Mille sept cent dix-sept demandes enregistrées, un millier de permissions accordées avec certitude. Les deux chiffres viennent des registres de la Chancellerie conservés à la Bibliothèque nationale de France, transcrits par son service de l’Inventaire rétrospectif pour la période de décembre 1750 à octobre 1763. Entre les deux, sept cents requêtes restent sans issue connue. Chacune a pu donner un livre sous fausse adresse étrangère, avec l’accord discret d’un magistrat, ou rien du tout. Ce magistrat n’avait pas encore atteint la trentaine à sa nomination, s’appelait Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, et la mémoire des Lumières l’a installé au rang de protecteur de Diderot.
« Tolérer ce qu’on ne peut pas empêcher »
Sous l’Ancien Régime, un livre qui paraît légalement en France porte en tête l’approbation d’un censeur royal et le privilège du roi, qui vaut autorisation et monopole de vente. Le directeur de la Librairie distribue les manuscrits aux censeurs, accorde ou refuse les privilèges et commande à des inspecteurs, dont Joseph d’Hémery. En décembre 1750, Malesherbes reçoit la charge de son père, le chancelier Guillaume de Lamoignon ; il préside déjà la Cour des aides, cour souveraine du contentieux fiscal.
Depuis 1709 fonctionne à côté une procédure mise en place par l’abbé Jean-Paul Bignon, la permission tacite. Rien n’est imprimé en tête du volume, qui peut afficher une fausse adresse étrangère. La BnF en compte six par an dans la décennie 1719-1729, cent soixante-dix-huit par an entre 1764 et 1786. Le marché échappe quand même.
Selon la même institution, plus de la moitié des livres français publiés entre 1750 et 1800 l’ont probablement été hors du royaume. L’époque moderne, entre la fin du XVᵉ siècle et la Révolution, n’a d’ailleurs jamais connu de censure unique, et le roi dispute ce droit à la Sorbonne, aux évêques et aux parlements.
En 1758 et 1759, pour son père, Malesherbes rédige cinq mémoires sur ce système. Demeurés manuscrits, ils paraissent en 1809 chez Agasse, quinze ans après sa mort, et Roger Chartier les a réédités en 1994 à l’Imprimerie nationale. Le diagnostic est d’un administrateur qui compte ses moyens. Il y pose une règle, « pour faire respecter les défenses, il ne faut faire que celles qui pourront être exécutées, et […] il vaut mieux tolérer ce qu’on ne peut pas empêcher », et voudrait réserver la censure obligatoire aux écrits qui s’en prennent à la religion, à l’autorité du roi ou aux mœurs, le reste étant laissé au jugement du public. Tolérer n’a jamais voulu dire tout tolérer. Jean Balcou relève que pour Malesherbes un journaliste n’était pas un auteur ni un périodique un livre, si bien que la presse échappait à ses réflexions sur la liberté d’imprimer. Or c’est dans L’Année littéraire, lancée au début de 1754, qu’Élie Fréron attaque la « clique » des encyclopédistes, et le directeur passe des années à arbitrer entre eux.
Diderot déménage ses manuscrits
La scène qui a fait sa réputation vient d’un texte de famille. Marie-Angélique de Vandeul, fille de Diderot, écrit que l’Encyclopédie ayant « encore » été arrêtée, le directeur de la Librairie prévint son père qu’il donnerait le lendemain l’ordre d’enlever ses papiers et ses cartons. Diderot s’affole, ne voit pas où déménager ses manuscrits en vingt-quatre heures, et s’entend répondre « Envoyez-les tous chez moi, l’on ne viendra pas les y chercher ». Il y aurait fait porter, précise-t-elle, la moitié de son cabinet.
