Des pêcheurs ne bâtissent pas de pyramides. L’objection paraît de bon sens, et deux articles parus en 1981 dans les grandes revues de l’archéologie américaine la retournaient contre une idée alors neuve, selon laquelle un village de la côte péruvienne, sans céramique et sans irrigation intensive, aurait pu élever des tertres de pierre et porter une société hiérarchisée. Ce village s’appelle Áspero. Ses collines sableuses bordent la rive droite du río Supe, à environ 500 mètres du Pacifique, au sud de l’actuel Supe Puerto, et portent encore la Huaca Alta, la Huaca de los Ídolos et une vingtaine d’ensembles construits.
Quarante-cinq ans plus tard, l’objection tient toujours. Elle a seulement changé de cible.
Les collines de Gordon Willey
La première fouille systématique de constructions monumentales précéramiques sur la côte du Pérou a lieu à Áspero, en 1941. Gordon Willey et John Corbett y ouvrent leurs sondages sans voir ce qu’ils ont sous les pieds : les grands volumes de pierre qui dominent le site passent pour des collines naturelles. La méprise a une raison, que rappellent les auteurs du mémoire biographique consacré en 2024 à Michael Moseley par l’Académie nationale des sciences des États-Unis. On ne concevait pas alors de stade précéramique capable de monuments, à moins qu’une agriculture du maïs ne l’ait nourri. Le rapport, publié seulement en 1954 sous le titre Early Ancón and Early Supe Culture, a laissé derrière lui une autre énigme, des épis de maïs recueillis dans des niveaux dont le contexte n’a jamais été assuré et qui ont alimenté pendant des décennies les disputes sur l’ancienneté de la plante dans les Andes centrales. Willey revient ensuite sur le site avec Michael Moseley, un ancien étudiant devenu son collègue à Harvard, et l’article qu’ils signent en 1973 dans American Antiquity renverse le diagnostic. Les collines sont des plateformes artificielles, bâties par une population qui ignorait la poterie. La revue Athena Review comptait encore au milieu des années 2000, à partir de ces travaux, au moins dix-sept tertres artificiels hauts de quatre mètres au plus, répartis sur treize hectares.
Robert Feldman reprend le terrain au milieu des années 1970. Il fouille la Huaca de los Ídolos et la Huaca de los Sacrificios, et nettoie la coupe d’une tranchée de pillards dans la Huaca Alta. Ses relevés, publiés en 1985 dans les actes d’un colloque tenu à Dumbarton Oaks, décrivent des édifices montés par phases successives, sans déchets domestiques, avec des offrandes enfouies juste avant chaque reconstruction et des salles de plus en plus petites, donc de plus en plus réservées, à mesure qu’on s’élève. Sous un sol de la Huaca de los Ídolos, il recueille plusieurs statuettes humaines modelées dans de l’argile crue. Sa thèse, soutenue à Harvard en 1980, annonce la conclusion dans son sous-titre, qui parle d’une chefferie maritime précéramique.
Pour la Huaca de los Ídolos, Feldman avance en 1987 une fourchette de 2750 à 2400 avant notre ère. Áspero détenait alors les plus anciennes dates radiocarbone de la côte et de toute la vallée du Supe, et passait pour l’endroit où la première société complexe de la région avait probablement pris forme.
Dix millions de tonnes d’anchois
Moseley tire de ces collines un livre, The Maritime Foundations of Andean Civilization, paru en 1975. L’hypothèse, que la littérature abrège en MFAC, soutient que les premières sociétés complexes des Andes se sont formées sur la côte en s’appuyant d’abord sur les bancs de petits poissons, et n’ont développé l’agriculture irriguée qu’ensuite, pour entretenir des structures sociales déjà en place.
Moseley n’a jamais prétendu que ces populations vivaient de poisson seulement. Il soutenait que la pêche leur fournissait plus de calories que les champs, et il a précisé plus tard que l’essentiel venait des anchois et des sardines, les coquillages et les gros poissons ne fournissant qu’un appoint.
