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Biographie
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Périclès, stratège du siècle d’or athénien

Antiquité14 septembre 202614 min de lecture
Copy of Kresilas / Wikimedia Commons
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Introduction

Quinze exercices comptables sans son nom

Sur l’Acropole d’Athènes se dressait une stèle de marbre haute d’environ 1,60 mètre et large de 1,80, gravée sur ses quatre faces. Elle portait les comptes annuels des épistates, ces commissaires tirés au sort pour surveiller le chantier de l’Hékatompédon, le grand temple d’Athéna que nous appelons Parthénon. Quinze exercices s’y succèdent, de 447/6 à 433/2 av. J.-C., recettes d’abord et dépenses ensuite, transport du marbre depuis les carrières du Pentélique, achats de bois et d’ivoire, puis paiements aux sculpteurs des frontons à partir de 438/7, et enfin une dernière année dont le détail des dépenses ne se lit plus.

Le nom de Périclès n’y figure nulle part. Un orateur athénien du siècle suivant, Lycurgue, attribuera la construction à son initiative, et l’attribution passera de là dans tous les manuels. Les comptes, eux, nomment des secrétaires et des trésoriers, dont un certain Anticlès, sous-secrétaire du chantier en 443/2 puis secrétaire à partir de 436/5. Le chantier le plus commenté du monde grec a laissé sur pierre l’état exact de sa comptabilité et rien du tout sur l’homme à qui on le rapporte.

Périclès, fils de Xanthippe, du dème de Cholargue. Aucune source ancienne ne donne sa date de naissance. La fourchette usuelle, autour de 495-490 av. J.-C., se calcule à partir d’une charge qu’il assume en 472 et de l’âge minimal qu’une telle charge suppose, ce qui en fait une estimation.

Le milieu est celui des grandes familles. Xanthippe, son père, commande la flotte athénienne à Mycale en 479 après avoir été ostracisé cinq ans plus tôt ; Agariste, sa mère, est une Alcméonide, nièce du Clisthène qui réorganise les tribus attiques en 508/7. En 472, l’argument ancien placé en tête des Perses d’Eschyle enregistre que Périclès fils de Xanthippe était chorège de la trilogie victorieuse aux Grandes Dionysies. Le chorège finance et entraîne le chœur, à ses frais. C’est la plus ancienne mention datée de son existence, et elle le désigne comme contribuable fortuné avant de le désigner comme homme politique.

Quatre actes le rendent historiquement conséquent. Dans les années 460, il participe à la mise en accusation de Cimon et à la réduction des compétences de l’Aréopage, puis fait voter l’indemnité versée aux juges, selon la Constitution d’Athènes rédigée dans l’école d’Aristote. En 451/0, sous l’archontat d’Antidotos, l’assemblée décide sur sa proposition que nul n’aura part à la cité s’il n’est né de deux parents athéniens (Constitution d’Athènes, 26, 4). En 440-439, il commande contre Samos révoltée, et les trésoriers d’Athéna enregistrent sur une stèle, année par année, les sommes remises aux stratèges envoyés là-bas, sous les archontats de Timoclès et de Morychidès (IG I³ 363). En 432-431 enfin, il soutient devant l’assemblée le refus de céder aux ultimatums spartiates.

Le raisonnement qu’il tient alors est chiffré, et Thucydide le rapporte. Athènes reçoit environ 600 talents de tribut par an, elle dispose de 6 000 talents d’argent monnayé sur l’Acropole, sur les 9 700 qu’elle y a comptés au maximum, et, s’il le fallait absolument, les 40 talents d’or amovible de la statue chryséléphantine d’Athéna pourraient servir (II, 13). La guerre commence au printemps 431. Périclès prononce l’éloge funèbre des premiers morts pendant l’hiver suivant, fait replier la population de l’Attique derrière les Longs Murs, voit l’épidémie éclater dans la ville surpeuplée, se fait destituer et condamner à une amende, puis réélire l’année d’après. Il meurt à l’automne 429, deux ans et six mois après le début de la guerre (II, 65).

Il n’a rien laissé par écrit, sauf des décrets. Plutarque le dit, et aucune de ces pièces ne subsiste.

Il faut donc regarder de près qui a écrit les textes dont tout dépend, à quelle distance et pour quel public. Thucydide est contemporain, il a été stratège lui-même en 424, et il compose son jugement sur Périclès après la défaite de 404, soit vingt-cinq ans après la mort de son personnage. Plutarque écrit sous Trajan, à cinq siècles de là, en lisant des auteurs du Vᵉ siècle que nous n’avons plus. Les inscriptions, elles, portent des dates, et la façon de les dater a fait l’objet depuis soixante ans d’une querelle qui déplace la chronologie entière de l’empire athénien.

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