Le témoignage a des faiblesses, et elles se mesurent. Mme de Vandeul écrit après la mort de son père, en 1784 ; son manuscrit circule à Paris dès 1787 et n’est imprimé en France qu’en 1830, chez Paulin. Elle ne date pas la scène. Deux crises s’offrent. Après l’arrêt du Conseil du 7 février 1752, qui supprime les deux premiers volumes, la chronologie réunie par le projet ARTFL de l’université de Chicago note que Malesherbes fit mettre à l’abri les papiers de Diderot et des libraires, peut-être chez son père ; on ne sait pas le trancher. En 1759 tombe la révocation du privilège. Nous retenons cette seconde date, parce que le mot « encore », dans le récit de la fille, renvoie à une deuxième interruption de l’ouvrage.
L’année 1759 se lit presque jour par jour. Dès le 23 janvier, l’avocat général Jean-Omer Joly de Fleury requiert devant le parlement contre huit livres, De l’esprit et l’Encyclopédie compris. Le 6 février, le premier est condamné au feu, le second renvoyé devant une commission de révision. Par un arrêt du Conseil du 8 mars, le roi révoque le privilège de 1746. Les libraires proposent alors d’imprimer à l’étranger ou de continuer en France sous tolérance, et Malesherbes écarte la première solution sans répondre sur la seconde. En retirant le privilège, le Conseil ôtait au parlement sa prise juridique sur un livre que personne n’était plus censé publier, et les dix derniers volumes de texte sortent en janvier 1766 sous l’adresse fictive de Neufchâtel, chez Samuel Fauche.
L’approbation du 27 mars 1758
L’affaire De l’esprit dérange le portrait, parce qu’on y voit le directeur agir contre un philosophe. Claude-Adrien Helvétius, maître d’hôtel de la reine, veut publier son traité en France avec approbation et privilège. Le censeur choisi est Jean-Pierre Tercier, premier commis des Affaires étrangères, qui accepte, selon le diplomate Pierre-Michel Hennin, sur l’insistance d’Helvétius, de ses amis et de Malesherbes lui-même. Il approuve le 27 mars 1758, et le privilège suit le 12 mai. Dans une lettre à Louis XV de février 1759, Tercier dira avoir reçu les cahiers par liasses d’une trentaine de pages, dans un ordre renversé.
Une fois le livre imprimé, les choses vont vite. Le 27 juin, Malesherbes convoque l’auteur et fait suspendre la publication chez le libraire Durand. Du 8 au 12 juillet, un second censeur, l’abbé Jean-Jacques Barthélemy, relit le texte et fait mettre des cartons, ces feuillets réimprimés qu’on substitue aux pages jugées dangereuses. Le livre paraît le 27 juillet, date que donne le journal de l’inspecteur d’Hémery. Vers le 1er août, Malesherbes écrit à Tercier que les plaintes du public l’ont engagé à parcourir l’ouvrage et qu’il a été « étonné du jugement que vous en avez porté ».
Le 10 août 1758, un arrêt du Conseil révoque le privilège. L’introduction de Jonas Steffen à l’édition critique de De l’esprit, parue chez Champion en 2016, précise qu’il fut préparé par Malesherbes et par son père. Choiseul renvoie ensuite Tercier des Affaires étrangères, et Helvétius renonce à sa charge chez la reine. Didier Ozanam, qui a reconstitué en 1955 la disgrâce du premier commis, montre un lecteur qui s’était laissé imposer, par complaisance, des conditions de lecture où il ne pouvait pas mesurer la portée du livre.
Le protecteur des philosophes a donc préparé lui-même la révocation du privilège d’un philosophe.
