Les piliers de la salle AB de Karahan Tepe sont dix ou onze. Tout dépend de la source. Sur la notice du projet turc, dont le texte est signé du fouilleur, on en compte dix, laissés dans la roche pendant le creusement de la chambre. Les dépêches de l’automne 2021, qui suivent l’article publié la même année par le même homme, en comptent onze. L’écart porte sur une salle de sept mètres sur six creusée dans le calcaire, au fond d’un site dont une fraction seulement a été dégagée depuis 2019.
Sept mètres sur six, taillés dans le calcaire
Le site domine le parc national des monts Tek Tek, à cinquante-cinq kilomètres du centre de Şanlıurfa, sur un plateau calcaire qui culmine à 761 mètres au nord et retombe sous 500 mètres au sud. Prospections de surface et mesures géomagnétiques y distinguent quatre ensembles, des terrasses où les sommets des piliers en T affleurent encore, une plaine méridionale où se concentrent meules et objets d’habitat, et les carrières du cône occidental. La fouille travaille sur la pente ouest depuis 2019 et y a reconnu trois phases d’occupation. Au bas de cette pente, un ensemble de bâtiments communautaires circulaires s’organise autour de la structure AD, vingt-trois mètres de diamètre intérieur, dont un côté a été obtenu en entaillant la roche mère sur quatre mètres cinquante, le reste étant enclos de murs montés en trois états successifs, l’un dans l’autre. Le sol est la roche aplanie. Seize piliers scandent la paroi, des banquettes à deux marches s’insèrent entre eux, deux autres piliers se font face au centre, et des fosses profondes ont été creusées à deux endroits du fond. La structure AB s’y accroche, sept mètres sur six, trois mètres cinquante de profondeur, reliée à AD par un escalier et pourvue d’un second escalier à l’autre extrémité, ce qui suppose un sens de circulation. Sur le long côté, une tête humaine a été dégagée dans la paroi elle-même, et elle fait face aux piliers épargnés par le creusement. Un chenal serpentiforme entaillé en surface descend obliquement dans la salle, et une ouverture ménagée à la jonction des deux bâtiments permet de verser un liquide dans la fosse d’AD.
Necmi Karul y lit un bâtiment de passage à l’âge adulte.
L’argument tient à la position de la salle dans le complexe, à sa forme et aux comparaisons ethnographiques sur les rites d’incorporation. Aucun objet trouvé en place ne dit ce qu’on y faisait. Autour du complexe, à l’est et au sud, des bâtiments plus petits, de dimensions irrégulières, s’ajoutent les uns aux autres en suivant la pente, et le mobilier y est domestique, auges de pierre, meules, mortiers, molettes. Plus haut, des bâtiments communautaires quadrangulaires forment des terrasses adossées, murs conservés sur quatre mètres, piliers en T symétriques dont certains portent des reliefs de bras et de mains.
Le calendrier lunisolaire n’a jamais convaincu les fouilleurs
En juillet 2024, la revue Time and Mind publie un article de Martin B. Sweatman, ingénieur à l’université d’Édimbourg, qui lit les symboles en V du pilier 43 de Göbekli Tepe comme un calendrier lunisolaire, douze mois lunaires et onze jours épagomènes, ces jours ajoutés pour rattraper l’écart avec l’année solaire. Les enceintes à onze piliers de Göbekli Tepe et une structure à onze piliers de Karahan Tepe entrent dans le même système, rattaché à un impact cométaire au début du Dryas récent.
La thèse de fond mérite d’être rappelée dans sa forme forte. Jacques Cauvin, directeur de recherche au CNRS, soutenait en 1994 dans Naissance des divinités, naissance de l’agriculture qu’une révolution des symboles avait précédé l’agriculture et non suivi. L’équipe de Göbekli Tepe a défendu une version voisine, où l’effort de construction aurait poussé des chasseurs-cueilleurs vers la domestication. Klaus Schmidt, qui ouvre le chantier en 1995, intitule son livre de 2006 « Ils ont bâti les premiers temples ».
