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Le continent de Mu : une invention en trois temps, 1864-1926

Debunk10 septembre 202627 sources vérifiées
Simon Burchell / Wikimedia Commons
9 min de lecture27 sources vérifiées
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Un livre maya conservé à Madrid indique les jours favorables à la chasse, au tissage, à l’agriculture, à l’élevage des abeilles. Il tient sur deux bandes de papier d’écorce pliées en accordéon, 22,6 centimètres de haut, 416,5 et 238,5 centimètres de long, sous le numéro d’inventaire 70300 du Museo de América. On l’appelle codex de Madrid, ou Trocortesiano, du nom de ses deux fragments longtemps séparés. Sa lecture a produit, en 1869, un mot que personne n’y avait vu, et ce mot a fini par désigner un continent.

Un alphabet qui n’en était pas un

Voici l’énoncé, et il est faux. Un continent peuplé aurait occupé le centre du Pacifique avant de s’effondrer sous les flots, et les civilisations connues en descendraient. Deux degrés de fausseté se superposent ici. À la racine, une erreur savante honnête, commise de bonne foi par un philologue compétent et corrigée depuis. Par-dessus, une fabrication, avec un auteur identifié, une date et un livre.

Au début des années 1860, en dépouillant des archives madrilènes, Brasseur de Bourbourg met la main sur une copie abrégée d’un texte rédigé vers 1566 par Diego de Landa, franciscain devenu évêque du Yucatán. La Relation des choses de Yucatan contient une liste de signes mayas mis en regard des lettres espagnoles, obtenue par dictée auprès d’un lettré maya. Brasseur la publie à Paris en 1864, texte espagnol et traduction française en vis-à-vis. Il tient là ce qui ressemble à une pierre de Rosette, et il s’en sert. En 1866, à Madrid toujours, l’archiviste Juan de Tro y Ortolano lui montre une longue bande de papier d’écorce couverte de glyphes ; Brasseur y reconnaît un livre maya, le présente à l’Exposition universelle de Paris en 1867, puis en donne deux volumes à l’Imprimerie impériale en 1869 et 1870, avec soixante-neuf planches en fac-similé couleur. Le second fragment, plus court, sera acheté par l’État espagnol en 1875, et Léon de Rosny reconnaîtra qu’il complète le premier ; les deux bandes réunies portent depuis un nom double, et la pagination retenue par les épigraphistes commence par le fragment cadet. Sa méthode de lecture conduit Brasseur à inventer des termes et des significations, comme l’a montré Michael Coe en reprenant l’affaire en 1992. Parmi ces termes figure une syllabe qu’il transcrit Mu et dans laquelle il croit lire le nom d’une terre engloutie. L’écriture maya est logosyllabique, elle note des mots et des syllabes, et la liste de Landa est un ensemble de signes syllabiques recueilli en faisant épeler des lettres espagnoles à un homme qui n’écrivait pas des lettres.

Il faut prendre la mesure de ce que Brasseur a fait par ailleurs. Il a publié le Popol Vuh et édité une grammaire quichée, et il a rapporté d’Espagne le texte de Landa que l’on croyait perdu. La liste de signes qu’il a mal employée est celle-là même qui, un siècle plus tard, a permis le déchiffrement. En 1952, à Leningrad, Iouri Knorozov montre que ces signes portent des valeurs syllabiques et que l’écriture maya note une langue maya. De tous les livres de Brasseur, celui de 1864 reste le plus utile à qui veut comprendre l’affaire, parce qu’il contient à la fois la source de l’erreur et la source de sa correction.

Du Yucatán au Pacifique

Augustus Le Plongeon fouille Chichén Itzá à partir de 1875 avec Alice Dixon Le Plongeon, et le couple rapporte du Yucatán un ensemble photographique considérable. Il reprend le mot de Brasseur et en tire une histoire. Dans Queen Moo and the Egyptian Sphinx, paru à New York en 1896, la terre engloutie passe dans l’Atlantique, se confond avec l’Atlantide, et les Mayas y deviennent les ancêtres des Égyptiens. Lawrence Desmond et Phyllis Messenger ont rendu à ce personnage sa mesure exacte dans un livre de 1988, recensé dans Antiquity. La théorie ne tient nulle part, et le travail de terrain reste utilisable, relevés et photographies compris.

James Churchward publie The Lost Continent of Mu, the Motherland of Men à New York en 1926, à soixante-quinze ans. Il déplace la terre engloutie dans le Pacifique, entre un point situé au nord d’Hawaï, les Fidji et l’île de Pâques, et lui attribue soixante-quatre millions d’habitants. Sa base documentaire tient dans un épisode qu’il raconte lui-même : un prêtre rencontré en Inde dans les années 1860 lui aurait enseigné une langue nommée naacal, puis montré des tablettes rédigées dans cette langue. Ces tablettes n’ont jamais été produites devant un tiers. Aucune photographie. Aucun numéro d’inventaire. Aucune langue attestée ne porte ce nom.

