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Biographie
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Clisthène, réformateur des tribus athéniennes

Antiquité14 septembre 202613 min de lecture
Unknown authorUnknown author / Wikimedia Commons
13 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Archonte à Athènes en 525, sous les fils de Pisistrate

Une plaque de marbre du Pentélique, brisée, six lignes de lettres, sortie des fouilles américaines de l’Agora d’Athènes. On y lit une colonne de noms d’archontes éponymes. Le cinquième est Clisthène, pour l’année 525/4 av. J.-C. Deux lignes plus haut figure Hippias, fils de Pisistrate. B. D. Meritt a publié la pierre dans Hesperia en 1939 et daté la gravure des environs de 425, d’après ses lettres. Le seul document épigraphique portant son nom est donc une copie athénienne exécutée près d’un siècle après les faits, et elle atteste qu’il a exercé la première charge de la cité pendant la tyrannie.

Kleisthénès en grec, Clisthène dans l’usage français savant. Il appartient aux Alcméonides et porte le nom de son grand-père maternel, Clisthène de Sicyone. Mégaclès épouse Agariste, fille du tyran sicyonien, et de ce mariage naissent Clisthène et Hippocratès (Hérodote, VI, 131).

Aucune source ancienne ne donne sa date de naissance. Les ouvrages écrivent « vers 570 », chiffre qui résulte d’un calcul. L’archontat de 525/4 suppose un âge minimum, et le mariage de ses parents se situe dans les années 570. La mort échappe plus complètement encore, le dernier moment où un texte le situe quelque part étant son rappel à Athènes en 507. Les manuels qui portent « mort vers 508 » comblent un silence par une convention d’éditeur.

La famille traîne une souillure religieuse depuis le massacre des partisans de Cylon sur l’Acropole, et ses membres passent une partie du VIᵉ siècle hors d’Attique. Hérodote raconte qu’exilés sous les Pisistratides, ils prennent auprès des Amphictyons le marché de reconstruction du temple d’Apollon à Delphes, dont ils font la façade en marbre de Paros là où le contrat prévoyait du tuf, et que la Pythie répète ensuite aux Spartiates l’ordre de libérer Athènes (V, 62-63). L’archontat de 525/4 s’accorde mal avec un exil continu, et c’est pour cette raison que la pierre de l’Agora compte.

En 508/7, deux hommes se disputent la première place, Clisthène et Isagoras, fils de Tisandros. Hérodote écrit que Clisthène, battu dans les clubs aristocratiques, prend le peuple dans son parti (V, 66). La Constitution d’Athènes place l’opération sous l’archontat d’Isagoras, c’est-à-dire l’année où son rival occupait la charge éponyme (21, 1). Dix tribus remplacent les quatre anciennes. Le territoire est découpé en trente trittyes, dix dans la ville, dix sur la côte, dix à l’intérieur, et chaque tribu en reçoit par tirage au sort une de chaque zone. Le Conseil passe de quatre cents membres à cinq cents, cinquante par tribu. Des démarques remplacent les naucrares à la tête des circonscriptions. Les Athéniens se désignent désormais par le nom de leur dème, et la Pythie choisit sur une liste de cent héros les dix qui donnent leur nom aux tribus (21, 2-6).

Isagoras fait appel à Cléomène, roi de Sparte. Un héraut vient réclamer le départ de Clisthène et des « maudits » ; Clisthène quitte la ville sans attendre. Cléomène arrive avec une petite troupe, bannit sept cents maisonnées que lui désigne Isagoras, puis tente de dissoudre le Conseil. Le Conseil refuse. Cléomène et les siens s’enferment sur l’Acropole, les Athéniens les y assiègent deux jours, et le troisième les Lacédémoniens sortent sous convention (V, 70-72). Les Athéniens rappellent Clisthène et les sept cents familles, puis envoient à Sardes une ambassade qui donne la terre et l’eau au satrape Artaphernès et se fait blâmer au retour (V, 73).

La Constitution d’Athènes lui attribue aussi la loi sur l’ostracisme, procédure permettant d’exiler un citoyen pour dix ans par simple vote, sans accusation (22, 1). Le premier ostracisme attesté a lieu vingt ans plus tard, en 488/7, contre Hipparchos fils de Charmos, du dème de Collytos.

Aucune ligne de sa main n’a survécu. Aucun texte de loi ne lui est attribué.

Où et quand il meurt, personne ne le dit. La dernière mention ancienne d’une trace matérielle le concernant vient de Pausanias, qui voit au IIᵉ siècle de notre ère, sur la route de l’Académie et parmi les tombes publiques, un monument attribué au Clisthène qui institua les tribus encore en usage de son temps (I, 29, 6).

Tout ce qui précède tient dans deux récits, l’un composé deux générations après les faits, l’autre presque deux siècles après, et dans une pierre gravée vers 425. Il faut maintenant prendre ces témoins un à un, voir qui les a écrits et d’où chacun tire ses chiffres. Viennent ensuite les points que la recherche n’a pas réglés, l’auteur de la loi sur l’ostracisme, la logique du découpage territorial, la part personnelle de l’homme dans ce qui porte son nom. Un Athénien de 411 av. J.-C. demandera qu’on relise les lois de Clisthène pour restreindre la démocratie, et cette demande renseigne sur sa figure posthume mieux que les éloges du IVᵉ siècle.

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