L’objection des fouilleurs porte sur les prémisses matérielles. Dans leur réponse de 2017 à un premier article de Sweatman et Dimitrios Tsikritsis, Jens Notroff, Lee Clare et six co-auteurs rappellent qu’aucune enceinte de Göbekli Tepe n’est fouillée en totalité, que beaucoup de piliers en T ne sont plus dans leur position d’origine, que les bâtiments ont été profondément modifiés, et que la date proposée pour le pilier 43 devance de plusieurs siècles les mesures radiocarbone disponibles.
Le décompte de la salle AB relève du même problème. Des deux versions publiées, celle de la notice du projet paraît la plus sûre, puisqu’elle décrit un état matériel, dix piliers laissés dans la roche pendant le creusement, au lieu d’annoncer un total. Or la lecture calendaire a besoin d’un onze exact.
Comblement volontaire ou glissement de pente
Karul publie en 2021 les bâtiments enfouis de Karahan Tepe. Son constat est net, tous ceux qui ont été dégagés jusque-là sont des bâtiments spéciaux, et tous ont été comblés délibérément. Il rappelle que la question du comblement divise les préhistoriens depuis les années 1960, sur des maisons comme sur des bâtiments à fonction particulière. Les structures AB et AC portent en surface un lit de pierres qui marque l’état final du remplissage. Pour 2026, l’équipe annonce l’ouverture par le haut d’une chambre scellée sous des dalles plates.
À une quarantaine de kilomètres de là, l’équipe allemande a fait le chemin inverse. Dans son bilan des campagnes 2015-2019, Lee Clare écrit que le remplissage des bâtiments spéciaux du secteur sud-est de Göbekli Tepe s’explique mieux par des dépôts glissés depuis les hauteurs voisines du tell. L’hypothèse d’un enfouissement rituel de clôture est abandonnée. Elle rendait mal compte du mélange de mobilier précéramique A et B qu’on y trouve, mélange qui explique aussi l’hétérogénéité des anciennes datations.
Les deux lectures ne s’annulent pas. Combler une salle creusée sous le niveau du sol et voir une enceinte de crête se remplir par ruissellement sont deux opérations différentes. L’argument de Karul est positif, il montre un lit de pierres posé au sommet du remplissage. Ce que l’un affirme de son site ne vaut pas mécaniquement pour l’autre.
La discussion déborde d’ailleurs le comblement. En 2011, dans Current Anthropology, Edward Banning contestait qu’on puisse reconnaître des temples au néolithique précéramique et voyait dans les bâtiments à piliers de Göbekli Tepe des maisons, richement décorées et habitées. La proposition n’a pas emporté l’adhésion, mais elle a déplacé la charge de la preuve, et Karul la cite en 2021. Lui-même préfère parler de bâtiments communautaires, en expliquant que des temples auraient eu un rôle plus étroit.
Sans radiocarbone, la chronologie repose sur des silex
Göbekli Tepe est daté d’environ 9 500 à 8 000 avant notre ère. Les mesures AMS faites sur les résidus organiques du mortier de terre des bâtiments A, B, C et D se sont révélées bien plus homogènes que celles prélevées dans le remplissage. Elles montrent des structures à vie longue, dont certaines phases finales de construction se placent au milieu du IXᵉ millénaire, cinq siècles après leur fondation. Bâtiments ronds-ovales et bâtiments rectangulaires se recouvrent donc, et la séquence en trois couches de Klaus Schmidt a été abandonnée.
Rien de tel n’existe pour Karahan Tepe. Les présentations publiées datent le site par la stratigraphie, par l’architecture, par la typologie de l’industrie lithique et par comparaison avec son voisin. La méthode est ordinaire en préhistoire. Elle donne des fourchettes larges, et elle ne permet pas d’arbitrer des écarts de quelques siècles.
