Un pilote se tient sur le pont de son navire. Une planche de la coque cède sous la ligne de flottaison, il le voit et fait réparer, sans avoir mal nulle part. Descartes se sert de cette image dans la sixième des Méditations (AT VII, 81) pour dire ce que l’âme n’est pas, car une âme logée ainsi constaterait ses blessures au lieu de les souffrir. Quatre-vingt-treize ans après la parution du livre latin, un jeune maître ès arts reprend la question à Wittenberg. Il vient de la côte de l’Afrique de l’Ouest, et il signe ses thèses Guinea-Afer.
Guinea-Afer, maître ès arts
L’adjectif « ghanéen » est une commodité moderne, puisque l’État du Ghana date de 1957. Amo naît probablement vers 1703 près d’Axim, parmi les Nzema, sur la côte que le président de sa thèse appelle Côte-de-l’Or comme les Européens de son temps. Enfant, il est envoyé à Amsterdam puis remis aux ducs de Brunswick-Wolfenbüttel, dans des circonstances inconnues. Jeff Bowersox, qui a réuni les pièces conservées pour Black Central Europe, tient pour le plus probable un envoi par des missionnaires néerlandais, sans exclure l’esclavage, qui a frappé son frère.
À Halle, où il étudie à partir de 1727, il soutient en novembre 1729, sous la présidence du chancelier Johann Peter von Ludewig, une dispute intitulée De iure Maurorum in Europa, du droit des Maures en Europe. Le texte est perdu. Deux témoins en résument le contenu, le compte rendu de Ludewig et la notice du Universal-Lexicon de Zedler, selon lesquels la dispute rappelait l’investiture des rois maures par l’empereur romain, puis examinait jusqu’où allait, selon le droit en usage, la liberté ou la servitude des Maures achetés par des chrétiens en Europe. La conclusion manque. Bowersox y lit un argument juridique contre l’esclavage fondé sur l’ancienne vassalité des royaumes africains envers Rome, lecture plausible que ni Ludewig ni Zedler ne formulent.
La page de titre d’avril 1734 le présente déjà comme maître en philosophie et ès arts libéraux, et la dissertation est défendue sous la présidence de Martin Gotthelf Loescher, professeur de médecine et de physique. Simon Mougnol, son traducteur français, écrit que l’Apatheia lui valut le grade de docteur, alors que la lettre du recteur Johann Gottfried Kraus, datée du 24 mai 1733 et imprimée avec la thèse, rapporte que ses maîtres lui avaient déjà accordé ce grade à l’unanimité, et le titre de premier docteur africain dépend de ce qu’on appelait doctorat dans une faculté de philosophie du XVIIIᵉ siècle. La même lettre inscrit Amo dans une lignée africaine, Térence, Apulée, Tertullien, Cyprien, Arnobe, Optat, Augustin. Il enseigne ensuite à Halle, où wolffiens et piétistes se disputaient l’université, puis à Iéna, et publie en 1738 un Tractatus de arte sobrie et accurate philosophandi. En 1747, une satire de Johann Ernst Philippi lui prête un amour éconduit par une « Mademoiselle Astrine » dont l’âme ne pourra jamais aimer un Maure. On ignore si l’épisode a eu lieu, et s’il a pesé sur son départ d’Europe, la même année.
Mere actuosa
Tout part d’une définition, au premier paragraphe du premier chapitre. L’esprit y est « toute substance purement active, immatérielle, toujours dotée en soi d’intelligence, opérant intentionnellement de son plein gré, pour parvenir à une fin choisie par elle et dont elle a conscience » (traduction Mougnol, qui écrit pourtant « nettement active » deux lignes plus bas pour le même mere actuosa, où « purement » serre mieux le latin). Un tel esprit ne peut rien subir. Pour subir, il faudrait recevoir quelque chose d’un autre être, et Amo ne voit que trois voies. Par communication, les effets d’un autre être s’installeraient dans son essence. Par pénétration, un être traverserait ses parties, et l’esprit n’en a pas. Par contact, deux surfaces se toucheraient, et Amo renvoie à une lettre de Descartes selon laquelle tout ce qui touche ou est touché est un corps. Le premier argument contre Descartes est tiré de Descartes.