Churchward invoque aussi un second lot, celui-là bien réel. En 1911, le minéralogiste écossais William Niven repère près d’Azcapotzalco, au nord de Mexico, des ruines enfouies sous des cendres volcaniques ; à partir de 1921, à San Miguel Amantla et sur d’autres chantiers de la vallée de Mexico, il dégage des tablettes de pierre gravées, plus de deux mille six cents au total. Il travaille dans le cadre d’un accord avec le gouvernement mexicain qui l’autorise à financer ses campagnes par la vente d’objets, et Robert Wicks et Roland Harrison ont reconstitué sa carrière en 1999 d’après ses carnets et sa correspondance. Ces tablettes viennent donc d’un lieu daté et localisé, et c’est exactement ce que la lecture de 1926 leur retire en les rattachant à un continent.

La diffusion française, elle, se lit dans l’édition. Le livre paraît en poche chez J’ai lu, dans la collection « L’aventure mystérieuse », sous le titre Mu, le continent perdu. Aucune enquête d’opinion ne permet de dire combien de personnes y ont ajouté foi en France, et mieux vaut le dire que l’inventer. Sur les intentions de l’auteur, on ne dispose de rien. Pas d’aveu, pas de correspondance publiée et pas de procès. Se tromper et tromper sont deux choses différentes, et rien de ce qui est conservé ne permet de choisir entre les deux.

Le fond du Pacifique est daté

Une croûte continentale et une croûte océanique ne se ressemblent pas. La première est épaisse, riche en silice, peu dense ; la seconde est mince, basaltique, plus lourde, et elle se fabrique en permanence aux dorsales avant de replonger dans les fosses. Un continent ne coule donc pas comme un navire. Il s’amincit et s’affaisse, il finit parfois sous l’eau, et il laisse dans tous les cas la signature de sa composition et de son épaisseur. En 2008, Dietmar Müller, Maria Sdrolias, Carmen Gaina et Walter Roest ont publié une grille d’âge de l’ensemble des planchers océaniques, à deux minutes d’arc de résolution, construite à partir des anomalies magnétiques. Les plus anciennes qu’ils identifient remontent au Jurassique, autour de 154 millions d’années. Là où le livre de 1926 situe sa terre, il y a de la croûte océanique dont l’âge se compte en dizaines de millions d’années.

La grille n’est pas une photographie. Les auteurs interpolent entre isochrones voisines et publient, à côté, une grille d’incertitude qui indique où leur modèle est faible. Le point qui compte ne dépend pas de cette marge. Pour loger un continent là où il n’y a que du plancher basaltique, il faudrait faire disparaître une croûte continentale sans laisser de racine, de sédiment ou de relief résiduel, et aucun mécanisme connu ne produit un tel effacement en quelques milliers d’années.

Zealandia, un continent réellement englouti

L’idée qu’une masse continentale finisse sous la mer n’a rien d’absurde. Le sud-ouest du Pacifique en contient une.

En 2017, Nick Mortimer et dix coauteurs ont publié dans GSA Today la description formelle de Zealandia, 4,9 millions de kilomètres carrés dont environ 94 % sous l’eau, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie en étant les parties émergées. Leur démonstration repose sur quatre critères. Un continent se tient nettement au-dessus du plancher océanique voisin ; il est fait de roches continentales ; il couvre une aire vaste et bien délimitée ; sa croûte est beaucoup plus épaisse que celle du fond marin alentour. Zealandia satisfait les quatre, et il a fallu des années de dragages pour remonter les roches qui l’attestent.

Là s’arrête la ressemblance. Zealandia s’est détachée du Gondwana à la fin du Crétacé et s’est enfoncée sur des dizaines de millions d’années, à des milliers de kilomètres du centre du Pacifique. Elle n’a jamais été habitée, pour la raison simple qu’aucun être humain n’existait quand elle a commencé à disparaître. Sa reconnaissance tardive tient à sa profondeur et à la difficulté d’échantillonner un socle noyé sous un kilomètre d’eau.

Des pirogues, un tombeau de corail, des dates

La question à laquelle une terre disparue servait de réponse était réelle, et elle n’avait rien de sot. Comment des populations se sont-elles installées sur des îles séparées par des milliers de kilomètres d’océan, et pourquoi leurs langues se ressemblent-elles autant ? Avant le radiocarbone, avant la linguistique comparée austronésienne, un pont de terres émergées faisait partie des réponses disponibles. Sumathi Ramaswamy a retracé le trajet de ces géographies, de la science victorienne à l’occultisme euro-américain, en montrant comment des idées abandonnées dans les métropoles savantes se réinstallent ailleurs. La Lémurie, imaginée au XIXᵉ siècle comme une terre reliant l’Inde à l’Afrique, a suivi ce chemin.

