Dans la page où meurt Alexis Iᵉʳ Comnène, l’héritier n’a pas de nom. Au chapitre 11 du quinzième et dernier livre de l’Alexiade, sa fille Anne nomme les médecins qui se disputent au chevet, Nicolas Kalliklès et Michel Pantechnès, raconte qu’elle posait la main droite sur le poignet de son père pour suivre son pouls, et que c’est elle qui annonça à sa mère, l’impératrice Irène, qu’il s’était arrêté. Elle date la mort du 15 août, jour où l’on fête la Dormition de la Vierge, en 1118. Pour son frère, une périphrase suffit. Le successeur de l’empereur, écrit-elle, était déjà parti en secret vers la demeure qui lui était réservée, avant de se hâter vers le Grand Palais. Ce successeur s’appelle Jean, il règne jusqu’en 1143, et sa sœur rédige ces lignes une trentaine d’années plus tard.
« Moi, Anne, fille de deux souverains »
Le prologue s’ouvre sur une signature. Moi, Anne, fille des souverains Alexis et Irène, « née et élevée dans la pourpre », écrit l’autrice dans la traduction anglaise d’Elizabeth Dawes, avant d’énumérer sa formation, un grec porté au plus haut degré, la rhétorique, les œuvres d’Aristote et les dialogues de Platon lus avec soin, puis les quatre disciplines du nombre, le quadrivium, que Dawes rend par « quaternion ». Être née dans la pourpre, porphyrogénète, revient à être l’enfant d’un empereur déjà sur le trône. Anne naît le 1ᵉʳ décembre 1083, deux ans après l’avènement de son père. Elle raconte au premier chapitre du livre III qu’elle fut élevée dès l’âge de huit ans auprès de l’impératrice Marie, mère du jeune Constantin Doukas, un enfant de sept ans qui ressemblait, écrit-elle, à une peinture d’Éros.
Le livre devait être celui d’un autre. Son mari, Nicéphore Bryenne, honoré de la dignité de césar, avait commencé une histoire d’Alexis, les Matériaux pour une histoire, que Paul Gautier a éditée et traduite en 1975, et que le prologue décrit arrêtée sous l’empereur Nicéphore III Botaniatès, avant l’avènement d’Alexis en 1081, parce que les circonstances ne permirent pas d’aller plus loin. Bryenne, ajoute-t-elle, rapporta avec lui une maladie fatale, et mourut vers 1137.
Au paragraphe 4 du prologue, Anne le pleure. Elle se dit saisie de vertige et mouille ses yeux de torrents de larmes, dont elle reçoit une double part, comme dit le tragique, avant de les essuyer pour revenir à un récit plus conforme à l’histoire. Leonora Neville a montré en 2013 que ces lamentations puisent dans une tradition grecque de déploration féminine et ajoutent délibérément une voix de femme à l’impassibilité attendue d’un historien.
Des vieux soldats devenus moines
Au chapitre 7 du livre XIV, Anne dit d’où elle tient ce qu’elle raconte. Depuis trente ans, écrit-elle, elle n’a vu ni entretenu aucun ami de son père, et vit à l’écart, occupée de livres et de Dieu. Elle a recueilli les récits de quelques vieillards qui étaient soldats à l’avènement d’Alexis et s’étaient ensuite retirés dans des monastères, lu les mémoires qui lui sont tombés entre les mains, et entendu son père lui-même, ainsi que ses oncles paternels et maternels. Le passage permet de dater à peu près la rédaction. Trente ans après la mort d’Alexis conduisent vers 1148, et la Bibliothèque nationale de France place l’écriture de l’Alexiade entre 1137 ou 1138 et 1148. Kyle Sinclair, qui a examiné en 2014 ses sources pour les affaires militaires, fait commencer le travail vers 1143, sous le règne de Manuel Iᵉʳ, neveu d’Anne, et juge quelque peu artificielle l’insistance de l’autrice sur les témoins oculaires, qui sert surtout à montrer qu’elle suivait la méthode des historiens classiques ; il se range au consensus qui la tient pour plus dépendante de documents écrits, rapports de campagne et mémoires militaires. Peter Frankopan a soutenu en 2013 que, pour les guerres contre les Normands d’Italie, elle a probablement lu les Gesta Roberti Wiscardi de Guillaume d’Apulie, poème latin sur Robert Guiscard, dans une traduction grecque.
