En 1416, aucun livre ne porte encore ce nom. Ceux qui inventorient les biens de Jean de Berry, mort cette année-là, trouvent dans une layette, une petite boîte, « plusieurs cayers d’unes tres riches Heures que faisoient Pol et ses freres », et les Très Riches Heures entrent dans les archives sous cette forme, en feuilles, sans reliure, à moitié peintes. La phrase nomme les peintres, ce que les inventaires du duc font rarement, relève Susie Nash. Elle donne aussi un prix. Les cahiers sont estimés 500 livres, davantage que presque tous les autres manuscrits d’une bibliothèque où le duc en avait réuni, acquis ou commandé quelque trois cents.
Pol et ses frères
Ils étaient trois, Paul, Jean et Herman, originaires de Nimègue, et ils avaient travaillé pour la cour de Bourgogne avant d’entrer au service de Jean de Berry, selon la notice de la bibliothèque du château de Chantilly. Le duc, troisième fils du roi Jean le Bon, né en 1340, a soixante et onze ans quand le chantier s’ouvre, vers 1411. Il connaît la manière des frères. Le Metropolitan Museum de New York conserve, sous le numéro 54,1.1a, b, les Belles Heures qu’ils lui avaient peintes vers 1405-1409, un volume dont un feuillet mesure 23,8 centimètres sur 17. En 1416, le commanditaire meurt, les trois peintres aussi, probablement de la peste, et le travail s’arrête net, sans que le duc ait jamais prié dans ce livre-là.
Deux des frères au moins, trois peut-être, ont dessiné les compositions, et l’on ne s’accorde pas sur leur part.
Le nom vient de l’inventaire, et de lui seul, rappelle le château dans son communiqué d’avril 2023. Il faut le lire comme une description de priseur. Le duc possédait dix-huit livres d’heures, dont six faits pour lui, et les titres qu’on leur donne aujourd’hui, Belles Heures, Très Belles Heures de Notre-Dame, Très Riches Heures, ressemblent à une échelle de compliments ; la Bibliothèque nationale de France garde sous la cote NAL 3093 les Très Belles Heures de Notre-Dame, qui lui ont appartenu. À l’été 2025, six de ces livres d’heures se sont retrouvés réunis à Chantilly pour la première fois depuis sa mort. Mathieu Deldicque, directeur du musée Condé, rattache volontiers l’adjectif au lapis-lazuli venu d’Afghanistan, plus cher que l’or à l’époque selon lui, et le bleu des pages lui donne une excuse solide. L’adjectif lui-même est sorti de la plume d’un homme qui comptait des cahiers rangés dans une boîte, et qui les prisait sans savoir comment le livre finirait.
Vingt-sept mains
Le volume que le château conserve sous la cote ms. 65 compte 206 feuillets de parchemin de 29 centimètres sur 21 et jusqu’à 131 peintures. En 2006, dans les actes d’un colloque de l’École du Louvre, Patricia Stirnemann s’est demandé combien de copistes et d’artistes avaient contribué au livre ; le château date de 2010 l’analyse approfondie au terme de laquelle elle en distingue vingt-sept. Certaines mains ont travaillé du vivant même du duc. Dans un article de 2009, Stirnemann attribue au Maître de Bedford, qui dirigeait l’un des grands ateliers parisiens, trois initiales aux armes et aux emblèmes de Jean de Berry, aux feuillets 168v, 182v et 189. Le livre passait donc déjà d’un atelier à l’autre avant 1416, et l’atelier de Bedford y a pris des modèles, puisque Catherine Reynolds a relevé quatre compositions qu’il a reprises ensuite dans ses propres livres.
Le dernier grand peintre arrive soixante-dix ans après les premiers. Charles Ier de Savoie hérite du livre vers 1480, et Jean Colombe le complète pour lui vers 1485, dates que le fac-similé publié par Panini en 2025 étire jusqu’en 1489. Sur certaines pages, Colombe ne part pas de rien. Au feuillet 158, la messe de Noël était dessinée, et il en achève la peinture ; au feuillet 86v, la bordure de l’histoire de Raymond Diocrès porte des tiges, des fleurs et des oiseaux peints au début du XVᵉ siècle, entre lesquels il loge ses propres scènes, sur une même page, à près de soixante-dix ans d’écart.