Cette limite a des effets publics. En novembre 2020, le ministre turc de la Culture et du Tourisme, Mehmet Nuri Ersoy, déclarait devant un congrès du tourisme que les fouilles atteindraient probablement un centre plus ancien que Göbekli Tepe, bien au-delà de 12 000 ans. Karul disait autre chose au même moment. Göbekli Tepe couvre selon lui sept à huit siècles, Karahan Tepe tombe dans cet intervalle, peut-être avec un début plus haut, et la fouille tranchera.
L’écart se répète ailleurs. À Çakmaktepe, l’équipe estime l’occupation autour de 10 000 avant notre ère, cinq cents à mille ans avant Göbekli Tepe, en précisant que le carbone 14 n’a pas encore été fait. À Sayburç, Eylem Özdoğan publiait en 2022 un relief attribué au IXᵉ millénaire, en attendant encore les datations.
Le léopard d’août 2026
En septembre 2023, la fouille dégage une statue humaine assise de 2,30 mètres, visage réaliste, côtes incisées, mains ramenées devant le corps, flanquée d’une statue de vautour. Le 25 août 2026, le ministère annonce une sculpture composite de soixante-dix centimètres, un personnage assis sur le dos d’un léopard, posée sur la banquette d’une structure circulaire de trois mètres au sol dallé. Karul souligne que le léopard est l’animal le plus fréquent du site, et que les compositions connues jusque-là montraient l’inverse, un humain le portant sur son dos.
Ces objets prolongent une série régionale plus ancienne que la fouille. L’homme d’Urfa, sorti de terre en 1993 dans le quartier de Balıklıgöl, mesure 1,80 mètre, porte de l’obsidienne dans les orbites et n’a pas de bouche. À Sayburç, le relief découvert en 2021 court sur trois mètres soixante-dix contre la face interne d’une banquette. Cinq figures, dont un homme à la main gauche ouverte de six doigts et un autre entre deux léopards. La moitié du bâtiment attendait encore la fouille au moment de la publication.
Karul tire de cette accumulation une observation de tendance. Les représentations humaines se multiplient à mesure que les communautés se fixent, quand les phases anciennes donnaient d’abord des animaux sauvages. Il est venu l’exposer en octobre 2023 à l’auditorium du Louvre.
L’étude de fouille en anglais la plus citée sur Karahan Tepe occupe onze pages, de la page 21 à la page 31 du numéro 82 d’une revue éditée à Ankara par la direction générale des biens culturels et des musées. Elle date de 2021 et porte sur les bâtiments comblés. Tout ce qui s’est ajouté depuis est arrivé par notices de projet, communiqués ministériels et dépêches d’agence.
Pour aller plus loin
Le sujet croise Göbekli Tepe, dont la relecture chronologique engagée en 2015 sert de comparaison à tout ce qu’on lit de Karahan Tepe, et l’homme d’Urfa, conservé au musée d’archéologie et de la mosaïque de Şanlıurfa. Il touche aussi à la révolution néolithique, le passage des chasseurs-cueilleurs aux communautés fixées, dont les causes restent discutées.
Dans le sud-est de la Turquie, sur une colline calcaire proche de la ville de Şanlıurfa, des archéologues dégagent depuis 2019 un site appelé Karahan Tepe. Les gens qui l’ont construit vivaient il y a environ onze mille ans. Ils ne connaissaient ni la poterie, ni le métal, ni l’écriture, et ils ne cultivaient pas encore vraiment la terre. Ils ont pourtant creusé de grandes salles dans le rocher et sculpté des visages humains.
Une salle taillée dans le rocher
La plus grande salle dégagée mesure vingt-trois mètres d’un bord à l’autre. Son sol est la pierre du plateau, aplanie. Des bancs courent le long de la paroi, entre des piliers dressés. Une pièce plus petite s’ouvre à côté, reliée par un escalier.
Cette petite pièce est la plus célèbre du site. Une tête humaine y a été sculptée à même la paroi, et elle regarde une rangée de piliers. Les tailleurs ne les ont pas apportés, ils les ont laissés debout en creusant tout autour. Une rigole descend vers la salle, ce qui laisse penser qu’un liquide y était versé.
