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Rousseau contre Voltaire : Lisbonne, la Providence et la haine

Les LumièresGrandes querelles & controverses28 octobre 2026◈ 42 sources vérifiées
Jacques Philippe Le bas / Wikimedia Commons
13 min de lecture42 sources vérifiées
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« La nature n’avait point rassemblé là vingt mille maisons de six à sept étages. » L’objection vise un poème, qui répondait lui-même à un tremblement de terre. Rousseau l’écrit le 18 août 1756, dans une lettre datée de l’Ermitage et adressée à Voltaire, qui occupe les pages 91 à 112 du douzième volume de la Collection complète des œuvres publiée à Genève entre 1780 et 1789. Il ajoute qu’on a vu périr dans le désastre des malheureux revenus chercher l’un ses habits, l’autre ses papiers, un troisième son argent. On cite la lettre en orthographe modernisée, alors que l’édition de 1782 écrit « habitans » et « légérement », parce qu’aucun argument n’y dépend de la graphie.

Les Délices, 30 août 1755

Un an plus tôt, les deux hommes s’écrivaient encore avec politesse, et déjà sans s’entendre. Rousseau venait de publier son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, environ un an avant la lettre sur Lisbonne selon Victor Gourevitch, et Voltaire l’en remercie le 30 août 1755 (Œuvres complètes, éd. Garnier, t. XXXVIII, lettre 3000, p. 446-450). Il a reçu, écrit-il, « votre nouveau livre contre le genre humain ». À le lire, « il prend envie de marcher à quatre pattes », mais Voltaire en a perdu l’habitude depuis plus de soixante ans, et il ne peut pas davantage s’embarquer « pour aller trouver les sauvages du Canada ». Il invite plutôt Rousseau à venir le voir pour « boire avec moi du lait de nos vaches, et brouter nos herbes ».

Sous la plaisanterie, il y a un argument. Voltaire lit le Discours comme un procès fait à la civilisation, aux lettres et aux arts, et il répond que les pires crimes ont une autre source. « Les grands crimes n’ont guère été commis que par de célèbres ignorants », écrit-il, et il demande à Rousseau d’avouer « que le badinage de Marot n’a pas produit la Saint-Barthélemy ». Si les massacres sortent du fanatisme et de l’ignorance, accuser la culture revient à se tromper de coupable, et l’homme de lettres qui écrit depuis sa maison de campagne n’a aucune raison de se tenir pour complice des bourreaux.

L’édition Garnier arrête la formule de politesse sur un « etc. », après « très-philosophiquement et avec la plus tendre estime ».

« Philosophes trompés »

Le 1er novembre 1755, un tremblement de terre détruit Lisbonne. Voltaire en tire un poème de 234 alexandrins à rimes plates, publié en 1756 avec un autre poème sur la loi naturelle, et c’est à « vos deux derniers poèmes » que Rousseau dit répondre. Le titre complet annonce la cible, Poème sur le désastre de Lisbonne, ou examen de cet axiome : « Tout est bien ». L’axiome est celui qu’on prête alors à Leibniz et au poète anglais Alexander Pope, et la lettre de Rousseau résume le grief de Voltaire contre eux, celui d’« insulter à nos maux ».

Le poème procède par élimination. Aux « philosophes trompés » qui répètent que tout est bien, il oppose les morts, puis il examine une à une les explications qu’on pourrait en donner. Dira-t-on que « Dieu s’est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes » ? « Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants », demande Voltaire, et « Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices » que les villes épargnées, quand « Lisbonne est abîmée, et l’on danse à Paris » ? Dira-t-on que tout est nécessaire, effet de lois éternelles qui lieraient jusqu’au Dieu bon ? Dira-t-on enfin que les maux des parties servent le bien de l’ensemble ? Le poème a prévu cette dernière réponse et la tourne en dérision, « Et vous composerez dans ce chaos fatal / Des malheurs de chaque être un bonheur général ! ».

L’argument se refait en trois phrases. Si tout est bien, la mort des enfants de Lisbonne doit être juste, nécessaire, ou utile au tout. Elle n’est pas juste, puisqu’ils n’avaient rien commis, et la déclarer nécessaire ou utile au tout revient à demander aux victimes de se consoler d’un bien dont elles ne verront rien. L’axiome est donc une illusion, et le poème ne garde qu’une espérance, « Un jour tout sera bien, voilà notre espérance ; / Tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion ».