Le peintre de l’Octobre
Entre les Limbourg et Colombe, il a fallu attendre les années 1970 pour voir un troisième homme. En avril 1975, dans le premier numéro de la revue Prospettiva, Luciano Bellosi se demande si les Limbourg ont précédé Van Eyck, et répond en regardant les vêtements. Les habits courts à capuchon de plusieurs paysans du calendrier lui paraissent appartenir au milieu du siècle, au temps de Philippe le Bon, bien après la mort des trois frères. L’artiste ainsi isolé a reçu le surnom de peintre de l’Octobre.
En 1989, dans la Revue de l’Art, Nicole Reynaud lui donne un nom, Barthélemy d’Eyck, peintre attaché à René d’Anjou, et Inès Villela-Petit a repris le dossier en 2011 dans le commentaire du fac-similé, page par page. Elle lui rend mars (feuillet 3v), juin (6v), septembre (9v), octobre (10v) et décembre (12v), ainsi que les litanies de saint Grégoire (71v-72), toutes compositions laissées inachevées par les Limbourg, que Colombe a parfois terminées à son tour, et elle fonde l’attribution sur les ombres portées, les reflets dans l’eau, les visages et les yeux des femmes de juin, les bouviers d’octobre, les chiens et les faces lourdes de décembre, qu’elle retrouve dans les œuvres documentées du peintre. Pour la date, elle reconnaît dans septembre, au pied du château de Saumur, une allusion au pas du Perron, tournoi tenu en 1446, ce qui interdit de placer la page plus tôt, et elle suggère que l’intervention a pu accompagner le séjour de Charles VII à Saumur cette année-là. L’argument des costumes lui semble moins sûr, car certaines manches étaient déjà à la mode dans les années 1420. La piste de Saumur paraît la plus solide des trois, parce qu’elle s’accroche à un événement daté plutôt qu’à une mode, et une mode traîne, revient et se porte plus longtemps en province qu’à la cour.
Une objection vient d’un autre manuscrit. Les Heures de Dunois, conservées à la British Library sous la cote Yates Thompson MS 3, empruntent à ces pages, ce qui situerait l’intervention avant 1440 environ ; mais la bibliothèque date ces Heures des années 1439 à 1450 environ, et Villela-Petit admet que les copies ont pu suivre les dessins des Limbourg avant toute couleur. Un autre courant, qu’elle signale elle-même, refuse tout intermédiaire et garde les Limbourg pour seuls auteurs. Susie Nash, en 2025, accepte le peintre intermédiaire, actif à la fin des années 1430 ou dans les années 1440, mais juge minces les indices qui en font Barthélemy d’Eyck.
Une pension de jeunes filles à Gênes
Après la Savoie, le livre passe probablement dans les années 1520 entre les mains de Marguerite d’Autriche, et c’est en Italie qu’on le retrouve. Sa reliure de maroquin rouge, faite au XVIIIᵉ siècle, porte les armes des familles Spinola et Serra. En 1856, il refait surface dans une pension de jeunes filles de Gênes, écrit Susie Nash. Henri d’Orléans, duc d’Aumale, fils de Louis-Philippe alors en exil en Angleterre, l’achète à Gênes le 20 janvier 1856, et le manuscrit rejoint vers le 18 février sa résidence de Twickenham, près de Londres, où des conservateurs du British Museum viennent l’admirer. Le prince fait exécuter en 1865 par l’orfèvre Antoine Vechte une plaque d’argent pour l’étui, et l’écrin du volume date de 1867.
Le livre, lui, n’a presque plus bougé. Installé en 1876 dans le Cabinet des livres de Chantilly, il passe en 1886 à l’Institut de France avec le château et toutes ses collections, et les volontés du duc interdisent tout prêt hors de Chantilly.
« La Joconde des manuscrits »
Le surnom vient du château, qui présente aussi l’ouvrage comme le plus célèbre manuscrit au monde. Le superlatif est celui du propriétaire. Il dit pourtant quelque chose de vrai sur un objet que très peu de gens ont vu, puisque l’original n’a été exposé qu’en 1939, en 1956, année où Umberto Eco vint le voir, en 2004, du 31 mars au 2 août, et en 2025, soit deux fois seulement en quatre-vingts ans avant la dernière exposition, note Susie Nash. Christopher de Hamel a résumé la situation d’une boutade reprise par le château, selon laquelle il serait plus facile de rencontrer le pape ou le président des États-Unis que de toucher les Très Riches Heures.