Vient ensuite la sensation, le fait d’être réellement affecté, par les organes des sens, par les propriétés de choses matérielles immédiatement présentes, et la faculté de sentir devient une disposition de notre corps organique et vivant. Au troisième membre du chapitre arrive l’exemple qui éclaire le reste, en deux mots, spiritus, lapis, l’esprit et la pierre, rangés côte à côte parmi les sujets inaptes à sentir. La pierre ne sent pas parce qu’elle est une matière privée de vie, l’esprit parce qu’il n’est pas matière du tout. L’esprit humain reste uni à un corps vivant par un commercium, un commerce, qui consiste à se servir de ce corps comme d’un séjour et d’un instrument. Au détour d’une note, la thèse glisse un vers de Properce sur les mânes (Élégies, IV, 7, 1), dont la démonstration ne se sert nulle part.
« Cum corpore pati negamus »
Le deuxième chapitre s’ouvre sur l’état de la controverse. La cible est la lettre à Élisabeth du 21 mai 1643, que Dwight Lewis a reconnue sous la citation latine, où Descartes écrit que la connaissance de l’âme dépend de deux choses, « l’une desquelles est qu’elle pense, l’autre, qu’étant unie au corps, elle peut agir et pâtir avec lui » (AT III, 664). Mentem cum corpore mediante mutua unione agere, concedimus ; sed cum corpore pati negamus, répond Amo, que l’esprit agisse avec le corps par leur union, il le concède, qu’il pâtisse avec lui, il le nie. Chez les vivants, précise une note, pâtir et sentir sont synonymes. Suivent le médecin Daniel Sennert et Jean Le Clerc, à qui Amo reproche une phrase où l’esprit, l’organe une fois ébranlé, « sent que son corps a été affecté ». Sentir que son corps a été affecté, objecte-t-il, revient à comprendre qu’on ne l’a pas été soi-même, et Le Clerc confond l’acte de comprendre avec l’opération de sentir.
Le Clerc écrivait sentitque mens, Amo corrige en intelligitque mens.
La preuve principale prend la forme d’une chaîne. Tout ce qui sent vit, tout ce qui vit se nourrit et croît, et tout ce qui croît finit par se résoudre dans ses premiers principes, donc possède des parties, donc est un corps divisible. Si l’esprit humain sentait, il serait donc un corps divisible, ce que la définition du premier chapitre exclut. Le ressort tient dans deux prédicats qu’Amo déclare inséparables, vivre et sentir, puisque tout ce qui vit sent et que tout ce qui sent vit. Sentir devient une fonction vitale, comme la nutrition, et Aristote, cité en grec, vient confirmer que pâtir revient à la matière (De la génération et de la corruption, II, 9). Ce que la thèse engage est considérable, puisqu’elle retire à l’esprit la douleur, le plaisir et les sensations internes, qu’Amo identifie aux passions décrites par Descartes, et le laisse seul avec l’intelligence et l’intention.
La part positive tient en quelques lignes. L’esprit n’est affecté par aucune chose sensible, même toute proche du corps où il réside. Il comprend en revanche les sensations nées dans ce corps et les emploie dans ses opérations. Une idée se forme quand l’esprit se rend présente une sensation qui existait d’abord dans le corps, et Amo la nomme sensio repraesentata, sensation représentée. Dieu, précise une note, connaît sans idées, parce que se représenter une chose suppose qu’elle soit absente.
Le pilote de la sixième Méditation
Descartes avait prévu la position. Dans la traduction française du duc de Luynes, parue en 1647 et revue par l’auteur, la sixième Méditation affirme « que je ne suis pas seulement logé dans mon corps, ainsi qu’un pilote en son navire », et en donne la raison. Sans cette union étroite, « lorsque mon corps est blessé, je ne sentirais pas pour cela de la douleur, moi qui ne suis qu’une chose qui pense, mais j’apercevrais cette blessure par le seul entendement, comme un pilote aperçoit par la vue si quelque chose se rompt dans son vaisseau » (AT IX-1, 64). La phrase qu’Amo réécrit chez Le Clerc décrit exactement ce pilote, et Dwight Lewis en a tiré la conséquence, puisque pour Amo l’âme n’a que des idées des douleurs du corps.
L’expérience se refait sans navire. Une main se pose sur une plaque brûlante et se retire. Dans le vocabulaire cartésien, l’esprit uni au corps éprouve une douleur, l’une de ces façons confuses de penser que la même Méditation attribue à l’union. Dans celui d’Amo, la main vivante sent, et l’esprit comprend que la main est brûlée, se le représente et commande le retrait. Les deux récits prévoient le même geste. Ils se séparent sur un point que chacun peut éprouver sur soi. Avoir mal et savoir que sa main est brûlée, est-ce une seule et même chose vue de deux côtés, ou deux choses dont la seconde seule appartient à l’esprit ?