Voltaire ne rejette pas pour autant tout optimisme. Marc Parmentier, qui lit Candide comme un dispositif où les thèses de Leibniz sont mises à l’épreuve, soutient en 2020 que Voltaire ne condamne pas l’optimisme en bloc, et il lit un autre vers du poème, « Tout est bien, dites-vous, et tout est nécessaire », comme une attaque contre ceux qui changent l’optimisme en déterminisme.

Vingt mille maisons de six à sept étages

La lettre de Rousseau commence par un aveu de lecteur. Le poème de Pope, écrit-il, « adoucit mes maux et me porte à la patience », celui de Voltaire « me réduit au désespoir » (p. 93). La querelle porte donc d’abord sur ce qu’une philosophie fait à celui qui souffre, et Rousseau construit sa réponse en quatre temps, qu’il faut suivre dans l’ordre parce que chacun prend appui sur le précédent. Le premier ramène le désastre à ses causes humaines. « La plupart de nos maux physiques sont encore notre ouvrage » (p. 94), et Lisbonne en fournit la preuve, puisque la nature n’y avait pas entassé vingt mille maisons de six à sept étages, et que si les habitants de cette grande ville avaient été dispersés plus également et logés plus légèrement, « le dégât eût été beaucoup moindre et peut-être nul » (p. 95). Le deuxième temps porte sur la vie elle-même. Voltaire pense, avec Érasme, que peu de gens voudraient renaître aux mêmes conditions ; Rousseau propose de consulter plutôt un honnête bourgeois qui a passé une vie obscure et tranquille, un bon artisan qui vit commodément de son métier, un paysan même (p. 97), et il conclut que s’il n’est pas toujours un mal de mourir, c’en est fort rarement un de vivre (p. 98). Le troisième temps corrige l’axiome. Rousseau demande qu’on distingue avec soin le mal particulier, « dont aucun philosophe n’a jamais nié l’existence », du mal général que nie l’optimisme, et au lieu de « tout est bien » il vaudrait peut-être mieux dire « le tout est bien, ou, tout est bien pour le tout » (p. 104). Le quatrième temps en tire la conséquence pour la Providence. Les événements particuliers, avance Rousseau, ne sont rien aux yeux du maître de l’univers, dont la providence est « seulement universelle » (p. 106).

Rousseau prête à Voltaire le souhait que le tremblement se fût produit au fond d’un désert plutôt qu’à Lisbonne (p. 95), et il retourne ce souhait pour en tirer sa thèse. L’épreuve se refait sans peine. Qu’on garde le même choc, à la même heure, sous le même sol, qu’on remplace seulement la ville, ses étages, ses rues serrées, ses armoires qu’on retourne vider, par des maisons basses et dispersées, puis qu’on compte les morts dans chaque cas. Si le nombre change, une part du mal qu’on impute à la nature dépend de la façon dont les hommes ont choisi de vivre. Le séisme sans victimes de la question posée en tête de l’article reste un mouvement du sol, et la lettre conduit à se demander si l’on a encore le droit de l’appeler un mal.

Ramenée à trois phrases, la réponse de Rousseau donne ceci. Une grande partie de ce que nous appelons maux naturels vient de nos propres arrangements, villes trop hautes, attachement aux biens, et la vie, demandée à ceux qui la mènent sans éclat, se révèle rarement un mal. Les maux particuliers qui restent n’ont jamais été niés par les optimistes, qui soutiennent seulement que l’ensemble est bon, et une providence universelle ne s’occupe pas de chaque événement. Voltaire a donc confondu la thèse sur le tout avec une thèse sur chacune des parties, et c’est cette confusion qui fait d’un poème sur Lisbonne un poème du désespoir.