La célébrité s’est faite sur le papier. Dès 1884, des héliogravures en paraissent dans la Gazette des Beaux-Arts. En 1904, Paul Durrieu publie chez Plon-Nourrit Les très riches Heures de Jean de France, duc de Berry, édition de luxe en planches monochromes teintées de sépia, tirée à 300 exemplaires numérotés selon la notice de la bibliothèque de Leeds, à 320 selon celle de l’université de Pittsburgh. Michael Camille a consacré en 1990 un essai à l’histoire de ces répliques, et il fait de l’édition Durrieu la publication qui a fait entrer le manuscrit, et avec lui le goût des livres médiévaux, dans le regard du public. La couleur arrive en 1940 avec le numéro 7 de la revue Verve, 34 pages consacrées au seul calendrier, que son titre attribue à Pol de Limbourg et à Jean Colombe, trente-cinq ans avant que Bellosi ne distingue une troisième main. Les fac-similés ont pris le relais, en 1984 chez Faksimile Verlag, en 2010 et en 2025 chez Panini, puis des prises de vue en très haute définition, que le château met en ligne depuis 2022.
Douze pages font l’essentiel de cette gloire. En janvier, le duc, de profil comme un empereur sur une monnaie romaine, coiffé de fourrure et vêtu d’une houppelande bleue, reçoit à sa table pendant qu’un huissier lance « Approche, approche », sous une tenture de la guerre de Troie. Février montre des pas dans la neige, décembre les tours de Vincennes. De Hamel tient ces miniatures pour les premières du genre, et l’on y voit d’ordinaire les premières scènes de neige et de nuit de la peinture du nord de l’Europe, superlatif qui dépend de tout ce que le temps a fait disparaître de la peinture de ces années.
Gélatine au pinceau
Le 6 mars 2023, le manuscrit quitte Chantilly pour le Centre de recherche et de restauration des musées de France, au Louvre, et il y reste plus de deux mois, soumis à une imagerie scientifique que la fondation Etrillard présente comme une première. Microscopie, lumière rasante, réflectographie, fluorescence sous ultraviolet et imagerie hyperspectrale y dressent un constat d’état détaillé, celui d’un livre que Deldicque disait fragile sans être désespéré. L’encre ferro-gallique du texte et le carbonate de plomb employé pour les blancs ont probablement abîmé le support. Le premier cahier, devenu cassant, porte des taches brunâtres et des déchirures, les lettres se craquellent, et la couture posée au début du XXᵉ siècle s’est affaiblie aux nerfs, surtout au début et à la fin du volume. Les restauratrices Coralie Barbe et Florence Malo ont consolidé la couche picturale à la gélatine, appliquée au pinceau comme on l’avait fait pour les Belles Heures au Metropolitan Museum, et les deux premiers cahiers ont été déreliés pour être présentés en bifeuillets. Détail sans rapport avec la datation, mais que Deldicque aime rappeler, les traits les plus fins ont été posés avec des pinceaux faits d’un seul poil d’écureuil.
Du 7 juin au 5 octobre 2025, les douze scènes du calendrier ont été exposées sur six bifeuillets, dans des vitrines verticales éclairées par en dessous, au point que Nash regrettait de perdre le blé de juin et la boue de mars, avant de rejoindre, selon le programme annoncé, leur reliure restaurée. Le calendrier délié offrait l’occasion de regarder les mois disputés hors du volume. Inès Villela-Petit tient que les Limbourg avaient dessiné l’essentiel de ces pages avant 1416 et qu’un peintre les a couvertes de couleur une génération plus tard, pour le roi peut-être ; Susie Nash, devant les mêmes feuillets, rappelle que le nom de Barthélemy d’Eyck repose sur des indices minces, et ni les pages institutionnelles consultées ici ni le compte rendu du catalogue dirigé par Deldicque, avec ses vingt contributions savantes, ne disent encore ce que la réflectographie a vu sous la couleur d’octobre.
Pour aller plus loin
La Sainte-Chapelle de Paris, modèle de celle que Jean de Berry fit élever à Bourges, éclaire le goût du duc pour les reliques et les objets précieux. La guerre entre Armagnacs et Bourguignons et l’occupation anglaise de Paris forment le décor des années où le livre dort en cahiers, et la cour de René d’Anjou montre où pouvait travailler un peintre comme Barthélemy d’Eyck.
