Connectez-vous pour enregistrer les articles, suivre votre progression et ajouter des favoris.

Suivez-nous :
Biographie
Abonnez-vous pour bénéficier des playlists

Francisco Pizarro, capitaine de la conquête du Pérou

Époque moderne26 octobre 202615 min de lecture
Anónimo / Wikimedia Commons
15 min de lectureIntroduction en accès libre
La biographie complète en PDFAbonnez-vous pour bénéficier du téléchargement PDF
Introduction

« El marqués Francisco Pizarro »

La légende d’un portrait reproduit par la notice que lui consacre la Real Academia de la Historia le nomme marquis de las Charcas et des Atabillos, et plus d’une encycl​opédie récente le dit marquis des Atabillos. Ses descendants ont porté, à partir de 1631, le titre de marquis de la Conquista, créé par Philippe IV pour un petit-fils de sa fille Francisca. De son vivant, Charles Quint lui avait concédé, à une date que les historiens placent entre 1536 et une cédule du 10 octobre 1537, un titre de marquis sans terre et sans dénomination. Marquis tout court. Les actes qu’il valide dans ses dernières années portent donc la formule « el marqués Francisco Pizarro », tracée par un secrétaire à côté d’un paraphe. Ce paraphe est le sien, et James Lockhart a relevé qu’il le dessine depuis le début des années 1520 sans avoir jamais appris à écrire son nom, si bien que tous les documents connus émanés de lui portent ce signe et aucun autographe.

La forme française ancienne, François Pizarre, n’a plus cours chez les historiens. Fils naturel de Gonzalo Pizarro, hidalgo de Trujillo qui sert comme capitaine d’infanterie, et de Francisca González, femme de condition modeste de la même ville, il naît en Estrémadure à une date qu’aucun document ne fixe. Les âges au décès que lui donnent les chroniqueurs ne concordent pas, et les années de naissance qu’on en déduit vont de 1471 à 1478 ; Bernard Lavallé retient 1478, avec un point d’interrogation. Ses biographes s’accordent à le dire illettré toute sa vie, et l’image du jeune gardien de porcs se lit déjà dans l’Historia general de las Indias de Francisco López de Gómara, imprimée à Saragosse en 1552 par un auteur qui n’avait jamais mis le pied aux Indes [À VÉRIFIER].

Sa présence aux Indes est attestée à partir de 1509-1510, dans l’expédition d’Alonso de Ojeda vers Urabá, sur la côte de l’actuelle Colombie. Un départ plus ancien, en 1502 avec la flotte de Nicolás de Ovando, se lit chez plusieurs biographes sans document qui le fonde. En 1513, il fait partie de la troupe de Vasco Núñez de Balboa qui traverse l’isthme jusqu’à la mer du Sud, puis il s’installe à Panama comme vecino, habitant de plein droit pourvu d’Indiens en encomienda. En 1524, il s’associe à un autre capitaine, Diego de Almagro, et à un clerc, Hernando de Luque, pour financer des voyages vers le sud, et deux expéditions longent la côte pacifique entre 1524 et 1528.

Pendant la seconde, en 1527, le gouverneur de Panama, Pedro de los Ríos, envoie Juan Tafur rapatrier les hommes qui attendent sur l’île du Gallo. Une poignée reste avec Pizarro. La capitulación signée à Tolède le 26 juillet 1529 par l’impératrice Isabelle, régente en l’absence de Charles Quint, accorde à ceux de l’île dont elle donne les noms l’hidalguía, la noblesse de condition, et fait de Pizarro le gouverneur, capitaine général, adelantado et alguacil mayor à vie d’une province encore à prendre, le Pérou, bientôt nommé Nouvelle-Castille.

Parti de Panama en janvier 1531, il entre dans les Andes à la fin de l’année suivante. Le 16 novembre 1532, sur la place de Cajamarca, sa troupe capture l’Inca Atahualpa, qui venait de l’emporter sur son demi-frère Huáscar. L’or et l’argent réunis pour la rançon sont fondus et partagés en 1533, et Atahualpa est garrotté le 26 juillet de la même année. En novembre 1533, les Espagnols entrent au Cuzco ; Pizarro fonde la Ciudad de los Reyes, Lima, le 18 janvier 1535. Son associé Almagro, battu à Las Salinas en avril 1538, est exécuté au Cuzco le 8 juillet suivant sur l’ordre d’Hernando Pizarro, le seul frère légitime du gouverneur. Le 26 juin 1541, des partisans d’Almagro envahissent sa maison de Lima et le tuent avec son demi-frère Francisco Martín de Alcántara.

De cet homme on ne possède aucune ligne autographe. Sa voix passe par ses secrétaires, et d’abord par Francisco de Xerez, présent à Cajamarca, dont la Verdadera relación de la conquista del Perú sort à Séville des presses de Bartolomé Pérez en 1534, dédiée à Charles Quint. Elle passe aussi par ceux qui écrivent longtemps après, comme Pedro Pizarro, parent et page du gouverneur, qui achève à Arequipa le 7 février 1571 une Relación del descubrimiento y conquista de los reinos del Perú dont le manuscrit est conservé à la Huntington Library de San Marino sous la cote mssHM 167.

Il faut maintenant prendre ces textes un à un et regarder qui les a fait imprimer, puis reprendre trois décisions sur lesquelles les témoins divergent, la capture de Cajamarca, la mort d’Atahualpa et celle d’Almagro, avant de suivre le corps de 1541 jusqu’à la chapelle où il repose depuis 1985 et la statue qu’on a encore déplacée en 2025.

La suite de la biographie

Ce que les sources permettent de tenir

Se connecter pour enregistrer
Se connecter pour enregistrer
Suivez-nous :
La lettre

Vous avez aimé cette biographie ?

Les nouveaux récits de l’encyclopédie et la biographie du moment.