Dix mille sept cent soixante-dix fragments et objets de calebasse sont sortis des tranchées de Huaca Prieta, sur la côte nord du Pérou, selon le compte publié en 1949 par Thomas Whitaker et Junius Bird. Treize au plus portaient un décor. Deux petits récipients trouvés ensemble dans une tombe, hauts de moins de cinq centimètres, ont été reproduits à maintes reprises depuis 1954, sans que les spécialistes s’accordent sur la technique de leur décor ni sur l’origine de son style.
Une femme couchée comme pour dormir, neuf mètres sous la surface
Vers la mi-septembre 1946, Bird dégage trois sépultures dans sa tranchée n° 3, à environ neuf mètres de profondeur. La plus riche, numérotée 903, est la mieux dotée des trente-six sépultures précéramiques du site, sans rien d’exceptionnel pourtant face à celles d’Asia ou de La Galgada, plus au sud, comme le relève Henning Bischof. Une femme adulte y repose en position fœtale sur le côté droit, la main gauche sur l’oreille et la droite sur la joue gauche, comme si elle dormait, enveloppée dans une natte de jonc tressée avec une trame de coton. Au moins quatre textiles l’accompagnent, dont une toile à bandes bleues et un sac tubulaire en coton, large de 12 centimètres et long de plus de 20, posé sur le ventre et les genoux, d’une technique qui ne se retrouve nulle part ailleurs sur le site. Les deux calebasses sculptées étaient dedans. Au-dessus de la fosse, on avait déposé en dernier un sac de jonc très usé qui renfermait une petite gourde cueillie avant maturité, deux graines de courge, des feuilles pareilles à celles du saule et des fleurs de « turi » d’usage probablement médicinal, un assemblage dont se rapproche la boulette mâchée retrouvée dans la bouche de la défunte.
Les deux récipients sont des fruits de Lagenaria siceraria, dont la coque séchée sert de contenant. Le « mate des visages » mesure 4,4 centimètres de haut pour 6,5 de diamètre. Quatre têtes vues de face, sans nez, en font le tour, reliées par des bandes striées, avec des yeux et une bouche en rectangles creusés et des oreilles quadrillées d’incisions fines.
Haut de 4,9 centimètres, le « mate des félins » porte deux quadrupèdes à queue coiffés d’une parure en gradins, séparés par deux petites figures enroulées à tête de rapace. Sur son couvercle, un serpent à deux têtes se replie en Z, et Bird reconnaissait dans ces têtes celles de condors mâles.
Bird a précisé par lettre que le sac ne contenait rien d’autre, ni coca ni chaux.
Bischof a proposé en 1999 d’y voir l’équipement d’une guérisseuse, par comparaison avec les trousses de petits flacons des guérisseurs actuels de la côte nord, en signalant lui-même la fragilité de l’analogie. Le peintre mexicain Miguel Covarrubias a publié le premier dessin du mate des visages en 1954. Bird a ensuite remis cet objet au Museo Nacional de Antropología, Arqueología e Historia de Lima, où Danièle Lavallée et Luis Guillermo Lumbreras le croyaient perdu en 1985 ; Bischof a appris sur place, le 26 août 1998, qu’il était rangé dans le coffre-fort. Le mate des félins, lui, est resté à New York.
Le condor avait un serpent dans le ventre
Les textiles de Huaca Prieta sont pour l’essentiel cordés, une technique où des fils de trame s’enroulent par paires autour des fils de chaîne. Bird y a reconnu des figures humaines, des serpents, des crabes et des condors, souvent impossibles à distinguer à l’œil nu.
Un fragment large d’environ 21 centimètres, inventorié 41,2/1501 à l’American Museum of Natural History, ne montrait aucun motif. Le relevé fil à fil de son armure a fait sortir un condor mâle aux ailes déployées, un serpent logé dans l’estomac.
En 2016, Jeffrey Splitstoser et Jan Wouters ont publié l’analyse de huit fragments de coton rayés issus des fouilles récentes, scellés en paquets dans des couches de construction chargées de cendre et grisés par la suie jusqu’au lavage. Après des tests négatifs, une chromatographie plus sensible, méthode qui sépare les composants d’un échantillon, a trouvé l’indigotine, la molécule de l’indigo, dans cinq d’entre eux. Un fragment provient d’un sédiment daté de 6 200 à 6 000 ans environ, les autres n’ont pas plus de 4 100 ans. Le record appartenait jusque-là à l’Égypte de la Vᵉ dynastie, vers 4 400 ans avant le présent, soit quelque quinze siècles plus tard.
La plante source serait le plus probablement une espèce d’Indigofera originaire d’Amérique du Sud, et on ignore de quels objets ces morceaux faisaient partie. La toile à bandes bleues de la tombe 903, elle, ne figurait pas parmi les échantillons analysés en 2016.