La thèse s’appuie sur un calcul que rappellent ses mémorialistes. Le stock d’anchois pouvait livrer au maximum dix millions de tonnes par an ; exploité à 60 % et consommé en farine, il aurait nourri six millions de personnes, la moitié de la population estimée pour toutes les Andes à l’arrivée des Espagnols. Moseley ne disait pas que tant de monde avait vécu de la pêche. À 10 % de rendement, la mer suffisait encore à un million d’habitants, assez pour que des villages sédentaires et des monuments deviennent des traits attendus du paysage archéologique côtier.
En 1981, deux critiques paraissent presque ensemble. J. Scott Raymond, dans American Antiquity, reprend les données fauniques sur lesquelles repose l’hypothèse et conteste qu’une économie maritime ait pu fonder à elle seule la civilisation côtière, tout en concédant que les indices en sa faveur pèsent lourd. Il signale en note que David Wilson parvient à des conclusions voisines dans un article d’American Anthropologist paru au même moment, dont le titre, Of Maize and Men, dit assez où Wilson replace le centre de gravité.
« Il y avait beaucoup d’anchois à Caral »
Ruth Shady commence en 1994 à prospecter la basse et la moyenne vallée du Supe, et ouvre en 1996 les fouilles de Caral, à 26 kilomètres de la côte. Elle a raconté en 2019 comment Áspero est revenu dans son champ de vision : ses fouilleurs trouvaient beaucoup d’anchois à Caral, se sont demandé d’où venait ce poisson, et la bibliographie les a menés jusqu’au site de Willey et de Feldman. Les dépotoirs de Caral sont garnis de coquilles de moules, et les excréments fossilisés de ses habitants sont hérissés d’arêtes d’anchois et de sardines, pour une ville située à une journée de marche de la mer.
Les datations de Caral publiées en 2001 dans Science par Shady, Jonathan Haas et Winifred Creamer, puis les 95 dates que Haas, Creamer et Alvaro Ruiz donnent en 2004 dans Nature pour les vallées du Norte Chico, installent un ensemble régional entre 3000 et 1800 avant notre ère. Dans cet ensemble, Áspero pèse peu. Ses 18,8 hectares représentent 3,78 % de l’espace occupé dans la vallée, quand Caral et cinq autres centres de l’intérieur couvrent chacun entre 30 et 70 hectares. Shady l’a rebaptisé « ville de pêche de la civilisation Caral », et son équipe le rattache au même processus, sur la foi d’une architecture de pierre bâtie selon la tradition de la moyenne vallée.
L’antériorité, elle, s’est déplacée sans se régler. En 2006, dans le Boletín de Arqueología de l’Université pontificale catholique du Pérou, Shady soutient que l’occupation humaine d’Áspero commence plus tôt que celle de Caral, mais que ses monuments sont plus récents. Moseley disait l’inverse l’année précédente au magazine de l’Académie des sciences de Californie, pour qui Áspero restait en théorie le plus ancien des grands sites du Supe, le peuplement ayant ensuite gagné l’intérieur.
Ceux qui défendent l’hypothèse maritime ont une réponse solide, et elle tient dans les filets. Les auteurs du mémoire de 2024 rappellent que, quelles que soient les retouches apportées à la thèse, la forte dépendance des plus anciennes sociétés complexes de la côte envers les ressources marines est bien démontrée. David Beresford-Jones et ses coauteurs en ont proposé en 2018 une version affinée. Pêcher l’anchois en masse exige des filets de fibres végétales, coton ou fibres libériennes, donc des cultures, et l’agriculture se trouve liée à la pêche par les filets eux-mêmes. À Áspero, la Huaca de los Sacrificios a livré des flotteurs de calebasse pour filets et un métier à tisser garni de coton brun.
Le milieu a sa part. En 2009, Daniel Sandweiss, avec Shady et Moseley parmi ses coauteurs, a relié dans les Proceedings of the National Academy of Sciences le développement économique de la côte, entre 5 800 et 3 600 ans avant le présent, aux transformations de l’environnement littoral, et il situait la même année le retour d’El Niño, après des millénaires d’absence ou de grande rareté, au tout début de cette période, au moment où les populations côtières croissent en nombre et en complexité.
