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La route côtière du varech, hypothèse sur le peuplement de l’Amérique

Tewy / Wikimedia Commons
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Dans les foyers de Monte Verde, un campement installé au bord d’un ruisseau du sud du Chili, l’équipe de Tom Dillehay a recueilli neuf espèces d’algues marines, datées directement entre 14 220 et 13 980 ans avant le présent. Loin au nord, une équipe conduite par Mikkel Pedersen a carotté les sédiments de lacs situés dans le goulet du couloir ouvert entre les deux grandes calottes glaciaires d’Amérique du Nord, et n’y trouve ni végétation de steppe ni bisons avant 12 600 ans environ. Au Chili, les algues voisinaient avec des galets plats ramassés sur une grève, des plantes d’estuaire saumâtre et du bitume.

Entre ces deux chiffres, treize à seize siècles d’écart.

Knut Fladmark contre le corridor libre de glace

Pendant l’essentiel du XXᵉ siècle, le scénario dominant fait marcher les premiers Américains. Partis de Sibérie, ils traversent la Béringie, cette plaine aujourd’hui noyée qui reliait l’Asie à l’Alaska quand le niveau des mers était bas, puis gagnent le sud par le couloir intérieur une fois la glace retirée. Au bout du chemin se trouve la culture Clovis, du nom d’une ville du Nouveau-Mexique, reconnaissable à ses pointes de projectile cannelées, c’est-à-dire amincies à la base par l’enlèvement d’un long éclat, et datée dans l’estimation la plus serrée entre 13 125 et 12 925 ans avant le présent. Avec quelques squelettes d’environ 13 000 ans trouvés aux États-Unis, ces pointes forment le socle du modèle que le Journal du CNRS résume sous le nom de « Clovis-first ». Loren Davis et David Madsen font remonter l’idée d’une entrée par voie de terre jusqu’à José de Acosta, dont ils citent l’Histoire naturelle et morale des Indes dans la traduction anglaise d’Edward Grimston parue en 1604, et comptent depuis plus de quatre siècles de domination de la route terrestre dans la pensée savante.

En 1979, dans la revue American Antiquity, Knut Fladmark, de l’université Simon Fraser, pèse la faisabilité des deux voies. Son hypothèse tient en une image, une chaîne de refuges au niveau de la mer tout autour du Pacifique Nord, qui aurait offert une solution de rechange au corridor intérieur. Il ajoute que des cultures tournées vers la mer figuraient peut-être parmi les premières à atteindre le sud du Canada. L’idée reste en marge pendant des décennies, d’après le bilan que Todd Braje et treize coauteurs en ont tiré quarante ans plus tard dans la même revue.

Le scénario côtier a gagné du terrain depuis. Dans l’Atlas de l’Amérique précolombienne publié chez Autrement en 2022, Yan Axel Gómez Coutouly décrit un consensus grandissant autour d’une migration par cabotage depuis l’Asie, il y a 15 000 à 20 000 ans, et place l’ouverture du couloir intérieur vers 13 000 ans. Pedersen le dit physiquement dégagé dès 15 000 à 14 000 ans, mais vide de plantes et de bêtes jusque vers 12 600. Les deux auteurs ne mesurent pas la même chose, la fonte de la glace ou l’installation du vivant.

Une forêt qui amortit la houle

Le nom de l’hypothèse date de 2007. Cette année-là, dans le Journal of Island and Coastal Archaeology, six archéologues et écologues marins conduits par Jon Erlandson, de l’université de l’Oregon, publient un article centré sur un milieu précis. Le kelp désigne en anglais de grandes algues brunes qui s’ancrent sur les fonds rocheux et montent jusqu’à la surface dans les eaux froides et peu profondes ; le français parle de varech ou de laminaires. Ces forêts, écrivent les auteurs, occupent aujourd’hui le pourtour du Pacifique Nord du Japon à la Basse-Californie, s’interrompent sous les tropiques, où mangroves et récifs coralliens prennent le relais, puis reparaissent le long de la côte andine. Elles abritent coquillages, poissons, mammifères marins et oiseaux de mer. Vers 16 000 ans avant le présent, concluent-ils, la côte du Pacifique Nord offrait depuis l’Asie du Nord-Est une voie linéaire, à peu près dégagée et entièrement au niveau de la mer.

