
Al-Kindi : le premier philosophe des Arabes contre le monde éternel
Prenez un corps de grandeur infinie. Retranchez-en un morceau de grandeur finie. Ce qui reste est fini, ou bien infini. S’il est fini, remettez le morceau en place : deux grandeurs finies réunies donnent une grandeur finie, et voilà le corps infini du départ devenu fini. S’il reste infini, remettez quand même le morceau : ou bien le tout a grossi, et un infini se trouve plus petit qu’un autre infini, ou bien il n’a pas grossi, et la partie égale le tout. L’opération est écrite à Bagdad avant 842. Elle sert à prouver que le monde a commencé.
Un mot grec entré en arabe, et un homme qui le revendique
Le mot falsafa est une translittération : l’arabe n’avait pas de terme pour cette activité et a pris celui des Grecs, comme il a pris faylasūf pour celui qui l’exerce. Abū Yūsuf Yaʿqūb ibn Isḥāq al-Kindi, né vers 800 et mort après 866, est le premier auteur de la tradition arabe à se réclamer de ce mot pour lui-même. Sa ville natale n’est pas assurée : Peter Adamson donne Bassora, l’Encyclopedia of Medieval Philosophy donne Koufa. Il appartenait à la tribu de Kinda, et c’est de cette ascendance, non de sa doctrine, que lui vient le titre décerné plus tard, « le philosophe des Arabes ».
Il travaille à Bagdad sous al-Ma’mūn, puis sous al-Mu’tasim dont il devient le précepteur du fils. Ce que Gerhard Endress a nommé le « cercle d’al-Kindi » est l’un des deux grands ateliers de traduction du IXᵉ siècle, l’autre étant celui de Hunayn ibn Ishāq. De cet atelier sortent deux textes qui pèseront des siècles : une version arabe de passages de Plotin diffusée sous le titre de Théologie d’Aristote, et un montage de Proclus qui deviendra le Livre des causes. Deux néoplatoniciens, un seul nom d’auteur sur la couverture, et celui-là ne convient à aucun des deux.
La production est énorme et mal comptée. Ibn al-Nadīm en catalogue les titres dans son Fihrist ; les décomptes modernes divergent nettement, de deux cent cinquante à près de trois cents, et une petite part seulement subsiste, dont un seul texte d’éthique, une consolation philosophique intitulée Le moyen de chasser les tristesses.
Dans la première partie de la Philosophie première, al-Kindi s’en prend à des contemporains qu’il ne nomme pas et qui reprochent l’usage des idées grecques. La vérité, répond-il, n’est diminuée ni par la nation dont elle vient ni par celui qui l’énonce. Le même traité identifie la philosophie première à la connaissance de la vérité première, cause de toute vérité : la métaphysique et la théologie ne feront plus qu’une.
Six prémisses, et un corps dont on retranche un morceau
Al-Kindi appelle prémisses premières, vraies et saisies sans intermédiaire six énoncés qu’il pose sans les démontrer. Les corps dont aucun n’est plus grand que l’autre sont égaux. Sont égaux les corps dont les dimensions entre leurs limites sont les mêmes, en acte comme en puissance. Le fini n’est pas infini. Un corps ajouté à l’un de deux corps égaux fait de celui-ci le plus grand des deux, et le rend plus grand qu’il n’était avant l’addition. Deux corps de grandeur finie réunis donnent un corps de grandeur finie. Enfin, de deux choses du même genre, la plus petite mesure la plus grande ou une partie de la plus grande.
Suit la réduction à l’absurde. Supposons un corps infini, retranchons-en une grandeur finie ; le reste est fini ou infini. S’il est fini, la cinquième prémisse le condamne, puisqu’en lui rendant le morceau on obtient un corps fini, et ce corps est celui qui passait pour infini. S’il reste infini, deux branches s’ouvrent et al-Kindi ferme les deux. Si le tout augmente par l’addition, l’infini d’avant est plus petit que l’infini d’après, donc il se laisse mesurer par une partie de lui, donc il a des limites, donc il est fini. Et si le tout n’augmente pas, alors un corps ajouté à un corps n’a rien ajouté, et le tout se trouve égal à sa propre partie.