Barruel
La réputation de Malesherbes s’est fabriquée de deux côtés à la fois, et presque en même temps. Chez les amis des philosophes, le récit de Mme de Vandeul circule dès 1787. En face, l’abbé Augustin Barruel publie les Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme, dont l’édition de Hambourg, chez P. Fauche, compte cinq volumes parus en 1798 et 1799, et qui font de la Révolution l’aboutissement d’un complot des philosophes, Voltaire et les encyclopédistes en tête. L’ancien directeur de la Librairie y figure parmi les complices. Au tome I, page 264, Barruel lui reproche d’avoir effacé « d’un seul mot » les lois de la librairie, « en prétendant que tout livre, soit impie, soit religieux, soit séditieux, n’était qu’une affaire de commerce ». François Moureau, qui relève la phrase, y voit le travestissement des arguments économiques que Malesherbes avançait réellement pour suspendre à l’occasion les règlements, en particulier sur les contrefaçons que la cherté des livres parisiens attirait en Hollande, en Suisse ou en Allemagne. Entre 1787 et 1799, l’image du refuge et celle du complice ont été fixées par des auteurs qui avaient chacun besoin de lui, une fille soucieuse de la mémoire de son père et un abbé résolu à expliquer la chute de la monarchie par les livres.
Pierre Grosclaude publie en 1961 une biographie nourrie d’archives, que Moureau juge encore utile. En 2007, dans quatre conférences données au Collège de France, Raymond Birn part des rapports de censure conservés pour l’administration Malesherbes et parle de « censure positive » pour les réformes que la Librairie favorisait, notamment sur les protestants et sur l’inoculation, jusqu’à faire du directeur l’arbitre de la vie culturelle. Moureau reprend le dossier en 2018 dans la revue Dix-huitième siècle et constate que le statut de Malesherbes dans l’histoire politique et intellectuelle des Lumières reste plein d’ambiguïté.
La relecture critique a pourtant ses limites, et le camp du protecteur garde des arguments solides. Un millier de permissions tacites en treize ans, ce sont autant de livres imprimés dans le royaume au lieu de l’être hors de ses frontières. En mai 1762, l’Émile de Rousseau est mis en vente à Paris chez Nicolas-Bonaventure Duchesne sous l’adresse fictive « À La Haye, chez Jean Néaulme », quelques mois après les quatre lettres de janvier où Rousseau dépeint pour le directeur son propre caractère. Le parlement condamne pourtant le livre au feu le 9 juin. Les archives montrent un agent du roi qui défend la prérogative royale en matière de livres contre le parlement, la Sorbonne et les évêques qui la lui disputent, et qui couvre des auteurs quand cette prérogative et leur intérêt coïncident, ce qui arrive souvent sans arriver toujours, et jamais au point de changer de camp quand la cour se fâche, comme en août 1758.
Trois jours d’avril 1794
Malesherbes quitte la Librairie en octobre 1763, remplacé par Antoine de Sartine, et sera deux fois ministre. Son mémoire sur la liberté de la presse, écrit à la veille des états généraux, est d’ordinaire daté de 1788, mais la copie de la collection Anisson-Duperron porte février 1789. En décembre 1792, il défend Louis XVI devant la Convention avec François-Denis Tronchet et Raymond de Sèze. Il est guillotiné le 22 avril 1794, le 3 floréal an II ; sa fille, son gendre, sa petite-fille et le mari de celle-ci meurent sur l’échafaud le même printemps.
Quinze ans jour pour jour avant son exécution, le 22 avril 1779, il invitait Benjamin Franklin à dîner le mardi suivant, en faisant valoir que la cour, partie pour Marly, libérait ce jour ordinaire de Versailles. La lettre signée est conservée à l’American Philosophical Society.
Ses papiers de directeur ont suivi un autre chemin. Entre la mi-1792 et 1794, Étienne-Alexandre-Jacques Anisson-Duperron, dernier directeur de l’Imprimerie royale, achète à l’ancien inspecteur d’Hémery cent trente-trois manuscrits où figurent, selon la fiche du Comité d’histoire de la BnF, les papiers de Malesherbes presque tous en minutes autographes. Anisson est guillotiné le 25 avril 1794, trois jours après l’homme dont il détenait les brouillons, et la collection entre à la Bibliothèque nationale sous les cotes 22061 à 22193 du fonds français.
