Maine State Museum, Augusta, MSM 72,73,1
- Rocher de Dighton, bloc de grauwacke gravé, interprété par Rafn comme une image de la colonie de Karlsefni Dighton Rock State Park, Massachusetts
- Tour de Newport, moulin à vent de pierre du XVIIᵉ siècle attribué au gouverneur Benedict Arnold Touro Park, Newport (Rhode Island)
Bibliographie
- Margot Kuitems, Birgitta L. Wallace, Charles Lindsay et alii, « Evidence for European presence in the Americas in AD 1021 », Nature 601 (7893), 2022, p. 388-391, publié en ligne le 20 octobre 2021, DOI 10,1038/s41586-021-03972-8 Naturehttps://doi.org/10.1038/s41586-021-03972-8
- Paul M. Ledger, Linus Girdland-Flink et Véronique Forbes, « New horizons at L’Anse aux Meadows », Proceedings of the National Academy of Sciences 116 (31), 2019, p. 15341-15343, DOI 10,1073/pnas.1907986116 PNAShttps://doi.org/10.1073/pnas.1907986116
- Michael W. Dee et Margot Kuitems, « Duration of activity inestimable due to imprecision of the data », Proceedings of the National Academy of Sciences 116, 2019, p. 22907, DOI 10,1073/pnas.1914651116 PNAShttps://doi.org/10.1073/pnas.1914651116
- Svein H. Gullbekk, « The Norse Penny Reconsidered : The Goddard Coin – Hoax or Genuine ? », Journal of the North Atlantic 33, 2017, p. 1-8 Eagle Hill Institute
- Colleen Batey, compte rendu de Birgitta Linderoth Wallace, Westward Vikings : The Saga of L’Anse aux Meadows (St. John’s, Historic Sites Association of Newfoundland and Labrador et Parcs Canada, 2006, 127 p.), Scandinavian-Canadian Studies / Études scandinaves au Canada 17, 2006-2007, p. 117-119 University of Victoria
- Stefán Karlsson, « Aldur Hauksbókar », Fróðskaparrit, 1964, p. 114-121 Føroya Fróðskaparfelag
- Adam de Brême, Histoire des archevêques de Hambourg, avec une Description des îles du Nord, traduit du latin, présenté et annoté par Jean-Baptiste Brunet-Jailly, Paris, 1998, coll. « L’aube des peuples » Gallimard
- Saga d’Eiríkr le Rouge, suivi de Saga des Groenlandais, traduit de l’islandais et annoté par Régis Boyer, Paris, 2010, coll. « Folio 2 € » n° 5164, 107 p. Gallimard
- Arthur Middleton Reeves, The Finding of Wineland the Good : The History of the Icelandic Discovery of America, Londres, 1890 Henry Frowde
- Carl Christian Rafn, Antiquitates Americanae sive scriptores septentrionales rerum ante-Columbianarum in America, Copenhague, 1837 Société royale des antiquaires du Nord
Sources en ligne
- « Culture and history - L’Anse aux Meadows National Historic Site » Parcs Canadahttps://parks.canada.ca/lhn-nhs/nl/meadows/culture
- « A Saga of Discovery - L’Anse aux Meadows National Historic Site » Parcs Canadahttps://parks.canada.ca/lhn-nhs/nl/meadows/culture/saga
- « Indigenous Sites » Parcs Canada, lieu historique national de L’Anse aux Meadowshttps://parks.canada.ca/lhn-nhs/nl/meadows/culture/sites
- « Lieu historique national de L’Anse aux Meadows » UNESCO, Centre du patrimoine mondialhttps://whc.unesco.org/fr/list/4/
- « Analysis unlocks secret of the Vinland Map – it’s a fake » Yale News, 1er septembre 2021https://news.yale.edu/2021/09/01/analysis-unlocks-secret-vinland-map-its-fake
- « Vinland map » Yale University Library, catalogue des collections, Beinecke MS 350Ahttps://collections.library.yale.edu/catalog/2002873
- « Vinland in “Chapter 39” » Great Unsolved Mysteries in Canadian History, traduction anglaise d’après l’édition d’Allan A. Lundhttps://canadianmysteries.ca/sites/vinland/archives/chapterinbook/4125en.html
- « Other Written Clues » Great Unsolved Mysteries in Canadian Historyhttps://canadianmysteries.ca/sites/vinland/whereisvinland/writtenclues/indexen.html
- « New Brunswick » Great Unsolved Mysteries in Canadian Historyhttps://canadianmysteries.ca/sites/vinland/whereisvinland/newbrunswick/indexen.html
- « Rhode Island and Massachusetts » Great Unsolved Mysteries in Canadian Historyhttps://canadianmysteries.ca/sites/vinland/whereisvinland/rhodeislandmass/indexen.html
- « [The Newport Tower in] “Stumbles and Pitfalls in the Search for Viking America” », extrait de Johannes Hertz Great Unsolved Mysteries in Canadian Historyhttps://canadianmysteries.ca/sites/vinland/archives/chapterinbook/4005en.html
- « Dighton Rock, Leif Eriksson, and the Origins of Scientific Racism », billet de Douglas Hunter, 2 octobre 2017 UNC Press Bloghttps://uncpressblog.com/2017/10/02/douglas-hunter-dighton-rock-leif-erikson-and-the-origins-of-scientific-racism/
- « Hauk Erlendsson » Store norske leksikonhttps://snl.no/Hauk_Erlendsson
- « Breta sogur from AM 544 4to : an Edition and Translation », thèse de Russell C. Black, 2014 University of Washington, ResearchWorkshttps://digital.lib.washington.edu/researchworks/handle/1773/26445
- « Eiríks saga rauða », notice d’œuvre data.bnf.fr, Bibliothèque nationale de Francehttps://data.bnf.fr/12010568/eiriks_saga_rau_a/fr.pdf
- « Potential Viking site found in Newfoundland » CBC Newshttps://www.cbc.ca/lite/story/1.3515747
- « On the trail of Vikings : Latest search for Norse in North America » CBC Newshttps://www.cbc.ca/1.3751129
- « No Viking presence in southern Newfoundland after all, American researcher finds » La Presse canadienne, reprise par rdnewsnow.comhttps://rdnewsnow.com/?p=385916











_(36002481270).jpg?width=500)