Le second étage est beaucoup plus court. Tout ce qui se dit en acte d’un corps fini est fini. Or le temps se dit du corps du monde, dont il mesure la durée, et le mouvement, le temps et le corps sont coextensifs. Donc le temps passé est fini, donc le monde a commencé.
Il reprend cette démonstration dans trois courtes épîtres adressées à des correspondants nommés, dont l’une est écrite pour un lecteur qu’il juge peu avancé. Al-Kindi annonce ensuite un second argument, qu’il tient pour indépendant du premier. Pour atteindre un instant donné, il faut avoir atteint l’instant qui le précède, et avant lui celui qui le précède, sans terme. Or l’infini ne se traverse pas. Un temps infini ne serait donc jamais franchi jusqu’au moment présent, et ce moment est pourtant là.
Reste à passer du commencement au créateur. Rien ne peut être cause de sa propre essence, donc le monde ne s’est pas produit lui-même ; et cette cause est une, faute de quoi elle serait composée, appellerait un composeur, et l’on repartirait dans la série infinie qui vient d’être exclue. Une courte épître précise ce que fait cet agent vrai : l’acte premier consiste à faire être l’étant à partir du non-étant, il n’appartient qu’à Dieu et ne demande aucun temps. Les autres agents agissent en subissant, et ne sont donc agents que par extension du mot.
Ce qu’Aristote avait de plus solide
La thèse adverse n’a rien d’une naïveté. L’éternité du monde est la position majoritaire de la philosophie grecque : celle d’Aristote, qui établit à la Physique, VIII, 1, 251b, que le temps et le mouvement n’ont pas pu commencer, et au premier livre du Du ciel que les corps célestes ne se corrompent pas ; celle des stoïciens ; celle des néoplatoniciens, qui lisent le Timée comme compatible avec un monde sans début.
Aristote a surtout une réponse toute prête, et elle vient de lui. Il distingue l’infini en acte, présent tout entier au même moment, et l’infini en puissance, simple possibilité de prolonger ou de diviser indéfiniment une grandeur finie (Physique, III, 5, 204b, et III, 6, 206a). Dire que le monde a toujours existé n’engage à aucun infini actuellement donné, seulement à ceci que pour tout nombre d’années, il est vrai que le monde a déjà duré ce nombre d’années. Peter Adamson en conclut que le premier étage, pris seul, rate sa cible : il refuse à un corps fini un infini actuel, ce qu’Aristote lui accorde volontiers, et l’éternité du passé ne réclame rien de tel.
Le second argument devient alors nécessaire et non décoratif. S’il faut avoir traversé un nombre actuellement infini d’instants pour arriver au présent, l’infini en puissance ne suffit plus à sauver l’éternité. Adamson objecte à son tour que le raisonnement suppose de choisir un point infiniment éloigné dans le passé, coup qu’Aristote refusera : tout point réellement désigné est séparé du présent par un nombre fini d’années. La tradition éternaliste postérieure répondra que le temps traversé est un infini successif et non simultané.
Un détail montre jusqu’où al-Kindi ne va pas. Aristote fait des cieux un cinquième élément inengendrable, ce qui bloque toute création ; Philopon avait démoli cette cosmologie pièce par pièce. Al-Kindi l’accepte telle quelle dans son épître sur la nature du ciel, et ajoute que Dieu a fait exister ce cinquième élément avec un commencement dans le temps.
Le livre qui porte l’argument a disparu
Retourner l’interdit aristotélicien de l’infini en acte contre l’éternité aristotélicienne du monde n’est pas une invention d’al-Kindi. La manœuvre est de Jean Philopon, chrétien d’Alexandrie, qui publie en 529 une réfutation point par point des dix-huit arguments de Proclus, puis, vers 530-534, un Contre Aristote sur l’éternité du monde en huit livres au moins. Herbert Davidson a établi en 1969 la filiation entre ces textes et les preuves médiévales de la création, en terre d’islam comme chez les auteurs juifs.