Un registre compte des demandes et des accords, il ne garde ni les conversations de cabinet ni les avertissements donnés la veille d’une saisie, et les sept cents requêtes sans issue connue des années 1750-1763 appartiennent à cette zone que l’écrit n’a pas retenue. Le volume Français 22191, intitulé Correspondance de Malesherbes concernant les ouvrages parus durant son administration, 1759-1763, se consulte au département des Manuscrits de la BnF sur microfilm d’abord, l’original n’étant communiqué que sur demande motivée.
Pour aller plus loin
L’Encyclopédie comme entreprise éditoriale, avec ses libraires associés, ses souscripteurs et ses volumes de planches, prolonge ce sujet du côté des marchands. La condamnation de l’Émile en 1762 et la fuite de Rousseau en montrent l’autre versant, celui des juridictions que le directeur de la Librairie ne commandait pas. Les imprimeries de Hollande et de Suisse, enfin, racontent le marché que la tolérance royale cherchait à retenir en France.
Au XVIIIᵉ siècle, en France, un livre ne pouvait pas être imprimé librement. Il fallait qu’un censeur nommé par le roi lise le manuscrit et l’approuve, puis que le roi accorde un privilège, c’est-à-dire l’autorisation d’imprimer et le droit exclusif de vendre. De 1750 à 1763, le service qui organisait tout cela, la Librairie, était dirigé par un jeune magistrat, Malesherbes. On le présente souvent comme le protecteur des philosophes. Les archives racontent une histoire plus mêlée.
Un chef de la censure qui préfère tolérer
Malesherbes reçoit ce poste de son père, le chancelier. Il distribue les manuscrits aux censeurs, accorde ou refuse les privilèges et dirige des inspecteurs.
À côté du privilège, il existe une autorisation plus discrète, la permission tacite. Rien n’est imprimé en tête du livre, qui peut même prétendre avoir été publié à l’étranger. Sous Malesherbes, les registres conservés à la Bibliothèque nationale de France notent 1 717 demandes de ce type. Un millier seulement ont été accordées avec certitude. Pour les autres, on ne sait pas ce qu’elles sont devenues.
En 1758 et 1759, Malesherbes écrit pour son père cinq mémoires sur le commerce des livres. Il y explique qu’il vaut mieux tolérer ce qu’on ne peut pas empêcher. Selon lui, seuls les livres qui attaquent la religion, le roi ou les mœurs devraient être contrôlés de près. Les journaux, en revanche, ne l’intéressent pas de la même façon : pour lui, un journaliste n’est pas un auteur.
Les manuscrits cachés chez le censeur
La scène qui a fait sa réputation vient de la fille de Diderot. Elle raconte qu’un jour, l’Encyclopédie ayant été arrêtée, Malesherbes prévint son père qu’il ferait saisir ses papiers le lendemain. Diderot ne savait pas où les mettre à l’abri. Malesherbes lui répondit de les envoyer chez lui, puisque personne ne viendrait les y chercher.
Le récit n’est pas daté. Il peut concerner 1752, quand les deux premiers volumes de l’Encyclopédie furent interdits, ou 1759, quand l’autorisation de l’ouvrage fut retirée. En 1759, le retrait du privilège a d’ailleurs eu un effet inattendu. Le parlement de Paris, qui voulait juger l’Encyclopédie, n’avait plus de prise sur un livre qui n’existait plus officiellement. Les derniers volumes sont sortis en 1766, sous une fausse adresse étrangère.
Le livre d’Helvétius
Une autre affaire montre Malesherbes du côté de la répression. En 1758, le philosophe Helvétius publie un traité intitulé De l’esprit, avec l’approbation d’un censeur, Jean-Pierre Tercier, et un privilège royal. Le livre fait scandale à la cour.
Malesherbes fait d’abord suspendre la vente et demande à un second censeur de supprimer des passages. Puis, le 10 août 1758, un arrêt du Conseil du roi retire le privilège. Ce texte a été préparé par Malesherbes et son père. Le censeur perd son poste aux Affaires étrangères, et le livre est brûlé en février 1759 sur ordre du parlement.