Une providence qui tient les particuliers pour rien

L’objection était écrite avant la lettre. Le couplet sur le « bonheur général » vise exactement la formule que Rousseau propose, et Voltaire y répondait d’avance que composer un bonheur d’ensemble avec les malheurs de chaque être ne rend rien à aucun d’eux. Rousseau l’accorde à moitié. Le mal particulier existe, il vient de le reconnaître, et la question se trouve déplacée, « Il n’est pas question de savoir si chacun de nous souffre ou non, mais s’il était bon que l’univers fût » (p. 104). Une mère qui a perdu son enfant sous les décombres n’est pas l’univers, et l’on peut se demander ce qu’il lui reste à entendre dans une providence qui tient les événements particuliers pour rien. La lettre garde une dernière réponse, qui quitte le terrain des causes pour celui de l’espérance. « J’ai trop souffert en cette vie pour n’en pas attendre une autre », écrit Rousseau (p. 112), et toutes les subtilités de la métaphysique ne le feront pas douter un moment de l’immortalité de l’âme. Il retourne enfin la situation des deux correspondants, Voltaire rassasié de gloire, qui vit libre au sein de l’abondance et ne trouve que mal sur la terre, lui-même homme obscur, pauvre et tourmenté d’un mal sans remède, qui médite avec plaisir dans sa retraite.

Susan Neiman, dans un chapitre de 1997 publié en hommage à John Rawls, juge Rousseau conventionnel, voire réactionnaire, là où il traite le problème traditionnel du mal, et novateur là où il semble traiter d’autres questions. Dans Evil in Modern Thought (2002), elle fait de lui, selon le compte rendu de Mark Lilla, la source d’une conception nouvelle du mal naturel, rapportée à l’histoire et aux choix des hommes, et Lilla résume la position qu’elle lui prête d’une formule, s’occuper des maux dont nous sommes responsables et laisser Dieu se charger du reste. Les deux moitiés de la lettre se partagent ainsi le jugement. La première, celle des maisons, est la plus neuve. La seconde, celle de la providence universelle et de l’autre vie, est celle que le couplet de Voltaire atteignait d’avance.

Kant a lu autrement. Dans une note qu’il n’a pas publiée, et que l’édition de l’Académie donne au tome XX (p. 58-59), il écrit qu’après Newton et Rousseau Dieu est justifié, et que la thèse de Pope est désormais vraie (traduction de la rédaction d’après la version anglaise que cite Victor Gourevitch en 2000). José Oscar de Almeida Marques estime en 2005 que le désaccord est moins radical qu’il n’y paraît, les deux auteurs se souciant davantage des conséquences pratiques de leurs vues que des vieilles querelles de métaphysique.

Voltaire n’a pas discuté. Sa réponse, datée des Délices le 12 septembre 1756, commence par « Mon cher philosophe » et renvoie la controverse à plus tard, une nièce malade réclamant ses soins (p. 113). Rousseau affirme dans le livre IX des Confessions que la réponse promise est arrivée sous une autre forme, celle du « roman de Candide, dont je ne puis parler, parce que je ne l’ai pas lu » (Collection complète, t. XVI, p. 225). L’identification repose, dans les textes consultés ici, sur le seul témoignage de Rousseau.

Formey imprime à Berlin

La lettre de 1756 n’était pas destinée à l’impression. Rousseau l’avait montrée, sous condition, à trois personnes, Mme de Chenonceaux, Mme d’Houdetot et Grimm, et la première avait voulu la faire imprimer, ce que Voltaire avait refusé. L’abbé Trublet apprend ensuite à Rousseau qu’elle a paru dans une feuille du périodique de Formey, à Berlin, avec une note datée du 23 octobre 1759, où l’éditeur dit l’avoir trouvée quelques semaines plus tôt chez les libraires de la ville. Rousseau en conclut que la copie ne peut venir que de Voltaire ou de l’un des trois lecteurs, et rien ne permet aujourd’hui de dire qui l’a transmise.

Entre-temps, Rousseau avait pris position publiquement contre l’Encyclopédie sur une question genevoise. Sa Lettre à M. d’Alembert sur les spectacles (Amsterdam, 1758) combat le projet d’un théâtre de comédie à Genève, proposé à l’article « Genève » du tome VII de l’Encyclopédie, et soutient qu’on croit s’assembler au spectacle alors que « c’est là que chacun s’isole » (Collection complète, t. VI, p. 441).