La réponse tient à la navigation. En 2011, Janet Wilmshurst, Terry Hunt, Carl Lipo et Atholl Anderson ont repris 1 434 datations au radiocarbone provenant de Polynésie orientale et les ont triées par fiabilité, en ne gardant que les échantillons à vie courte, plantes annuelles et coquilles d’œufs d’oiseaux terrestres. Deux phases apparaissent. Les îles de la Société sont atteintes vers 1025-1120, quatre siècles plus tard qu’on ne le supposait ; puis, après un intervalle de soixante-dix à deux cent soixante-cinq ans, le reste du domaine oriental est peuplé d’un seul mouvement, vers 1200-1300. Les auteurs relèvent que cette poussée coïncide avec une période de fréquence maximale des épisodes El Niño, et ils avancent ce point comme une hypothèse.

Nan Madol, sur le récif de Pohnpei, en Micronésie, a longtemps servi de vestige commode : quatre-vingt-trois hectares d’îlots artificiels bâtis en colonnes de basalte et en blocs de corail. En 2016, Mark McCoy, Helen Alderson, Richard Hemi, Hai Cheng et Lawrence Edwards ont daté par le rapport thorium-uranium des coraux prélevés dans le tombeau que les traditions locales attribuent au premier chef de l’île. Le chantier commence entre 1180 et 1200 de notre ère, et les bâtisseurs sont les Saudeleur, dynastie de Pohnpei.

Beaucoup de choses restent à trancher. Les itinéraires exacts, les raisons du départ et la part respective de la dérive et de la navigation dirigée font l’objet d’un débat de spécialistes toujours vivant, sans rapport avec la version qui circule. Les dates de Nan Madol, elles, sortent de coraux mesurés par la décroissance de l’uranium en thorium, et ce sont des gens de Pohnpei qui ont transporté ces colonnes de basalte, depuis une carrière que l’analyse chimique de la roche a permis de retrouver de l’autre côté de l’île.

Pour aller plus loin

Le sujet croise celui de la Lémurie, hypothèse zoogéographique du XIXᵉ siècle devenue terre occulte, où le même mouvement se rejoue avec d’autres acteurs. Il rejoint l’Atlantide d’Ignatius Donnelly, publiée en 1882, qui a fourni le modèle de la plupart des reconstructions de continents perdus du siècle suivant. Il touche enfin à l’histoire du déchiffrement de l’écriture maya, dont la chronologie explique pourquoi une lecture fausse a pu tenir aussi longtemps.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Diego de Landa, *Relation des choses de Yucatan*, texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l’alphabet hiéroglyphique de la langue maya, édité par Charles Étienne Brasseur de Bourbourg, Paris, 1864
  2. Charles Étienne Brasseur de Bourbourg, *Manuscrit Troano. Études sur le système graphique et la langue des Mayas*, 2 volumes, dont soixante-neuf planches en fac-similé couleur, Paris, Imprimerie impériale, 1869-1870
  3. Augustus Le Plongeon, *Queen Moo and the Egyptian Sphinx*, New York, 1896
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Sources primaires (suite)

  1. James Churchward, *The Lost Continent of Mu, the Motherland of Men*, New York, 1926
  2. James Churchward, *Mu, le continent perdu*, Paris, Éditions J’ai lu, collection « L’aventure mystérieuse », 1969
  3. Codex Trocortesiano, dit codex de Madrid, papier d’écorce plié en accordéon, hauteur 22,6 cm, longueurs 416,5 et 238,5 cm, deux fragments réunis Museo de América, Madrid, numéro d’inventaire 70300