Sous les ordures de Supe Puerto
Pendant que les théories s’affrontaient, Áspero disparaissait sous les ordures. À partir du début des années 1980, les autorités locales laissent les districts de Supe Puerto et de Supe y déverser leurs déchets, et le site sert de décharge municipale pendant près de trente ans, bien qu’il ait été déclaré patrimoine culturel de la nation en août 2002. En 2004, environ neuf hectares sont couverts de détritus, et certains chercheurs tiennent le lieu pour perdu. La publication que la Zona Arqueológica Caral consacre au site en 2013 en rend responsable, pour partie, un défaut de transmission. Feldman a publié aux États-Unis et en anglais, aucun de ses résultats n’a paru au Pérou, et la population voisine n’a jamais su ce que valaient ces collines.
En mars 2005, une convention avec la mairie de Supe Puerto fournit le personnel et les engins nécessaires pour retirer quelque 8 400 tonnes de déchets modernes. Shady a parlé en 2019 de 8 000 tonnes, un arrondi de conversation ; le chiffre de 2013, écrit au terme du chantier dans une publication de l’institution, mérite d’être préféré.
Les fouilles reprennent dans quatre secteurs dès 2005, puis dans quatorze à partir de 2012. Sous la Huaca Alta, les archéologues ont rencontré d’abord le sable, puis des occupations temporaires, puis des terrasses de pierre posées par des pêcheurs pour niveler le sol et y installer leurs maisons, et seulement ensuite une pyramide à degrés, l’une des plus anciennes du site, à laquelle d’autres ont été superposées. Un fragment d’os de crâne de cachalot, incisé de lignes ondulées, y a été recueilli. La Huaca de los Ídolos, treize mètres plus au nord, porte au sommet une salle cérémonielle à foyer central entourée de banquettes en gradins. Elle recouvre un édifice plus ancien dont on ignore le plan, parce que le bâtiment tardif le masque presque entièrement. L’équipe pense qu’à la fin de l’occupation les dirigeants installés dans ce second édifice ont repris les fonctions de ceux de la Huaca Alta. La Huaca de los Sacrificios, elle, doit son nom aux sacrifices humains que les premiers fouilleurs ont reconnus dans ses remaniements tardifs. Parmi les corps exhumés, un enfant de dix ans y a été déposé dans une couche de cendres, un autre de huit ans juste avant la construction du dernier grand escalier, tous deux enveloppés de toile de coton et de nattes de jonc.
Les chiffres de base varient d’une publication à l’autre de la même équipe. Dans la publication de 2013, le site se trouve à 500 mètres de l’océan, à 700 mètres dans le communiqué de 2025 ; il compte 22 ensembles architecturaux en 2013 et en 2025, 25 dans une note de 2022, 30 dans le livret de 2008 que cite un article de Scientific Reports paru en 2023. Les écarts tiennent sans doute à ce qu’on appelle un ensemble et à la ligne de rivage retenue, l’actuelle ou l’ancienne. Aucune de ces publications ne s’en explique. À Supe Puerto, où vécut le romancier José María Arguedas, les pêcheurs actuels conservent, selon la Zona Arqueológica Caral, des savoirs maritimes traditionnels qu’ils ont adaptés aux matériaux de la pêche moderne. En avril 2026, l’équipe a présenté dans le secteur J1, près du rivage, une structure à deux niveaux en galets liés d’argile, qu’elle interprète comme un dispositif d’observation des ombres et des astres ; l’annonce en a été faite par voie de presse, pour les vingt et un ans des fouilles.
Les morts mangeaient des patates douces
Que mangeait-on dans un port de pêche ? Les isotopes stables mesurés en 2022 par Luis Pezo-Lanfranco et ses collègues sur des squelettes de Caral et d’Áspero placent les plantes dites C3, tubercules, légumineuses, courges, fruits, à la base du régime, et le maïs à moins de 12 % des calories. En 2023, l’équipe de la Zona Arqueológica Caral a analysé les grains d’amidon piégés dans le tartre dentaire de neuf individus d’Áspero et d’un individu de Caral. Chez tous apparaît la patate douce, chez neuf sur dix la courge. Le maïs apparaît lui aussi chez tous, ce qui montre surtout, préviennent les auteurs, qu’un grain d’amidon prouve le passage d’une plante par la bouche, pas son poids dans le régime. Shady décrit de son côté un échange régulier entre la côte et la vallée, les pêcheurs cédant leur poisson, surtout l’anchois séché, contre des haricots de Lima, des haricots communs et de l’achira, une plante alimentaire des champs du Supe.