Les auteurs lui prêtent aussi un rôle mécanique. La forêt amortit la houle et fournit des points d’amarrage aux embarcations, en plus d’une pêche abondante, ce qui en fait dans leur texte « une sorte de route » pour les premiers peuples navigateurs du Nouveau Monde. Highway pourrait se traduire par « autoroute » ; on s’en tiendra à « route », plus fidèle au ton de l’article, puisque ses auteurs placent eux-mêmes le mot entre guillemets et le font précéder de cette « sorte de ». Treize ans plus tard, Davis et Madsen y voient l’une des hypothèses écologiques les mieux construites sur la question, avec une réserve de méthode. L’article de 2007 la rattachait à une « théorie de la migration côtière » que personne n’avait définie, et leur propre travail, publié en 2020 dans Quaternary Science Reviews, range la route du varech parmi plusieurs hypothèses à mettre à l’épreuve.

Pointes à pédoncule sur l’île de San Miguel

En 2011, l’équipe d’Erlandson publie dans Science trois sites des îles Anglo-Normandes de Californie, au large de Santa Barbara, datés d’environ 12 200 à 11 200 ans. On y trouve en nombre des pointes de projectile à pédoncule, munies d’une soie étroite pour l’emmanchement, et des croissants, outils de pierre taillée en forme de lune. Sur le site CA-SRI-512, à Santa Rosa, ces outils accompagnent des os d’oies, de cormorans, de mammifères marins et de poissons. À Cardwell Bluffs, sur l’île de San Miguel, les occupants transformaient des galets de chert local en bifaces et en pointes. Le titre même de l’article parle de navigation paléoindienne.

Ces dates ne portent pas sur le passage. Douze mille ans, c’est deux millénaires après Monte Verde. Les îles montrent un mode de vie maritime déjà rodé, avec des croissants que l’on croyait vieux de 8 000 à 10 000 ans et qui remontent ici à 11 000 ou 12 000 ans, au milieu de milliers d’os d’oiseaux, selon le communiqué de l’université de l’Oregon, qui précise qu’aucune pointe cannelée de type Clovis n’a été trouvée sur les îles.

C’est sur ces pointes que repose l’argument le plus ambitieux. En 2020, Braje et ses coauteurs avancent que les pointes à pédoncule, les pointes foliacées et les croissants répartis autour du Pacifique pourraient corroborer les études génomiques favorables à une dispersion par la côte. Davis et Madsen relèvent des ressemblances techniques avec les sites du nord du Japon et imaginent une population côtière isolée vers 25 000 à 24 000 ans dans la région de Sakhaline, de Hokkaido et des Kouriles, qui aurait ensuite longé à pied et en bateau le sud de la Béringie entre 22 000 et 16 000 ans environ. Dans l’Idaho, sur le site de Cooper’s Ferry, Davis a daté en 2019 une occupation d’environ 16 000 ans, au sud des glaces et loin dans l’intérieur des terres.

Un courant d’Alaska deux fois plus fort

La route supposait une côte libre. En 2018, Alia Lesnek et ses collègues de l’université de Buffalo ont daté quatre îles de l’archipel Alexander, dans le sud-est de l’Alaska, en mesurant le béryllium 10 accumulé dans des blocs et des surfaces rocheuses, une méthode qui indique depuis combien de temps une roche est exposée à l’air libre. Ces îles, que l’on tenait pour des refuges épargnés, étaient couvertes par la calotte de la Cordillère pendant le dernier maximum glaciaire et ne se sont dégagées que vers 17 000 ans. Dans des grottes de l’archipel, des os de phoques annelés marqués par des prédateurs remontent eux aussi à 17 000 ans environ, signe qu’un écosystème marin s’est installé très vite. Les auteurs refusent d’y voir la preuve d’une migration. Ils tiennent une porte ouverte, rien de plus.

