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Biographie
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Catherine de Médicis, reine mère des guerres de Religion

Époque moderne14 septembre 202614 min de lecture
François Clouet / Wikimedia Commons
14 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Les moyens qu’elle a tenu pour usurper le gouvernement du royaume

En 1575 sort des presses, sans lieu d’impression ni nom d’auteur, un in-octavo de cent quarante-neuf pages dont le titre annonce le programme, « les moyens qu’elle a tenu pour usurper le gouvernement du royaume de France, & ruiner l’estat d’iceluy ». Le Discours merveilleux de la vie, actions et déportements de Catherine de Médicis, royne-mère y décrit une Italienne qui empoisonne ses adversaires, trahit la parole donnée et livre les filles de sa maison aux chefs de parti. Au moins neuf éditions françaises paraissent entre 1575 et 1579.

Presque tout ce que la mémoire française retient d’elle vient de ce livre. L’auteur ne s’est jamais nommé.

Elle naît à Florence le 13 avril 1519, Caterina Maria Romola di Lorenzo de' Medici. Son père, Laurent II de Médicis, duc d’Urbino, et sa mère, Madeleine de La Tour d’Auvergne, meurent l’un et l’autre dans les trois semaines qui suivent. À un mois, elle hérite d’un duché italien que la papauté lui reprendra et des terres auvergnates de sa mère, comté d’Auvergne et comté de Lauragais, qui resteront le socle de ses revenus propres et le vivier de ses fidèles. Le chancelier Michel de L’Hospital viendra de là.

Le 28 octobre 1533, à Marseille, elle épouse Henri, duc d’Orléans, second fils de François Ier. Elle a quatorze ans, lui aussi. Le pape Clément VII, son parent, célèbre l’union. La mort du dauphin François, en 1536, fait de son mari l’héritier du trône et d’elle la dauphine d’un royaume où l’on se met à compter les années sans enfant. Le premier naît le 19 janvier 1544. Il y en aura dix, dont sept passeront la petite enfance et trois porteront la couronne.

Henri II règne du 31 mars 1547 au 10 juillet 1559, et Catherine est sacrée à Saint-Denis le 10 juin 1549. Sa position réelle se mesure aux états de sa maison, imprimés au tome X de sa correspondance, pages 504 à 538, où les gages les plus élevés vont à Diane de Poitiers et à ses deux filles. La reine ne nomme pas chez elle. Le roi la fait pourtant régente trois fois, en 1548, en 1552 et en 1553, pendant ses campagnes contre Charles Quint.

Henri II meurt le 10 juillet 1559 d’un coup de lance reçu en tournoi. Catherine a quarante ans, sept enfants vivants et aucun titre qui lui donne autorité. François II meurt à son tour le 5 décembre 1560, à seize ans. Charles IX en a dix. Antoine de Bourbon, premier prince du sang, renonce alors à la régence contre la lieutenance générale du royaume, et Catherine prend le gouvernement. En 1563, à la majorité de son fils, elle reçoit le titre de gouvernante de France, forgé pour une délégation qui survit à la minorité.

Vient alors la seule tentative de règlement religieux négocié du siècle en France. Du 9 septembre au 14 octobre 1561, elle réunit à Poissy quarante-six prélats catholiques et douze ministres réformés conduits par Théodore de Bèze, et la conférence échoue sur l’eucharistie. Trois mois plus tard, le 17 janvier 1562, elle fait signer à Charles IX, onze ans, l’édit de Saint-Germain, qui autorise le culte réformé hors les murs des villes. Le 1er mars, les gens du duc de Guise massacrent une assemblée protestante à Wassy.

Elle promène ensuite la cour à travers le royaume, de 1564 à 1566, et marie ses enfants dans toutes les directions, Élisabeth à Philippe II d’Espagne, Marguerite au roi de Navarre huguenot le 18 août 1572. Quatre jours après ce mariage, un tireur manque l’amiral de Coligny. Dans la nuit du 23 au 24 août, les chefs protestants réunis à Paris sont tués, et la tuerie gagne la ville, puis les provinces. Sous Henri III, revenu de Pologne en 1574, elle repart négocier jusque dans le Midi.

Elle meurt au château de Blois le 5 janvier 1589, treize jours après l’assassinat du duc de Guise, ordonné par son fils sans qu’elle en ait été prévenue. L’ambassadeur de Venise Giovanni Mocenigo écrit le 12 janvier que le corps a été ouvert et trouvé en bon état pour son âge. Paris et Saint-Denis étant aux mains de la Ligue, on l’enterre le 4 février dans l’église Saint-Sauveur de Blois, et son corps ne rejoindra qu’en 1610 le tombeau de marbre et de bronze élevé pour Henri II et pour elle.

Tout ce qui précède se lit dans des actes, des états de maison et des dépêches d’ambassade. Le portrait, lui, vient d’ailleurs. Il faut maintenant regarder qui a écrit les textes dont dépend sa réputation, à quelle distance des faits et pour quel camp, reprendre les épisodes que la recherche discute encore, de l’entrée au gouvernement de 1560 à la nuit du 24 août 1572, puis voir par quel canal les accusations du pamphlet sont passées dans les livres d’histoire.

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