L’abbé Grégoire se trompe de dix ans
En 1808, Henri Grégoire consacre à Amo une notice de De la littérature des nègres, date de 1744 la thèse de Wittenberg et transmet le seul témoignage sur les dernières années. Le médecin David-Henri Gallandat, de l’Académie de Flessingue, rend visite à Amo à Axim en 1753 et le trouve menant la vie d’un solitaire ; son père et sa sœur sont en vie, son frère est esclave au Surinam. Amo aurait ensuite vécu dans un fort néerlandais de la côte, de son plein gré ou sous surveillance. Personne ne connaît la date de sa mort, que la Stanford Encyclopedia of Philosophy place en 1759 et l’Encyclopédie Routledge vers 1756.
À Halle, sur l’anneau universitaire, une plaque à sa mémoire est posée en 1975, à côté de la statue Freies Afrika que Gerhard Geyer y avait dressée dix ans plus tôt.
Paulin Hountondji avait posé la question autrement. Son article de 1970, repris comme cinquième chapitre de Sur la « philosophie africaine » en 1977, rend Amo à la philosophie africaine en vertu de la définition qui ouvre le livre, « un ensemble de textes », ceux « écrits par des Africains et qualifiés par leurs auteurs eux-mêmes de philosophiques ». Ni le sujet ni la langue n’y comptent, et une dissertation latine sur l’impassibilité de l’esprit y entre de plein droit. Au reproche de privilégier l’écrit, Hountondji a répondu plus tard que sa phrase ne posait pas la question de l’écriture. En 2020, Stephen Menn et Justin E. H. Smith ont édité et traduit les deux dissertations de Wittenberg pour qu’on discute enfin les arguments d’Amo, sa valeur de symbole ayant jusque-là retenu presque toute l’attention.
Si rien ne passe du corps à l’esprit
En 1978, T. U. Nwala lisait encore Amo comme un défenseur de Descartes. L’objection discutée aujourd’hui part de ce que la thèse s’interdit. Un esprit qui ne subit rien doit pourtant se rendre présente une sensation née dans le corps, et le Tractatus de 1738 reprend l’axiome selon lequel rien n’est dans l’intellect qui n’ait d’abord été dans les sens, ce qui exclut les idées innées. Julie Walsh (2019) et Peter West (2022) en tirent un problème de connaissance, puisque l’idée de la brûlure n’est ni innée ni reçue du corps, et Chris Meyns (2019) se demande dans quelle mesure Amo échappe à l’isolement de l’esprit que sa position paraît produire. Deux réponses se disputent le texte. Victor Emma-Adamah (2015) et Justin E. H. Smith (2015) lisent une harmonie préétablie à la manière de Leibniz, où l’esprit produirait de lui-même ses idées en accord réglé d’avance avec les états du corps. Meyns, Walsh et West y voient une causalité occasionnelle, où la sensation du corps serait l’occasion de l’idée sans en être la cause, et l’édition de 2020 que Smith signe avec Menn penche de ce côté, selon le classement de la Stanford Encyclopedia. Walsh soutient en outre qu’Amo propose un système causal qui entend dépasser le problème de l’hétérogénéité des deux substances, sans prétendre le résoudre.
Le texte de 1734 ne départage pas les deux camps, et la raison tient à un verbe. L’idée y est une sensation que l’esprit sibi praesentem sistit, se rend présente, et la phrase dit ce que fait l’esprit sans dire ce qui, dans le corps, lui donne prise. Pour trancher, il faudrait un passage où Amo nomme la cause de l’idée, ou montre que la question ne se pose pas pour un esprit qui opère toujours selon une intention. Manuel Fasko et Peter West cherchent de ce côté, dans la théorie de l’intention que développe le Tractatus et que Menn et Smith tenaient déjà pour la notion technique centrale de ce traité encore peu commenté.
Pour aller plus loin
La correspondance de Descartes avec Élisabeth de Bohême, ouverte au printemps 1643 par la question de la princesse sur la manière dont une âme qui pense peut mouvoir un corps, est le texte dont Amo hérite. L’occasionalisme de Malebranche fournit l’une des deux clés que les commentateurs appliquent à Amo, et la critique de l’ethnophilosophie par Paulin Hountondji prolonge la discussion sur ce que « philosophie africaine » veut dire.