En 1996, James Howard-Johnston a tiré de cette précision militaire une conclusion radicale. Des récits de campagne aussi détaillés, soutenait-il dans les actes d’un colloque tenu à Belfast en 1989, ne pouvaient venir que d’un Procope des derniers temps ou d’un vieux soldat, et le rôle d’Anne se serait borné à mettre en forme un ensemble de notes et de brouillons réunis par son mari. L’argument a pour lui la continuité des deux entreprises, puisque Bryenne avait commencé l’histoire qu’elle achève. Ruth Macrides lui a répondu en 2000 que l’intérêt pour la guerre appartient au genre même de l’histoire classicisante, pratiquée de longue date par des auteurs qui n’avaient guère vu de champ de bataille, et d’autres ont relevé entre l’ouvrage de Bryenne et l’Alexiade des écarts de style et de programme. Très peu de spécialistes, constate Sinclair, partagent aujourd’hui la thèse de Howard-Johnston.
Plut. 70,2
Le plus ancien témoin du texte se trouve à Florence, à la Biblioteca Medicea Laurenziana, sous la cote Plut. 70,2. Ce manuscrit de parchemin du XIIᵉ siècle compte 210 feuillets et il est incomplet aux deux bouts, puisque le texte commence mutilé dans les derniers mots du prologue et s’interrompt, mutilé lui aussi, au livre XIV, d’après la notice de la base Pinakes de l’Institut de recherche et d’histoire des textes. Le livre XV nous est parvenu avec des lacunes, que la traduction de Dawes signale en plusieurs endroits, jusque dans le chapitre de la mort d’Alexis.
En français, l’Alexiade se lit dans l’édition et la traduction du jésuite Bernard Leib, publiées aux Belles Lettres dans la Collection byzantine en quatre volumes entre 1937 et 1976, le dernier consacré à l’index ; Roger Goossens en rendait compte dès 1945 dans la Revue belge de philologie et d’histoire.
L’édition critique de référence est celle de Diether R. Reinsch et Athanasios Kambylis, parue à Berlin en 2001 dans le Corpus fontium historiae byzantinae, avec un volume d’index dressé par Foteini Kolovou et Reinsch. En anglais, la traduction d’E. R. A. Sewter, de 1969, a été révisée par Peter Frankopan pour Penguin en 2009.
Cucupeter
Quand les armées de la première croisade arrivent à Constantinople, en 1096 et 1097, Anne a treize ans. John France, qui a confronté en 1984 les livres X et XI aux récits latins, refuse pour cette raison d’en faire un témoin oculaire, même pour les événements de la capitale, et rappelle que ces pages ont été écrites au moins quarante ans après les faits. Les erreurs vont dans le même sens. Anne fait de Pierre l’Ermite l’initiateur de l’expédition, ignore le concile de Clermont, fait passer toutes les armées par l’Adriatique alors que Godefroy de Bouillon a pris une autre route, et confond la victoire de Godefroy à Ascalon, en 1099, avec la défaite de Baudouin à Ramla, en 1102.
Son récit s’ouvre sur un présage, des sauterelles qui épargnent le blé et ravagent les vignes, puis des sauterelles sans nombre qui précèdent chaque armée franque. Pierre y devient un Franc surnommé Cucupeter dans la traduction de Dawes, et la race latine passe pour très attachée à l’argent. Au chapitre 8 du livre X, Anne s’excuse d’introduire des noms barbares qui tachent le style de son histoire, et au chapitre 10 elle renonce à nommer les chefs, trop imprononçables. Elle soigne en revanche le portrait de Bohémond, au chapitre 10 du livre XIII, plus grand que les plus grands de presque une coudée, les yeux bleus, les cheveux tirant sur le jaune, un rire qui sonnait aux oreilles des autres comme un ébrouement, et une certaine séduction en partie gâtée par un air général d’horreur. France y voit le grand méchant du récit, introduit et noirci bien avant d’entrer en scène, et observe que la duplicité qu’Anne loue chez son père envers ses alliés occidentaux devient chez le Normand un vice de nature.