La lettre du 17 juin 1760, datée de Montmorency (éd. Garnier, t. XL, lettre 4153), s’ouvre sur cette impression berlinoise, puis change de ton. « Vous avez perdu Genève pour le prix de l’asile que vous y avez reçu », écrit Rousseau, « vous avez aliéné de moi mes concitoyens », et c’est Voltaire, dit-il, qui le fera « mourir en terre étrangère ». Rousseau en arrive alors à la déclaration. « Je vous hais enfin, puisque vous l’avez voulu », mais en homme « encore plus digne de vous aimer si vous l’aviez voulu ». La lettre ne nomme pas le théâtre. Henri Gouhier, qui a consacré en 1983 un livre entier à la façon dont chacun des deux hommes a vu l’autre, a pris le parti de ne pas les comparer, et son sous-titre parle de deux miroirs. Selon une note de l’édition Garnier, Voltaire n’a jamais répondu à cette lettre.

Cinq ans plus tard, une autre attaque circule sans signature. Au début de 1765, la Correspondance littéraire de Grimm signale qu’une feuille anonyme intitulée Sentiment des citoyens a paru à Genève, et Stéphanie Gehanne Gavoty en a étudié en 2023 le compte rendu. Le libelle accuse Rousseau d’avoir fait exposer à la porte de l’hôpital les enfants qu’il avait eus de sa gouvernante. On garde ici le mot de libelle, de préférence à celui de pamphlet, parce que c’est celui de Grimm et que les autres récits de l’affaire l’emploient aussi. Grimm rapporte qu’on l’attribue au pasteur Vernes, attribution que Gehanne Gavoty tient pour douteuse, et la bibliographie de son article donne la feuille à Voltaire. Rousseau fit réimprimer la feuille à Paris avec des notes qui se bornaient à démentir, et Grimm lui objecta que « nier n’est pas répondre ».

Le libelle visait l’homme, et par lui un livre. Au livre I de l’Émile, paru en 1762, Rousseau avait écrit que « celui qui ne peut remplir les devoirs de père n’a point le droit de le devenir », qu’aucune pauvreté, aucun travail, aucun respect humain ne dispensent un père de nourrir ses enfants et de les élever lui-même, et il prédisait à quiconque néglige ces devoirs qu’il versera longtemps sur sa faute « des larmes amères » (Collection complète, t. IV, p. 27). Christopher Bertram rappelle dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy que l’abandon de ses enfants fut ensuite retourné contre Rousseau par Voltaire. Chacun peut se poser la question que le libelle laisse ouverte. La page de l’Émile perd-elle de sa force quand on sait que son auteur a fait ce qu’elle condamne, ou bien la gagne-t-elle, venant de quelqu’un qui parle de larmes qu’il a peut-être versées ?

Le catéchisme du citoyen

Les dernières pages de la lettre de 1756 contenaient une demande que la querelle a fait oublier. Rousseau y souhaitait que chaque État ait une espèce de profession de foi civile, qui contienne positivement les maximes sociales que chacun serait tenu d’admettre et rejette négativement les maximes intolérantes comme séditieuses, et il priait Voltaire d’en être l’auteur, « donnez-nous maintenant dans celui que je vous propose le catéchisme du citoyen » (p. 111). Aucun des textes consultés ici ne montre que Voltaire s’y soit essayé. Rousseau l’a écrit lui-même six ans plus tard, au chapitre 8 du livre IV Du contrat social, sous le titre « De la religion civile ». Selon la notice de Christopher Bertram, ce catéchisme affirme l’existence d’un être suprême et d’une vie à venir, le bonheur des justes et le châtiment des méchants, la sainteté du contrat social et des lois ; il permet de bannir ceux qui ne peuvent en accepter les dogmes, et il prévoit la peine de mort pour celui qui, les ayant reconnus publiquement, se conduit ensuite comme s’il ne les croyait pas.

