Les registres des églises sont lus à voix haute, un par un, dans le palais des Blachernes. Les supérieurs des monastères les ont apportés eux-mêmes, ces brevia où chaque sanctuaire de Constantinople consigne les dons reçus depuis des générations, et l’on confronte la liste de ce qui fut donné à celle de ce qui a disparu. Devant le Sénat, les chefs de l’armée et le clergé, l’accusé préside, assis sur son trône. Il s’appelle Alexis Comnène, neveu de l’empereur Isaac Iᵉʳ, qui avait régné deux ans, et la rumeur l’accuse d’avoir dépouillé les églises pour payer la guerre. Le récit vient de sa fille Anne, au chapitre 3 du livre VI de l’Alexiade, et elle ne date pas la séance. Le butin se révèle maigre, des ornements d’or et d’argent pris sur le tombeau de l’impératrice Zoé et quelques vases de peu de prix. Alexis plaide l’Empire cerné de barbares et le trésor vide, invoque David mangeant les pains consacrés, puis se déclare coupable et présente la saisie comme un emprunt qu’il rendra, la guerre finie. En dédommagement, il assigne sur les fonds publics une rente annuelle en or au clergé de l’église de l’Antiphonète, où repose Zoé, et une autre à l’église mariale de la Chalkoprateia, de quoi payer ses chantres. La première, assure Anne, était encore versée au moment où elle écrivait.
« Le Bosphore à l’est, Andrinople à l’ouest »
Au chapitre 11 du même livre, Anne mesure l’Empire que son père a reçu. Avant ses campagnes, écrit-elle dans la traduction d’Elizabeth Dawes, les frontières s’arrêtaient au Bosphore voisin à l’est et à la ville d’Andrinople à l’ouest, et Alexis les aurait reportées jusqu’à l’Adriatique d’un côté, jusqu’à l’Euphrate et au Tigre de l’autre. La seconde moitié de la phrase ne résiste pas à une carte, aucune armée d’Alexis n’ayant approché le Tigre. La première force le trait, puisque Thessalonique et la Grèce n’ont pas cessé d’obéir à Constantinople. L’image d’un redressement inespéré doit beaucoup à cette géographie du deuil, tracée par une fille qui avait tout intérêt à creuser le gouffre pour grandir celui qui l’avait comblé.
Le gouffre a existé. Anthony Kaldellis, dans Streams of Gold, Rivers of Blood, paru en 2017, fait des années 1059-1081 une période de pertes catastrophiques où l’Empire frôle l’effondrement, et l’attribue à la rencontre d’une vie politique cannibale et d’ennemis extérieurs particulièrement entreprenants, selon le compte rendu qu’en a donné Andrew Montiveo. En 1081, Robert Guiscard débarque en Épire avec ses Normands, des émirs turcs tiennent Nicée et la plus grande partie de l’Anatolie, et les Petchénègues passent le Danube.
La première victoire décisive porte une date au jour près. Le mardi 29 avril 1091, au lieu nommé Lébounion, en Thrace, l’armée d’Alexis et des auxiliaires coumans écrasent les Petchénègues ; ils ont rayé de la surface de la terre une nation entière, écrit Anne au chapitre 5 du livre VIII, et les soldats chantèrent ensuite que les Scythes, pour un seul jour, n’avaient pas vu le mois de mai. La formule exagère, comme celle du Tigre, mais la victoire est réelle et met un terme à des années d’incursions petchénègues en Thrace.