Protecteur ou complice ?
L’image de Malesherbes s’est formée très vite, dans deux camps opposés. La fille de Diderot en fait un sauveur. À l’inverse, l’abbé Barruel, un auteur hostile à la Révolution, l’accuse à la fin des années 1790 d’avoir laissé passer tous les livres en les traitant comme de simples marchandises.
Les historiens d’aujourd’hui sont plus nuancés. Certains soulignent qu’il a laissé paraître en France un grand nombre de livres qui, sinon, auraient été imprimés à l’étranger, et que l’Émile de Rousseau a pu être imprimé à Paris. D’autres rappellent qu’il restait un serviteur du roi, qui défendait d’abord le pouvoir royal contre le parlement et l’Église, et qui ne résistait pas quand la cour exigeait une sanction.
Un destin tragique
Malesherbes quitte la Librairie en 1763. Pendant la Révolution, il accepte de défendre Louis XVI devant la Convention. Il est guillotiné le 22 avril 1794, et plusieurs membres de sa famille meurent aussi sur l’échafaud.
Ses papiers de directeur ont été rassemblés par Anisson-Duperron, le dernier directeur de l’Imprimerie royale, guillotiné trois jours après lui. Ils sont aujourd’hui conservés à la Bibliothèque nationale de France.
Le détail des registres de permissions, l’enquête sur la date des manuscrits cachés et la fabrication de la légende de Malesherbes occupent l’article classique.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Registres des permissions tacites de la Chancellerie, 1750-1789, et registres de la chambre syndicale des libraires de Paris, 1750-1789 (1 717 demandes enregistrées et environ 1 000 permissions accordées avec certitude pour 1750-1763) Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Français 21983, 21986, 21991-21994 et 22103 ; Français 21982 et 21985
- Collection Anisson-Duperron sur la Librairie et l’Imprimerie, 133 manuscrits acquis de l’ancien inspecteur Joseph d’Hémery, contenant les papiers de Malesherbes presque tous en minutes autographes ; en particulier Français 22191, « Correspondance de Malesherbes concernant les ouvrages parus durant son administration, 1759-1763 », consultation prioritaire sur microfilm Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Français 22061-22193
- Malesherbes, mémoire « sur la liberté de la presse en général et particulièrement sur le parti qu’il convient de prendre dans l’instant de la convocation prochaine des États généraux », copie datée de février 1789 Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Français 22182
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Sources primaires (suite)
- Malesherbes, Mémoires sur la librairie, cinq mémoires rédigés en 1758-1759 pour le chancelier de Lamoignon, première édition posthume Paris, Agasse, 1809 ; citation « il vaut mieux tolérer ce qu’on ne peut pas empêcher » d’après l’édition de Roger Chartier, Paris, Imprimerie nationale, 1994 [numéro du mémoire et page À VÉRIFIER]
- Marie-Angélique de Vandeul, Mémoires pour servir à l’histoire de la vie et des ouvrages de Diderot, manuscrit en circulation à Paris dès 1787, première édition française Paris, Paulin, 1830 ; récit des manuscrits envoyés chez Malesherbes édition J. Assézat et M. Tourneux, Œuvres complètes de Diderot, t. I, Paris, Garnier, 1875, p. xxix-lxii
- Arrêt du Conseil du roi du 7 février 1752 ordonnant que les deux premiers volumes de l’Encyclopédie « seront et demeureront supprimés » texte et chronologie réunis par l’ARTFL Encyclopédie, université de Chicago
