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Biographie
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Xuanzang, moine pèlerin revenu d’Inde avec les soutras

Moyen Âge17 septembre 202615 min de lecture
Rouleau japonais, époque de Kamakura (XIVᵉ s.). Tokyo National Museum. Wikimedia Commons
15 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Six cent cinquante-sept textes rapportés de l’Inde

Six cent cinquante-sept. Tel est le nombre de textes indiens que Xuanzang rapporte à Chang’an en 645, selon le décompte transmis par son récit de voyage et repris par la Vie que ses disciples lui consacrent. Le second chiffre de sa carrière est plus modeste, soixante-quinze ouvrages traduits en 1 335 rouleaux, et l’écart entre les deux indique qu’une large part de la cargaison n’est jamais passée en chinois de son vivant.

Xuanzang est un nom de religion. Les notices anciennes donnent pour nom de famille Chen et pour nom personnel un caractère que l’on lit Yi ou Hui, et elles placent sa maison dans le district de Goushi, près de Luoyang. La date de naissance n’est écrite nulle part. Elle se calcule à rebours à partir de l’âge qu’on lui prête au moment de mourir, et comme les biographes ne donnent pas le même âge, la naissance tombe en 600 ou en 602. La graphie pinyin est préférée ici aux formes Hiouen-Thsang ou Hiuen-Tsiang du XIXᵉ siècle, parce que c’est sous elle que les bibliothèques indexent aujourd’hui les éditions critiques, et qu’un lecteur qui cherche le texte doit le trouver.

Selon la Vie rédigée par ses disciples, il reçoit la tonsure de novice vers treize ans au monastère Jingtu de Luoyang, où son frère aîné est déjà moine, puis gagne le Sichuan pendant les guerres de la fin des Sui et reçoit l’ordination complète à Chengdu, à vingt ans. Il circule ensuite d’un maître à l’autre avant de se fixer à Chang’an. Vers 629, il quitte la capitale vers l’ouest, traverse le royaume de Gaochang, dont le roi Qu Wentai l’équipe pour la suite du voyage, longe les territoires des Turcs occidentaux, franchit l’Hindou-Kouch et atteint l’Inde du Nord. Il y séjourne plusieurs années au grand monastère de Nalanda, dans l’actuel Bihar, auprès du maître Śīlabhadra, que les textes chinois nomment Jiexian, et y étudie la doctrine du Yogācāra, l’école qui ramène les phénomènes aux opérations de la conscience. La même Vie le montre ensuite reçu par le roi Harṣa, puis reprenant la route du nord par Khotan, d’où il écrit à la cour pour annoncer son retour. Il entre à Chang’an au premier mois de l’ère Zhenguan 19, au début de 645, et rencontre Taizong à Luoyang, où l’empereur prépare une campagne contre le Koguryŏ.

Selon la Vie, Taizong lui commande alors un rapport sur les pays traversés. Le Da Tang Xiyu ji, « Mémoire sur les régions occidentales des grands Tang », est achevé en 646, en douze juan, sous le double nom de Xuanzang, qui le traduit « sur ordre impérial », et du moine Bianji, qui le compose (Taishō shinshū daizōkyō, T 2087, éd. Ji Xianlin et al., Zhonghua shuju, 1985). Les traductions commencent au monastère Hongfu, se poursuivent à partir de 648 au Daci’en si, fondé par le prince héritier, puis, à partir de 659, dans l’ancien palais de Yuhua, au nord de la capitale. En 652, une pagode de brique s’élève au Daci’en si pour abriter les textes et les images rapportés, et en 653 on y dresse la stèle portant la préface que Taizong avait rédigée pour les traductions, gravée d’après la calligraphie de Chu Suiliang.

Le dernier grand chantier aboutit à Yuhua. D’après la Vie, la traduction de la Grande Perfection de sagesse, six cents rouleaux, s’achève le vingt-troisième jour du dixième mois de 663 (Da Tang Da Ci’en si Sanzang fashi zhuan, juan 10, T 2053, vol. 50, p. 275c). Xuanzang meurt dans le même palais au deuxième mois de l’an 1 Linde, en 664. Il est inhumé à Bailuyuan, à l’est de Chang’an, puis transféré en 669 à Fanchuan, au sud de la ville, où un monastère se construit autour de sa pagode funéraire.

Presque tout ce qui précède vient de moines qui l’ont connu, ou de leurs élèves.

Les parties suivantes prennent d’abord une à une ces sources, le récit de 646 et les trois Vies anciennes, avec leurs auteurs, leurs dates et leurs éditions. Elles reprennent ensuite trois points que la recherche discute encore, la date du départ, la nature des rapports avec Taizong et le Soutra du Cœur, avant de suivre les restes du moine jusqu’à Nankin et Nara et de dresser la liste de ce qui échappe encore aux documents.

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