Cinq ans plus tard, une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences a regardé la mer elle-même. Summer Praetorius, de l’Institut d’études géologiques des États-Unis, et six coauteurs, parmi lesquels Erlandson, ont croisé des carottes de sédiments marins du Pacifique Nord avec des simulations climatiques. Pendant le dernier maximum glaciaire, le courant d’Alaska aurait plus que doublé de force le long du sud-est de l’Alaska, ce qui freinait toute navigation vers le sud, et une banquise saisonnière bordait les rivages du golfe d’Alaska. L’équipe dégage deux fenêtres favorables, de 24 500 à 22 000 ans puis de 16 400 à 14 800 ans, où la côte aurait réuni la glace de mer l’hiver et les forêts de varech l’été. La date avancée en 2007 tombe dans la seconde fenêtre, ce qui est cohérent, mais sous la signature même d’Erlandson la route cesse d’être un couloir permanent et devient un passage que le climat ouvre et referme.

L’objection des seize signataires

En août 2018, seize chercheurs réunis autour de Ben Potter publient dans Science Advances une mise en garde. Une partie de la littérature savante et de la presse, écrivent-ils, présente la question comme tranchée en faveur d’un seul modèle, une migration côtière dépendante de la productivité marine, du détroit de Béring jusqu’à l’Amérique du Sud, des milliers d’années avant Clovis. Ils jugent cette lecture prématurément étroite et citent nommément la route du varech parmi les adaptations écologiques qu’on lui associe. Leur revue des données génétiques, archéologiques et paléoécologiques place l’expansion des ancêtres des Amérindiens après 16 000 ans, et les sites les plus sûrement datés après 15 000 environ, un calendrier compatible avec le corridor comme avec la côte, ou avec les deux à la fois. Ils qualifient de spéculations les rapprochements typologiques entre pointes à pédoncule distantes de milliers de kilomètres. Enfin, ils retournent un argument commode des partisans de la côte en rappelant que le littoral de la fin du Pléistocène, la période géologique qui s’achève avec la dernière glaciation, n’a pas été entièrement englouti par la remontée des mers, si bien que l’absence de sites anciens ne peut pas s’expliquer tout entière par la noyade des rivages. Aucune des deux routes, concluent-ils, ne peut être rejetée en l’état, et seules des recherches archéologiques et paléoécologiques systématiques, guidées par la géomorphologie, permettront de les départager.

Depuis, un autre gisement a déplacé les dates. Au parc national de White Sands, au Nouveau-Mexique, des empreintes de pas humaines avaient été datées en 2021 de 23 000 à 21 000 ans grâce aux graines d’une plante aquatique, un âge que l’on soupçonnait vieilli par le carbone ancien dissous dans l’eau du lac. En 2023, Jeffrey Pigati, Kathleen Springer et leurs collègues ont daté du pollen de conifères prélevé dans les mêmes couches, environ 75 000 grains par échantillon, puis des grains de quartz par luminescence. Les âges concordent, et des humains marchaient donc au sud des glaces pendant le dernier maximum glaciaire, bien avant le seuil de 16 000 ans retenu par Potter.

White Sands se trouve loin dans l’intérieur et ne dit rien de la route suivie. Ses dates tombent en revanche dans la première fenêtre de Praetorius, à une époque où le couloir intérieur était bloqué par la glace.

Cent vingt mètres d’eau recouvrent l’ancien rivage

Vers 17 000 ans avant le présent, le niveau moyen des mers se situait environ 120 mètres sous l’actuel, d’après les mesures faites à Tahiti que rappelle une synthèse de la revue Oceanography, et une partie du plateau continental du golfe d’Alaska était peut-être émergée. C’est sur cette bande aujourd’hui immergée que les partisans de la route côtière attendent les campements du passage. Aucun des sites évoqués plus haut n’est un campement du littoral du Pacifique Nord antérieur à 16 000 ans. Les pièces rassemblées ici ne disent rien de la forme des embarcations ni de la taille des groupes, parce que les traces capables d’en parler, si elles subsistent, gisent sous la mer ou dans des secteurs restés émergés qu’il faut encore repérer.