- Actes de 1759 contre l’Encyclopédie et De l’esprit : réquisitoire devant le parlement de Paris du 23 janvier, arrêt du parlement du 6 février (De l’esprit condamné au feu, exécuté le 10), arrêt du Conseil du roi du 8 mars révoquant le privilège de 1746 chronologie de l’ARTFL Encyclopédie, université de Chicago
- Claude-Adrien Helvétius, De l’esprit, Paris, Durand, 1758, in-4°, approbation de Jean-Pierre Tercier du 27 mars 1758, privilège du 12 mai 1758 ; exemplaire de Diderot de la première émission Bibliothèque nationale de Russie, Saint-Pétersbourg, P Did/H-52 f (selon l’édition critique de 2016)
- Lettre de Malesherbes à Jean-Pierre Tercier, vers le 1er août 1758 Helvétius, Correspondance générale, éd. David Smith et alii, t. II, p. 59, citée d’après J. Steffen (éd.), De l’esprit, Champion, 2016, p. 21
- Arrêt du Conseil du roi du 10 août 1758 révoquant le privilège de De l’esprit texte dans Helvétius, Correspondance générale, t. II, p. 307, cité d’après J. Steffen (éd.), 2016, p. 21
- Lettre de Jean-Pierre Tercier à Louis XV, 27 ou 28 février 1759, sur la remise des cahiers « en ordre renversé » Helvétius, Correspondance générale, t. II, p. 226-227, citée d’après J. Steffen (éd.), 2016, p. 18
- Pierre-Michel Hennin, « Relation de l’affaire de L’Esprit » Helvétius, Correspondance générale, t. II, p. 423-424, citée d’après J. Steffen (éd.), 2016, p. 17-19
- Joseph d’Hémery, Journal de la librairie, date de parution de De l’esprit au 27 juillet 1758 cité d’après J. Steffen (éd.), 2016, p. 20 [cote du volume À VÉRIFIER]
- Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme, Hambourg, P. Fauche, 1798-1799, 5 vol., t. I, p. 264 cité d’après F. Moureau, Dix-huitième siècle, 2018
- Jean-Jacques Rousseau, Émile, ou de l’éducation, « À La Haye, chez Jean Néaulme » [Paris, Nicolas-Bonaventure Duchesne], 1762 ; mis en vente fin mai 1762, condamné par arrêt du parlement de Paris du 9 juin 1762
- Jean-Jacques Rousseau, Quatre lettres à M. le Président de Malesherbes contenant le vrai tableau de mon caractère et les vrais motifs de toute ma conduite, janvier 1762 Œuvres complètes, t. XIII A, 1761-1762, Paris, Classiques Garnier
- Lettre de Malesherbes à Benjamin Franklin, Paris, 22 avril 1779, lettre signée American Philosophical Society, Philadelphie ; The Papers of Benjamin Franklin, vol. 29
Bibliographie
- Pierre Grosclaude, Malesherbes, témoin et interprète de son temps, Paris, 1961, chap. 7, « Idées et doctrines de Malesherbes sur la librairie pendant son administration », p. 163-186 Fischbacher
- Roger Chartier (présentation), Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, Mémoires sur la librairie. Mémoire sur la liberté de la presse, Paris, 1994, 350 p., ISBN 2-11-081201-X Imprimerie nationale
- Raymond Birn, La Censure royale des livres dans la France des Lumières, préface de Daniel Roche, Paris, 2007, coll. « Travaux du Collège de France », DOI 10,3917/oj.birn.2007,01 Odile Jacobhttps://doi.org/10.3917/oj.birn.2007.01
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- François Moureau, « Malesherbes et la censure : une histoire à relire ? », Dix-huitième siècle 50, 2018, p. 527-547, DOI 10,3917/dhs.050,0527 Société française d’étude du XVIIIᵉ sièclehttps://doi.org/10.3917/dhs.050.0527
- Jean Balcou, « Fréron et Malesherbes », dans Jean Balcou, Sophie Barthélemy et André Cariou (dir.), Élie Fréron. Polémiste et critique d’art, Rennes, 2001 Presses universitaires de Rennes