Le second de ces livres est perdu. On ne le lit qu’à travers Simplicius, néoplatonicien païen qui l’a cité pour le détruire dans ses commentaires de la fin des années 530, et c’est de là que Christian Wildberg a reconstitué les fragments en 1987. Quels textes de Philopon al-Kindi avait sous les yeux, personne ne le sait ; Adamson estime qu’il connaissait au moins des parties du Contre Aristote. Al-Kindi ne le cite jamais et ne signale nulle part que sa position sur l’éternité s’écarte de celle d’Aristote.
Son propre traité a failli disparaître à son tour. La Philosophie première ne subsiste que dans un recueil d’Istanbul, l’Ayasofya 4832 de la bibliothèque Süleymaniye, copié au XIᵉ siècle : deux cent trente-deux feuillets de papier, plus de cinquante traités, le texte d’al-Kindi aux folios 196r à 206r. Deux notes du premier feuillet affirment que le volume a appartenu à Avicenne. Hellmut Ritter signale le fonds en 1932, Muhammad Abū Rīda en donne l’édition en 1950 et 1953. Ce qu’on lit est la première partie seule, en quatre sections. Le reste manque, et l’on ignore ce qu’il contenait.
Les objections, avec le nom de ceux qui les ont portées
La première attaque connue vise la théologie plutôt que la cosmologie. Elle reproche à la Philosophie première d’appeler Dieu une cause, ce qui obligerait Dieu à avoir un effet, et rendrait donc le monde aussi ancien que lui. Roshdi Rashed et Jean Jolivet la publient en 1998 comme un fragment transmis par le juriste andalou Ibn Hazm, mort en 1063 ; José Bellver a soutenu en 2020, sur le témoignage d’Ibn al-Uqlīshī, qu’elle revient plutôt à Ibn Masarra de Cordoue, mort en 931. Le déplacement avance de plus d’un siècle la réception andalouse d’al-Kindi. Celui-ci n’est pas sans ressource, son agent vrai agissant sans rien subir, mais l’objection porte sur l’usage même du mot de cause.
Une seconde réfutation, intégralement conservée celle-là, vient de Bagdad. Al-Kindi avait écrit contre la Trinité en se servant des catégories de l’Isagoge de Porphyre ; le philosophe chrétien Yahyā ibn ʿAdī lui répond au Xᵉ siècle par un texte intitulé, sans détour, exposition de l’erreur commise par al-Kindi.
Le plus frappant reste le silence des grands falāsifa. Al-Fārābī ne nomme jamais al-Kindi, Averroès ne le nomme que pour critiquer sa pharmacologie, et sur la question qui nous occupe la falsafa lui a donné tort : Avicenne tient ensemble création et éternité en faisant de la dépendance du monde une dépendance causale et non temporelle. Ce sont les théologiens qui ont recueilli l’héritage, al-Ghazālī retournant contre les philosophes des arguments de facture kindienne. La charpente a resservi bien plus tard, William Lane Craig la reconstruisant en 1979 sous le nom d’argument cosmologique du kalām.
Celui qui veut aujourd’hui défaire la démonstration perdra son temps à contester les six prémisses, qui ne parlent que de corps et se défendent bien. La charnière est ailleurs, dans les quelques lignes où le temps devient un prédicat du corps du monde, au motif que le temps, le mouvement et le corps sont coextensifs. Elles se lisent aux pages 116 à 122 de la traduction d’Alfred Ivry. Retirez-les, et les six prémisses tiennent toujours sans que le monde ait le moindre commencement.
Pour aller plus loin
Ce dossier touche à la Théologie d’Aristote, ce Plotin arabe fabriqué dans l’atelier même d’al-Kindi, qui a fait passer du néoplatonisme pour de l’aristotélisme pendant des siècles. Il rejoint la querelle de l’éternité du monde chez Avicenne, al-Ghazālī et Averroès, où les mêmes arguments changent de camp, et la figure de Jean Philopon, dont la théorie de l’impetus intéressera Galilée.