Davis et Madsen concluent en 2020 que les premiers Américains sont « logiquement » arrivés par la côte avant 16 000 ans, tandis que Potter et ses quinze cosignataires tenaient deux ans plus tôt que ni la côte ni le corridor ne pouvaient être écartés, et les deux équipes renvoient pourtant à la même condition, trouver sur le pourtour du Pacifique Nord des gisements datés du dernier maximum glaciaire, sur des rivages que la remontée des mers a en grande partie recouverts.

Pour aller plus loin

Le sujet touche à la Béringie, la plaine émergée qui reliait l’Asie à l’Amérique pendant les glaciations, et à la culture Clovis, longtemps tenue pour la première des Amériques. Il rejoint aussi le site chilien de Monte Verde et les empreintes de White Sands, dont l’âge a été contrôlé par trois méthodes indépendantes.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Algues marines de neuf espèces, foyers et aménagements du niveau Monte Verde II, datées directement de 14 220 à 13 980 ans cal. BP Monte Verde, vallée du río Maullín, Région des Lacs, Chili
  2. Site CA-SRI-512, pointes à pédoncule, croissants et faune d’oiseaux, de mammifères marins et de poissons, env. 12 200-11 200 ans île de Santa Rosa, îles Anglo-Normandes de Californie
  3. Complexe de Cardwell Bluffs (CA-SMI-678, CA-SMI-679 et CA-SMI-701), bifaces et pointes en chert local île de San Miguel, îles Anglo-Normandes de Californie
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Sources primaires (suite)

  1. Os de phoques annelés portant des traces de prédation, env. 17 000 ans, grottes de l’archipel Alexander sud-est de l’Alaska
  2. Empreintes de pas humaines de la rive orientale de l’ancien lac Otero, 23 000-21 000 ans White Sands National Park, Nouveau-Mexique
  3. Occupation du site de Cooper’s Ferry, env. 16 000 ans Idaho, États-Unis