Pour aller plus loin

La volonté générale, que le Contrat social donne pour règle à la cité où s’inscrit cette religion civile, éclaire le dernier chapitre de la querelle. Le mal selon Augustin, privation du bien dans un monde où tout ce qui est est bon, affronte la même difficulté treize siècles plus tôt, et l’épicurisme fournit le dilemme que José Oscar de Almeida Marques place au point de départ du débat sur Lisbonne.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Jean-Jacques Rousseau, « Lettre à M. de Voltaire », datée de l’Ermitage, le 18 août 1756, dans *Collection complète des œuvres de J. J. Rousseau*, Genève, 1780-1789, t. XII, p. 91-112 ; p. 92 (le reproche fait à Pope et à Leibniz d’« insulter à nos maux »), p. 93 (Pope qui adoucit, Voltaire qui réduit au désespoir), p. 94 (« la plupart de nos maux physiques sont encore notre ouvrage »), p. 95 (les vingt mille maisons, la dispersion des habitants, le dégât « beaucoup moindre et peut-être nul », le séisme au fond d’un désert, les victimes revenues chercher leurs biens), p. 97-98 (Érasme, le bourgeois, l’artisan, le paysan ; mourir et vivre), p. 104 (mal particulier et mal général, « le tout est bien, ou, tout est bien pour le tout », « s’il était bon que l’univers fût »), p. 106 (providence « seulement universelle »), p. 111 (profession de foi civile, « catéchisme du citoyen »), p. 112 (« J’ai trop souffert en cette vie pour n’en pas attendre une autre », immortalité de l’âme, Voltaire rassasié de gloire et Rousseau homme obscur) ; transcription de rousseauonline.ch, orthographe modernisée dans les citations Rousseau Online
  2. Voltaire, « Réponse de M. de Voltaire », datée des Délices, le 12 septembre 1756, dans *Collection complète des œuvres de J. J. Rousseau*, t. XII, p. 113 (« Mon cher philosophe », la nièce malade, la discussion ajournée) Rousseau Online
  3. Voltaire, *Poème sur le désastre de Lisbonne, ou examen de cet axiome « Tout est bien »*, 1756, publié avec le *Poème sur la loi naturelle* (vers « Ô malheureux mortels », « Philosophes trompés », « Dieu s’est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes ? », « Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants », « Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices », « Lisbonne est abîmée, et l’on danse à Paris », « Tout est bien, dites-vous, et tout est nécessaire », le couplet du « bonheur général », les deux derniers vers sur l’espérance et l’illusion), texte de l’édition Garnier consulté sur Wikisource ; édition critique dans *Œuvres complètes de Voltaire*, t. 45A, p. 337 pour le vers sur la nécessité, d’après Marc Parmentier Voltaire Foundation
Voir les 39 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Voltaire, lettre à Jean-Jacques Rousseau, 30 août 1755 (« votre nouveau livre contre le genre humain », « il prend envie de marcher à quatre pattes », plus de soixante ans, « les sauvages du Canada », « Les grands crimes n’ont guère été commis que par de célèbres ignorants », Marot et la Saint-Barthélemy, le lait des vaches, la formule finale en « etc. »), dans *Œuvres complètes de Voltaire*, éd. Garnier, t. XXXVIII, lettre 3000, p. 446-450 ; date et lieu, Les Délices, d’après la traduction anglaise de la Voltaire Society of America Garnier frères
  2. Jean-Jacques Rousseau, lettre à Voltaire, Montmorency, 17 juin 1760 (impression de la lettre de 1756 à Berlin, la note de Formey du 23 octobre 1759, les trois lecteurs, « Vous avez perdu Genève pour le prix de l’asile que vous y avez reçu », « vous avez aliéné de moi mes concitoyens », « mourir en terre étrangère », « Je vous hais enfin, puisque vous l’avez voulu », « encore plus digne de vous aimer si vous l’aviez voulu », note de l’éditeur sur l’absence de réponse), dans *Œuvres complètes de Voltaire*, éd. Garnier, t. XL, lettre 4153, p. 422-423 Garnier frères
  3. Jean-Jacques Rousseau, *Les Confessions*, livre IX, dans *Collection complète des œuvres de J. J. Rousseau*, t. XVI, p. 224-226 (la lettre « imprimée long-temps après sans mon aveu », Candide comme réponse promise et non lue) Rousseau Online
  4. Jean-Jacques Rousseau, *Lettre à M. d’Alembert sur les spectacles*, Amsterdam, 1758, dans *Collection complète des œuvres de J. J. Rousseau*, t. VI, p. 419 (l’article « Genève » du tome VII de l’*Encyclopédie*, le projet de théâtre) et p. 441 (« c’est là que chacun s’isole ») Marc Michel Rey ; Rousseau Online
  5. Jean-Jacques Rousseau, *Émile ou de l’éducation*, livre I, 1762, dans *Collection complète des œuvres de J. J. Rousseau*, t. IV, p. 27 (« Celui qui ne peut remplir les devoirs de père n’a point le droit de le devenir », la pauvreté, les travaux et le respect humain, les « larmes amères ») Rousseau Online
  6. Voltaire (attribué à), *Sentiment des citoyens*, Genève, 1764-1765, feuille anonyme (accusation d’avoir fait exposer ses enfants à la porte de l’hôpital), non consultée directement, citée d’après Stéphanie Gehanne Gavoty
  7. Jean-Jacques Rousseau, *Du contrat social ou Principes du droit politique*, Amsterdam, 1762, livre IV, chap. 8, « De la religion civile » (dogmes positifs, bannissement, peine de mort), non collationné pour cet article, cité d’après Christopher Bertram Marc-Michel Rey
  8. Jean-Jacques Rousseau, *Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes*, 1755, non consulté pour cet article (date relative d’après Victor Gourevitch, lecture de Voltaire d’après sa lettre du 30 août 1755)
  9. Voltaire, *Candide ou l’optimisme*, 1759, cité pour sa date et pour la lecture de Marc Parmentier ; récit de Lisbonne aux chapitres V et suivants d’après Robert Horville
  10. Emmanuel Kant, note manuscrite non publiée de son vivant, *Kants gesammelte Schriften*, Akademie-Ausgabe, t. XX, p. 58-59 (« après Newton et Rousseau, Dieu est justifié »), citée d’après Victor Gourevitch et Joãosinho Beckenkamp ; traduction de la rédaction