Trente-deux mètres de cendre sur une terrasse de Sangamon
La butte mesure environ 138 mètres sur 62 et renferme au moins 32 mètres de dépôts humains, noircis par le charbon de bois, les cendres et la suie qui lui valent son nom de « butte noire ». Elle occupe l’extrémité sud d’une terrasse marine fossile longue d’environ deux kilomètres, rattachée au Sangamon, un interglaciaire du Pléistocène. Les dimensions de l’article d’Antiquity en 2012 sont préférables à celles du magazine de l’université Vanderbilt, qui donne 320 pieds de long, une quarantaine de mètres de moins, sans dire d’où vient sa mesure.
Les échantillons de Bird ont compté parmi les premiers soumis au radiocarbone. Dans le volume de 1951 des Memoirs of the Society for American Archaeology consacré à la mise au point de la méthode, l’échantillon 318a, du bois et des brindilles, donne même un âge si discordant que la notice soupçonne une contamination. Les deux articles de l’équipe Dillehay parus en 2012 ne résument pas ces dates de la même façon, l’un écrivant 5 302 à 1 933 ans avant le présent, l’autre 5 500 à 4 200. Entre 2007 et 2013, l’équipe de Tom Dillehay et Duccio Bonavia a ouvert 32 unités et tranchées, 32 sondages et 80 carottages sur la butte et jusqu’à sa voisine, Paredones, et en a tiré plus de 150 dates. Une première phase, vers 9 000 à 7 500 ans avant le présent, correspond à des passages de pêcheurs-cueilleurs et de jardiniers au bord d’une lagune saumâtre. La butte monte ensuite pendant quelque trois millénaires et demi, jusque vers 4 000 ans avant le présent.
Sous la butte, des galets taillés et pas un hameçon
Pour atteindre la surface de la terrasse, il a fallu traverser plus de 32 mètres de dépôts. Sur les quelque 200 mètres carrés de sol ancien ainsi dégagés, les niveaux pléistocènes intacts n’occupent que 16 mètres carrés, répartis entre trois sondages au bord sud-est de la butte.
Les dates ont reculé d’une publication à l’autre, de 14 200 à 13 300 ans environ dans Quaternary Research en 2012 jusqu’à une série d’occupations brèves et intermittentes entre 15 000 et 10 000 ans dans Science Advances en 2017, coupées par des lacunes de plusieurs siècles. Le matériel est modeste, avec des éclats de galets retouchés, des os de poissons et d’otaries, des coquillages brisés, des restes d’avocat et de haricot, et peut-être de courge et de piment cultivés. Sur plus de 350 000 fragments et objets de coquillage examinés, les auteurs n’ont relevé aucune trace de fabrication de harpons ou d’hameçons ni aucun indice d’embarcation, et Bird n’avait trouvé qu’un hameçon de coquille possible. Le communiqué de la Florida Atlantic University, repris par Phys.org, annonçait pourtant des hameçons variés et des bateaux presque certainement aptes aux eaux agitées. L’article, qui publie le décompte, fait foi.
On ignore toujours d’où venaient ces gens, car deux tentatives d’extraction d’ADN ancien ont échoué sur des dents abîmées par le sel de l’air côtier.
Des épis sur la butte voisine
Domestiqué au Mexique, le maïs fait débat depuis plus de quarante ans quant à sa place dans le précéramique andin. En 2012, l’équipe d’Alexander Grobman a publié 293 restes de maïs à éclater et à farine venus de Paredones et de Huaca Prieta, avec quinze dates obtenues sur les plantes elles-mêmes. Le plus ancien, un morceau de pédoncule partiellement carbonisé prélevé avec sa bractée sur un épi, est daté de 6 775 à 6 504 ans avant le présent. Les auteurs jugent les épis brûlés plus sûrs à dater que les autres, ce qui commande la prudence devant tout résultat obtenu sur un épi intact.
Des restes de plantes ne disent pas qui les mangeait. En 2020, Tiffiny Tung, Tom Dillehay, Robert Feranec et Larisa DeSantis ont interrogé les isotopes stables et l’usure microscopique des dents, en distinguant les plantes dites C4, dont le maïs, des plantes C3, deux familles qui fixent le carbone différemment. À Paredones, les individus se rangent dans le groupe, ou à sa lisière, où plus de la moitié des protéines vient de plantes C4. À Huaca Prieta, environ la moitié des individus relèvent d’une alimentation dominée par des ressources C3, les autres d’un mélange marin et terrestre. Le maïs entre régulièrement dans les repas vers 6 500 à 6 000 ans avant le présent et devient un aliment de base entre 5 000 et 4 500 ans.