Au printemps 1734, un jeune homme né en Afrique de l’Ouest défend une thèse devant une université allemande. Il s’appelle Anton Wilhelm Amo. Des ducs allemands ont pris en charge son éducation, et il écrit en latin. Sa thèse défend une idée qui surprend encore aujourd’hui. Selon lui, l’esprit humain ne sent rien du tout.
Un enfant parti trop tôt
Amo est né vers 1703, sur la côte de l’actuel Ghana. Tout petit, il est emmené à Amsterdam, puis confié à une famille de ducs allemands. Personne ne sait vraiment pourquoi il est parti. Il a pu être envoyé par des missionnaires, ou vendu comme esclave. Son frère, lui, a bien été réduit en esclavage.
Les ducs le font étudier à l’université de Halle. Il y défend en 1729 un premier travail sur la liberté des Africains achetés en Europe. Ce texte a disparu, et on n’en connaît que deux résumés. Sa conclusion reste inconnue.
Le corps sent, l’esprit comprend
Pour saisir sa thèse, il faut partir de l’esprit tel qu’Amo le décrit. L’esprit agit toujours de lui-même et il vise un but. Il ne reçoit rien du dehors et ne subit rien. Or sentir, c’est justement être touché par quelque chose.
Amo en tire une conséquence simple. Seul un corps peut être touché, donc seul le corps sent. Sentir va avec vivre, comme se nourrir et grandir. L’esprit, lui, ne sent pas plus qu’une pierre. La pierre est une matière sans vie, et l’esprit n’est pas de la matière du tout.
Prenons une main posée sur une plaque brûlante. Pour Amo, c’est la main vivante qui sent la brûlure. L’esprit, de son côté, comprend que la main est brûlée. Il s’en forme une image intérieure, ce qu’Amo appelle une idée, et il s’en sert pour agir.
Une phrase de Descartes coupée en deux
Amo écrit contre Descartes. Dans une lettre à une princesse, écrite près d’un siècle plus tôt, Descartes disait que l’âme unie au corps peut agir avec lui et souffrir avec lui. Amo accepte la première moitié de la phrase. Il refuse la seconde.
Descartes avait déjà imaginé la position d’Amo pour l’écarter. Il comparait cette âme mal attachée à un marin sur son bateau. Le marin voit qu’une pièce a cassé, mais il n’a mal nulle part. Une âme ainsi logée verrait nos blessures sans les souffrir, disait Descartes. Amo décrit l’esprit presque exactement comme ce marin.
Cette thèse laisse un problème que les spécialistes n’ont pas réglé. Si rien ne passe du corps à l’esprit, comment l’esprit apprend-il que la main brûle ? Certains pensent que corps et esprit ont été accordés d’avance, un peu comme deux montres réglées sur la même heure. D’autres pensent que la brûlure donne seulement l’occasion à l’idée de se former. Le texte d’Amo ne permet pas de choisir.
Un retour sur la côte africaine
Amo enseigne ensuite dans d’autres universités allemandes. En 1747, un auteur se moque de lui dans un recueil satirique. Il lui invente un amour refusé par une jeune femme qui ne veut pas aimer un Africain. On ignore si l’histoire est vraie et si elle a pesé sur sa décision. Cette même année, Amo quitte l’Europe.
De retour sur sa côte natale, il reçoit en 1753 la visite d’un médecin européen. Il vit alors en solitaire. Son père et une sœur sont encore en vie, et son frère est toujours esclave. Ensuite, sa trace se perd, et personne ne connaît la date de sa mort.
Faut-il le compter parmi les philosophes africains, lui qui écrivait en latin pour des lecteurs européens ? Un philosophe du siècle dernier a répondu oui. Pour lui, la philosophie africaine réunit tous les textes que des Africains écrivent en les présentant eux-mêmes comme de la philosophie. Le sujet et la langue n’entrent pas en compte.
À Halle, sur l’anneau de l’université, une plaque à sa mémoire a été posée en 1975, à côté d’une statue.