Bibliographie

  1. Jon M. Erlandson, Michael H. Graham, Bruce J. Bourque, Debra Corbett, James A. Estes et Robert S. Steneck, « The Kelp Highway Hypothesis : Marine Ecology, the Coastal Migration Theory, and the Peopling of the Americas », Journal of Island and Coastal Archaeology 2 (2), 2007, p. 161-174, DOI 10,1080/15564890701628612 Taylor & Francishttps://doi.org/10.1080/15564890701628612
  2. Knut R. Fladmark, « Routes : Alternate Migration Corridors for Early Man in North America », American Antiquity 44 (1), 1979, p. 55-69 Society for American Archaeology
  3. Tom D. Dillehay, Carlos Ramírez, Mario Pino, Michael B. Collins, Jack Rossen et J. D. Pino-Navarro, « Monte Verde : Seaweed, Food, Medicine, and the Peopling of South America », Science 320 (5877), 2008, p. 784-786, DOI 10,1126/science.1156533 Sciencehttps://doi.org/10.1126/science.1156533
  4. Jon M. Erlandson, Torben C. Rick, Todd J. Braje et al., « Paleoindian Seafaring, Maritime Technologies, and Coastal Foraging on California’s Channel Islands », Science 331 (6021), 2011, p. 1181-1185, DOI 10,1126/science.1201477 Sciencehttps://doi.org/10.1126/science.1201477
  5. Mikkel W. Pedersen et al., « Postglacial viability and colonization in North America’s ice-free corridor », Nature 537 (7618), 2016, p. 45-49, DOI 10,1038/nature19085 Naturehttps://doi.org/10.1038/nature19085
  6. Alia J. Lesnek, Jason P. Briner, Charlotte Lindqvist, James F. Baichtal et Timothy H. Heaton, « Deglaciation of the Pacific coastal corridor directly preceded the human colonization of the Americas », Science Advances 4, 2018, eaar5040, DOI 10,1126/sciadv.aar5040 Science Advanceshttps://doi.org/10.1126/sciadv.aar5040
  7. Ben A. Potter et al., « Current evidence allows multiple models for the peopling of the Americas », Science Advances 4 (8), 2018, eaat5473, DOI 10,1126/sciadv.aat5473 Science Advanceshttps://doi.org/10.1126/sciadv.aat5473
  8. Loren G. Davis et al., « Late Upper Paleolithic occupation at Cooper’s Ferry, Idaho, USA, ~16 000 years ago », Science, 2019, p. 891-897 Science
  9. Todd J. Braje, Jon M. Erlandson, Torben C. Rick et al., « Fladmark + 40 : What Have We Learned about a Potential Pacific Coast Peopling of the Americas ? », American Antiquity 85 (1), 2020, p. 1-21, DOI 10,1017/aaq.2019,80 Society for American Archaeologyhttps://doi.org/10.1017/aaq.2019.80
  10. Loren G. Davis et David B. Madsen, « The coastal migration theory : Formulation and testable hypotheses », Quaternary Science Reviews 249, 2020, 106605, DOI 10,1016/j.quascirev.2020,106605 Elsevierhttps://doi.org/10.1016/j.quascirev.2020.106605
  11. Yan Axel Gómez Coutouly, « Le premier peuplement préhistorique des Amériques », dans Brigitte Faugère et Nicolas Goepfert (dir.), Atlas de l’Amérique précolombienne, Paris, Autrement, 2022, p. 8-9 Autrement, collection « Atlas. Mémoires »
  12. Summer K. Praetorius, Jay R. Alder, Alan Condron, Alan C. Mix, Maureen H. Walczak, Beth E. Caissie et Jon M. Erlandson, « Ice and ocean constraints on early human migrations into North America along the Pacific coast », Proceedings of the National Academy of Sciences 120 (7), 2023, e2208738120, DOI 10,1073/pnas.2208738120 PNAShttps://doi.org/10.1073/pnas.2208738120
  13. Jeffrey S. Pigati, Kathleen B. Springer et al., « Independent age estimates resolve the controversy of ancient human footprints at White Sands », Science 382 (6666), 2023, p. 73-75, DOI 10,1126/science.adh5007 Sciencehttps://doi.org/10.1126/science.adh5007

Sources en ligne

  1. « L’histoire du peuplement de l’Amérique revue à l’aune de l’interdisciplinarité » CNRS Le Journalhttps://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/focus-sciences/lhistoire-du-peuplement-de-lamerique-revue-a-laune-de-linterdisciplinarite
  2. « New Evidence About Earliest Americans Supports Coastal Migration Theory » (communiqué de l’université Vanderbilt) Newswisehttps://www.newswise.com/articles/new-evidence-about-earliest-americans-supports-coastal-migration-theory
  3. « California islands give up evidence of early seafaring » University of Oregon, archives des communiquéshttps://pages.uoregon.edu/digital/uonews-archive/archive/news-release/2011/3/california-islands-give-evidence-early-seafaring.html
  4. « In ancient boulders, new clues about the story of human migration to the Americas » (communiqué de l’université de Buffalo) ScienceDailyhttps://www.sciencedaily.com/releases/2018/05/180530144144.htm
  5. « Study confirms age of oldest fossil human footprints in North America » U.S. Geological Surveyhttps://www.usgs.gov/news/national-news-release/study-confirms-age-oldest-fossil-human-footprints-north-america
  6. « An Oceanographic Perspective on Early Human Migrations to the Americas » Oceanography, The Oceanography Societyhttps://tos.org/oceanography/article/an-oceanographic-perspective-on-early-human-migrations-to-the-americas
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