Qu’on se représente un homme créé d’un seul coup, adulte, les yeux voilés. Il flotte dans l’air ou dans le vide, sans qu’aucun souffle effleure sa peau, les membres écartés de sorte qu’aucun ne touche l’autre. Il n’a jamais rien vu ni entendu. Sait-il qu’il existe ? Ibn Sīnā, que l’Europe latine appelait Avicenne, a posé la question à la fin du premier chapitre de son traité de l’âme, et il l’a posée en homme qui n’a presque jamais pu rester longtemps au même endroit.
Trois dirhams au marché des libraires
Presque tout ce qu’on sait de sa jeunesse vient de lui. Tard dans sa vie, Avicenne confie à son disciple Abū ʿUbayd al-Jūzjānī le récit de sa formation, que Jūzjānī prolonge jusqu’à la mort du maître ; William E. Gohlman en a donné en 1974 la seule édition critique. Le garçon, né à Afshana près de Boukhara, fils d’un gouverneur au service des Samanides, dit avoir appris presque seul la logique, la physique et les mathématiques, puis avoir lu quarante fois la Métaphysique d’Aristote sans la comprendre. Un jour, au marché des libraires, il achète pour trois dirhams un petit livre d’al-Fārābī sur les buts de cet ouvrage, comprend enfin, et distribue des aumônes (éd. Gohlman, p. 34-35). La tradition le fait naître en 980 ; Dimitri Gutas y voit dès 1987 le fruit d’un calcul erroné et place la naissance dans les années 970, peut-être dès 964.
Le titre du livre reste incertain. Gohlman, dans la note 30 de son édition, écarte le court traité Sur les buts de la Métaphysique, guère plus qu’une table des matières selon lui, au profit du Kitāb al-Ḥurūf ; Charles Butterworth a défendu en 2018 le court traité, Josep Puig Montada a suivi Gohlman en 2025, et aucun témoin indépendant ne raconte la scène.
Gutas lit ce récit comme une thèse mise en scène, celle des âmes qui acquièrent le savoir sans maître en tombant d’elles-mêmes sur le moyen terme des syllogismes. Avicenne nomme cette aptitude ḥads, le coup juste, d’après Aristote, pour qui la vivacité d’esprit saisit le moyen terme en un temps imperceptible (Seconds Analytiques, I, 34, 89b10). Pour conclure que Socrate est mortel parce que tout homme l’est, « homme » sert de pont ; c’est ce pont qu’il faut trouver. D’où l’affirmation qu’à dix-huit ans il savait tout ce qu’il saurait jamais (éd. Gohlman, p. 30-39). Le cursus réel et sa mise en ordre, admet Gutas, se confondent ici.
Le vin prend place dans ce cadre, et le passage est d’Avicenne lui-même (éd. Gohlman, p. 28-31). Quand un moyen terme lui échappait, il allait prier à la mosquée jusqu’à ce que la difficulté se dénoue ; la nuit, il travaillait à la lampe et, si le sommeil le gagnait, buvait une coupe de vin pour retrouver ses forces, puis rêvait parfois du problème même et le résolvait en dormant. La notice de l’Internet Encyclopedia of Philosophy rattache la prière et le vin à la doctrine de l’intuition.
Un autre épisode, que rapporte Gutas, ne concerne pas l’intuition. Raillé pour son ignorance de la lexicographie arabe, Avicenne apprit par cœur un dictionnaire entier, rédigea trois épîtres dans le style d’auteurs célèbres et les soumit à son contradicteur, qui ne reconnut pas la supercherie.
« La nécessité m’appela »
En 999, les Qarakhanides prennent Boukhara et renversent les Samanides. Avicenne, haut fonctionnaire du régime tombé, écrit seulement que la nécessité l’appela à partir pour Gurganj, au Khwarezm, et Gutas juge que cette nécessité ne s’explique qu’en termes politiques. Vers 1012, la même nécessité le pousse par Nasā, Abīvard, Ṭūs, Samangān, Jājarm, jusqu’à Jurjān, où il rencontre Jūzjānī, puis à Rayy et à Hamadan, où le prince bouyide Shams al-Dawla fait de lui son vizir en 1015.