La version complète donne la lettre de Descartes qu’Amo attaque mot à mot, et la chaîne de raisonnements par laquelle il range le fait de sentir du côté des corps vivants.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Anton Wilhelm Amo, *Dissertatio inauguralis philosophica de humanae mentis ἀπάθεια, seu sensionis ac facultatis sentiendi in mente humana absentia et earum in corpore nostro organico ac vivo praesentia*, Wittenberg, imprimerie Schlomach, avril 1734, sous la présidence de Martin Gotthelf Loescher ; chap. I, membre I, § 1 (définition de l’esprit, exposition I sur la communication, la pénétration et le contact, avec renvoi aux *Epistolae* de Descartes, partie III, lettre 14), § 3 (l’esprit humain et son *commercium*), § 4 (vers de Properce) ; membre II, § 1-2 (sensation et faculté de sentir) ; membre III, § 3-4 (*spiritus, lapis*) ; chap. II, état de la controverse, avertissements I à III, thèse I avec son exposition et ses deux preuves texte latin et trad. anglaise dans l’éd. Menn et Smith, 2020, p. 153-197 ; trad. française de Simon Mougnol, 2010
- Johann Gottfried Kraus, recteur, lettre au lecteur datée de Wittenberg, 24 mai 1733, et salut du président Martin Gotthelf Loescher, avril 1734, imprimés en annexe de la dissertation trad. française de Simon Mougnol, 2010
- Anton Wilhelm Amo, *Tractatus de arte sobrie et accurate philosophandi*, 1738, reprise de l’axiome péripatéticien, p. 139, 141 et 146 de l’éd. T. U. Nwala, *William Amo’s Treatise on the Art of Philosophising Soberly and Accurately*, Nsukka, William Amo Centre for African Philosophy, University of Nigeria, 1990 ; trad. française de Simon Mougnol, 2010
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Sources primaires (suite)
- René Descartes, lettre à Élisabeth du 21 mai 1643 *Œuvres de Descartes*, éd. Charles Adam et Paul Tannery, t. III, p. 664-665 ; citée par Amo d’après l’édition latine des *Epistolae*, partie I, lettre 29
- René Descartes, *Meditationes de prima philosophia*, 1641, méditation VI, AT VII, 81 ; *Méditations métaphysiques*, trad. Louis-Charles d’Albert, duc de Luynes, 1647, AT IX-1, 64
- Jean Le Clerc, *Physica*, livre IV, chap. X, § 2-3 cité et discuté par Amo, *Apatheia*, chap. II, avertissement III
- Daniel Sennert, *Epitome scientiae naturalis*, livres VII et VIII cité et discuté par Amo, *Apatheia*, chap. II, avertissement II
- Aristote, *De la génération et de la corruption*, II, 9, 335b cité en grec par Amo, *Apatheia*, chap. II
- Properce, *Élégies*, IV, 7, 1 cité par Amo, *Apatheia*, chap. I, membre I, § 4, trad. Simon Mougnol
- Johann Peter von Ludewig, compte rendu de la dispute *De iure Maurorum in Europa*, Halle, novembre 1729 (le texte de la dispute est perdu)
- Johann Heinrich Zedler, *Grosses vollständiges Universal-Lexicon aller Wissenschaften und Künste*, premier volume de supplément, col. 1369-1370, notice « Amo (Anton Wilhelm) », Leipzig, 1751
- Johann Ernst Philippi, *Belustigende Poetische Schaubühne*, Köthen, librairie Cörner, 1747, pièces III et IV (la déclaration prêtée à « M. Amo zu Jena » et la réponse d’Astrine)
- Henri Grégoire, *De la littérature des nègres, ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités morales et leur littérature*, Paris, Maradan, 1808, chap. VIII, notice sur Amo (visite de Gallandat en 1753)
Bibliographie
- Stephen Menn et Justin E. H. Smith (éd. et trad.), *Anton Wilhelm Amo’s Philosophical Dissertations on Mind and Body*, New York, 2020, 252 p. Oxford University Press
- Anton Wilhelm Amo, *De humanae mentis apatheia. Tractatus de arte sobrie et accurate philosophandi*, textes originaux traduits par Simon Mougnol, Paris, 2010, 212 p. L’Harmattan
- Paulin J. Hountondji, « Un philosophe africain dans l’Allemagne du XVIIIᵉ siècle : Antoine-Guillaume Amo », *Les Études philosophiques*, 1970, n° 1, p. 25-46 Presses universitaires de France