Choniatès écrit quatre-vingt-dix ans plus tard
La conjuration contre Jean II vient d’un historien d’une autre génération. Nicétas Choniatès avoue au début de son histoire n’avoir pas vu le règne de Jean et le raconter d’après des contemporains qui avaient personnellement connu l’empereur. Une bande de conjurés, écrit-il, se rallie à Bryenne et lui remet le pouvoir impérial, et l’affaire échoue par la lenteur et la mollesse habituelles du césar. Il ajoute, sous la forme d’un on-dit, une remarque obscène prêtée à la césarissa sur son mari. Les conjurés perdent leurs biens au lieu d’être mutilés ou fouettés, les trésors d’Anne sont rassemblés dans une seule pièce, puis le grand domestique persuade l’empereur de tout lui rendre, et Jean se réconcilie avec sa sœur. Choniatès prête aussi à l’empereur une plainte sur l’ordre naturel renversé, qui faisait de ses proches des ennemis et d’étrangers des amis.
Leonora Neville a repris l’affaire en 2016. Les sources contemporaines, observe-t-elle, laissent seulement deviner qu’un nuage pesait sur la succession de 1118, et le récit d’une Anne conspiratrice repose sur cette histoire scabreuse, composée environ quatre-vingt-dix ans après les faits par un auteur qui peint les Comnènes en famille déchirée. L’histoire de Jean Zonaras, contemporain d’Anne, reste ambiguë sur ce point. Neville lit aussi les plaintes de l’Alexiade comme une détresse mise en scène, destinée à rendre acceptable le travail d’une historienne, ce qui ôte à la rancœur supposée d’Anne son principal témoin.
Le camp qui croit au complot garde pourtant des arguments, et Barbara Hill avait défendu en 2000, dans le titre même de sa contribution à un volume collectif, une tentative d’usurpation. Choniatès dit tenir ses informations de gens qui avaient connu Jean, et l’histoire qu’il raconte, avec ses trésors entassés dans une même salle, l’intercession du grand domestique et la restitution finale, a tout d’une crise réglée en famille et dont on se souvenait à la cour, détail par détail, bien après la mort d’une princesse qu’aucune calomnie n’obligeait à faire rentrer en grâce. Et l’Alexiade elle-même montre un héritier qui quitte le chevet en secret pour courir au palais, conduite d’un homme qui craint qu’on lui dispute le trône.
On ne sait pas trancher, faute de tout document de 1118 ou de 1119 qui nomme un conjuré.
L’image de la princesse aigrie a d’autres auteurs. Au XVIIIᵉ siècle, Charles Lebeau, dans son Histoire du Bas-Empire, puis Edward Gibbon ont fondu les récits de Zonaras et de Choniatès, selon le compte rendu que Kenneth Scott Parker a donné du livre de Neville, et Gibbon a fait d’Anne, en 1788, une conspiratrice poussée par l’ambition et la vengeance, dont l’histoire trahit à chaque page la vanité d’un auteur femme. Le portrait a survécu. Une étude publiée à Osaka en 2008 présentait encore Anne en princesse affamée de pouvoir, et la notice de l’Encyclopædia Universalis signée par Pascal Culerrier rattache toujours son œuvre à une retraite forcée après l’échec de ses ambitions. Le même Gibbon, dans une note du chapitre 53, lui reconnaissait pourtant le droit de se vanter de son style grec, et invoquait, sur sa connaissance de Platon et du quadrivium, le témoignage de Zonaras, un contemporain qu’il jugeait sans complaisance envers elle.
Un autre superlatif court les couvertures. La réédition Penguin de 2009 présente l’Alexiade comme la première histoire narrative européenne écrite par une femme. La formule suppose d’écarter les épopées latines de Hrotsvit, religieuse de Gandersheim, qui célébra dans la seconde moitié du Xᵉ siècle les hauts faits des Ottoniens dans ses Gesta Ottonis et la fondation de son couvent dans les Primordia, probablement composés dans les années 970.