Vingt carats et demi
Pendant sept siècles environ, depuis Constantin jusqu’aux années 1030, le nomisma byzantin a été frappé en or pur, à vingt-quatre carats. Philip Grierson, dans le manuel qu’il a publié à Dumbarton Oaks et réédité en 1999, place sous Michel IV, entre 1034 et 1041, les premières pièces altérées, et montre la dégradation reprendre par à-coups jusqu’à Mantzikert, la défaite de 1071 face aux Seldjoukides ; dans la décennie qui suit, le titre tombe à huit carats environ, et dans les années 1080, sous Alexis lui-même, la part d’or devient à peu près nulle. En 1092, l’empereur revient à un or de bonne qualité, mais à vingt carats et demi au lieu de vingt-quatre, parce que le métal disponible sortait de la refonte des pièces affaiblies, et il conserve le poids plein de l’ancien nomisma. La nouvelle pièce s’appelle l’hyperpère. Autour d’elle s’ordonne une échelle complète, que Grierson reconstitue pièce par pièce, avec des monnaies d’or pâle à six ou sept carats, un trachy de billon, alliage de cuivre et d’un peu d’argent, qui contient d’abord 7 % d’argent environ et se compte à quarante-huit pour un hyperpère, et une petite pièce de cuivre plate, le tétartèron, qui remplace l’ancien follis. Les pièces d’or pâle avaient reçu des surnoms, trikephala, littéralement « à trois têtes », ou hagiogeorgata, probablement du nom de saint Georges. Vingt carats et demi mesurent l’or qu’on pouvait tirer d’un stock de métal dégradé sans renoncer au poids de la pièce.
Le Musée numismatique d’Athènes conserve un de ces hyperpères sous le numéro NM 1907/8 KB΄ 423 (410). Il pèse environ 4,5 grammes, mesure de 27 à 30 millimètres, et sa notice lui donne un titre compris entre 21 et 20,5 carats. Le flan est mince et concave.
Protosébaste, doge de Venise
Contre les Normands de Robert Guiscard, Alexis avait obtenu l’appui de la flotte vénitienne, et Anne détaille le prix au chapitre 5 du livre VI. Le doge reçoit le titre de protosébaste, avec la pension qui s’y attache, le patriarche un autre titre et une autre pension, les églises de Venise de l’or chaque année sur le trésor impérial. Les marchands amalfitains établis à Constantinople doivent verser un tribut à l’église Saint-Marc. Venise reçoit des quais depuis l’ancien débarcadère des Hébreux jusqu’au lieu appelé la Vigla, et surtout l’exemption de toute taxe pour ses marchandises dans l’ensemble du territoire romain.
On ne sait pas avec certitude quand l’acte a été donné.
L’original grec est perdu, et le texte complet n’est connu que par des traductions latines. La date traditionnelle, 1082, rattache le privilège à la guerre normande d’Épire, entre 1081 et 1085, qui est aussi l’endroit où Anne le place ; Thomas Madden l’a défendue en 2002 dans le Journal of Medieval History. Deux ans plus tard, dans la même revue, Peter Frankopan a soutenu que les deux versions latines complètes du chrysobulle portent la date de 1092, et il a appuyé cette lecture sur des arguments littéraires, paléographiques et numismatiques. La différence change le sens du geste. En 1082, Alexis paie un allié au cœur d’une guerre mal engagée ; en 1092, l’année de la réforme monétaire, il concède des privilèges commerciaux à un partenaire dans un empire qui se relève, à trois ans de la première croisade. Écrire « 1082 ou 1092 » paraît ici préférable, parce que l’argument le plus fort, la date portée par le texte, repose sur des traductions latines, l’acte grec ayant disparu.
Les successeurs d’Alexis ont continué de délivrer des chrysobulles à Venise, le dernier en 1198 sous Alexis III, et les privilèges ont fini par empoisonner les relations entre les deux puissances. En 1171, Manuel Iᵉʳ fait arrêter et emprisonner des milliers de Vénitiens dans tout l’Empire. Donald Nicol, dans Byzantium and Venice, publié à Cambridge en 1989, y voit le tournant du siècle, une sanction démesurée après l’attaque du quartier génois de Constantinople, en 1170, par des Vénitiens de la ville agissant sans ordre du doge, qui ruina des marchands sans rapport avec l’affaire et que Venise ressentit comme une trahison.