Shams al-Dawla meurt en 1021. Avicenne, rapporte Jūzjānī dans sa préface au Shifāʾ, préfère alors se cacher en attendant l’occasion de partir. Chez un droguiste, Abū Ghālib, il reprend le Shifāʾ, « la Guérison », sa grande somme, et il écrit, selon Jūzjānī, sans aucun livre à consulter, une cinquantaine de pages par jour (éd. Gohlman, p. 58). Ses lettres secrètes à ʿAlāʾ al-Dawla, prince d’Ispahan, éveillent les soupçons du vizir Tāj al-Mulk ; la cachette est découverte, et Avicenne passe quatre mois dans la forteresse de Fardajān, où il compose encore, entre autres, le récit allégorique Ḥayy ibn Yaqẓān. Libéré en 1023, il quitte Hamadan avec son frère, Jūzjānī et deux esclaves, tous vêtus en soufis, pour Ispahan, où il passera environ treize ans.
Le Kitāb al-Nafs forme le sixième livre de la physique du Shifāʾ, comme le rappelle son titre latin, Liber de anima seu sextus de naturalibus. Rien ne dit s’il a été écrit chez le droguiste, et le rapprochement entre un auteur privé de livres et un homme privé de sens, si tentant soit-il, n’a l’appui d’aucun texte.
Kitāb al-Nafs, I, 1
L’expérience répond à Aristote, pour qui l’âme est la première perfection, ou entéléchie, d’un corps naturel doté d’organes (De l’âme, II, 1, 412a27-b6). Avicenne objecte que cette définition dit ce que l’âme fait pour le corps et tait ce qu’elle est. Le mot nafs la désigne par une relation, iḍāfa, comme on sait qu’un objet en mouvement a un moteur sans rien savoir de ce moteur. Il faut donc chercher son essence, sa māhiyya, et savoir si le rapport au corps en fait partie.
La réponse occupe la fin du chapitre, p. 15 et suivantes dans l’édition arabe de Fazlur Rahman (1959). Avicenne demande que l’un de nous, al-wāḥid minnā, se suppose créé ainsi, d’un coup et parfait, la vue empêchée, flottant sans que l’air le heurte, les membres séparés. Cet homme se demande s’il affirme l’existence de son dhāt, mot qu’on peut rendre par « soi » ou par « essence ». Il n’en doute pas. Or il n’affirme aucun membre, ni cœur ni cerveau, rien d’extérieur, et il affirme ce qu’il est sans lui donner longueur, largeur ou profondeur. Le texte invoque alors un principe donné pour connu de tous, selon lequel ce qui est affirmé est autre que ce qui n’est pas affirmé. La conclusion suit, et Avicenne la corrige dans le même souffle : l’âme est autre que le corps, ou plutôt autre que tout corps, ghayr al-jism bal ghayr jism. Au chapitre V, 7, traduit en anglais par Michael Marmura en 1986, Avicenne en donne une version plus sèche. Ramené à trois phrases, l’argument tient ainsi. Un homme privé de toute sensation depuis sa création saurait encore qu’il existe, sans savoir qu’il a un corps. Une chose qu’on affirme et une chose qu’on n’affirme pas sont deux choses distinctes. Le soi qu’il connaît est donc autre que le corps qu’il ignore.
Le texte arabe ne donne aucun nom à cette expérience.
L’anglais hésite entre flying man et floating man ; Ahmed Alwishah a plaidé en 2013 pour le second, et on préférera ici « homme suspendu », qui dit l’immobilité du personnage. Avicenne présente l’expérience ʿalā sabīl al-tanbīh wa-l-tadhkīr, par voie d’éveil et de rappel selon la traduction anglaise d’Adamson et Benevich, à l’intention de qui sait voir seul la vérité, et demande au lecteur de faire l’essai sur lui-même. Le mot tanbīh reviendra au pluriel dans le titre de sa dernière somme, al-Ishārāt wa-l-tanbīhāt, traduite par Amélie-Marie Goichon en 1951 sous le titre Livre des directives et remarques. Le sens de dhāt partage les lecteurs modernes. Dag Nikolaus Hasse y lit « essence » et conteste que le passage porte sur la conscience de soi, dont Jari Kaukua fait au contraire le cœur de l’expérience.