Dix ou onze
Personne ne s’accorde sur le nombre de ces piliers. Le site officiel du projet turc, dont le texte vient du responsable des fouilles, en annonce dix. Les articles de presse en annoncent onze. La différence semble minuscule.
Elle ne l’est pas. Un ingénieur écossais, Martin Sweatman, a proposé de lire les gravures de la région comme un calendrier. Les mois de la lune prennent du retard sur l’année du soleil, et son système rattrape ce retard par des jours ajoutés. Le nombre de ces jours est celui des piliers, dans sa version du compte.
Si les piliers sont dix, le raisonnement perd son point d’appui. Le compte le plus prudent reste celui du responsable des fouilles, parce qu’il décrit ce qu’on voit dans la roche au lieu d’annoncer un total.
Les archéologues de la région ont répondu à ce genre de lecture dès 2017. Aucune grande salle du site voisin de Göbekli Tepe n’est fouillée en entier. Beaucoup de piliers ne sont plus là où on les avait plantés. Les bâtiments ont été transformés pendant des siècles. Compter des pierres suppose qu’elles n’aient pas bougé.
Deux équipes, deux explications
Les salles de Karahan Tepe ont été retrouvées pleines de terre et de cailloux. Necmi Karul, qui dirige les fouilles, y voit un remplissage volontaire. Un lit de pierres posé par-dessus marque la fin de l’opération, comme si on avait voulu fermer les lieux après usage. La même chose s’observe dans les bâtiments carrés du haut de la pente.
Plus loin dans la même région, l’équipe allemande de Göbekli Tepe a changé d’avis sur ce point. Lee Clare, qui la dirige, pense aujourd’hui que la terre a glissé toute seule depuis les hauteurs voisines. Cela expliquerait pourquoi elle mélange des objets d’époques différentes. Les deux situations ne se ressemblent pas, une pièce creusée en profondeur et une enceinte de crête ne se remplissent pas de la même façon.
Une date que personne n’a mesurée
L’âge exact de Karahan Tepe n’est pas connu. Aucune analyse au radiocarbone du site, la méthode qui donne un âge à partir des restes organiques, n’a été publiée. La date vient de la forme des outils de silex et de la comparaison avec le voisin. Les fourchettes obtenues ainsi se comptent en siècles.
Cela laisse la place aux annonces. En 2020, le ministre turc de la Culture affirmait que le site se révélerait plus ancien que Göbekli Tepe. La même semaine, le responsable des fouilles disait simplement que les deux lieux étaient contemporains et que le terrain trancherait un jour.
Le travail continue chaque été. Une chambre fermée par de larges dalles plates devait être ouverte par le haut, son entrée donnant sur un dépôt trop mince pour qu’on y passe.
La version complète donne le détail des deux salles, le décompte contesté des piliers, l’objection publiée en 2017 contre la lecture astronomique, et ce que le ministre et l’archéologue ont dit à quelques jours d’intervalle.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Structure AD, bâtiment communautaire circulaire, diamètre intérieur 23 m, roche mère entaillée sur 4,50 m, 16 piliers et banquettes à deux marches Karahan Tepe, parc national des monts Tek Tek, Şanlıurfa
- Structure AB, chambre creusée dans la roche, 7 × 6 m, profondeur 3,50 m, tête humaine taillée dans la paroi et piliers laissés en place lors du creusement Karahan Tepe
- Sculpture composite d’un personnage assis sur un léopard, env. 70 cm, banquette d’une structure circulaire de 3 m de diamètre, campagne 2026 Karahan Tepe
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Sources primaires (suite)
- Statue de l’homme d’Urfa (statue de Balıklıgöl), calcaire, h. 1,80 m, orbites incrustées d’obsidienne, découverte en 1993 Musée d’archéologie et de la mosaïque de Şanlıurfa