Au IXᵉ siècle, la langue arabe n’avait pas de mot pour dire « philosophie ». Elle a pris celui des Grecs et l’a écrit à sa façon, falsafa. Le premier homme à se réclamer de ce titre dans cette langue vivait à Bagdad, tout près des califes, et s’appelait al-Kindi. Il est mort après 866. Il a entrepris de prouver, par le seul raisonnement, que le monde n’a pas toujours existé.
Un monde qui n’avait jamais commencé
Les philosophes grecs pensaient presque tous le contraire. Le monde n’avait pas de début pour eux : il avait toujours tourné, et le temps avec lui. Aristote l’avait établi, et son autorité pesait sur toute la tradition. Al-Kindi le lisait et l’admirait. Il a voulu le réfuter sur ce point avec ses armes à lui.
Ces armes étaient une règle d’Aristote lui-même. Rien d’infini ne peut être donné en entier dans la réalité. On peut toujours agrandir une grandeur, on ne rencontre jamais une grandeur déjà infinie. Al-Kindi a pris cette règle au sérieux jusqu’au bout, et il l’a retournée contre celui qui l’avait posée.
Retrancher un morceau à un corps sans limite
Imaginez un corps sans limite. Enlevez-en un bout de taille ordinaire. Ce qui reste a une limite ou n’en a pas. S’il en a une, remettez le bout en place : deux choses limitées mises ensemble donnent une chose limitée, et le corps sans limite du départ se retrouve limité.
S’il n’en a pas, remettez quand même le bout. Ou bien l’ensemble a grandi, et il était donc plus petit tout à l’heure, ce qui suppose une limite. Ou bien il n’a pas grandi, et la partie vaut alors le tout. Les deux réponses se contredisent elles-mêmes, et c’était l’objectif.
De là, une ligne très courte décide de tout. Ce qui se dit d’un corps limité est limité aussi. Or le temps se dit du monde, dont il mesure la durée. Donc le temps écoulé, donc le monde a commencé, et ce qui l’a fait commencer n’est pas lui.
Ce qui l’a fait commencer, al-Kindi le décrit en peu de mots. Cette cause est unique, sans quoi elle serait composée et demanderait à son tour un assembleur. Son acte propre consiste à faire être ce qui n’était pas du tout, sans matière préalable et sans y passer de temps. Tout le reste agit en subissant en retour, et ne mérite le nom d’agent que par extension.
Les partisans du monde éternel ont une réponse. Un passé qu’on peut toujours prolonger vers l’arrière ne forme pas pour autant une quantité donnée d’un coup, puisque le nombre d’années qu’on remonte reste fini à chaque fois. Al-Kindi avait prévu l’objection et ajouté un autre raisonnement : pour arriver jusqu’à aujourd’hui, il aurait fallu franchir une suite sans fin, et une suite sans fin ne se franchit pas.
La valeur de cette parade fait débat. Les spécialistes n’ont pas tranché. Certains jugent que le passage du corps au temps est le vrai point faible, et que les prémisses du départ ne le protègent pas. Le débat est ouvert depuis mille ans et il l’est encore.
Le raisonnement venait d’un autre
La manœuvre n’était pas de lui. Elle venait d’un chrétien d’Alexandrie mort vers 570, qui avait attaqué Aristote sur ce point précis et écrit contre lui plusieurs livres. Al-Kindi ne le nomme jamais. Il n’avertit nulle part son lecteur qu’il vient de quitter Aristote.
Le livre en question a disparu. On ne le connaît que par les citations d’un adversaire qui le recopiait pour le démolir, et c’est à partir de ces citations qu’on a reconstitué ce qu’il disait. Lequel de ses écrits al-Kindi avait exactement sous les yeux, personne ne le sait.
Les grands philosophes venus après lui, dans la même langue, ont refusé sa conclusion. Ils ont préféré un monde sans début qui dépend pourtant de Dieu, la dépendance n’étant pas une affaire de date. Ce sont les théologiens, et non eux, qui ont repris ses arguments et les ont retournés contre la philosophie.