Panhypersébaste
Alexis a gouverné avec sa famille, et il a transformé la parenté en grade. Les dignités qu’il crée, sébastokratôr, panhypersébaste, protosébaste, se distribuent selon le degré de parenté avec l’empereur, montre Paweł Lachowicz dans une étude parue en 2019 dans Studia Ceranea ; le système lie la famille à l’appareil de l’État, et l’auteur considère qu’il a tenu jusqu’à la mort de Manuel en 1180. Il n’a pas empêché les complots. Victoria Gerhold rappelle, d’après Jean-Claude Cheynet, la révolte de Jean Comnène, un neveu, en 1092, puis la conjuration de Nicéphore Diogène, aveuglé le 29 juin 1094 et qui continua d’intriguer malgré sa cécité. Elle souligne aussi que les Comnènes, aristocratie militaire, ont écarté après 1081 la haute aristocratie civile, ce qui jeta des fonctionnaires dans l’opposition. Paul Lemerle, dans ses Cinq études sur le XIᵉ siècle byzantin, en 1977, voyait dans ce XIᵉ siècle de sénateurs, de marchands et de bureaucrates le moment où Byzance avait manqué sa chance de se moderniser, selon le résumé qu’en donne Gilbert Dagron dans sa nécrologie de Lemerle ; dans cette perspective, que Lemerle ne formule pas en ces termes, l’avènement d’Alexis ressemble moins à un sauvetage qu’à une fermeture. La mosaïque de la galerie sud de Sainte-Sophie, où Jean II, l’impératrice Irène et leur fils Alexis entourent la Vierge et l’Enfant, se lit dans la même logique familiale. On la date souvent de 1122, l’année supposée du couronnement du jeune Alexis, mais Yavuz Erdihan a rappelé en 2023 que ce couronnement eut lieu en 1119, et propose d’y voir une affirmation de la succession dirigée contre les prétentions de sa sœur Anne et de son frère Isaac ; la bourse que tient Jean II, souvent lue comme un don à l’église, ne correspond, souligne-t-il, à aucune donation connue de cet empereur à Sainte-Sophie.
La pronoia pose une autre question. Le mot désigne une concession conditionnelle faite par l’empereur, souvent à des soldats, de biens et de privilèges divers, pour reprendre la définition de Mark Bartusis. Georges Ostrogorsky y avait vu en 1954, dans Pour l’histoire de la féodalité byzantine, publié à Bruxelles, la preuve que Byzance glissait vers un régime féodal comparable à celui de l’Occident. Le mot féodalité, rappelons-le, est un néologisme de juristes modernes, qui n’a jamais désigné au Moyen Âge un système unique, et le débat sur Byzance n’a pas suivi une seule pente. Alan Harvey, en 1990, a même rapproché les économies byzantine et occidentale à condition d’entendre la féodalité au sens large, celui d’une aristocratie foncière dont la richesse s’accommode de l’essor du commerce et des villes. Bartusis, dont le livre de 2013 fait près de sept cents pages, situe les origines de l’institution au XIᵉ siècle mais ne l’étudie en détail qu’à partir du XIIᵉ, et consacre un chapitre entier aux « dons de parèques », les paysans dépendants, dont parle Choniatès ; Walter Kaegi, qui a rendu compte du livre en 2014, qualifie la vieille question de la féodalité de « quelque peu mal posée ».
Manuel écrit à Henri II
Jean II, qui a perdu ses deux fils aînés, désigne sur son lit de mort, en 1143, le plus jeune, Manuel, de préférence à Isaac, dont il se méfie, rapporte Donald Nicol. Paul Magdalino a montré, dans The Empire of Manuel I Komnenos, en 1993, un souverain qui, quatre ans après un avènement fragile, traverse sans dommage le passage des rois de France et d’Allemagne avec leurs armées de croisade, pendant que le roi de Sicile s’empare de Corfou et pille la Grèce continentale, puis réduit la Hongrie et les principautés latines d’Orient au rang de clients. Ses panégyristes lui ont fait une réputation flatteuse, et Magdalino juge qu’il l’a en bonne partie méritée.