Dans l’enceinte de la Kécharitôménè
Anne a passé ses dernières années auprès du monastère de la Théotokos Kécharitôménè, la Vierge pleine de grâce, fondé à Constantinople par sa mère, Irène Doukaina. Neville refuse d’y voir une prison. Sa sœur Eudocie y était religieuse, mais les appartements d’Anne se trouvaient dans l’enceinte du domaine, à l’écart du monastère proprement dit, et ce voisinage la protégeait des soupçons d’inconduite tout en lui laissant le loisir d’étudier. Elif Demirtiken note qu’elle résida dans la fondation de sa mère sans jamais chercher à en fonder une elle-même. Quand elle y est entrée, on ne le sait pas.
Le principal témoin de ces années est un discours funèbre. Georges Tornikès, métropolite d’Éphèse, l’a prononcé pour elle, Robert Browning l’a fait connaître en 1962, et Jean Darrouzès l’a édité et traduit en 1970 avec les lettres et discours de Georges et de Dèmètrios Tornikès. L’orateur la montre réunissant des savants et commandant des commentaires sur Aristote ; Michel d’Éphèse, qui commenta l’éthique, la logique, la métaphysique et les traités biologiques du philosophe, appartenait très probablement à ce cercle, selon la notice que K. Ierodiakonou lui a consacrée en 2020. Un orateur de cour mettait en avant ce qui plaisait à ses commanditaires, rappelle Parker, et Neville tire de ce discours bienveillant l’éloge de l’intelligence et de la piété d’Anne. Elle reçut la tonsure, précise Neville d’après Browning, au moment de mourir.
À Dumbarton Oaks, un sceau de plomb du XIIᵉ siècle large de 31 millimètres, inventorié BZS.1955,1.4559, porte le nom d’une Anna Komnene, fille d’une césarissa et d’un très heureux despote césar. Ce n’est pas l’historienne. La notice du musée propose d’y reconnaître la fille de Jean Dalassène et de Marie Comnène, césars de 1136 à 1145, ou celle de Nicéphore Mélissène et d’Eudocie Comnène.
Sa mort n’a pas de date sûre. Neville la place en 1153 dans son article de 2013, Barbara Newman vers 1155, et la Bibliothèque nationale de France écrit 1148 ou plus tard, faute de sources contemporaines sur la fin de sa vie ; la formule de la bibliothèque paraît préférable, parce qu’elle s’en tient à la seule borne que fournit le texte. Cette borne tient à la phrase du livre XIV, et c’est la même phrase qui a nourri les deux lectures de sa vieillesse, puisque ses trente ans sans voir un ami de son père, passés avec des livres et avec Dieu, ont donné aux historiens la date de l’Alexiade et à la tradition née de Gibbon l’image d’une recluse que son frère aurait tenue loin du monde.
Pour aller plus loin
Le passage de la première croisade à Constantinople, en 1096-1097, se lit aussi chez les chroniqueurs latins qui accompagnaient les armées. Les guerres d’Alexis contre Robert Guiscard et Bohémond relèvent de l’histoire des Normands d’Italie du Sud, et l’histoire de Nicétas Choniatès conduit jusqu’à la prise de Constantinople par les croisés en 1204.
Écrire l’histoire, pour Anne Comnène, voulait d’abord dire finir le livre d’un autre. Cette princesse byzantine vit à Constantinople au XIIᵉ siècle. Son père, l’empereur Alexis, gouverne alors l’Empire byzantin. Son mari avait entrepris l’histoire de ce père, sans dépasser les années qui précèdent son règne, puis il est mort. Anne a repris la plume, et l’on se demande encore quelle femme se cache derrière ce livre.
Une fille raconte son père
Le livre porte le nom du père, l’Alexiade. Il compte quinze livres, écrits dans un grec très savant. Dès les premières lignes, Anne se présente elle-même. Elle se dit fille d’empereur, venue au monde pendant le règne de son père. Elle énumère ensuite ses études, des philosophes grecs jusqu’aux sciences du nombre.