On attribue volontiers les Très Riches Heures à trois frères peintres, les Limbourg. Ce livre de prières a été commandé vers 1411 par Jean de Berry, un prince français passionné de beaux manuscrits. Il est aujourd’hui gardé au château de Chantilly. Les frères n’en ont pourtant peint qu’une partie, et le livre a mis des décennies à être achevé.
Une boîte de feuilles volantes
Le duc meurt en 1416. Les trois frères meurent la même année, probablement de la peste. À ce moment, le livre n’est ni terminé ni relié. Il n’existe que sous la forme de cahiers, des paquets de pages pliées, rangés dans une petite boîte.
Un employé dresse alors la liste des biens du duc. Devant la boîte, il parle de « très riches Heures », qu’il dit peintes par Pol et ses frères. Il estime ces cahiers à 500 livres, plus que la quasi-totalité des manuscrits du prince. Le nom du livre vient de cette ligne. Il a été écrit par un homme qui décrivait des feuilles rangées dans un coffret.
Ce recueil de prières appartient à un genre que le duc collectionnait. On l’appelle livre d’heures, parce que les prières y suivent les heures de la journée. Celui-ci s’ouvre sur un calendrier, avec une grande page peinte pour chaque mois.
Soixante-dix ans de pinceaux
Le travail reprend bien après la mort des frères. Le livre change de propriétaire, et d’autres peintres le complètent. À la fin du XVᵉ siècle, un peintre nommé Jean Colombe le termine pour le duc de Savoie. Sur certaines pages, des fleurs peintes au début du siècle côtoient des scènes ajoutées par Colombe. Entre les deux, il s’est écoulé près de soixante-dix ans.
Une spécialiste a compté vingt-sept artistes dans le volume. Certains ont même travaillé du vivant du duc, dans d’autres ateliers de Paris. Le livre des trois frères est en réalité l’œuvre d’une petite foule.
Un inconnu au milieu du siècle
Entre les Limbourg et Colombe, un autre peintre est passé. On ne l’a repéré qu’en 1975. Un historien de l’art avait regardé les habits des paysans du calendrier. Certains portaient des vêtements à la mode vers le milieu du siècle, longtemps après la mort des frères. Ce peintre a repris plusieurs mois, dont octobre, et on l’a surnommé le peintre de l’Octobre.
Une historienne lui a ensuite donné un nom, Barthélemy d’Eyck, peintre au service de René d’Anjou. Inès Villela-Petit défend cette idée mois par mois. Elle compare les ombres, les reflets dans l’eau et les visages avec ceux des œuvres sûres de ce peintre. Elle repère aussi, en septembre, le souvenir d’un tournoi tenu à Saumur, dont on connaît la date. La page ne peut donc pas être plus ancienne que ce tournoi.
Susie Nash a vu ces pages exposées. Elle admet ce peintre de passage, mais juge bien minces les indices qui mènent à Barthélemy d’Eyck. D’autres spécialistes refusent même l’idée d’un peintre intermédiaire. Pour eux, les Limbourg restent les seuls auteurs de ces pages.
Célèbre sans être vu
Plus tard, le livre se retrouve en Italie. Le duc d’Aumale, fils du roi Louis-Philippe, l’achète à Gênes en 1856. Le volume passe ensuite à l’Institut de France avec le château de Chantilly. Les volontés du duc interdisent de le prêter, et il n’a presque jamais été montré au public.
Sa gloire vient donc des copies. Au début du XXᵉ siècle, un savant publie une grande édition aux images teintées de brun, tirée à quelques centaines d’exemplaires. Une revue d’art reproduit plus tard le calendrier en couleurs. Un grand connaisseur des manuscrits médiévaux en a tiré une plaisanterie. Selon lui, rencontrer le pape serait plus simple que toucher ce livre.
Le calendrier fait l’essentiel de cette célébrité. En janvier, le duc reçoit ses invités à table, vu de profil, vêtu de bleu. En février, des pas marquent la neige. En décembre, on aperçoit les tours du château de Vincennes.
Récemment, le manuscrit a fait un long séjour dans un laboratoire du Louvre. Des lumières spéciales et des caméras capables de voir sous la peinture l’ont examiné. Les cahiers du calendrier ont ensuite été détachés de la reliure, puis exposés à part en 2025, avant le retour prévu dans le volume. Aucun des textes consultés ne dit encore ce que ces caméras ont vu sous la couleur d’octobre.