Hamadan
Si le rapport au corps n’entre pas dans l’essence de l’âme, la mort du corps ne l’emporte pas. Le chapitre V, 4 le soutient sous un titre latin qui écarte aussi la transmigration, quod anima humana non desinit esse nec transfertur in alia corpora. L’âme ne préexiste pas pour autant ; Meryem Sebti, dans Avicenne. L’âme humaine (2000), montre qu’elle n’est instaurée qu’au moment où un corps est disposé à la recevoir. Pour Adamson et Benevich, l’homme suspendu exclut seulement que le lien au corps entre dans la définition de l’âme.
À Ispahan, Avicenne achève le Shifāʾ et suit son prince dans ses campagnes. Au cours de l’une d’elles, à Hamadan, il meurt en 1037, de coliques, après une série de rechutes que Jūzjānī détaille (éd. Gohlman, p. 80-83). Un mausolée de la ville se présente comme sa tombe, et Gutas, dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, prend soin d’écrire que ce monument prétend l’être.
Une autre version de cette mort a couru pendant des siècles, celle d’un homme emporté par ses excès sexuels, et Joep Lameer, qui a repris en 2013 tous les témoins, conclut qu’aucune preuve ne la soutient, le texte de Jūzjānī dont dépendent les récits postérieurs ayant été, selon lui, retouché à deux endroits, probablement dans la première moitié du XIIᵉ siècle, par des adversaires d’Avicenne. Il relève notamment que là où le biographe Ẓahīr al-Dīn al-Bayhaqī parle du traitement, muʿālaja, que le malade négligeait, deux témoins du texte de Jūzjānī portent mujāmaʿa, le rapport sexuel. Dans sa Tatimmat ṣiwān al-ḥikma, ce même Bayhaqī ajoute des remarques que Gutas qualifie de calomnieuses, où Avicenne devient le premier philosophe adonné au vin et aux femmes. Le vin de l’autobiographie et celui de la légende n’ont donc ni la même source ni la même fonction : le premier est une coupe bue contre le sommeil au milieu d’une nuit d’étude, le second une pièce à charge.
L’objection de l’homme masqué
La discussion moderne part de Michael Marmura, qui reproche à Avicenne, dans The Monist en 1986, un glissement injustifié de l’hypothétique au catégorique, d’un homme qui n’existe pas à l’âme de tous. Marmura ajoute que l’argument suppose la conscience de soi qu’il prétend montrer ; Adamson et Benevich répondent qu’elle figure parmi les prémisses et qu’Avicenne ne cherche pas à la prouver ici.
La critique la plus serrée vise le principe central. Kaukua, dans Self-Awareness in Islamic Philosophy (2015), reproche à Avicenne de passer d’une distinction entre ce qu’on sait et ce qu’on ignore à une distinction entre deux choses. On peut savoir que Cicéron existe sans savoir que Tullius existe, alors qu’il s’agit du même homme. Si l’âme était le cerveau, l’homme suspendu pourrait affirmer l’une sans l’autre, faute de savoir qu’elles ne font qu’un. Deborah Black en 2008 et Meryem Sebti dès 2000 avaient relevé la même faille, Sebti notant qu’une distinction de raison ne prouve pas une distinction réelle. On reconnaît le sophisme de l’homme masqué, qui conclut qu’un inconnu masqué n’est pas son propre père faute de le reconnaître, et Kaukua en reprendra le nom dans le titre de sa réponse de 2020.
Adamson et Benevich, en 2018, refusent de faire de l’éveil une simple suggestion, le principe étant énoncé sans réserve, et reconstruisent l’argument à partir de l’Introduction (al-Madkhal) de la logique du Shifāʾ, où Avicenne tient pour essentiel à une chose tout attribut sans lequel on ne peut la concevoir. Qui peut penser un triangle sans le penser équilatéral sait que l’égalité des côtés n’appartient pas à l’essence du triangle. Appliqué à l’homme suspendu, le critère rend le rapport au corps accidentel dès lors qu’on peut saisir l’âme sans lui. L’inférence devient valide, à un prix que les auteurs reconnaissent, car l’essence présente à l’esprit doit être celle qui est dans les choses, et contester l’argument revient à contester toute l’épistémologie d’Avicenne. Ils situent aussi le parallèle cartésien le plus juste moins dans le cogito que dans la sixième Méditation, où concevoir clairement une chose sans l’autre suffit à les tenir pour réellement distinctes (AT VII, 78).