Elle pleure aussi son mari. Les larmes l’aveuglent, écrit-elle, chaque fois qu’elle pense à lui. On a longtemps pris ces plaintes pour la preuve d’une vie amère. L’historienne Leonora Neville y entend plutôt un art appris. Anne reprend le ton des chants de deuil que les femmes grecques se transmettaient.
Pour raconter les guerres de son père, elle interroge de vieux soldats devenus moines. Elle lit aussi des récits écrits et se souvient de ce que son père lui disait. Un historien a même pensé qu’Anne s’était contentée de mettre en forme les notes de son mari. Presque personne ne le suit aujourd’hui.
Des étrangers aux noms barbares
Anne a treize ans quand les croisés traversent la capitale. Ces armées venues de l’Ouest traversent la ville où elle grandit. Elle en parle pourtant quarante ans plus tard. Elle mêle alors des batailles différentes et se trompe sur le début de l’expédition. Un spécialiste refuse donc de voir en elle un témoin direct.
Elle regarde ces étrangers avec méfiance. Leurs noms lui paraissent si barbares qu’ils abîmeraient son style. Elle soigne pourtant le portrait d’un de leurs chefs, le Normand Bohémond. Il est immense, il a les yeux bleus, et son rire ressemble à un ébrouement. Elle lui trouve du charme, gâché par quelque chose d’effrayant.
Un frère sans nom
Alexis meurt en 1118, et son fils Jean lui succède. Anne raconte cette mort en détail. Elle tient le poignet de son père et sent son pouls s’arrêter. Pourtant, elle ne donne même pas le nom de son frère.
Un historien byzantin plus tardif raconte un complot. Il s’appelle Nicétas Choniatès. Il écrit environ quatre-vingt-dix ans plus tard. Selon lui, des conjurés voulaient donner le trône au mari d’Anne, et l’affaire aurait échoué à cause de la mollesse de ce mari. Choniatès assure tenir ces détails de gens qui avaient connu l’empereur Jean.
Leonora Neville rejette ce récit, écrit trop longtemps après. Les textes de l’époque laissent seulement deviner une succession tendue. D’autres spécialistes croient au complot. Ils rappellent que Jean, d’après sa sœur elle-même, quitte le chevet en cachette pour courir au palais. Personne ne peut trancher, car aucun document de l’époque ne nomme un conjuré.
En 1788, l’historien Edward Gibbon s’empare de l’affaire. Il fait d’Anne une femme rongée par l’ambition et la vengeance. Il se moque aussi de sa vanité d’écrivain. Cette image d’une princesse aigrie se retrouve encore dans des ouvrages récents.
Une vieillesse parmi les livres
Anne finit sa vie près d’un monastère fondé par sa mère. Elle y a son propre logement, à l’écart des religieuses. On ignore à quelle date elle s’y installe. Dans son livre, elle dit avoir passé trente ans sans revoir les amis de son père, avec ses livres et Dieu pour compagnie.
Un évêque a prononcé son éloge funèbre. Il la montre entourée de savants, à qui elle demande d’expliquer les œuvres d’Aristote. Elle reçoit l’habit religieux au moment de mourir. L’année de sa mort reste inconnue.
À Florence, une bibliothèque conserve le plus ancien manuscrit de l’Alexiade. Ce volume de parchemin a perdu ses premières pages et s’arrête avant la fin du récit.