Bibliographie

  1. Henri Gouhier, *Rousseau et Voltaire. Portraits dans deux miroirs*, Paris, 1983, 480 p., « Bibliothèque d’histoire de la philosophie », ISBN 978-2-7116-0810-2 (étude de la manière dont chacun des deux auteurs a vu l’autre) Vrin
  2. Susan Neiman, « Metaphysics, Philosophy : Rousseau on the Problem of Evil », dans Andrews Reath, Barbara Herman et Christine M. Korsgaard (dir.), *Reclaiming the History of Ethics. Essays for John Rawls*, Cambridge, 1997, p. 140-169, DOI 10,1017/CBO9780511527258 006 (Rousseau conventionnel sur le problème traditionnel, novateur ailleurs ; la note de Kant) Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/CBO9780511527258
  3. Susan Neiman, *Evil in Modern Thought. An Alternative History of Philosophy*, Princeton, 2002, 358 p., d’après le compte rendu de Mark Lilla Princeton University Press
  4. Mark Lilla, « The Big E », compte rendu de Susan Neiman, *Evil in Modern Thought*, *The New York Review of Books*, 12 juin 2003 (Rousseau source d’une nouvelle conception du mal naturel, la formule sur les maux dont nous sommes responsables) The New York Review of Books
  5. Victor Gourevitch, « Rousseau on Providence », *The Review of Metaphysics* 53 (3), mars 2000 (la note de Kant, la lettre écrite environ un an après le second *Discours*) Philosophy Education Society
  6. José Oscar de Almeida Marques, « The Paths of Providence : Voltaire and Rousseau on the Lisbon Earthquake », *Cadernos de História e Filosofia da Ciência*, série 3, 15 (1), janvier-juin 2005 (le dilemme épicurien, le désaccord moins radical qu’il n’y paraît, les conséquences pratiques) CLE-Unicamp
  7. Marc Parmentier, « Voltaire et la théodicée leibnizienne », *Revue de théologie et de philosophie* 150, 2020, p. 141-157 (*Candide* comme dispositif leibnizien, l’optimisme changé en déterminisme, *Œuvres complètes de Voltaire*, t. 45A, p. 337) Droz
  8. Robert Horville, « Quelques variations stylistiques sur un même événement », *Atlante. Revue d’études romanes*, automne 2014, p. 167-182 (titre complet du poème, 234 alexandrins à rimes plates, chapitres de *Candide* sur Lisbonne) Université de Lille
  9. Stéphanie Gehanne Gavoty, « En quête d’une définition : les libelles dans la *Correspondance littéraire* de Grimm (1765) », *Pratiques et formes littéraires* 20, 2023, DOI 10,35562/pfl.597 (le *Sentiment des citoyens*, l’attribution à Vernes, la réimpression parisienne, « nier n’est pas répondre ») Prairial, Cahiers du GADGEShttps://doi.org/10.35562/pfl.597
  10. Christopher Bertram, « Jean Jacques Rousseau », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 27 septembre 2010, révision substantielle du 21 avril 2023, section 3,5 (la religion civile) et biographie (l’abandon des enfants retourné contre Rousseau par Voltaire) Stanford University
  11. Joãosinho Beckenkamp, « Algo sobre a influência de Rousseau na formação da filosofia moral kantiana », n° XXI, vol. I, juillet 2018 (référence de la note de Kant, AA XX, 58-59) Universidade Federal de Minas Gerais