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- Jonas Steffen (éd.), Claude-Adrien Helvétius, Œuvres complètes, t. I, De l’esprit, sous la direction de Gerhardt Stenger, Paris, 2016, coll. « L’Âge des Lumières » 79, ISBN 978-2-7453-3021-5 Honoré Champion
Sources en ligne
- « Programmes de recherche - Éditions sous permissions tacites (Programme, projet) » Bibliothèque nationale de Francehttps://actions-recherche.bnf.fr/bnf/anirw3.nsf/IX01/A2013000261_editions-sous-permissions-tacites
- « La censure des livres et son contournement au 18e siècle » BnF Essentiels, Bibliothèque nationale de Francehttps://essentiels.bnf.fr/fr/livres-et-ecritures/histoire-du-livre-occidental/efbeed25-e194-437d-ac46-ee9254f2d014-livre-epoque-moderne-16e-18e-siecles/article/3fb67167-0300-400d-81c0-3dce8cff24d6-censure-livres-et-son-contournement-18e-siecle
- « Français 22061-22193 • Collection ANISSON-DUPERRON sur la Librairie et l’Imprimerie » BnF Archives et manuscritshttps://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc52102k
- « Étienne-Alexandre-Jacques Anisson-Duperron (1748-1794) », fiche de fonds Comité d’histoire de la BnFhttps://comitehistoire.bnf.fr/dictionnaire-fonds/%C3%A9tienne-alexandre-jacques-anisson-duperron-1748-1794
- « Chronologie générale (en français) », Research & Archival Materials ARTFL Encyclopédie, université de Chicagohttps://encyclopedie.uchicago.edu/node/101
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- « Mémoires pour servir à l’histoire de la vie et des ouvrages de feu M. Diderot. Par Madame de Vandeul, sa fille. (Manuskripttitel) » Thüringer Universitäts- und Landesbibliothek Jenahttps://dhb.thulb.uni-jena.de/receive/ufb_cbu_00031909
- « Malesherbes et la censure : une histoire à relire ? » Cairn.infohttps://www.cairn.info/revue-dix-huitieme-siecle-2018-1-page-527.htm
- « Raymond Birn, La Censure royale des livres dans la France des Lumières. Préface de Daniel Roche. Paris, Odile Jacob, 2007, 181 p. (« Collège de France ») » Cairn.info, Bulletin du bibliophilehttps://shs.cairn.info/revue-bulletin-du-bibliophile-2009-1-page-192?lang=fr
- « H-France Review Volume 8 (2008) Page 312 », compte rendu de R. Birn H-Francehttps://www.h-france.net/vol8reviews/vol8no79turnovsky.pdf
- « Élie Fréron - Fréron et Malesherbes - Presses universitaires de Rennes » OpenEdition Bookshttps://books.openedition.org/pur/35342?lang=fr
- « La disgrâce d’un premier commis : Tercier et l’affaire de l’Esprit (1758-1759) » Perséehttps://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1955_num_113_1_449519
- « Claude-Adrien Helvétius, Œuvres complètes, tome I, De l’esprit », avant-propos et introduction Laboratoire LAMO, Nantes Universitéhttps://lamo.univ-nantes.fr/IMG/pdf/De_l_esprit_Introduction-Stenger.pdf
- « Rousseau hors-la-loi » Gallica, Bibliothèque nationale de Francehttps://gallica.bnf.fr/accueil/fr/html/rousseau-hors-la-loi
- « Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes to Benjamin Franklin, 22 April 1779 » Founders Online, National Archives (États-Unis)https://founders.archives.gov/documents/Franklin/01-29-02-0303
- « Procès et mort de Louis XVI (décembre 1792- janvier 1793) » Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe (EHNE)https://ehne.fr/fr/node/22562/printable/print
- « Fonds Malesherbes (XIIIe-XXe siècles). » FranceArchiveshttps://francearchives.gouv.fr/findingaid/772324f92a5da2e818b30af98eeac3dec252f7d4

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