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Biographie
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Henri IV, roi de l’édit de Nantes

Époque moderne14 septembre 202615 min de lecture
Frans Pourbus the Younger / Wikimedia Commons
15 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Archives nationales, J 943, numéro 2

C’est un parchemin scellé, conservé aux Archives nationales sous la cote J 943, numéro 2. C’est l’exemplaire de l’édit de Nantes adressé aux cours parisiennes pour enregistrement, et l’un des deux seuls originaux scellés que l’édition de l’École des chartes, dirigée par Bernard Barbiche, a retrouvés. L’autre est à Marseille, aux archives départementales des Bouches-du-Rhône, sous la cote B 741, et c’est celui du parlement d’Aix.

Un troisième parchemin manque, et c’est le plus intéressant. L’édit effectivement signé et scellé à Nantes en avril 1598 a disparu ; on ne le connaît que par une copie unique, conservée à la Bibliothèque de Genève, ms. fr. 197aa, tome 13, folios 1 à 40. Entre cette version et celle que le parlement de Paris vérifie le 25 février 1599, dix mois se sont écoulés et le texte a changé. Le second est le seul qui ait fait loi, avec quatre-vingt-treize articles, un de moins que le premier, complétés par cinquante-six articles particuliers et par deux brevets.

L’homme qui signe tient le royaume depuis quatre ans seulement. Il est né dans la nuit du 12 au 13 décembre 1553 au château de Pau, d’Antoine de Bourbon, premier prince du sang, et de Jeanne d’Albret, héritière de Navarre. Le cardinal d’Armagnac le baptise dans la chapelle du château le 6 mars 1554 ; sa marraine est Catherine de Médicis, qui deviendra sa belle-mère. Les détails fameux de cette naissance, l’ail, le vin de Jurançon, la carapace de tortue servant de berceau, viennent d’un chroniqueur écrivant un demi-siècle plus tard. La date, elle, ne se calcule pas à partir d’un âge au décès. Elle est donnée par l’entourage et personne ne l’a discutée.

Jeanne d’Albret l’élève dans la religion réformée. Elle meurt le 9 juin 1572 et il devient Henri III de Navarre, titre qu’il ne quittera jamais. Le 18 août, on le marie à Paris à Marguerite de Valois, sœur du roi ; protestant, il reçoit le consentement hors de Notre-Dame et ressort pendant la messe. Six jours après, la Saint-Barthélemy tue les chefs huguenots venus à ces noces. Le roi de Navarre survit, abjure sous la contrainte, et passe près de quatre ans à la cour. Il s’en échappe en février 1576 et revient à la religion réformée quelques mois plus tard.

Il a trente ans quand la mort du duc d’Anjou, dernier frère d’Henri III, fait de lui l’héritier du trône en juin 1584. Un an plus tard, Sixte-Quint le déclare hérétique et inapte à succéder. La guerre qui suit l’oppose à la Ligue et à l’Espagne pendant treize ans. Il gagne à Coutras le 20 octobre 1587, devient roi de France le 2 août 1589 quand Henri III meurt poignardé, gagne encore à Arques puis à Ivry le 14 mars 1590, et n’entre toujours pas dans sa capitale.

La sortie se fait en trois actes. Le 25 juillet 1593, dans la basilique de Saint-Denis, Renaud de Beaune, archevêque de Bourges, reçoit son abjuration. Le 27 février 1594, il est sacré à Chartres, Reims tenant pour la Ligue. Le 22 mars, Paris lui ouvre ses portes. Clément VIII l’absout le 17 septembre 1595. La paix de Vervins, signée avec l’Espagne le 2 mai 1598, met fin à la guerre extérieure ; l’édit de Nantes, daté d’avril de la même année, met fin à la guerre intérieure.

Les douze dernières années sont celles d’un règne administratif. Mariage avec Marie de Médicis en décembre 1600, après l’annulation romaine du premier ; naissance du dauphin en 1601 ; exécution du maréchal de Biron le 31 juillet 1602 pour conspiration ; retour des jésuites en 1603 ; vénalité héréditaire des offices organisée par la paulette en 1604. Au printemps 1610, le roi arme pour intervenir dans la succession contestée de Clèves et de Juliers. Le 13 mai, Marie de Médicis est couronnée à Saint-Denis. Le lendemain, dans un embarras de voitures rue de la Ferronnerie, François Ravaillac monte sur la roue du carrosse royal et frappe deux fois.

Tout ce qui précède est porté par des actes. Il faut maintenant regarder d’où vient le reste. Qui a écrit les mémoires dont dépend l’image du règne, quand, et dans quelles conditions matérielles ; les trois épisodes sur lesquels la recherche se divise, la conversion, la nature exacte de l’édit, le geste de Ravaillac ; et ce qu’il est advenu du corps du roi, depuis le marteau des ouvriers de 1793 jusqu’à une publication médicale de 2010.

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