Du traité d’al-Kindi, il ne reste qu’une copie, dans un recueil de plus de cinquante textes conservé à Istanbul. Elle a été faite deux siècles après sa mort, et on n’y lit que la première partie. Le reste manque.
La version complète donne les prémisses une à une, la page exacte où le raisonnement bascule, et le nom de l’Andalou qui a répondu que Dieu ne pouvait pas être appelé une cause.
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Sources de cet article
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Sources primaires
- Al-Kindi, *Livre sur la Philosophie première, à al-Mu’tasim bi-llah*, texte arabe et traduction française en regard par Roshdi Rashed et Jean Jolivet, *Œuvres philosophiques et scientifiques d’al-Kindī*, vol. II, *Métaphysique et cosmologie*, Leyde, 1998, p. 7-99 Brill
- Al-Kindi, *On First Philosophy*, traduction anglaise et commentaire d’Alfred L. Ivry, Albany, 1974 : les six prémisses p. 114, la réduction à l’absurde p. 115-116, le passage à la finitude du temps et l’argument de la traversée p. 116-122, l’impossibilité pour une chose d’être cause de sa propre essence p. 123 State University of New York Press
- Al-Kindi, *Épître à Muhammad b. al-Gahm sur l’unicité de Dieu et la finitude du corps du monde*, dans Rashed et Jolivet, vol. II, 1998, p. 136-148 Brill
- Al-Kindi, *Épître sur la quiddité de ce qui ne peut être infini et de ce qu’on appelle infini*, dans Rashed et Jolivet, vol. II, 1998, p. 150-156 – épître explicitement adaptée au niveau de son destinataire Brill
- Al-Kindi, *Épître à Ahmad b. Muhammad al-Hurāsānī pour expliquer la finitude du corps du monde*, dans Rashed et Jolivet, vol. II, 1998, p. 158-166 Brill
- Al-Kindi, *Épître sur l’Agent vrai, Premier et Parfait, et sur l’agent déficient qui est agent par extension*, dans Rashed et Jolivet, vol. II, 1998, p. 168-172 Brill
- Al-Kindi, *Épître sur ce que la nature du ciel diffère de celle des quatre éléments*, éd. Muhammad ʿAbd al-Hādī Abū Rīda, *Rasāʾil al-Kindī al-falsafiyya*, Le Caire, 1953, p. 40-46 Dār al-Fikr al-ʿArabī
- Al-Kindi, *Épître sur le moyen de chasser les tristesses*, unique témoin, Ayasofya 4832, folios 23a-26b de l’ancienne foliotation ; édition princeps par Hellmut Ritter et Richard Walzer, *Uno scritto morale inedito di al-Kindī*, Rome, 1938 Reale Accademia Nazionale dei Lincei
- *Réfutation de la Philosophie première d’al-Kindī* (*al-Radd ʿalā l-Kindī*), traduction française dans Rashed et Jolivet, vol. II, 1998, p. 113-116, sous l’attribution à Ibn Hazm Brill
- Yahyā ibn ʿAdī, *Exposition de l’erreur commise par al-Kindi dans son « Épître pour réfuter les chrétiens »*, texte et traduction dans Rashed et Jolivet, vol. II, 1998, p. 121-128 Brill
- Aristote, *Physique*, III, 5, 204b et III, 6, 206a (infini en acte et infini en puissance), VIII, 1, 251b (éternité du temps et du mouvement) ; *Du ciel*, I, 10-12, 279b et suivantes, pagination Bekker
- Jean Philopon, *De aeternitate mundi contra Proclum*, 529, éd. Hugo Rabe, Leipzig, 1899 Teubner
- Jean Philopon, *Contre Aristote sur l’éternité du monde*, vers 530-534, texte perdu ; fragments reconstitués et traduits par Christian Wildberg, Londres, 1987 ; fragment 132 = Simplicius, *Commentaire sur la Physique*, 1178,7-1179,26 Duckworth