Lathrap cherchait Valdivia dans une calebasse
En 1967, Edward Lanning remarque que le décor creusé des deux calebasses rappelle certains motifs de la céramique Valdivia, sur la côte sud-ouest de l’Équateur, et propose une origine septentrionale. Donald Lathrap va plus loin en 1974. Pour lui, les deux traditions dérivent d’un art de la calebasse sculptée, conservé au Pérou par la sécheresse et détruit en Équateur par l’humidité, et les récipients de la tombe 903 pourraient même avoir été importés tels quels.
L’hypothèse a des appuis sérieux, que Bischof énumère lui-même. Des frises de quatre visages reliés par des bandes ne se rencontrent qu’à Huaca Prieta et à Valdivia, où l’on retrouve aussi le motif laissé en relief sur un fond creusé, les triangles hachurés et la croix du couvercle. Les phases 3 à 5 de Valdivia, entre 2800 et 2100 avant notre ère environ, recoupent le cadre alors admis pour les couches précéramiques de Huaca Prieta. Une des tombes les plus riches de Valdivia est aussi celle d’une femme.
Bischof retourne ensuite le dossier.
À Valdivia, l’incision fine hachurée n’accompagne jamais le décor creusé sur un même vase. Les visages valdiviens ont un nez et pas d’oreilles, à l’inverse de ceux de Huaca Prieta, et aucun animal entier ni être composite n’apparaît dans l’art à deux dimensions de Valdivia. Un fragment incisé de la couche E du site porte en outre les mêmes bandes courbes que les petites figures du mate des félins, ce qui plaide pour un atelier local. À La Galgada, enfin, une petite coupe en céramique à couvercle, de 7,5 centimètres de diamètre, reproduit la forme des deux calebasses.
La technique a été mal transmise, elle aussi. Whitaker et Bird signalaient de la pyrogravure sur cinq trouvailles décorées, mais décrivaient les deux récipients de la tombe 903 comme taillés et incisés. Le mot « pyrogravé » leur a été appliqué par Lumbreras en 1969, puis dans le volume posthume de Bird en 1985, par une probable inadvertance d’édition selon Bischof. Un réexamen à New York n’a relevé aucun signe net de pyrogravure sur le mate des félins, ce qui n’a pas empêché l’université Vanderbilt d’en parler encore en 2017.
Bird avait écrit à Lathrap le 7 août 1974. Il lui accordait qu’une parenté avec la céramique ancienne de la côte équatorienne restait possible, tout en notant que des artistes qui géométrisent un visage vu de face aboutissent toujours à des ressemblances, et qu’une image valdivienne correspondant au second récipient serait bien plus convaincante. Vingt-cinq ans plus tard, Bischof constatait que rien dans le répertoire de Valdivia ne ressemble au mate des félins, ce qui laissait l’objection de Bird à l’endroit exact où il l’avait posée.
Pour aller plus loin
Les récipients de la tombe 903 se lisent mieux à côté de La Galgada, dans les Andes du nord, et de la culture Valdivia en Équateur, dont la céramique sert de point de comparaison depuis les années 1960. Le maïs de Paredones rejoint la question des centres précéramiques du Norte Chico, comme Caral, et celle des premiers grands styles andins, qui mène jusqu’à Chavín de Huántar.
Que peut-on apprendre d’une colline faite de cendres, de pierres et de coquillages ? Elle se dresse au bord du Pacifique, sur la côte désertique du nord du Pérou. On l’appelle Huaca Prieta, ce qui veut dire la butte noire. Des générations d’habitants l’ont élevée couche après couche, à une époque où la région ne connaissait pas encore la poterie. Les archéologues y creusent depuis 1946 et se demandent ce que ces couches racontent vraiment.
Deux petites boîtes dans une tombe
Un archéologue américain dégage une tombe à neuf mètres sous la surface. Une femme y repose sur le côté, les mains près du visage, comme endormie. Une natte de jonc l’entoure. Sur son ventre, un sac de coton garde deux objets minuscules.
Ce sont des fruits séchés dont la coque sert de récipient, qu’on appelle des calebasses. Chacune fait moins de cinq centimètres de haut et possède son couvercle. Des visages sans nez font le tour de la première. Sur la seconde, des animaux à queue ressemblent à des félins.
Au-dessus de la tombe, quelqu’un avait posé un vieux sac plein de graines, de feuilles et de fleurs sans doute médicinales. Un spécialiste voit dans ce matériel celui d’une guérisseuse. Cette idée s’appuie sur les guérisseurs qui travaillent aujourd’hui dans la région. Elle reste une hypothèse.
Un air de famille avec l’Équateur
Plus au nord, sur la côte de l’actuel Équateur, une culture ancienne décorait ses poteries de visages creusés. On la nomme Valdivia. Dans les années 1970, l’archéologue Donald Lathrap pense que les deux calebasses pourraient venir de là. Les ressemblances existent, avec des visages reliés par des bandes et des motifs de traits croisés.