La version complète décrit le sceau de plomb de Dumbarton Oaks que l’on pourrait croire le sien, et la formule d’éditeur qui fait de l’Alexiade la première histoire européenne écrite par une femme.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Anne Comnène, Alexiade, prologue, § I (« I, Anna, the daughter of two royal personages, Alexius and Irene, born and bred in the purple », grec, rhétorique, Aristote, Platon, « quaternion »), § III (histoire de Nicéphore Bryenne arrêtée à Nicéphore III Botaniatès, maladie fatale) et § IV (vertige, torrents de larmes, double part de larmes, retour à un récit plus historique), trad. Elizabeth A. S. Dawes, The Alexiad, Internet Medieval Sourcebook ; numérotation Prol. 4,1-4,3 d’après Neville 2013
- Anne Comnène, Alexiade, III, 1 : élevée dès l’âge de huit ans auprès de l’impératrice Marie, Constantin Doukas âgé de sept ans et semblable à une peinture d’Éros, trad. Dawes
- Anne Comnène, Alexiade, X, 5-6 (sauterelles, armées franques, un Franc nommé Pierre surnommé « Cucupeter », race latine attachée à l’argent), X, 8 (noms barbares qui tachent le style de l’histoire) et X, 10 (chefs aux noms imprononçables), trad. Dawes
Voir les 40 sources restantesMasquer les autres sources
Sources primaires (suite)
- Anne Comnène, Alexiade, XIII, 10 : portrait de Bohémond (presque une coudée de plus que les plus grands, yeux bleus, cheveux jaunâtres, rire semblable à un ébrouement, « A certain charm hung about this man but was partly marred by a general air of the horrible »), trad. Dawes
- Anne Comnène, Alexiade, XIV, 7 : trente ans sans voir ni entretenir un ami de son père, vie consacrée aux livres et à Dieu, vieux soldats retirés dans des monastères, mémoires écrits, récits d’Alexis et de ses oncles paternels et maternels, trad. Dawes
- Anne Comnène, Alexiade, XV, 11 : mort d’Alexis le 15 août, médecins Nicolas Kalliklès et Michel Pantechnès, pouls suivi par Anne, impératrice Irène, successeur parti en secret puis hâté vers le Grand Palais, passages lacunaires, trad. Dawes
- Anne Comnène, Alexias, parchemin, XIIᵉ siècle, ff. 1-210v, texte commençant mutilé dans les derniers mots du prologue et s’interrompant mutilé au livre XIV, décrit dans Bandini et al., 1961, II, p. 656-657 Florence, Biblioteca Medicea Laurenziana, Plut. 70,2
- Nicéphore Bryenne, Hylè historias (Matériaux pour une histoire), éd. et trad. Paul Gautier, Nicéphore Bryennios. Histoire, Corpus fontium historiae byzantinae 9, 1975, d’après Ducellier 1979
- Nicétas Choniatès, Historia, règne de Jean II Comnène, § 4 (récit fondé sur des contemporains ayant personnellement connu l’empereur), § 10 (conjurés ralliés à Bryenne, « customary sluggishness and languor », anecdote donnée pour un on-dit sur la césarissa) et § 11 (biens confisqués, trésors d’Anne réunis dans une salle, restitution sur l’intervention du grand domestique, réconciliation, « How the natural order of things has been inverted for me ! »), trad. Harry J. Magoulias, O City of Byzantium. Annals of Niketas Choniates, Detroit, Wayne State University Press, 1984, numérotation de la mise en ligne de ToposText
- Jean Zonaras, Épitomé des histoires : récit de la succession de 1118 jugé ambigu par Parker 2017 ; éloge de la culture d’Anne cité par Gibbon, chap. 53, n. 111
- Georges Tornikès, métropolite d’Éphèse, oraison funèbre d’Anne Comnène, éd. et trad. Jean Darrouzès, Georges et Dèmètrios Tornikès, Lettres et discours, Paris, Éditions du CNRS, coll. « Le monde byzantin », 1970, 381 p., texte aux p. 283-301 (pagination d’après Sinclair 2014) : savants réunis autour d’Anne, commentaires d’Aristote commandés ; tonsure au moment de la mort, d’après Neville 2013, p. 198
