Connectez-vous pour enregistrer les articles, suivre votre progression et ajouter des favoris.

Biographie
Abonnez-vous pour bénéficier des playlists

Frédéric Barberousse, empereur des expéditions italiennes

Moyen Âge9 octobre 202618 min de lecture
Ingeborg Simon / Wikimedia Commons
18 min de lectureIntroduction en accès libre
La biographie complète en PDFAbonnez-vous pour bénéficier du téléchargement PDF
Introduction

Trois sépultures pour un empereur noyé dans le Saleph

Le 10 juin 1190, l’armée impériale en route vers la Terre sainte retire des eaux du Saleph, en Cilicie, le corps de son empereur. Les entrailles restent à Tarse, que la troupe atteint une semaine plus tard. À Antioche, la chair est séparée des os par cuisson, selon le procédé que les historiens appellent mos teutonicus, et déposée dans la cathédrale Saint-Pierre. Les os suivent le fils du défunt, le duc Frédéric de Souabe, en vue d’une sépulture à Jérusalem, alors aux mains de Saladin, et la plupart des historiens les placent ensuite dans la cathédrale de Tyr, dont il ne subsiste que des ruines. En 1874, une expédition conduite par le Bavarois Johann Nepomuk Sepp, sur des fonds accordés par le chancelier Bismarck, fouille ces ruines sans rien rapporter qu’on puisse attribuer à un empereur.

On l’appelle Frédéric Iᵉʳ. Ses diplômes le nomment Fridericus, roi des Romains, puis, à partir de 1155, empereur des Romains et toujours auguste ; en Souabe, il avait été le duc Frédéric III. Le surnom de Barberousse, « barbe rousse » en italien, ne figure dans aucun acte du règne, et John Freed en situe le premier emploi à Florence en 1298, pour distinguer le grand-père du petit-fils Frédéric II. Ce texte retient la forme française consacrée, Frédéric Barberousse, abrégée en Frédéric.

Aucun document du temps ne donne la date de sa naissance, qu’on place en 1122, probablement dans les derniers mois de l’année ; le lieu, Haguenau selon certains biographes, reste une hypothèse. Une coupe d’argent partiellement doré, gravée après 1155 et conservée au Kunstgewerbemuseum de Berlin (inv. 1933,25), représente son baptême par immersion et nomme le parrain, Otto, comte de Cappenberg, sans porter de date. Son père est le duc de Souabe Frédéric II, de la famille des Staufen, et sa mère, Judith, la fille du duc de Bavière Henri le Noir, de la maison des Welfs.

Conrad III meurt le 15 février 1152 sans avoir fait élire son fils, alors âgé d’environ six ans. Le 4 mars, à Francfort, les princes élisent le neveu, couronné à Aix-la-Chapelle le 9 ; Otto de Freising écrit que Conrad mourant l’avait désigné, et John Freed parle d’un coup d’État. Le 18 juin 1155, à Saint-Pierre de Rome, Adrien IV le couronne empereur. Six expéditions au sud des Alpes occupent ensuite l’essentiel du règne. En novembre 1158, à la diète de Roncaglia, des juristes de Bologne dressent pour lui la liste des régales réclamées aux villes lombardes. Assiégée, Milan capitule en mars 1162 et elle est rasée. Après la double élection pontificale de 1159, il soutient contre Alexandre III les papes Victor IV puis Pascal III, jusqu’à ce qu’une épidémie décime son armée devant Rome en août 1167. Battu à Legnano par les milices de la Ligue lombarde le 29 mai 1176, il reconnaît Alexandre III à Venise en 1177 et traite avec les villes à Constance en 1183. Au nord des Alpes, une sentence prive en 1180 son cousin Henri le Lion de la Saxe et de la Bavière. En mars 1188, à Mayence, il prend la croix, puis il quitte Ratisbonne en mai 1189 par la route du Danube.

Les documents s’arrêtent au seuil de la personne. Aucune lettre de sa main n’a été conservée, et John Freed tient qu’il ne lisait pas le latin. Le seul récit continu, les Gesta Friderici I. imperatoris (éd. G. Waitz et B. von Simson, MGH, SS rer. Germ. 46, 1912), s’interrompt en février 1160. Au-delà, il faut composer avec plus de 1 200 diplômes, réunis par Heinrich Appelt dans les cinq volumes des MGH, Diplomata X (1975-1990), avec des chroniques écrites dans l’un ou l’autre camp et, pour la fin, avec l’Historia de expeditione Friderici imperatoris (éd. A. Chroust, MGH, SS rer. Germ. N.S. 5, 1928).

Il faut donc reprendre ces textes un à un, en commençant par l’oncle évêque et le chapelain qui écrivent les Gesta pour la cour, puis les juges de Lodi qui tiennent une chronique hostile à Milan, la chancellerie et le clerc anonyme de la croisade. Trois épisodes dont la lecture divise la recherche, la diète de Besançon en 1157, la querelle de Lodi et de Milan et l’entrevue de Chiavenna en 1176, se relisent ensuite au regard de ces sources, avant la question de savoir comment un empereur noyé en Cilicie a pu devenir, à partir du XVIᵉ siècle, le dormeur d’une montagne de Thuringe.

La suite de la biographie

Ce que les sources permettent de tenir

Se connecter pour enregistrer
Se connecter pour enregistrer
La lettre

Vous avez aimé cette biographie ?

Les nouveaux récits de l’encyclopédie et la biographie du moment.