Sources en ligne

  1. « rousseauonline 0083 » (Lettre à M. de Voltaire et réponse de Voltaire) Rousseau Onlinehttps://www.rousseauonline.ch/pdf/rousseauonline-0083.pdf
  2. « LES CONFESSIONS DE J. J. ROUSSEAU, LIVRE NEUVIÈME » Rousseau Onlinehttps://www.rousseauonline.ch/Text/les-confessions-de-jj-rousseau-livre-neuvieme.php
  3. « LETTRE À M. D’ALEMBERT » Rousseau Onlinehttps://www.rousseauonline.ch/Text/lettre-a-m-d-alembert.php
  4. « rousseauonline 0017 » (Émile, tome premier) Rousseau Onlinehttps://www.rousseauonline.ch/pdf/rousseauonline-0017.pdf
  5. « Poème sur le désastre de Lisbonne » Wikisourcehttps://fr.wikisource.org/wiki/Po%C3%A8me_sur_le_d%C3%A9sastre_de_Lisbonne
  6. « Correspondance de Voltaire/1755/Lettre 3000 » Wikisourcehttps://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1755/Lettre_3000
  7. « Correspondance de Voltaire/1760/Lettre 4153 » Wikisourcehttps://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1760/Lettre_4153
  8. « On the Advantages of Civilisation and Literature, To J. J. Rousseau » Voltaire Society of America, Whitman Collegehttps://www.whitman.edu/VSA/letters/8.30.1755.html
  9. « Jean Jacques Rousseau (Stanford Encyclopedia of Philosophy) » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/rousseau/
  10. « Metaphysics, philosophy : Rousseau on the problem of evil » Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/books/abs/reclaiming-the-history-of-ethics/metaphysics-philosophy-rousseau-on-the-problem-of-evil/B19CD2D014D67BBDED2CB7CA457B8C54
  11. « the big e » (Mark Lilla) The New York Review of Bookshttps://www.nybooks.com/articles/2003/06/12/the-big-e/
  12. « Rousseau on Providence » (Victor Gourevitch) The Great Thinkers, Foundation for Constitutional Governmenthttps://thegreatthinkers.org/rousseau/commentary/essay-rousseau-on-providence-by-victor-gourevitch/
  13. « The Paths of Providence : Voltaire and Rousseau on the Lisbon Earthquake » Universidade Estadual de Campinashttps://unicamp.br/~jmarques/pesq/paths_of_providence.htm
  14. « droz.org » (Marc Parmentier, « Voltaire et la théodicée leibnizienne ») Revue de théologie et de philosophie, Drozhttps://revues.droz.org/RThPh/article/download/RThPh_150.2_141-157/pdf
  15. « ATLANTE 1 6 » (Robert Horville) Atlante, Université de Lillehttps://atlante.univ-lille.fr/data/images/_articles/ATLANTE_1_6.pdf
  16. « En quête d’une définition : les libelles dans la Correspondance littéraire de Grimm (1765) » Pratiques et formes littéraireshttps://publications-prairial.fr/pratiques-et-formes-litteraires/index.php?id=597
  17. « Rousseau et Voltaire - Portraits dans deux miroirs » Librairie philosophique J. Vrinhttps://www.vrin.fr/livre/9782711608102/rousseau-et-voltaire
  18. « beckenkampAlgoSobre » (Joãosinho Beckenkamp) Repositório Institucional da UFMGhttps://repositorio.ufmg.br/bitstream/1843/41881/2/beckenkampAlgoSobre.pdf
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