Henning Bischof reprend la question en 1999. Il remarque que les visages équatoriens ont un nez et pas d’oreilles, au contraire de ceux du Pérou. Surtout, il retrouve les mêmes bandes courbes que sur la seconde calebasse, gravées sur un autre débris du site. Pour lui, un atelier local les a fabriquées.
Junius Bird, qui avait fouillé la tombe, avait déjà écrit à Lathrap. Il admettait que le lien était possible. Il ajoutait que des visages dessinés de face finissent toujours par se ressembler. Une image équatorienne proche de la seconde calebasse le convaincrait bien davantage. Bischof n’en a trouvé aucune.
Un bleu caché sous la suie
Les tissus du site gardent aussi des images. Certains portent des condors, des crabes ou des serpents que l’œil ne voit plus. Sur un morceau sans dessin visible, un relevé patient de chaque fil a révélé un condor aux ailes ouvertes. Un serpent se trouve dans son ventre.
Des fouilles plus récentes ont livré de petits morceaux de coton rayés. Ils étaient gris de suie, car on les avait enfouis dans des couches pleines de cendre. Au lavage, des bandes bleues sont apparues. Des analyses très fines y ont reconnu un colorant bleu tiré d’une plante, l’indigo.
Le plus vieux de ces morceaux a environ 6 200 ans. Aucune étoffe teinte de ce bleu n’était connue avant lui, même en Égypte. On ignore encore à quels objets appartenaient ces chiffons. La plante exacte n’est pas identifiée avec certitude.
Des visiteurs de la fin de l’ère glaciaire
La butte renferme au moins 32 mètres de couches laissées par les humains. Une nouvelle équipe a creusé à travers toute cette épaisseur pour atteindre le sol d’origine. Tout au fond, elle a trouvé des galets taillés, des restes de poissons, d’otaries et de coquillages, et un peu d’avocat.
Ces traces remonteraient jusqu’à 15 000 ans environ. Elles couvrent pourtant une surface minuscule, à peu près celle d’une grande chambre. Leurs dates ont d’ailleurs changé d’un article à l’autre. Les chercheurs n’ont trouvé ni hameçon ni bateau, alors qu’un communiqué de presse en annonçait.
Bien plus tard, le maïs apparaît dans la vallée. Sur une butte voisine, les dents des défunts montrent qu’on en mangeait beaucoup. À Huaca Prieta, les repas reposaient plutôt sur d’autres plantes, et sur la mer pour une partie des habitants. Deux façons de se nourrir cohabitaient donc à peu de distance.
On ignore toujours d’où venaient ces premiers habitants. Leur matériel génétique n’a pas pu être lu. Les dents des morts, abîmées par le sel de l’air marin, gardent ce secret pour l’instant.
La version complète donne les mesures exactes des deux calebasses et raconte comment un communiqué de presse a promis des hameçons que l’étude n’a jamais trouvés.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- « Mate des visages », calebasse sculptée et incisée à couvercle, h. 4,4 cm, diam. 6,5 cm, sépulture 903, tranchée 3, Huaca Prieta, catalogue AMNH 41,2/2554 original remis par J. B. Bird au Museo Nacional de Antropología, Arqueología e Historia, Lima (réplique à l’American Museum of Natural History, New York)
- « Mate des félins », calebasse sculptée à couvercle, h. 4,9 cm, diam. 6,1 cm, sépulture 903 American Museum of Natural History, New York, 41,2/2555
- Sac tubulaire en coton, l. 12 cm, L. > 20,5 cm, contenant les deux calebasses, sépulture 903 American Museum of Natural History, New York, 41,2/2548
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Sources primaires (suite)
- Toile cordée en coton à bandes bleues, sépulture 903 American Museum of Natural History, New York, 41,2/2550
- Natte de jonc à trame de coton enveloppant la défunte, sépulture 903 American Museum of Natural History, New York, 41,2/4307
- Tissu cordé au condor mâle et au serpent, l. env. 21 cm (8 ¼ pouces) American Museum of Natural History, New York, 41,2/1501a-c
- Fragment de coton à rayure bleue d’indigo, spécimen 2009 052,01.B, fouilles Dillehay-Bonavia publié dans Splitstoser et al., *Science Advances*, 2016
- Épi de maïs de type Proto-Confite Morocho, fragment de pédoncule daté par SMA de 6 775-6 504 ans cal. BP, Paredones et Huaca Prieta publié dans Grobman et al., *PNAS*, 2012, fig. 1A
Bibliographie
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Sources en ligne
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- « Los mates tallados de Huaca Prieta : ¿evidencias del arte Valdivia en el Arcaico centroandino ? » Boletín de Arqueología PUCPhttps://revistas.pucp.edu.pe/index.php/boletindearqueologia/article/view/2269
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