Le 17 septembre 1176, une grande armée byzantine s’engage dans un défilé que les chroniques byzantines nomment Myrioképhalon, à une quarantaine de kilomètres à l’est de l’actuelle Konya. Les Seldjoukides du sultan Kılıç Arslan II occupent les hauteurs. Roman Shlyakhtin, qui a reconstitué la bataille en 2008, attribue la défaite au plan de Manuel lui-même, avec des chariots d’engins de siège séparés des divisions principales et une colonne ralentie par son train ; à la nuit, la plus grande partie de l’armée est morte, et les survivants se retranchent sur une colline à l’extrémité orientale du défilé avant de signer la paix le lendemain.
Manuel annonce la défaite à Henri II d’Angleterre dans une lettre qui, selon Alexander Vasiliev, cherchait visiblement à l’adoucir, et qui donnait des détails sur les Anglais engagés dans la bataille, notamment dans la garde impériale. Le texte a été transmis par une chronique anglaise du règne d’Henri II, et c’est donc par un lecteur occidental que l’on connaît la version que le vaincu voulait donner de sa défaite.
« Un empire confisqué par une famille ? »
Le récit le plus dur sur ce siècle a été écrit après coup. Nicétas Choniatès a écrit son histoire en connaissant la fin, et Bartusis date du début du XIIIᵉ siècle le passage sur les dons de parèques, donc d’après la prise de Constantinople par les croisés en 1204. La tentation est forte de lire chaque faiblesse des Comnènes comme une étape vers la catastrophe. Paweł Lachowicz, qui a compté en 2020 les membres du clan des Comnènes, sépare le noyau familial des familles alliées par mariage, et montre les secondes croître sans cesse pendant que le premier s’affaiblit ; il relie ce déséquilibre au déclin de l’autorité impériale après Manuel, au rôle destructeur d’Andronic Iᵉʳ et à la faiblesse des Anges. Cheynet, dans Pouvoir et contestations à Byzance, en 1990, avait déjà refusé de faire d’Andronic (1183-1185) un réformateur ou un adversaire résolu des Latins, comme le voulaient des lectures plus anciennes, et le replaçait dans la continuité du gouvernement par les parents, les aristocrates alliés et les nouveaux venus occidentaux. En 1182, à Constantinople, une foule envahit pourtant le quartier latin, tue sans distinction d’âge ni de sexe, pille églises et institutions charitables, décapite le légat du pape, et de nombreux Latins sont vendus sur les marchés turcs, écrit Vasiliev.
L’économie raconte une autre histoire, plus lente. Dans Economic Expansion in the Byzantine Empire, 900-1200, Harvey soutenait aussi que les historiens avaient trop lié la conjoncture économique aux fortunes politiques de l’État, que la population de l’Empire a crû régulièrement et que la production agricole s’est intensifiée, et que l’éclatement de la fin du XIIᵉ siècle ne doit pas être confondu avec un déclin économique. Le redressement des Comnènes se serait alors appuyé sur une croissance qu’ils n’avaient pas créée. Grierson, lui, donne les mesures sans verdict. Le trachy de billon contenait environ 7 % d’argent en 1092 et se comptait à quarante-huit pour un hyperpère ; à la fin du règne d’Andronic Iᵉʳ, il n’en contenait plus que 2 % environ, et il en fallait cent vingt.
Pour aller plus loin
L’Alexiade et son autrice, Anne Comnène, font l’objet d’un article de l’encyclopédie, qui traite aussi de la succession de 1118. La défaite de Mantzikert, en 1071, éclaire le point de départ du redressement, et la quatrième croisade, avec la prise de Constantinople en 1204, en éclaire le terme.
Au musée de la monnaie d’Athènes, on conserve une petite pièce d’or bombée. D’un côté, le Christ est assis sur un trône. De l’autre, une main sortie du ciel bénit un empereur byzantin, Alexis Comnène. Cet homme a pris le pouvoir à Constantinople en 1081, dans un empire qui reculait partout. Sa famille a ensuite régné pendant un siècle, et l’on parle souvent d’un sauvetage. La question est de savoir ce qu’il a coûté.