Les morts racontent une société différenciée. En 2022, l’archéologue David Palomino a présenté, à la Huaca Alta, la sépulture modeste d’une femme dont l’oreille portait une exostose auditive, une excroissance osseuse qui se forme chez ceux qui plongent régulièrement en mer pendant des années, et que l’on surnomme pour cette raison l’oreille du surfeur. À la Huaca de los Ídolos, la « Dame aux quatre tupus », exhumée en 2016, était une femme d’une quarantaine d’années ensevelie avec quatre épingles de vêtement en os, les tupus, ornées d’oiseaux et de singes, et avec des colliers de spondyle, un coquillage tenu pour sacré dans les Andes préhispaniques. Un homme d’élite a été trouvé tout près en 2019.
En avril 2025, à trois mètres de la Dame, l’équipe a présenté une femme de vingt à trente-cinq ans, mesurant 1,50 mètre, dont la peau, les cheveux et les ongles s’étaient conservés. Son corps était enveloppé de coton, de nattes de jonc et d’un panneau de plumes d’ara, que les fouilleurs comptent parmi les plus anciens exemples d’art plumaire des Andes. Elle emportait quatre corbeilles de jonc, une aiguille incisée, une coquille d’escargot amazonien, un bec de toucan incrusté de perles vertes et brunes, un textile de laine, un filet de pêche, des outils de tissage et une trentaine de patates douces.
Ces trouvailles portent un enjeu démographique. Palomino en tire argument, maisons, fours et outils de pêche à l’appui, pour soutenir qu’Áspero était habité en permanence, contre les archéologues qui doutaient que les centres monumentaux de la civilisation de Supe aient eu une population stable. La chronologie de ces tombes, elle, est loin d’être fixée. Les chercheurs annonçaient en 2025 des analyses à venir pour dater la défunte de la Huaca de los Ídolos, et l’article de 2023 situe les grains de maïs d’Áspero tantôt dans les premiers siècles de l’occupation, entre 3000 et 2700 avant notre ère, tantôt entre 2398 et 2038, sans résoudre l’écart. On ignore enfin quel lien politique unissait les élites de la Huaca de los Ídolos à Caral. Les fouilles de Creamer et de Haas dans la vallée voisine de la Fortaleza n’ont trouvé aucun indice que toutes les vallées obéissaient à un pouvoir centré sur Caral, et l’architecture partagée, seul argument disponible pour Áspero, atteste une tradition commune sans rien dire d’une éventuelle sujétion.
Michael Moseley est mort le 8 juillet 2024 à Moquegua, dans le sud du Pérou, sans que la question qu’il avait posée à partir de ces collines ait été tranchée, et la publication de 2013 de la Zona Arqueológica Caral, qui affirme à la page 9 la contemporanéité des édifices d’Áspero et de ceux de Caral, reconnaît à la page 10 qu’il reste à établir lequel des deux sites a commencé le premier à bâtir des monuments.
Pour aller plus loin
Caral, la grande ville de l’intérieur de la vallée du Supe, prolonge directement cette enquête, tout comme Huaca Prieta, autre site précéramique de la côte nord où l’on a décrit des restes de maïs antérieurs à la céramique. La figure de Julio C. Tello, qui faisait de Chavín la culture mère des Andes, permet de mesurer ce que les dates de Supe ont changé à la chronologie andine.
Comment des pêcheurs auraient-ils pu bâtir des pyramides ? La question se pose au Pérou, sur la côte du Pacifique, au nord de Lima. Vers 3000 avant notre ère, des familles y vivaient surtout de la mer. Elles ne savaient pas encore faire de poterie. Elles ont pourtant élevé des monuments de pierre, sur un site appelé aujourd’hui Áspero.