- Relief de Sayburç, cinq figures sur la face interne d’une banquette, longueur env. 3,70 m, bâtiment communautaire de 11 m de diamètre Sayburç, province de Şanlıurfa
- Statue de sanglier grandeur nature, calcaire, résidus de pigments rouge, noir et blanc, bâtiment spécial D Göbekli Tepe, fouilles de l’Institut archéologique allemand
- Fosse taillée dans le calcaire, diamètre 8 m, profondeur 2,80 m, sondage K10-55 Göbekli Tepe
Bibliographie
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- Eylem Özdoğan, « The Sayburç reliefs : a narrative scene from the Neolithic », Antiquity 96 (390), 2022, p. 1599-1605, DOI 10,15184/aqy.2022 125 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.15184/aqy.2022
- Edward B. Banning, « So Fair a House. Göbekli Tepe and the Identification of Temples in the Pre-Pottery Neolithic of the Near East », Current Anthropology 52 (5), 2011, p. 619-660 University of Chicago Press
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- Bahattin Çelik, « A new Early-Neolithic settlement : Karahan Tepe », Neo-Lithics 2-3/00, 2000, p. 6-8 Ex Oriente, Berlin
- Klaus Schmidt, Sie bauten die ersten Tempel. Das rätselhafte Heiligtum der Steinzeitjäger, Munich, 2006 C. H. Beck
- Lee Clare, « Inspired individuals and charismatic leaders. Hunter-gatherer crisis and the rise and fall of invisible decision-makers at Göbeklitepe », Documenta Praehistorica 51, 2024, p. 6-43, DOI 10,4312/dp.51,16 Univerza v Ljubljanihttps://doi.org/10.4312/dp.51.16
- Jacques Cauvin, Naissance des divinités, naissance de l’agriculture. La révolution des symboles au Néolithique, Paris, 1994, 304 p. CNRS Éditions, coll. « Empreintes »
- Olivier Aurenche et Stefan K. Kozłowski, La naissance du Néolithique au Proche-Orient, Paris, 2015 CNRS Éditions, coll. « Biblis »
Sources en ligne
- « Karahantepe | Taş Tepeler », notice de site rédigée par Necmi Karul Ministère de la Culture et du Tourisme de la République de Turquiehttps://tastepeler.org/en/settlements/karahantepe
- « Buried Buildings at Pre-Pottery Neolithic Karahantepe », notice bibliographique et résumé de l’article de Necmi Karul DergiParkhttps://dergipark.org.tr/en/pub/arkeolojiveetnografya/article/909296
- « Karahantepe : l’Anatolie à la fin de l’âge de pierre (Turquie) », conférence de Necmi Karul du 25 octobre 2023 Musée du Louvrehttps://www.louvre.fr/expositions-et-evenements/evenements-activites/karahantepe-l-anatolie-a-la-fin-de-l-age-de-pierre-turquie
- « Göbekli Tepe » Centre du patrimoine mondial de l’UNESCOhttps://whc.unesco.org/en/list/1572/
- « Life-size statue of a wild boar found in Special Building D of Göbekli Tepe » Deutsches Archäologisches Instituthttps://www.dainst.org/en/newsroom/life-size-statue-of-a-wild-boar-found-in-special-building-d-of-goebekli-tepe/181
- « More than a vulture : A response to Sweatman and Tsikritsis. » Tepe Telegrams, carnet de recherche du projet Göbekli Tepehttps://tepetelegrams.wordpress.com/2017/07/03/more-than-a-vulture-a-response-to-sweatman-and-tsikritsis/
- « Prehistoric Phallus-Shaped Pillars Found in Turkey » Archaeology Magazinehttps://archaeology.org/news/2021/10/21/211022-turkey-karahan-tepe-pillars/
- « New Karahantepe settlement may be older than Göbeklitepe » Daily Sabahhttps://www.dailysabah.com/arts/new-karahantepe-settlement-may-be-older-than-gobeklitepe/news
- « Ancient Çakmaktepe site in Şanlıurfa may be older than Göbeklitepe » Daily Sabahhttps://www.dailysabah.com/arts/ancient-cakmaktepe-site-in-sanliurfa-may-be-older-than-gobeklitepe/news











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