- Guillaume d’Apulie, Gesta Roberti Wiscardi, poème latin sur Robert Guiscard, utilisé selon Frankopan 2013 dans une traduction grecque, cité d’après Sinclair 2014
- Charles Lebeau, Histoire du Bas-Empire, récit de la conspiration d’Anne fondé sur Zonaras et Choniatès, cité d’après Parker 2017 [À VÉRIFIER : tome et pages non consultés]
- Edward Gibbon, The History of the Decline and Fall of the Roman Empire, 1788 : Anne poussée par « ambition and revenge », une histoire qui trahit « in every page the vanity of a female author », cité d’après Newman 2017 [À VÉRIFIER : chapitre non relevé] ; chap. 53, n. 111 : « Anna Comnena may boast of her Greek style », Zonaras « her contemporary, but not her flatterer », Platon et quadrivium
- Sceau de plomb au nom d’« Ἄννης Κομνηνῆς θυγατρὸς καισαρίσσης καὶ δεσπότου καίσαρος », XIIᵉ siècle, diam. 31 mm, Zacos-Veglery n° 2722 bis (a) Dumbarton Oaks, Washington, Byzantine Seals, BZS.1955,1.4559
- Hrotsvit de Gandersheim, Gesta Ottonis et Primordia coenobii Gandeshemensis, épopées sur les Ottoniens et sur la fondation de Gandersheim, les Primordia probablement composés dans les années 970, d’après Greer 2017 et la notice du consortium des Five Colleges of Ohio
Bibliographie
- Anne Comnène, Alexiade (règne de l’empereur Alexis I Comnène, 1081-1118), texte établi et traduit par Bernard Leib, 4 vol. (t. IV, index), Paris, 1937-1976, Collection byzantine Les Belles Lettres
- Roger Goossens, compte rendu de Anne Comnène, Alexiade, texte établi et traduit par Bernard Leib, Revue belge de philologie et d’histoire 24, 1945, p. 290-295 Revue belge de philologie et d’histoire
- Diether R. Reinsch et Athanasios Kambylis (éd.), Annae Comnenae Alexias, I, Prolegomena et textus, II, Indices, digesserunt Foteini Kolovou et Diether R. Reinsch, Corpus fontium historiae byzantinae, Series Berolinensis 40/1-2, Berlin, 2001, t. II, 271 p., ISBN 3-11-015813-2 Walter de Gruyter
- Leonora Neville, Anna Komnene : The Life and Work of a Medieval Historian, 2016, DOI 10,1093/acprof:oso/9780190498177 001,0001 Oxford University Presshttps://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780190498177
- Leonora Neville, « Lamentation, History, and Female Authorship in Anna Komnene’s Alexiad », Greek, Roman, and Byzantine Studies 53 (1), 2013, p. 192-218 Greek, Roman, and Byzantine Studies
- James Howard-Johnston, « Anna Komnene and the Alexiad », dans Margaret Mullett et Dion Smythe (dir.), Alexios I Komnenos. Papers of the Second Belfast Byzantine International Colloquium, 14-16 April 1989, Byzantine Texts and Translations 4, Belfast, 1996, p. 260-302 Belfast Byzantine Enterprises
- Thalia Gouma-Peterson (dir.), Anna Komnene and Her Times, New York et Londres, 2000, xiv-193 p., contributions de Barbara Hill (« Actions Speak Louder Than Words : Anna Komnene’s Attempted Usurpation ») et de Ruth Macrides (« The Pen and the Sword : Who Wrote the Alexiad ? », p. 63-82) Garland
- Kyle Sinclair, « Anna Komnene and her Sources for Military Affairs in the Alexiad », Estudios bizantinos 2, 2014, p. 143-185, DOI 10,1344/EBizantinos2014,2.6 Estudios bizantinoshttps://doi.org/10.1344/EBizantinos2014.2.6
- Peter Frankopan, « Turning Latin into Greek : Anna Komnene and the Gesta Roberti Wiscardi », Journal of Medieval History 39 (1), 2013, p. 80-99, cité d’après Sinclair 2014 Journal of Medieval History
- John France, « Anna Comnena, the Alexiad and the First Crusade », Reading Medieval Studies 10, 1984, p. 20-38 Reading Medieval Studies
- Robert Browning, « An Unpublished Funeral Oration on Anna Comnena », Proceedings of the Cambridge Philological Society, n. s. 8, 1962, p. 1-12, DOI 10,1017/S0068673500005290 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/S0068673500005290