Des buttes prises pour des collines
En 1941, deux archéologues américains creusent à Áspero. Ils voient de grosses buttes de sable et de pierre. Ils pensent avoir affaire à des collines naturelles. À cette époque, personne n’imagine de grands monuments sans champs de maïs pour nourrir ceux qui les bâtissent.
L’un des deux revient plus tard avec un collègue et corrige l’erreur. Les buttes ont été construites de main d’homme, en plusieurs étapes, par des gens qui ignoraient la poterie. On y trouve des offrandes enterrées, des salles réservées à quelques personnes et des statuettes humaines en argile crue.
Ce collègue, Michael Moseley, en tire une idée hardie. Pour lui, la mer a nourri les premières sociétés organisées des Andes. Les anchois et les sardines, pêchés en grande quantité, donnaient plus à manger que les champs. Moseley ne dit pas que ces gens mangeaient seulement du poisson. Il pense que la pêche est venue d’abord, et l’agriculture irriguée ensuite.
Cette idée repose sur un calcul. Selon lui, la mer du Pérou peut fournir jusqu’à dix millions de tonnes d’anchois chaque année. Une petite part de cette pêche suffirait à nourrir beaucoup de monde. Des archéologues lui répondent vite. Ils doutent qu’une civilisation puisse naître de la mer seule.
La ville qui mangeait du poisson
Plus loin dans la vallée, une autre fouille change tout. L’archéologue péruvienne Ruth Shady y dégage une grande ville de pyramides. Cette ville s’appelle Caral. Elle se trouve à vingt-six kilomètres de la mer. Les habitants y mangeaient pourtant beaucoup d’anchois. Shady se demande d’où venait ce poisson, et ses lectures la ramènent vers Áspero.
Caral est bien plus vaste que le site de la côte. D’autres villes de l’intérieur le dépassent aussi. Áspero devient alors, aux yeux de Shady, le port de pêche de cette civilisation. Les pêcheurs y faisaient sécher leur poisson. Ils l’échangeaient contre des haricots et d’autres produits des champs de la vallée.
Une question sépare encore les deux chercheurs. Moseley pensait que la côte avait construit en premier, avant que les gens ne remontent vers l’intérieur. Shady répond que la côte a bien été habitée plus tôt. Mais selon elle, les monuments d’Áspero sont plus récents que ceux de Caral. Personne n’a encore réglé la dispute.
Les partisans de Moseley gardent un argument solide. Pour pêcher autant d’anchois, il faut des filets. Ces filets étaient faits de fibres végétales, souvent de coton. Le coton poussait dans les champs. La pêche dépendait donc aussi des champs.
Une décharge, puis des tombes
Pendant longtemps, les habitants des environs ont jeté leurs ordures sur le site. L’équipe de Shady fait ensuite enlever plus de huit mille tonnes de déchets. Les fouilles reprennent alors pour de bon. Elles livrent des escaliers, des salles de cérémonie, des maisons et des tombes.
Sous une des pyramides repose une femme enterrée simplement. Un os de son oreille porte une petite excroissance. Cette bosse apparaît chez les personnes qui plongent souvent en mer, pendant des années. Cette femme a donc sans doute passé des années à plonger.
Un autre édifice abrite des tombes plus riches. Une femme y avait été enterrée avec quatre épingles en os. Ces épingles portent des oiseaux et des singes sculptés. Tout près, une autre femme a été découverte récemment. Sa peau, ses cheveux et ses ongles s’étaient conservés.
Ces morts disent aussi ce que l’on mangeait. Leurs dents gardent des traces de patate douce et de courge. L’analyse chimique de leurs os va dans le même sens. Même dans ce port, les plantes formaient la base des repas, et le maïs comptait peu. Les spécialistes n’ont pas encore daté avec précision toutes ces tombes.
La femme découverte en 2025 emportait un filet de pêche. Près du filet, on avait déposé une trentaine de patates douces.
