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Biographie
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Qin Shi Huangdi, premier empereur unificateur de la Chine

Antiquité14 septembre 202615 min de lecture
Unknown (18??–18??) / Wikimedia Commons
15 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Quatre-vingt-six caractères sur la falaise de Langya

Au Musée national de Chine, à Pékin, un bloc de pierre porte quatre-vingt-six caractères répartis sur treize lignes. C’est le seul fragment de monument que le premier empereur de Chine ait laissé debout et lisible. Il vient de la terrasse de Langya, au Shandong, où l’on grava en 219 av. J.-C. un éloge impérial de quatre cent quatre-vingt-dix-sept caractères. L’éloge a disparu. Le texte qui subsiste appartient pour l’essentiel à l’édit que son fils fit ajouter à côté, onze ans plus tard.

Son nom personnel est Zheng. Le nom ancestral de la maison de Qin est Ying, son nom de lignage Zhao, et c’est sous la forme Zhao Zheng qu’un manuscrit han acquis en 2009 le désigne encore. La forme « Ying Zheng », courante aujourd’hui en chinois comme en français, applique à un homme du IIIᵉ siècle av. J.-C. une convention onomastique qui n’est pas la sienne. À partir de 221, les documents officiels ne lui donnent plus de nom du tout, seulement un titre qu’il vient de faire fabriquer, huangdi, que l’usage français rend par « empereur ».

La date de naissance est un calcul. Le Shiji la place au premier mois de la quarante-huitième année du roi Zhaoxiang de Qin, ce qui donne 259 av. J.-C., et explique le nom Zheng par ce premier mois, zhengyue, étymologie peut-être reconstruite après coup. Il naît à Handan, capitale du Zhao, où son père Yiren vit en otage, et le marchand Lü Buwei finance le retour du prince à Xianyang.

Il a treize ans quand son père meurt, en 247, et le royaume est gouverné en son nom par Lü Buwei, que les textes appellent zhongfu, « second père ». La rupture vient en 238. Le Shiji raconte l’écrasement de la révolte d’un certain Lao Ai, amant de la reine douairière. Vingt hommes sont décapités, Lao Ai est écartelé, et plus de quatre mille familles perdent leur rang et sont déportées au Shu. Lü Buwei est écarté l’année suivante. Li Si, venu du Chu, devient le principal rédacteur du gouvernement.

La conquête occupe dix ans. Le Han tombe en 230, le Zhao en 228, le Wei en 225, le Chu en 223, le Yan en 222, le Qi en 221 sans bataille. Ces dates viennent des annales de la cour de Qin et forment l’ossature la moins contestée du dossier.

La suite tient en quelques décisions prises entre 221 et 219. Le territoire est découpé en commanderies, elles-mêmes divisées en districts, tous confiés à des fonctionnaires nommés et révocables, sans fief héréditaire. Les poids et les mesures reçoivent un étalon, et les édits de normalisation sont estampés sur les instruments eux-mêmes, qu’on retrouve encore en fouille. L’écriture officielle est fixée dans la forme dite petit sceau. Tout cela rend possible la circulation des rapports entre un district du Hunan et la capitale, et c’est ainsi qu’on le voit fonctionner dans les archives.

Entre 220 et 210, il parcourt l’empire en cinq tournées et fait graver sept textes sur des montagnes et des promontoires. En 213, sur proposition de Li Si, un décret ordonne la remise aux autorités des exemplaires privés des Odes, des Documents et des chroniques des royaumes vaincus. L’année suivante, le Shiji rapporte l’exécution de quatre cent soixante personnes à Xianyang. Ces deux épisodes seront réunis sous une formule de quatre caractères, fenshu kengru, qui tiendra lieu de jugement sur son règne pendant deux mille ans.

Il meurt en tournée, à Shaqiu, dans l’actuel Hebei.

Le Shiji place la mort au septième mois de la trente-septième année de règne et lui donne cinquante ans comptés à la chinoise, quarante-neuf des nôtres. Le corps rentre à Xianyang dans un char fermé. Le deuxième fils, Huhai, monte sur le trône, pendant que l’aîné, Fusu, reçoit l’ordre de se donner la mort.

On a longtemps tenu tout cela du même livre. Les Annales fondamentales du premier empereur de Qin forment le chapitre 6 du Shiji de Sima Qian, achevé vers 90 av. J.-C. Depuis 1975, des documents écrits de son vivant sortent du sol. La tombe nº 11 de Shuihudi, à Yunmeng dans le Hubei, a livré les statuts pénaux et administratifs du Qin, copiés par un scribe nommé Xi dont la dernière activité datée est de 217. En 2002, un puits de seize mètres à Liye, dans l’ouest du Hunan, a rendu près de 37 000 lattes, archives du district de Qianling entre 222 et 208. Elles attestent une commanderie, celle de Dongting, inconnue de toute l’historiographie transmise.

Il faut maintenant regarder qui écrit le chapitre 6, sur quelles archives, et avec quel écart. Puis reprendre trois épisodes que les documents exhumés obligent à rouvrir, dont un édit acheté à Hong Kong qui dit le contraire de l’annale. Puis aller au mont Li, où la chambre funéraire reste close.

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