La version complète cite la ligne exacte de l’inventaire de la boîte, et retrouve le manuscrit chez des jeunes filles en pension à Gênes, juste avant son achat.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Les Très Riches Heures du duc de Berry, livre d’heures commencé vers 1411 par Paul, Jean et Herman de Limbourg, repris par un peintre intermédiaire au milieu du XVᵉ siècle et complété par Jean Colombe vers 1485, 206 feuillets de parchemin de 29 × 21 cm, jusqu’à 131 peintures ; calendrier aux ff. 1v-12v, dont mars (f. 3v), juin (f. 6v), septembre (f. 9v), octobre (f. 10v) et décembre (f. 12v) ; histoire de Raymond Diocrès (f. 86v) ; litanies de saint Grégoire (ff. 71v-72) ; messe de Noël (f. 158) ; initiales aux armes de Jean de Berry (ff. 168v, 182v, 189) ; reliure de maroquin rouge du XVIIIᵉ siècle aux armes Spinola et Serra, plaque d’argent d’Antoine Vechte (1865), écrin de 1867 Chantilly, Bibliothèque et archives du château (musée Condé), ms. 65
- Inventaire après décès de Jean de Berry, 1416, article « Item, en une layette plusieurs cayers d’unes tres riches Heures que faisoient Pol et ses freres », prisé 500 livres ; éd. Jules Guiffrey, Inventaires de Jean, duc de Berry (1401-1416), Paris ; texte cité d’après le communiqué du château de Chantilly d’avril 2023 et Zawisza 2025, prisée d’après Nash 2025
- Les Belles Heures de Jean de France, duc de Berry, par Herman, Paul et Jean de Limbourg, 1405-1408/1409, détrempe, feuille d’or et encre sur parchemin, f. 168r de 23,8 × 17 cm New York, The Metropolitan Museum of Art, The Cloisters Collection, 1954, inv. 54,1.1a, b
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Sources primaires (suite)
- Très Belles Heures de Notre-Dame de Jean de Berry, entre 1380 et 1416 Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, NAL 3093
- Livre d’heures à l’usage de Rome, dit Heures de Dunois, par le Maître de Dunois, vers 1439-vers 1450, 291 feuillets Londres, British Library, Yates Thompson MS 3
Bibliographie
- Gazette des Beaux-Arts, 1884, premières reproductions en héliogravure de pages du manuscrit, d’après le communiqué du château de Chantilly d’avril 2023 Gazette des Beaux-Arts
- Paul Durrieu, Les très riches Heures de Jean de France, duc de Berry, Paris, 1904, 260 p., édition limitée de 300 exemplaires numérotés (320 selon l’université de Pittsburgh) Plon-Nourrit
- Verve, revue artistique et littéraire, vol. II, n° 7, Très riches heures du duc de Berry. Le calendrier, par Pol de Limbourg et Jean Colombe, Paris, 1940, 34 p., ill. en couleurs Éditions de la revue Verve
- Luciano Bellosi, « I Limbourg precursori di Van Eyck ? Nuove osservazioni sui “Mesi” di Chantilly », Prospettiva 1, avril 1975, p. 24-34 Prospettiva
- Nicole Reynaud, « Barthélémy d’Eyck avant 1450 », Revue de l’Art 84, 1989, p. 22 et suivantes Revue de l’Art
- Michael Camille, « The “Très Riches Heures” : An Illuminated Manuscript in the Age of Mechanical Reproduction », Critical Inquiry 17 (1), automne 1990, p. 72-107 – DOI 10,1086/448575 University of Chicago Presshttps://doi.org/10.1086/448575
- Patricia Stirnemann et Inès Villela-Petit, Les Très riches heures du duc de Berry et l’enluminure en France au début du XVᵉ siècle, préface de Françoise Autrand, avec la collaboration d’Emmanuelle Toulet, catalogue de l’exposition du musée Condé (31 mars-2 août 2004), Paris et Chantilly, 2004, 85 p. Somogy et musée Condé
- Catherine Reynolds, « The “Très Riches Heures”, the Bedford Workshop and Barthélemy d’Eyck », The Burlington Magazine 147, n° 1229, août 2005, p. 526-533, d’après Stirnemann 2009 The Burlington Magazine
- Patricia Stirnemann, « Combien de copistes et d’artistes ont contribué aux Très Riches Heures du duc de Berry ? », dans Élisabeth Taburet-Delahaye (dir.), La création artistique en France autour de 1400, actes des XIXᵉ Rencontres de l’École du Louvre (2004), Paris, 2006, p. 365-380 École du Louvre