- Istanbul, Süleymaniye Kütüphanesi, Ayasofya 4832 : papier, II+232 feuillets, Vᵉ siècle de l’hégire / XIᵉ siècle, plus de cinquante traités ; *Kitāb fī l-falsafa al-ūlā* aux folios 196r-206r, épîtres sur la finitude du corps du monde aux folios 157r-158r et 165r-166r, deux notes de possession attribuant le volume à Ibn Sīnā au folio 1r
- Ibn al-Nadīm, *Kitāb al-Fihrist*, Xᵉ siècle catalogue des titres attribués à al-Kindi
Bibliographie
- Peter Adamson, *Al-Kindī*, New York, 2007, « Great Medieval Thinkers » Oxford University Press
- Peter Adamson et Peter E. Pormann (trad.), *The Philosophical Works of al-Kindī*, Karachi, 2012 – traduction anglaise utilisée ici pour le passage de la première partie sur la vérité reçue des nations étrangères Oxford University Press
- Roshdi Rashed et Jean Jolivet, introduction et « Structure du Livre de la Philosophie première », dans *Œuvres philosophiques et scientifiques d’al-Kindī*, vol. II, Leyde, 1998, p. vii-6 Brill
- Soumaya Mestiri et Guillaume Dye (trad.), *Al-Kindi. Le moyen de chasser les tristesses et autres textes éthiques*, Paris, 2004 Fayard
- Herbert A. Davidson, « John Philoponus as a Source of Medieval Islamic and Jewish Proofs of Creation », *Journal of the American Oriental Society*, 89, 1969, p. 357-391 American Oriental Society
- Herbert A. Davidson, *Proofs for Eternity, Creation and the Existence of God in Medieval Islamic and Jewish Philosophy*, New York, 1987, chapitres IV et V – arguments de filiation philoponienne et réfutations qui leur ont été opposées Oxford University Press
- José Bellver, « The Beginning of Rational Theology in al-Andalus : Ibn Masārra and his Refutation of al-Kindī’s *On First Philosophy* », *al-Qanṭara*, 41 (2), 2020, p. 323-371, DOI 10,3989/alqantara.2020 009 Consejo Superior de Investigaciones Científicas
- Gerhard Endress, « The Circle of al-Kindī : Early Arabic Translations and the Rise of Islamic Philosophy », dans G. Endress et R. Kruk (dir.), *The Ancient Tradition in Christian and Islamic Hellenism*, Leyde, 1997, p. 43-76 Research School CNWS
- Christian Wildberg, *Philoponus, Against Aristotle on the Eternity of the World*, Londres, 1987 Duckworth
- Drago Đurić, « Al-Kindi’s and W. L. Craig’s Cosmological Arguments », *Belgrade Philosophical Annual*, XXVII, 2014, p. 157-166 Université de Belgrade
- Hellmut Ritter, « Schriften Jaʿqūb ibn Isḥāq al-Kindī’s in Stambuler Bibliotheken », *Archiv Orientální*, 4, 1932, p. 363-372 Institut oriental de Prague
Sources en ligne
- « al-Kindi », par Peter Adamson, révision du 25 avril 2024 Stanford Encyclopedia of Philosophy
- « John Philoponus », par Christian Wildberg et Tommaso De Robertis Stanford Encyclopedia of Philosophy
- « Istanbul, Süleymaniye Kütüphanesi, Ayasofya 4832 » Ptolemaeus Arabus et Latinus, Bayerische Akademie der Wissenschaften
- « Al-Kindi (Abū Yūsuf Yaʿqūb b. Isḥāq al-Kindī) », *Encyclopedia of Medieval Philosophy* Springer
- « al-Kindī » Encyclopædia Britannica
- « Los comienzos de la teología racional en al-Andalus : Ibn Masarra y su Refutación de Sobre la Filosofía primera de al-Kindī » Al-Qantara, notice DOAJ
- « Alkindi’s and W. L. Craig’s cosmological arguments » Belgrade Philosophical Annual, SCIndeks