Une pièce d’or presque sans or
Pendant des siècles, la pièce d’or byzantine avait été frappée en or pur. Les orfèvres mesurent la pureté de l’or en carats, et l’or pur en compte vingt-quatre. Au XIᵉ siècle, des empereurs à court d’argent mélangent de plus en plus de métal ordinaire à leurs pièces. Après une grande défaite contre les Turcs, la pièce ne garde plus qu’environ huit carats.
Sous Alexis lui-même, l’or y devient presque absent. L’empereur finit par faire frapper une pièce neuve, l’hyperpère, en 1092. Elle ne retrouve pas l’or pur, faute de mieux : on fondait les vieilles pièces, déjà mêlées d’autre métal. La nouvelle monnaie titre donc vingt carats et demi, mais elle reprend le poids d’autrefois. D’autres pièces plus modestes, en alliage ou en cuivre, se rangent autour d’elle.
Des parents et des marins
Alexis place ses proches partout. À la cour, chaque titre dépend du lien de parenté avec l’empereur : plus on est proche de lui, plus on monte. Ce système soude la famille à l’État.
Les liens du sang n’empêchent pas les complots. Un neveu de l’empereur se révolte. Un autre conjuré, Nicéphore Diogène, a les yeux crevés et continue malgré tout d’intriguer. Les grandes familles de fonctionnaires, écartées du pouvoir par ces militaires, fournissent elles aussi des opposants.
Contre les Normands venus d’Italie, Alexis a besoin de la flotte de Venise. Sa fille Anne, qui a écrit l’histoire de son règne, détaille la récompense. Le chef de Venise, le doge, reçoit un titre de la cour avec une pension. Les églises vénitiennes touchent de l’or chaque année, et les marchands de Venise obtiennent des quais dans la capitale.
Le cadeau le plus lourd est fiscal. Les marchandises vénitiennes ne paient plus aucune taxe dans tout l’empire. Avec le temps, ce privilège empoisonne les relations entre les deux puissances. Le petit-fils d’Alexis, l’empereur Manuel, fait un jour arrêter des milliers de Vénitiens à travers l’empire. Venise vit cette rafle comme une trahison.
Un défilé en Anatolie
Manuel semble d’abord tout réussir. Il voit passer sans dommage les armées des rois de France et d’Allemagne, partis en croisade. Il fait aussi de la Hongrie un royaume soumis à Byzance. En 1176, son armée s’engage dans un passage de montagne dont les Turcs tiennent les hauteurs, et le soir venu, la plupart de ses soldats sont morts. Manuel annonce la défaite au roi d’Angleterre, dans une lettre où il cherche visiblement à l’adoucir.
Le système familial de son grand-père tient jusqu’à la mort de Manuel. Ensuite, les familles alliées par mariage pèsent plus lourd que le clan lui-même, montre l’historien Paweł Lachowicz. En 1182, une foule de Constantinople massacre les Latins de la ville, et beaucoup sont vendus sur les marchés turcs.
Un témoin qui connaît la fin
Le récit le plus sévère sur cette famille vient d’un historien byzantin, Nicétas Choniatès. Il a rédigé une partie au moins de son livre après 1204, l’année où les croisés prennent Constantinople. En le lisant, on est tenté de prendre chaque faiblesse des Comnènes pour un pas vers cette chute.
L’historien Alan Harvey regarde plutôt l’économie. Selon lui, la population a grandi sans arrêt, et les campagnes ont produit davantage. Il refuse de confondre la dislocation de l’empire, à la fin du siècle, avec un appauvrissement. Les Comnènes auraient donc profité d’une croissance qu’ils n’avaient pas créée.