- Patricia Stirnemann, « Les Très Riches Heures et les Heures Bedford », Revista de História da Arte 7, 2009, p. 139-150 Revista de História da Arte
- Inès Villela-Petit, « Le maître intermédiaire : Barthélemy d’Eyck », dans Patricia Stirnemann et Inès Villela-Petit (dir.), Commentaire au fac-similé des Très Riches Heures de Jean de Berry, 2011, partie III, « Les artistes »
- Christopher de Hamel, Meetings with Remarkable Manuscripts, Londres, 2016, V-632 p. Allen Lane, Penguin Books
- Mathieu Deldicque (dir.), The Très Riches Heures of Jean, Duke of Berry : The Masterpiece of Medieval Illumination, catalogue de l’exposition du musée Condé (7 juin-5 octobre 2025), New York, 2025, 384 p. Rizzoli Electa (première édition belge, Hannibal Books, 2025)
Sources en ligne
- « Les Très Riches Heures du duc de Berry » (Paul, Jean et Hermann de Nimègue, service de la cour de Bourgogne, livre inachevé et non relié en 1416, jamais utilisé par le duc, Charles Ier de Savoie héritier vers 1480, achat à Gênes en 1856, Cabinet des livres en 1876, Institut de France en 1886, expositions de 1939, 1956 et 2004) Bibliothèque et archives du château de Chantillyhttps://www.bibliotheque-conde.fr/les-tres-riches-heures
- « Les Très Riches Heures du duc de Berry quittent temporairement le château de Chantilly pour le laboratoire du C2RMF », communiqué de presse, avril 2023 (texte de l’inventaire, nom tiré de l’inventaire, 206 feuillets, Stirnemann et les 27 artistes, héliogravures de 1884, encre ferro-gallique et carbonate de plomb, plaque Vechte de 1865, boutade de Christopher de Hamel, « Joconde des manuscrits », « le plus célèbre manuscrit au monde ») Château de Chantillyhttps://chateaudechantilly.fr/app/uploads/2023/06/CP-Tres-Riches-Heures.pdf
- « Les Très Riches Heures du duc de Berry en ligne ! », communiqué de presse, février 2022 (achat à Gênes le 20 janvier 1856, arrivée à Twickenham vers le 18 février, conservateurs du British Museum, visite d’Umberto Eco en 1956, exposition de 2004, prises de vue en très haute définition, application mise en ligne en 2022) Château de Chantillyhttps://chateaudechantilly.fr/app/uploads/2022/02/Chantilly-TRH-.pdf
- « Les Très Riches Heures du duc de Berry », consultation numérique du manuscrit Château de Chantillyhttps://les-tres-riches-heures.chateaudechantilly.fr/
- « Les Très Riches Heures du duc de Berry, étude et restauration d’un chef d’oeuvre médiéval », 4 juin 2025 (techniques d’imagerie, couture du XXᵉ siècle, gélatine au pinceau, bifeuillets, Coralie Barbe et Florence Malo) C2RMFhttps://c2rmf.fr/actualite/materiaux-et-techniques-des-tres-riches-heures-du-duc-de-berry
- « Restauration et exposition des Très Riches Heures du duc de Berry au Château de Chantilly » (131 peintures, C2RMF de mars à mai 2023, imagerie présentée comme une première, écrin de 1867) Fondation Etrillardhttps://www.fondationetrillard.ch/fr/projet-restauration-expositions-tres-riches-heures-duc-de-berry-chateau-de-chantilly
- « Fleurons des collections du duc de Berry » (six livres d’heures réunis pour la première fois depuis 1416, NAL 3093) Bibliothèque nationale de Francehttps://www.bnf.fr/fr/agenda/fleurons-des-collections-du-duc-de-berry
- « The Mona Lisa of medieval manuscripts, as you’ve never seen it before », Susie Nash, 6 septembre 2025 (prisée de 500 livres, quelque trois cents manuscrits, peste, Marguerite d’Autriche, pension de Gênes, deux expositions en quatre-vingts ans, testament, peintre intermédiaire et Barthélemy d’Eyck, présentation des bifeuillets) Apollo Magazinehttps://apollo-magazine.com/tres-riches-heures-limbourg-brothers-chantilly-manuscript-review/
