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Biographie
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Liu Bang, paysan devenu fondateur de la dynastie Han

Antiquité18 septembre 202615 min de lecture
Unknown Chinese artist / Wikimedia Commons
15 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Un homme que le Grand Historien n’appelle que Ji

Au chapitre 8 du Shiji, les « Annales fondamentales de Gaozu », Sima Qian ne donne à son sujet qu’un lieu, un nom de famille et un appellatif. L’homme vient du hameau de Zhongyang, dans le bourg de Feng qui relève du district de Pei, il se nomme Liu, et on l’appelle Ji, « le cadet ». Son père n’a pas d’autre nom que Taigong, « le vieux seigneur », et sa mère que Liu Ao, « la vieille Liu ». Le Hanshu de Ban Gu, achevé à la fin du Iᵉʳ siècle, s’en tient au nom de famille (Hanshu, chap. 1, « Gaodi ji »). Le nom personnel Bang, sous lequel toute la tradition le connaît, apparaît dans le Han ji de Xun Yue, rédigé vers 200, et Yan Shigu le reprend au VIIᵉ siècle en tête de son commentaire du Hanshu, en notant qu’à la cour on disait guo, « pays », pour ne pas prononcer bang, qui a le même sens.

Le silence des deux premiers historiens tient probablement au tabou qui protège le nom personnel d’un souverain. Sima Zhen, commentateur du Shiji au VIIIᵉ siècle, rapporte une autre explication, qu’il attribue à un certain Xiang Dai, selon laquelle Ji aurait été le nom d’enfance et Bang le nom pris à l’avènement. Les textes ne permettent pas de choisir. On garde ici Liu Bang, forme de l’usage savant, bien qu’aucun texte conservé de son vivant ne la porte. Après sa mort, la cour lui donne le titre posthume de Gao huangdi et le nom de temple de Taizu ; Sima Qian l’appelle Gaozu, nom resté usuel.

Sa date de naissance est un calcul, et il y en a deux. Huangfu Mi, érudit du IIIᵉ siècle cité par Pei Yin, le fait naître la cinquante et unième année du roi Zhao de Qin, soit 256 av. J.-C., et mourir à soixante-deux ans. Un commentateur que Yan Shigu nomme Zan lui donne quarante-deux ans à l’avènement et cinquante-trois à la mort, ce qui conduit à 247. La mort, elle, est datée par le Shiji au jour jiachen du quatrième mois de la douzième année de règne, au palais de Changle, en 195 av. J.-C.

Le Shiji dit qu’il ne prend pas part aux travaux de la maisonnée et qu’une fois adulte il passe l’épreuve des petits employés pour devenir chef du ting de Sishui. Le ting est, selon la glose de Yan Shigu, un poste installé tous les dix li sur les routes de Qin, où l’on loge et nourrit les voyageurs. En 209 av. J.-C., dans le sillage du soulèvement de Chen Sheng, il prend le district de Pei, reçoit le titre de Pei gong, « seigneur de Pei », et se range sous Xiang Liang, qui a relevé la bannière de l’ancien royaume de Chu.

Il entre le premier dans la région de la capitale des Qin et reçoit à Bashang, à la fin de 207, la reddition du dernier souverain, Ziying. Le Shiji lui prête alors une proclamation aux anciens du pays en trois articles, la mort pour le meurtre, un châtiment pour les blessures et pour le vol. Xiang Yu, neveu de Xiang Liang et maître de la coalition, le fait au début de 206 roi de Han, avec Ba, Shu et le Hanzhong, et Nanzheng pour capitale. Leur guerre s’achève en 202 par la défaite et la mort de Xiang Yu à Gaixia. Au deuxième mois de la cinquième année de Han, sur la rive nord de la rivière Si, le roi de Han prend le titre de huangdi, « empereur ».

Le règne dure sept ans. Il installe sa capitale à Chang’an, distribue des fiefs à plus d’une centaine de compagnons, dont le Shiji précise que les plus grands ne dépassent pas dix mille foyers, et subit en 200 un échec contre les Xiongnu de Modu, qui l’encerclent sept jours près de Pingcheng. Peu avant sa mort, de passage à Pei, il chante devant les anciens un poème que Sima Qian transcrit, où le grand vent se lève et où celui dont la puissance s’étend jusqu’aux mers revient au pays natal.

Tout ce qui précède l’an 209 tient dans quelques pages écrites un siècle plus tard, où un dragon s’enroule au-dessus de sa mère et où sa cuisse gauche porte soixante-douze marques. Il faut maintenant prendre ces pages comme des objets, en demandant qui les a écrites, auprès de qui Sima Qian a recueilli ses récits et ce que montrent les lois exhumées en 1983 à Zhangjiashan ; puis examiner trois épisodes disputés, le banquet de Hongmen, l’encerclement de Pingcheng et l’abrogation annoncée des lois de Qin, avant de suivre la fabrication de sa figure et de mesurer ce qu’on ignore.

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