- Paulin J. Hountondji, *Sur la « philosophie africaine ». Critique de l’ethnophilosophie*, Paris, 1977, chap. 5 Maspero
- T. U. Nwala, « Anthony Wilhelm Amo of Ghana on the Mind-Body Problem », *Présence africaine* 108, 1978, p. 158-165 Présence africaine
- Justin E. H. Smith, *Nature, Human Nature, and Human Difference : Race in Early Modern Philosophy*, Princeton, 2015 Princeton University Press
- Victor U. Emma-Adamah, *Anton Wilhelm Amo (1703-1756), the African-German Philosopher of Mind : an Eighteenth-Century Intellectual History*, thèse, Bloemfontein, 2015 University of the Free State
- Chris Meyns, « Anton Wilhelm Amo’s Philosophy of Mind », *Philosophy Compass* 14 (3), 2019, e12571 Wiley
- Julie Walsh, « Amo on the Heterogeneity Problem », *Philosophers’ Imprint* 19 (41), 2019, p. 1-18 Philosophers’ Imprint
- Peter West, « Mind-Body Commerce : Occasional Causation and Mental Representation in Anton Wilhelm Amo », *Philosophy Compass* 17 (9), 2022, e12872 Wiley
- Manuel Fasko et Peter West, « The Role of Intentions in Anton Wilhelm Amo’s Philosophical Project », *Journal of the History of Philosophy* 63 (3), 2025, p. 413-435 Johns Hopkins University Press
- Yual Chiek, compte rendu de Menn et Smith, *Journal of the History of Philosophy* 59 (4), 2021, p. 686-688 Johns Hopkins University Press
- John S. Wright, « Amo, Anton Wilhelm (c. 1703-56) », *Routledge Encyclopedia of Philosophy*, 1998, DOI 10,4324/9780415249126-Z001-1 Routledgehttps://doi.org/10.4324/9780415249126-Z001-1
Sources en ligne
- « Early Modern Rationalism » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/rationalism-early-modern/
- « Anton Wilhelm Amo : The African Philosopher in 18th Century Europe » Blog of the APA, American Philosophical Associationhttps://blog.apaonline.org/2018/02/08/anton-wilhelm-amo-the-african-philosopher-in-18th-europe/
- « Anton Wilhelm Amo (ca. 1703-59) » Black Central Europehttps://blackcentraleurope.com/sources/1500-1750/anton-wilhelm-amo/
- « Anton Wilhelm Amo argues against the legality of slavery in Europe (1729) » Black Central Europehttps://blackcentraleurope.com/sources/1500-1750/anton-wilhelm-amo-argues-against-the-legality-of-slavery-in-europe-1729/
- « Two recommendations for Anton Wilhelm Amo (1733 and 1734) » Black Central Europehttps://blackcentraleurope.com/sources/1500-1750/anton-wilhelm-amo-is-praised-and-defamed-1734-1747/
- « Anton Wilhelm Amo is defamed (1747) » Black Central Europehttps://blackcentraleurope.com/sources/1500-1750/anton-wilhelm-amo-is-defamed-1747/
- « Antoine Guillaume Amo, De humanae mentis apatheia, Tractatus de arte sobrie » (aperçu de l’édition Mougnol) L’Harmattanhttps://api.pageplace.de/preview/DT0400.9782296263758_A24214907/preview-9782296263758_A24214907.pdf
- « De la littérature des nègres, ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités morales et leur littérature » Gallica, Bibliothèque nationale de Francehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k844925.texteImage
- « 5 - Un philosophe africain dans l’Allemagne du XVIIIe siècle : Antoine-Guillaume Amo » Cairn.infohttps://shs.cairn.info/sur-la-philosophie-africaine--9782348030529-page-137?lang=fr
- « Actualités et spectralités de Paulin J. Hountondji. Introduction à “Des ‘Socrate’ par milliers ?” de Paulin J. Hountondji » Politikahttps://www.politika.io/fr/article/actualites-spectralites-paulin-j-hountondji-introduction-a-socrate-milliers-paulin-j
- « Julie Walsh, Amo on the Heterogeneity Problem » PhilPapershttps://philpapers.org/rec/WALAOT-12
- « Anton Wilhelm Amo’s Philosophical Dissertations on Mind and Body » Oxford University Presshttps://global.oup.com/academic/product/anton-wilhelm-amos-philosophical-dissertations-on-mind-and-body-9780197501627
- « Amo, Anton Wilhelm (c.1703–56) » Routledge Encyclopedia of Philosophyhttps://www.rep.routledge.com/articles/biographical/amo-anton-wilhelm-c-1703-56/v-1/bibliography/amo-anton-wilhelm-c-1703-56-bib












