Connectez-vous pour enregistrer les articles, suivre votre progression et ajouter des favoris.

Biographie
Abonnez-vous pour bénéficier des playlists

Djéser, pharaon de la première pyramide à degrés

Antiquité15 septembre 202613 min de lecture
Prof. Mortel / Wikimedia Commons
13 min de lectureIntroduction en accès libre
La biographie complète en PDFAbonnez-vous pour bénéficier du téléchargement PDF
Introduction

Un roi que ses contemporains n’ont jamais appelé Djéser

Sur les empreintes de sceaux, les vases de pierre et les reliefs de son règne, le roi porte un seul nom, Netjerikhet, nom d’Horus que l’on traduit d’ordinaire par « divin de corps ». Djéser ne figure sur aucun document contemporain connu. Ce nom se lit dans des textes bien postérieurs, le papyrus Westcar, les graffitis laissés par des visiteurs du Nouvel Empire dans son complexe funéraire, le papyrus royal de Turin qui l’écrit Djéser-it, et la liste royale d’Abydos. L’abrégé de Manéthon transmis par Africanus en tire Tosorthros, celui d’Eusèbe Sesorthos. L’équivalence entre les deux noms repose sur ces témoins tardifs, parmi lesquels la stèle de la Famine, gravée sur l’île de Séhel à l’époque ptolémaïque, qui associe l’un et l’autre. Dans tous les livres, un roi du XXVIIᵉ siècle av. J.-C. porte ainsi le nom que des scribes venus plus d’un millénaire après lui ont retenu.

Aucune source ne donne sa date de naissance ni son âge au décès. Toby Wilkinson place la IIIᵉ dynastie entre 2670 et 2600 av. J.-C. environ, et d’autres chronologies décalent ces bornes de plusieurs décennies. Pour la durée du règne, le papyrus de Turin indique dix-neuf ans et un mois, l’abrégé de Manéthon transmis par Africanus vingt-neuf ans. La filiation passe par une femme. À Abydos, des empreintes de sceaux de la tombe de Khasekhemouy, dernier roi de la IIᵉ dynastie, nomment Nimaathap « mère des enfants du roi » ; à Beit Khallaf, au mastaba K1, des sceaux du règne de Netjerikhet la disent « mère du roi ». Aucun texte ne nomme le père, et Khasekhemouy ne l’est que par déduction, à travers elle.

La plus ancienne action attestée du règne est funéraire. Des sceaux au nom de Netjerikhet, retrouvés à l’entrée de la tombe de Khasekhemouy, indiquent que le nouveau roi a fait clore la sépulture de son prédécesseur à Abydos. À Saqqarah, sur le plateau qui domine Memphis, s’élève ensuite un complexe entièrement en pierre, avec en son centre une pyramide de six degrés d’une soixantaine de mètres, sous laquelle court un réseau de galeries de plus de cinq kilomètres. Le caveau de granit se trouve au fond d’un puits de 28 mètres, fermé par un bouchon de granit de plus de trois tonnes. Dans les galeries creusées à l’est, les fouilleurs ont recueilli environ quarante mille vases de pierre, dont beaucoup portent les noms de rois antérieurs. Hors de la nécropole, une inscription rupestre du ouadi Maghara, dans le Sinaï, signale une expédition vers les mines de turquoise, et des fragments de reliefs d’un sanctuaire d’Héliopolis montrent le roi avec Nimaathap, son épouse Hetephernebti et sa fille Inetkaes. Les inscriptions du complexe livrent enfin la plus ancienne mention connue du titre de vizir, ce responsable unique de l’administration placé directement sous le roi.

Deux objets de Saqqarah documentent ce règne avec une précision rare. Le premier est une statue assise en calcaire peint, trouvée en 1924-1925 dans le serdab, petite chambre close du complexe, et conservée au Musée égyptien du Caire sous le numéro JE 49158. Le second est une base de statue en calcaire, inventoriée JE 49889 au Caire puis transférée au musée Imhotep de Saqqarah. Les pieds du roi y reposent sur les neuf arcs, figure des ennemis traditionnels de l’Égypte, devant des oiseaux rekhyt qui figurent le peuple soumis, et l’inscription associe au nom de Netjerikhet celui d’Imhotep, suivi de ses titres. C’est la principale attestation contemporaine d’un homme que la tradition tardive a fait architecte, médecin et dieu.

On ne sait ni quand ni comment le roi est mort.

Le caveau avait été pillé dans l’Antiquité. En 1926 puis en 1934, les fouilleurs y ont recueilli des fragments humains enveloppés de lin, dont un pied gauche, que Jean-Philippe Lauer tenait pour les restes du roi. Réexaminés au début des années 1990, ils ont donné par le radiocarbone des dates dont aucune ne tombe dans la IIIᵉ dynastie. Le corps de Djéser n’a pas été retrouvé, et sa vie se lit désormais à travers son tombeau et à travers ce que les siècles suivants en ont dit.

Il faut maintenant prendre ces témoins un à un, des empreintes de sceaux d’Abydos au papyrus de Turin et à la stèle de Séhel, mesurer la distance de chacun au règne, puis examiner quatre points que la recherche discute encore, la place du roi en tête de la dynastie, la durée de son règne, la part d’Imhotep et le sort des restes trouvés dans le caveau.

La suite de la biographie

Ce que les sources permettent de tenir

Se connecter pour enregistrer
Se connecter pour enregistrer
La lettre

Vous avez aimé cette biographie ?

Les nouveaux récits de l’encyclopédie et la biographie du moment.