Kaukua leur a répondu en 2020, dans la même revue, par une lecture plus modeste qui, selon lui, échappe au sophisme tout en restant plausible, et par une remarque sur la possibilité métaphysique de l’homme suspendu. Entre la reconstruction de Munich et celle de Jyväskylä, la question ouverte a changé de lieu et porte désormais sur la théorie avicennienne des essences, que l’homme suspendu présuppose sans la démontrer, et sur le droit qu’elle donne de conclure de ce qu’un esprit conçoit à ce qu’une chose est.
Pour aller plus loin
Sur l’expérience elle-même et le parallèle cartésien, Avicenne et l’homme volant et « Je pense, donc je suis ». Pour le maître dont le livret aurait débloqué la Métaphysique, al-Fārābī. Côté réception, Averroès et le Canon de médecine.
On répète souvent qu’Avicenne est mort d’avoir trop aimé les plaisirs. Ce philosophe et médecin est né près de Boukhara, au Xᵉ siècle. Il a servi des princes toute sa vie et a écrit une grande somme de philosophie. Au milieu de cette existence agitée, il a imaginé une courte scène qui fait encore débattre les philosophes.
Un garçon qui apprend seul
Sa jeunesse est connue par un seul récit, le sien. Vers la fin de sa vie, il l’a confié à un disciple fidèle nommé Jūzjānī. Le garçon y apprend presque tout sans maître. Un livre lui résiste pourtant, la Métaphysique d’Aristote.
Il relit cet ouvrage quarante fois et finit par le connaître par cœur. Il n’y comprend toujours rien. Un jour, au marché des libraires, il achète un petit livre pour trois dirhams. L’auteur en est un autre philosophe, al-Fārābī. Tout s’éclaire alors, et il fait l’aumône aux pauvres pour remercier Dieu.
Ses nuits de travail suivent un rituel. Quand un problème le bloque, il va prier à la mosquée. Le soir, il lit à la lumière d’une lampe. Si le sommeil le gagne, il boit une coupe de vin pour tenir. S’il s’endort malgré tout, il rêve du problème et le résout parfois en dormant.
Ce récit sert aussi une idée. Un spécialiste y voit une démonstration voulue par l’auteur. Certains esprits trouveraient seuls le chaînon qui manque à un raisonnement. La prière, le vin et le rêve aident simplement l’esprit à le saisir.
De cour en cour
En 999, la dynastie qu’il sert perd Boukhara. Avicenne part, et ne cessera plus de changer de ville. Il soigne des princes, puis devient le ministre de l’un d’eux à Hamadan. Sur ses départs, il écrit seulement que la nécessité l’a appelé ailleurs.
À la mort de ce prince, il refuse de garder son poste et se cache chez un droguiste. Là, sans aucun livre sous la main, il écrit des parties entières de sa grande somme, intitulée la Guérison. Son disciple parle de cinquante pages par jour.
Pendant ce temps, il écrit en secret au prince d’Ispahan. Ces lettres éveillent les soupçons. On découvre sa cachette. Avicenne reste alors enfermé quatre mois dans une forteresse. Une fois libre, il s’enfuit vers Ispahan avec son frère et son disciple, sous un déguisement.
L’homme qui flotte
Dans son traité de l’âme, Avicenne propose une scène. Un homme est créé d’un seul coup, déjà adulte, les yeux voilés. Il flotte dans l’air sans que rien ne l’effleure. Ses bras et ses jambes sont écartés et ne se touchent pas.