Alexis avait résumé son point de départ devant les prêtres de la capitale, selon l’Alexiade d’Anne Comnène : « J’ai trouvé l’Empire cerné de toutes parts par les barbares. »
La version complète raconte la séance où Alexis se juge lui-même pour quelques vases d’église, et la querelle entre deux dates possibles pour le privilège de Venise.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Anne Comnène, Alexiade, VI, 3 : assemblée au palais des Blachernes, brevia des églises, ornements d’or et d’argent du tombeau de l’impératrice Zoé, défense d’Alexis (« I found the Empire surrounded on all sides by barbarians »), saisie présentée comme un prêt, rentes annuelles à l’Antiphonète et à la Chalkoprateia, trad. Elizabeth A. S. Dawes, The Alexiad, Internet Medieval Sourcebook
- Anne Comnène, Alexiade, VI, 5 : titre de protosébaste et pension du doge, titre et pension du patriarche, or annuel aux églises de Venise, tribut des Amalfitains à Saint-Marc, quais de l’ancien débarcadère des Hébreux à la Vigla, exemption de taxes, trad. Dawes
- Anne Comnène, Alexiade, VI, 11 : frontières limitées au Bosphore et à Andrinople, extension prêtée à Alexis jusqu’à l’Adriatique, l’Euphrate et le Tigre, trad. Dawes
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Sources primaires (suite)
- Anne Comnène, Alexiade, VIII, 5 : bataille de Lébounion, troisième jour de la semaine, 29 avril, « they wiped off the face of the earth a whole nation », chanson sur les Scythes et le mois de mai, trad. Dawes
- Hyperpère d’Alexis Iᵉʳ Comnène, or, env. 4,5 g, 27-30 mm, flan concave, Christ trônant au droit, empereur béni par la main de Dieu au revers, titre entre 21 et 20,5 carats Athènes, Musée numismatique, NM 1907/8 KB΄ 423 (410)
- Chrysobulle d’Alexis Iᵉʳ Comnène en faveur de Venise, original grec perdu, texte complet connu par deux versions latines datées de 1092 selon Frankopan 2004
- Mosaïque de Jean II Comnène, de l’impératrice Irène et de leur fils Alexis entourant la Vierge et l’Enfant, Constantinople, Sainte-Sophie, galerie sud, d’après Erdihan 2023
- Nicétas Choniatès, Historia, passage sur les « dons de parèques », daté du début du XIIIᵉ siècle, cité d’après Bartusis 2013, chap. 3
- Manuel Iᵉʳ Comnène, lettre à Henri II d’Angleterre sur la défaite de 1176, conservée dans une chronique anglaise, citée d’après Vasiliev
Bibliographie
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- « Byzantine trade privileges to Venice in the eleventh century : the chrysobull of 1092 », notice et résumé University of Oxford, Oxford University Research Archivehttps://ora.ox.ac.uk/objects/uuid:cf812b42-c3c7-479c-9574-3ea0e72a501f
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- « Pour l’histoire de la féodalité byzantine », notice bibliographique Deutsches Archäologisches Institut, Zenonhttps://zenon.dainst.org/Record/000166071
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- « The Failed Experience : Why Did Manuel Komnenos Lose the Battle at Myriokephalon ? », Roman Shlyakhtin Medievalists.nethttps://www.medievalists.net/2013/07/the-failed-experience-why-did-manuel-komnenos-lose-the-battle-at-myriokephalon/
- « Policies of Manuel I and the Second Crusade », Alexander Vasiliev, History of the Byzantine Empire, p. 14 Elpenorhttps://www.ellopos.net/elpenor/vasilief/manuel-i-second-crusade.asp?pg=14
- « Byzantium and the Crusades », Alexander Vasiliev, History of the Byzantine Empire, p. 7 Elpenorhttps://www.ellopos.net/elpenor/vasilief/crusades.asp?pg=7
- « Ayasofya’da Komnenos Mozaiği : Tarihi ve İkonolojisi Üzerine », notice et résumé Çanakkale Onsekiz Mart Üniversitesi, archive ouvertehttps://acikerisim.comu.edu.tr/items/8a967e7a-8f35-43e4-a21c-3f5602ec50dc/full


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