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Biographie
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Rajaraja Ier, souverain chola bâtisseur de Thanjavur

Moyen Âge18 octobre 202614 min de lecture
Original: Rainer Halama Derivative work: UnpetitproleX / Wikimedia Commons
14 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Un roi de cuivre dans la niche de l’enceinte ouest

Deux statues de cuivre figurent, avant la vingt-neuvième année du règne, dans un inventaire gravé sur la première niche de l’enceinte ouest du grand temple de Thanjavur. Elles représentent un « Periya-Perumal », c’est-à-dire « le grand roi », et une reine nommée Lokamahadevi, placés devant une image de Shiva sous sa forme de Chandrashekhara, et le texte précise que l’administrateur du temple, Adittan Suryan, dit Tennavan Muvendavelan, chef du Poygai-nadu, les a fait installer lui-même (South-Indian Inscriptions, vol. II, no 38). Eugen Hultzsch, qui les édite à Madras dans les années 1890, écrit seulement que ce grand roi et cette reine sont peut-être Rajaraja et son épouse principale. Aucune autre image du souverain ne remonte de façon sûre à son règne. En 2018, la brigade de la police du Tamil Nadu chargée des vols d’idoles a ramené à Thanjavur un couple de bronze conservé à Ahmedabad par la fondation Sarabhai, en l’identifiant à ces deux statues, alors que le catalogue de la fondation, publié en 2006 par R. Nagaswamy, n’y voyait qu’un roi et une reine chola sans nom.

Le souverain qu’on appelle Rajaraja Ier porte, d’après les plaques de cuivre de Tiruvalangadu gravées sous son fils, le nom personnel d’Arumolivarman. Rajaraja, « roi des rois », est un titre, déjà employé dans sa huitième année de règne sous la forme Rajarajakesarivarman, où Rajakesarivarman est l’un des deux titres dynastiques que les rois chola alternent d’un règne à l’autre. Les inscriptions lui donnent aussi les noms de Mummudi-Chola et de Shivapadashekhara, « celui qui a pour diadème les pieds de Shiva ». Son accession se place entre le 25 juin et le 25 juillet 985, fourchette calculée au début du XXᵉ siècle sur les données astronomiques des inscriptions. Pour la naissance, des fondations pieuses célèbrent l’anniversaire du roi à l’astérisme Sadayam du mois tamoul d’Aippasi, sans donner d’année ; l’an 947, souvent repris, ne s’appuie dans les travaux consultés sur aucun document daté. La mort se déduit de la dernière année de règne attestée, la vingt-neuvième, qui court de l’été 1013 à l’été 1014.

Arumolivarman est le fils cadet de Parantaka II, que les inscriptions surnomment Sundara Chola, et de Vanavan Mahadevi. Vers 969-971, son frère aîné Aditya II, associé au pouvoir, est assassiné ; le trône passe ensuite à un cousin de leur père, Uttama, qui règne jusqu’en 985. Selon les plaques de Tiruvalangadu, le prince aurait laissé la royauté à cet aîné de sa maison (South-Indian Inscriptions, vol. III, partie III, no 205, éd. H. Krishna Sastri). Cette version est celle de la branche régnante, écrite pour Rajendra vers 1018, et rien de contemporain ne permet de la contrôler.

À partir des années 990, les inscriptions royales s’ouvrent sur un éloge versifié en tamoul, la meykirtti ou « renommée vraie », qui allonge d’année en année la liste des victoires, Kandalur Salai, le Vengai-nadu, le Gangapadi, le Nulambapadi, le Kudamalai-nadu, Kollam, le Kalinga, l’Ila-mandalam, c’est-à-dire Lanka, et l’Irattapadi des Chalukya. Dans sa vingt et unième année, vers 1006, le roi accorde les revenus du village d’Anaimangalam à un monastère bouddhique que le souverain de Shrivijaya, puissance maritime de Sumatra, fait élever au port de Nagapattinam. À Thanjavur, le grand temple de Shiva est commencé probablement vers 1003-1004 ; le 275ᵉ jour de la vingt-cinquième année, vers mars ou avril 1010, le roi donne le vase de cuivre destiné au sommet de la tour du sanctuaire, haute de 59,82 mètres. Les inscriptions nomment ce temple Rajarajeshvaram, « le seigneur de Rajaraja », et l’usage moderne l’appelle Brihadishvara ; le premier nom est retenu ici, parce que c’est celui que donnent les inscriptions du règne. En 1012, son fils Rajendra, né d’une autre épouse, est associé au trône.

Aucune inscription ne rapporte la mort du roi, dont le lieu et le jour sont inconnus. Tout ce qui est connu de lui passe par des actes que la chancellerie, les assemblées de village et les administrateurs de temple rédigent en son nom, si bien que la part personnelle du souverain dans les décisions, le cercle de ceux qui le conseillaient et presque tout de sa vie hors des cérémonies échappent aux documents conservés.

Il faut maintenant regarder ces textes comme des objets, savoir qui a fait graver les murs de Thanjavur, pourquoi les plaques de cuivre parlent avec la voix du fils et ce que vaut, pour Lanka, une chronique bouddhique écrite, croit-on, deux siècles plus tard. Viendront ensuite trois épisodes que la recherche lit différemment, l’assassinat d’Aditya II, l’expédition d’Anuradhapura et la nature de ce que l’historiographie appelle l’État chola, puis la fabrication d’une figure, des hymnes compilés selon une légende du XIVᵉ siècle aux plaques de Leiden rendues à l’Inde en mai 2026.

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