Cet homme n’a jamais rien senti, pas même son propre corps. Pourtant, il sait qu’il existe. Une chose qu’on connaît et une chose qu’on ignore ne peuvent pas être la même chose. Avicenne en conclut que ce qu’il est vraiment n’est pas son corps. Il présente la scène comme un rappel, destiné au lecteur capable de voir par lui-même.
Des philosophes d’aujourd’hui contestent la règle qui porte tout. On peut savoir que Cicéron a existé sans savoir que Tullius a existé. Pourtant ce sont deux noms du même homme. L’homme qui flotte ignore peut-être seulement que son âme et son cerveau ne font qu’un.
Jari Kaukua a formulé ce reproche avec netteté. Peter Adamson et un collègue lui ont répondu avec une autre règle d’Avicenne. Qui peut penser un triangle sans penser des côtés égaux sait que l’égalité des côtés ne définit pas le triangle. Kaukua a répliqué, et le désaccord dure encore.
La rumeur de Hamadan
Si l’âme ne dépend pas du corps, elle ne meurt pas avec lui. Avicenne le soutient dans le même traité. Il précise aussi que l’âme n’existait pas avant le corps qui la reçoit. Son propre corps meurt à Hamadan en 1037, de coliques, pendant une campagne de son prince.
La rumeur d’une mort par excès de plaisirs naît plus tard. Un historien a repris tous les textes anciens en 2013. Il n’a trouvé aucune preuve de cette mort scandaleuse. Selon lui, le récit du disciple aurait été retouché par des ennemis de sa philosophie. Un mot qui désignait les soins aurait été remplacé par un mot qui désigne l’acte sexuel.
Le vin de son propre récit tient dans une coupe avalée pour chasser le sommeil, pendant une nuit de lecture. Ses ennemis en ont fait un vice. La légende a gardé le vin et oublié la lampe.
Avicenne est enterré à Hamadan, où un mausolée se présente aujourd’hui comme son tombeau. Le spécialiste qui le décrit écrit seulement que le monument prétend être le sien.
La version complète donne les deux livres d’al-Fārābī entre lesquels les spécialistes hésitent, le mot arabe sur lequel repose la légende de sa mort, et la réponse détaillée d’Adamson et de son collègue.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Avicenne, *Autobiographie* (*Sīrat al-shaykh al-raʾīs*), dictée ou rédigée pour Abū ʿUbayd al-Jūzjānī, éd. Gohlman, p. 28-31 (mosquée, coupe de vin, rêves), p. 30-39 (maîtrise des sciences à dix-huit ans), p. 34-35 (achat du livre d’al-Fārābī), p. 40-41 (départ de Boukhara) ; traduction française partielle de Mohammad Achena et Henri Massé, *Le Livre de science*, Paris, 1955, t. I, p. 6-11, rééd. 1986 Les Belles Lettres / UNESCO
- Abū ʿUbayd al-Jūzjānī, *Biographie d’Avicenne*, suite de l’autobiographie, éd. Gohlman, p. 58 (le *Shifāʾ* rédigé sans livres) et p. 80-83 (dernière maladie et mort à Hamadan) ; préface au *Shifāʾ*, *al-Madkhal*, Le Caire, 1952, p. 2 (décision de se cacher en 1021)
- Avicenne, *Kitāb al-Shifāʾ*, physique, livre VI, *Kitāb al-Nafs*, I, 1 (critique de la définition d’Aristote, homme suspendu) et V, 7 (seconde version), éd. Fazlur Rahman, *Avicenna’s De Anima (Arabic Text), Being the Psychological Part of Kitāb al-Shifāʾ*, Londres, 1959, p. 15 et suiv. pour I, 1 ; traductions anglaises partielles de Michael E. Marmura (1986) et de Peter Adamson et Fedor Benevich (2018) Oxford University Press
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Sources primaires (suite)
- Avicenne, *Kitāb al-Shifāʾ*, logique, *al-Madkhal* (*Introduction*), éd. J. Sh. Qanawātī, M. M. al-Khuḍayrī et A. F. al-Ahwānī, Le Caire, 1952 critère des attributs constitutifs d’une essence, cité d’après Adamson et Benevich