Bibliographie

  1. Michael D. Coe, *Breaking the Maya Code*, Londres et New York, 1992 Thames & Hudson
  2. Lawrence G. Desmond et Phyllis M. Messenger, *A Dream of Maya. Augustus and Alice Le Plongeon in Nineteenth-Century Yucatan*, Albuquerque, 1988, xxii + 147 p. University of New Mexico Press
  3. Sumathi Ramaswamy, *The Lost Land of Lemuria. Fabulous Geographies, Catastrophic Histories*, Berkeley et Los Angeles, 2004, 334 p. University of California Press
  4. Pierre Vidal-Naquet, *L’Atlantide. Petite histoire d’un mythe platonicien*, Paris, 2005, 198 p., collection « Histoire » Les Belles Lettres
  5. Robert S. Wicks et Roland H. Harrison, *Buried Cities, Forgotten Gods. William Niven’s Life of Discovery and Revolution in Mexico and the American Southwest*, Lubbock, 1999 Texas Tech University Press
  6. Nick Mortimer, Hamish J. Campbell, Andy J. Tulloch et alii, « Zealandia : Earth’s Hidden Continent », *GSA Today* 27 (3), 2017, p. 27-35, DOI 10,1130/GSATG321A.1 Geological Society of Americahttps://doi.org/10.1130/GSATG321A.1
  7. R. Dietmar Müller, Maria Sdrolias, Carmen Gaina et Walter R. Roest, « Age, spreading rates, and spreading asymmetry of the world’s ocean crust », *Geochemistry, Geophysics, Geosystems* 9 (4), 2008, Q04006, DOI 10,1029/2007GC001743 American Geophysical Unionhttps://doi.org/10.1029/2007GC001743
  8. Janet M. Wilmshurst, Terry L. Hunt, Carl P. Lipo et Atholl J. Anderson, « High-precision radiocarbon dating shows recent and rapid initial human colonization of East Polynesia », *Proceedings of the National Academy of Sciences* 108 (5), 2011, p. 1815-1820, DOI 10,1073/pnas.1015876108 PNAShttps://doi.org/10.1073/pnas.1015876108
  9. Mark D. McCoy, Helen A. Alderson, Richard Hemi, Hai Cheng et R. Lawrence Edwards, « Earliest direct evidence of monument building at the archaeological site of Nan Madol (Pohnpei, Micronesia) identified using 230Th/U coral dating and geochemical sourcing of megalithic architectural stone », *Quaternary Research* 86 (3), 2016, p. 295-303, DOI 10,1016/j.yqres.2016,08 002 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1016/j.yqres.2016.08

Sources en ligne

  1. « Códice Trocortesiano » Museo de América, Ministerio de Cultura, Espagnehttps://www.cultura.gob.es/museodeamerica/coleccion/america-prehispanica/c-dice-trocortesiano.html
  2. « Códice tro-cortesiano » Expobus, Universidad de Sevillahttps://expobus.us.es/s/facsimiles/page/codicetrocortesiano
  3. « Manuscrit troano : études sur le système graphique et la langue des Mayas » Getty Research Institute, Internet Archivehttps://archive.org/details/manuscrittroano01bras
  4. « Brasseur de Bourbourg, Charles Étienne » notice d’autorité, Perséehttps://www.persee.fr/authority/175473
  5. « Lawrence Gustave Desmond & Phyllis Mauch Messenger. A dream of Maya : Augustus and Alice Le Plongeon in nineteenth-century Yucatan » Antiquity, Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/journals/antiquity/article/lawrence-gustave-desmond-phyllis-mauch-messenger-a-dream-of-maya-augustus-and-alice-le-plongeon-in-nineteenthcentury-yucatan-xxii-147-pages-52-illustrations-1988-albuquerque-university-of-new-mexico-press-isbn-0826310001-paperback-1995/D9A02C59AD1CDBFCA5B495C9CD0CAEDC
  6. « The Lost Land of Lemuria » University of California Presshttps://www.ucpress.edu/books/the-lost-land-of-lemuria
  7. « Pierre Vidal-Naquet, L’Atlantide, petite histoire d’un mythe platonicien » Questions de communication, OpenEdition Journalshttps://journals.openedition.org/questionsdecommunication/7397
  8. « NIVEN, WILLIAM » Handbook of Texas, Texas State Historical Associationhttps://www.tshaonline.org/handbook/entries/niven-william
  9. « Zealandia : Earth’s Hidden Continent » GSA Today, Geological Society of Americahttps://rock.geosociety.org/net/gsatoday/archive/27/3/article/GSATG321A.1.htm
  10. « Age, spreading rates, and spreading asymmetry of the world’s ocean crust » Geochemistry, Geophysics, Geosystems, Wiley et American Geophysical Unionhttps://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1029/2007GC001743
  11. « High-precision radiocarbon dating shows recent and rapid initial human colonization of East Polynesia » Proceedings of the National Academy of Scienceshttps://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.1015876108
  12. « Earliest direct evidence of monument building at the archaeological site of Nan Madol (Pohnpei, Micronesia) identified using 230Th/U coral dating and geochemical sourcing of megalithic architectural stone » Quaternary Research, Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/journals/quaternary-research/article/earliest-direct-evidence-of-monument-building-at-the-archaeological-site-of-nan-madol-pohnpei-micronesia-identified-using-230thu-coral-dating-and-geochemical-sourcing-of-megalithic-architectural-stone/0338E86D312973BA0B32D56A5D297FAF
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