- « Janvier, dans le calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry », Marie Zawisza, L’Œil n° 786, 21 mai 2025 (Jean de Berry né en 1340, soixante et onze ans en 1411, profil, houppelande bleue, « Approche, approche », tenture de la guerre de Troie) Le Journal des Artshttps://www.lejournaldesarts.fr/expositions/janvier-dans-le-calendrier-des-tres-riches-heures-du-duc-de-berry-177953
- Article du 11 mars 2025 sur la restauration et l’exposition (dix-huit livres d’heures du duc dont six commandés, état « fragile » mais « pas désespéré » selon Mathieu Deldicque) The Art Newspaperhttps://theartnewspaper.com/2025/03/11/rare-15th-century-manuscript-is-star-of-exhibition-at-chateau-de-chantilly
- Article du 9 juin 2025 sur l’exposition (Mathieu Deldicque sur le lapis-lazuli et les pinceaux d’un poil d’écureuil, interdiction de prêt, Christopher de Hamel sur les premières scènes de neige et de nuit) The Art Newspaperhttps://www.theartnewspaper.com/2025/06/09/medieval-manuscripts-tres-riches-heuresonce-in-a-lifetime-opportunity
- « Panini Cultura publie le nouveau fac-similé des Très Riches Heures du Duc de Berry » (fac-similés de 1984 et 2010, nouvelle édition présentée le 18 juin 2025, achèvement par Colombe entre 1485 et 1489) Finestre sull’Artehttps://www.finestresullarte.info/fr/livres/panini-cultura-publie-le-nouveau-fac-simile-des-tres-riches-heures-du-duc-de-berry
- « Le maître intermédiaire : Barthélemy d’Eyck », Inès Villela-Petit Academia.eduhttps://www.academia.edu/22767513/Le_ma%C3%AEtre_interm%C3%A9diaire_Barth%C3%A9lemy_dEyck
- « Les Très Riches Heures et les Heures Bedford », Patricia Stirnemann, PDF en accès ouvert COREhttps://core.ac.uk/download/157632268.pdf
- « Literatuur “B” » (référence de Bellosi 1975) Lexicon van Boekverluchtershttps://www.bookilluminators.nl/register-literatuur/literatuur-b/
- « Barthélémy d’Eyck avant 1450 » Perséehttps://www.persee.fr/doc/rvart_0035-1326_1989_num_84_1_347772
- « TOC 26,08,2005 » (sommaire du Burlington Magazine d’août 2005) ArtHist.nethttps://arthist.net/archive/27409
- « Très Riches Heures of Jean, Duke of Berry » (tirage de 320 exemplaires, essai de Michael Camille) A Nostalgic Filter, University of Pittsburghhttps://scalar.usc.edu/works/a-nostalgic-filter/trs-riches-heures-of-1904.8
- « Les très riches Heures de Jean de France, duc de Berry (plates) » Special Collections, University of Leeds Libraryhttps://explore.library.leeds.ac.uk/special-collections-explore/188849
- « Très riches heures du Duc de Berry : le calendrier, par Pol de Limbourg et Jean Colombe, XVe siècle (Musée Condé à Chantilly) », notice de catalogue de bibliothèque rabk.adlibhosting.comhttps://rabk.adlibhosting.com/ais6/Details/document/300020821
- « Les Très riches heures du duc de Berry et l’enluminure en France au début du XV siècle », notice New York Public Libraryhttps://discovery.nypl.org/research/research-catalog/bib/b22151891
- « The très riches heures of Jean, the Duke of Berry : the masterpiece of medieval illumination », notice CiNii Bookshttps://ci.nii.ac.jp/ncid/BD14412963
- « The Très Riches Heures of Jean, Duke of Berry : The Masterpiece of Medieval Illumination », 27 novembre 2025 (fac-similé et vingt contributions savantes réunies par Mathieu Deldicque) Medievalists.nethttps://www.medievalists.net/2025/11/new-medieval-books-the-tres-riches-heures-of-jean-duke-of-berry/
- « Meetings with remarkable manuscripts », notice Bibliothèque nationale de France, catalogue généralhttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb452127840
- « The Limbourg Brothers - The Belles Heures of Jean de France, duc de Berry » The Metropolitan Museum of Arthttps://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/470306
- « Book of Hours, Use of Rome (“The Dunois Hours”) », Yates Thompson MS 3 British Library, Search Archives and Manuscriptshttps://searcharchives.bl.uk/catalog/040-002354336





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