- *Avicenna Latinus. Liber de anima seu sextus de naturalibus*, traduction latine d’Avendauth et de Dominicus Gundissalinus, Tolède, XIIᵉ siècle, éd. Simone Van Riet, 2 vol., Louvain et Leyde, 1968-1972, titre général et chapitre V, 4 « Capitulum quod anima humana non desinit esse nec transfertur in alia corpora » Éditions orientalistes / Brill
- Avicenne, *Ḥayy ibn Yaqẓān*, éd. M. A. F. Mehren, *Traités mystiques d’Abou Alî al-Hosain b. Abdallah b. Sînâ ou d’Avicenne*, I, Leyde, 1889-1899 ; traduction française d’A.-M. Goichon, *Le récit de Ḥayy ibn Yaqẓān commenté par des textes d’Avicenne*, Paris, 1959 Desclée de Brouwer
- Avicenne, *al-Ishārāt wa-l-tanbīhāt*, traduction française d’A.-M. Goichon, *Livre des directives et remarques*, Paris, 1951 Vrin
- al-Fārābī, *Maqāla fī aghrāḍ al-ḥakīm fī kitāb mā baʿd al-ṭabīʿa* (*Sur les buts de la Métaphysique*), éd. Friedrich Dieterici, *Alfārābī’s philosophische Abhandlungen*, Leyde, 1890, p. 34-38 (Brill) ; *Kitāb al-Ḥurūf*, éd. Muhsin Mahdi, *Alfarabi’s Book of Letters*, Beyrouth, 1969 (Dar el-Machreq) les deux candidats au titre du livre acheté à Boukhara
- Aristote, *Seconds Analytiques*, I, 34, 89b10-11, pagination Bekker, définition de la vivacité d’esprit (*ankhinoia*) comme saisie du moyen terme en un temps imperceptible ; traduction anglaise de Jonathan Barnes, Oxford, 1994, citée par Gutas Clarendon Press
- Aristote, *De l’âme*, II, 1, 412a27-b6, pagination Bekker définition de l’âme comme première entéléchie d’un corps naturel doté d’organes, discutée par Avicenne
- René Descartes, *Meditationes de prima philosophia*, 1641, méditation VI, éd. Charles Adam et Paul Tannery, AT VII, 78 distinction réelle de l’âme et du corps
- Ẓahīr al-Dīn al-Bayhaqī, *Tatimmat ṣiwān al-ḥikma*, éd. M. Shafīʿ, Lahore, 1935 réécriture de l’autobiographie et ajouts calomnieux sur le vin, les femmes et les cours
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Sources en ligne
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- « Avicenna (Ibn Sina) » Internet Encyclopedia of Philosophyhttps://iep.utm.edu/avicenna-ibn-sina/
- « The Thought Experimental Method : Avicenna’s Flying Man Argument » Open Access LMU, Ludwig-Maximilians-Universität Münchenhttps://epub.ub.uni-muenchen.de/66014/1/66014.pdf
- « AVICENNA’S CONCUPISCENCE » Arabic Sciences and Philosophy, Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/journals/arabic-sciences-and-philosophy/article/abs/avicennas-concupiscence/E565582BE7044C244592FAEDD9FFB3E4
- « The Flying and the Masked Man, One More Time : Comments on Peter Adamson and Fedor Benevich » JYX, Université de Jyväskylähttps://jyx.jyu.fi/jyx/Record/jyx_123456789_71746/Details
- « On the Soul – Latin » Arabic and Latin Corpus, Julius-Maximilians-Universität Würzburghttps://www.arabic-latin-corpus.philosophie.uni-wuerzburg.de/text/Avic_An_la.index.xhtml
- « Avicenna : Ibn Sina, a universal genius » UNESCO Digital Libraryhttps://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000042997
- « Ibn Sina on Floating Man Arguments » Pitzer Collegehttps://pzacad.pitzer.edu/aalwisha/pdfs/Ibn_Sina_on_Floating_Man_Arguments.pdf
- « Alfarabi, Book of Letters (Kitāb al-ḥurūf), English Translation » (compte rendu de Josep Puig Montada) Mediterranea, Universidad de Córdobahttps://journals.uco.es/mediterranea/article/download/17622/16148/49892