La version complète donne le calcul de Moseley jusqu’au million d’habitants, et cite la page où l’équipe de Caral reconnaît ne pas savoir qui a bâti le premier.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Huaca de los Ídolos (secteur B), plateforme à degrés avec salle cérémonielle à foyer central ; statuettes humaines d’argile crue recueillies par R. A. Feldman sous un sol de l’édifice Áspero, Supe Puerto (province de Barranca, Lima) ; lieu de conservation des statuettes
- Huaca de los Sacrificios (secteur L), sépultures d’enfants de huit et dix ans enveloppés de coton et de nattes de jonc, flotteurs de calebasse, métier à tisser avec coton brun Áspero, fouilles de la Zona Arqueológica Caral
- Huaca Alta (sous-secteur A1), fragment d’os de crâne de cachalot (Physeter macrocephalus) incisé de lignes ondulées ; sépulture d’une femme à exostose auditive présentée en mai 2022 Áspero, Zona Arqueológica Caral
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Sources primaires (suite)
- Sépulture de la « Dame aux quatre tupus » (2016), femme d’environ 40 ans, quatre tupus en os à décor d’oiseaux et de singes, colliers de spondyle Huaca de los Ídolos, Áspero
- Sépulture d’une femme d’élite présentée fin avril 2025, panneau de plumes d’ara, bec de toucan incrusté, filet de pêche, une trentaine de patates douces Huaca de los Ídolos, Áspero ; Zona Arqueológica Caral, Ministerio de Cultura del Perú
- Tartre dentaire de neuf individus d’Áspero et d’un individu de Caral (CAR 391, daté directement de 2398-2038 cal. avant notre ère) laboratoires de la Zona Arqueológica Caral, Lima
- Structure à deux niveaux en galets liés d’argile, secteur J1, présentée en avril 2026 Áspero, Zona Arqueológica Caral
Bibliographie
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- Ruth Shady, « Caral. La cité ensevelie », Archéologia 340, 1997, p. 58-65 Archéologia (référence relevée dans la bibliographie de la Zona Arqueológica Caral )
Sources en ligne
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- [« Civilización Caral : Descubren entierro de una Mujer de Élite y evidencias de las relaciones interculturales »]( Plateforme de l’État péruvien (gob.pe), Zona Arqueológica Caralhttps://www.gob.pe/institucion/caral/noticias/1155966-civilizacion-caral-descubren-entierro-de-una-mujer-de-elite-y-evidencias-de-las-relaciones-interculturales
- [« DÍA DEL PESCADOR : Milenaria actividad realizada por hombres y mujeres en la Civilización Caral »]( Plateforme de l’État péruvien (gob.pe), Zona Arqueológica Caralhttps://www.gob.pe/institucion/caral/noticias/627623-dia-del-pescador-milenaria-actividad-realizada-por-hombres-y-mujeres-en-la-civilizacion-caral
- [« Descubren restos de pescadora en Áspero, sitio arqueológico de la civilización Caral »]( Agencia Andinahttps://andina.pe/agencia/noticia-descubren-restos-pescadora-aspero-sitio-arqueologico-de-civilizacion-caral-891606.aspx
- [« Día de la Mujer : conoce y aprecia a ilustres lideresas del Perú prehispánico »]( Agencia Andinahttps://andina.pe/agencia/noticia-dia-de-mujer-conoce-y-aprecia-a-ilustres-lideresas-del-peru-prehispanico-931747.aspx
- [« Peru : Aspero discovery reveals millennia-old structure linked to astronomical observation »]( Agencia Andinahttps://andina.pe/ingles/noticia-peru-aspero-discovery-reveals-millenniaold-structure-linked-to-astronomical-observation-1072017.aspx
- [« ¡Vamos a Áspero ! Este domingo ingresa gratis a la ciudad pesquera de Caral »]( El Comerciohttps://elcomercio.pe/blog/checklistviajero/2019/05/disfruta-en-familia-de-aspero-y-caral
- [« Así es la tumba de una mujer que vivió en la civilización más antigua de América »]( Bloomberg Líneahttps://www.bloomberglinea.com/latinoamerica/peru/asi-es-la-tumba-de-una-mujer-que-vivio-en-la-civilizacion-mas-antigua-de-america/
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