- K. Ierodiakonou, « Michael of Ephesus », dans H. Lagerlund (dir.), Encyclopedia of Medieval Philosophy, Dordrecht, 2020, DOI 10,1007/978-94-024-1665-7_334 Springerhttps://doi.org/10.1007/978-94-024-1665-7_334
- Alain Ducellier, compte rendu de Paul Gautier (éd. et trad.), Nicéphore Bryennios, « Histoire », 1975, Cahiers de civilisation médiévale 22 (88), octobre-décembre 1979, p. 388-390 Cahiers de civilisation médiévale
Sources en ligne
- « Pinakes | Πίνακες », notice Firenze, Biblioteca Medicea Laurenziana, Plut. 70,2 Institut de recherche et d’histoire des textes, CNRShttps://pinakes.irht.cnrs.fr/notices/cote/16567/
- « AnnaComnena Alexiad00 », préface de l’Alexiade, trad. Elizabeth A. S. Dawes, avec les pages des livres III, X, XIII, XIV et XV de la même traduction Fordham University, Internet Medieval Sourcebookhttps://origin-rh.web.fordham.edu/Halsall/basis/AnnaComnena-Alexiad00.asp
- « Niketas Choniates, Annals (Nik.Chon.) », trad. Harry J. Magoulias ToposTexthttps://topostext.org/work/781
- « Notice de personne », Anne Comnène (1083-1148 ?), rédaction de l’Alexiade entre 1137/1138 et 1148, mort en 1148 ou plus tard Bibliothèque nationale de France, catalogue généralhttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb11888887c
- « The Alexiad », trad. E. R. A. Sewter, éd. révisée par Peter Frankopan, 2009, présentation de l’éditeur Penguin Bookshttps://www.penguin.co.uk/books/35510/the-alexiad-by-anna-komnene-trans-e-r-a-sewter-ed-peter-frankopan/9780140455274
- « Anna Komnene : The Life and Work of a Medieval Historian », compte rendu de Barbara Newman, « Byzantine Laments », London Review of Books 39 (5), 2017 London Review of Bookshttps://www.lrb.co.uk/v39/n05/barbara-newman/byzantine-laments
- « Neville, Anna Komnene : The Life and Works of a Medieval Historian (Oxford University Press, 2016) », compte rendu de Kenneth Scott Parker, Royal Studies Journal 4 (2), 2017, p. 226-228, DOI 10,21039/rsj.v4i2 152 University of Winchesterhttps://rsj.winchester.ac.uk/articles/10.21039/rsj.v4i2.152
- « ANNE COMNÈNE (1083-1148) », Pascal Culerrier Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/anne-comnene/
- « Challenge to the Throne : the Byzantine Princess Anna Komnene and Conspiracies, 1118-1119 », Ayana Katakura, dans Comparative Studies on Urban Cultures, Osaka City University, 2008 Medievalists.nethttps://www.medievalists.net/2016/02/challenge-to-the-throne-the-byzantine-princess-anna-komnene-and-conspiracies-1118-1119/
- Edward Gibbon, The Decline and Fall of the Roman Empire, chap. 53, note 111 Christian Classics Ethereal Libraryhttps://www.ccel.org/g/gibbon/decline/volume2/nt530/111.htm
- « Anna Komnene, daughter of the kaisarissa and despotes kaisar (twelfth century) », BZS.1955,1.4559 Dumbarton Oaks, Byzantine Sealshttps://www.doaks.org/resources/seals/byzantine-seals/BZS.1955.1.4559/view
- Elif Demirtiken, « Dynamics of Monastic Patronage in Constantinople, 1081-1182 and 1261-1328 », note 53 Central European University, Annual of Medieval Studies at CEUhttps://ams.ceu.edu/2015/Demirtiken.pdf
- « Using the past in Hrotsvitha of Gandersheim’s ’Primordia’ », Sarah Greer, 21 février 2017 University of St Andrews, After Empirehttps://arts.st-andrews.ac.uk/after-empire/2017/02/21/using-the-past-in-hrotsvitha-of-gandersheims-primordia/
- Notice sur Hrotsvit de Gandersheim, Medieval Women Writers Five Colleges of Ohio Consortiumhttps://cc.owu.edu/~dglatein/medwomwrit/hrotsvit/index.htm

.jpg?width=1200)
.jpg?width=500)









_fol._112v-113r_Pandects_excerpt.jpg?width=500)