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Biographie
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Léonard de Vinci, peintre et ingénieur des cours italiennes

Époque moderne17 septembre 202617 min de lecture
Attribué à Francesco Melzi / Wikimedia Commons
17 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Le dernier feuillet du protocole de ser Piero di ser Guido

« Nacque un mio nipote, figliuolo di ser Piero mio figliuolo. » Antonio da Vinci écrit cette phrase sur le dernier feuillet d’un protocole notarial qui avait appartenu à son père, ser Piero di ser Guido, et où la famille consignait déjà ses naissances. Le registre est conservé aux Archives d’État de Florence, dans le fonds Notarile antecosimiano, sous le numéro 16912, et la note occupe le feuillet 105 verso. Le grand-père y porte la date, un samedi 15 avril 1452, l’heure, la troisième de la nuit, le prénom de l’enfant, Lionardo, puis le nom du prêtre qui le baptise, Piero di Bartolomeo, et ceux des voisins présents. Les heures se comptent probablement à partir du coucher du soleil, selon l’usage toscan du temps, ce qui situerait la naissance dans la soirée. Le nom de la mère n’apparaît nulle part dans la note.

Pour une fois, la date de naissance ne se calcule pas à partir d’un âge au décès. L’enfant est le fils illégitime de ser Piero d’Antonio, notaire qui exerce à Florence, et d’une femme que les papiers de la famille désignent par son seul prénom, Caterina. Dans les actes, il est Leonardo di ser Piero da Vinci, le dernier élément indiquant le bourg d’origine ; un lettré florentin écrit « Leonardus Vincius » en 1503, et l’usage français a fixé Léonard de Vinci, forme retenue ici. Les citations d’archives restent dans leur langue, parce que leur graphie renseigne sur ceux qui les ont écrites. En 1458 et en 1469, les déclarations de la famille paternelle au catasto le comptent parmi les membres du foyer de Vinci. Il se forme ensuite à Florence dans l’atelier d’Andrea del Verrocchio, sculpteur et peintre. En avril 1476, une dénonciation anonyme adressée aux Ufficiali di Notte, la magistrature florentine chargée des mœurs, le nomme avec trois autres hommes dans une affaire de sodomie, et aucune condamnation ne suit.

Vers 1482, il est à Milan. Au feuillet 1082 recto du Codex Atlanticus, conservé à la Veneranda Biblioteca Ambrosiana, se lit la minute d’une lettre adressée à Ludovic Sforza, dit le More, qui gouverne alors le duché ; elle énumère en dix articles des ponts, des machines de siège et des bombardes, et ne mentionne la peinture, la sculpture et le projet d’un cheval de bronze à la mémoire de Francesco Sforza qu’à la fin. La main qui l’a copiée n’est pas celle de Léonard, et rien n’indique qu’une version définitive soit parvenue au duc. Il reste au service des Sforza jusqu’à leur chute, en 1499, et peint dans ces années la Cène du réfectoire de Santa Maria delle Grazie.

Revenu à Florence vers 1500, il travaille pour la république. Le 24 juillet 1503, un commissaire au camp devant Pise rend compte aux Dieci di Balìa, le conseil chargé de la guerre, d’une visite des lieux faite avec Léonard pour étudier un détournement de l’Arno. En octobre, Agostino Vespucci, employé de la chancellerie, annote une édition des lettres de Cicéron imprimée en 1477, aujourd’hui à la bibliothèque universitaire de Heidelberg sous la cote D 7620 qt. INC. Il y écrit que Léonard travaille à la tête de Lisa del Giocondo et qu’il vient de s’accorder avec le gonfalonier, chef élu de la république, pour la salle du Grand Conseil, où doit figurer la bataille d’Anghiari.

Suivent un second séjour milanais sous les gouverneurs français, puis Rome, et enfin la France, gagnée à l’automne 1516 ou au début de 1517 selon les indications, qui divergent. Le 10 octobre 1517, Antonio de Beatis, secrétaire du cardinal Louis d’Aragon, le visite au manoir de Cloux, près d’Amboise ; il lui donne plus de soixante-dix ans quand il en a soixante-cinq et signale une paralysie du côté droit qui ne permet plus d’attendre de lui de nouvelles peintures. Léonard dicte son testament le 23 avril 1519 et meurt le 2 mai. Son élève Francesco Melzi annonce la mort aux demi-frères du défunt dans une lettre datée d’Amboise le 1er juin. Toutes ces dates relèvent du calendrier julien, seul en usage avant 1582.

Les documents cessent de suffire dès l’origine, puisque aucun ne nomme sa mère, et de nouveau à la fin, quand un biographe écrivant trente et un ans après les faits installe un roi au chevet du mourant. Il faut maintenant regarder comment ses feuillets ont été découpés et dispersés après 1570, ce que valent le journal d’un secrétaire de cardinal et les Vies de Giorgio Vasari, reprendre trois épisodes que les archives ne tranchent pas, sa mère, la commande du portrait de Lisa et le détournement de l’Arno, puis suivre la scène de sa mort jusqu’à la chapelle d’Amboise où des ossements ont été déposés sous son nom en 1874.

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