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Biographie
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Wu Zetian, seule impératrice régnante de l’histoire chinoise

Moyen Âge1 octobre 202616 min de lecture
Gary Todd from Xinzheng, China / Wikimedia Commons
16 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Le testament de décembre 705 retire le titre d’empereur

Le dernier acte qu’on lui attribue consiste à rendre un titre. Selon le Jiu Tangshu, l’ancienne histoire des Tang (chap. 6, annales dites « de l’impératrice Zetian »), la souveraine déposée meurt le 16 décembre 705 dans le pavillon Xianju du palais Shangyang, à Luoyang, et ses dispositions dernières demandent qu’on lui ôte la qualité d’empereur pour la nommer Zetian dasheng huanghou. Huanghou désigne l’épouse en titre d’un souverain. Dix mois plus tôt, son fils restauré lui avait décerné le titre de Zetian dasheng huangdi, qui contenait le mot huangdi, celui qu’elle avait porté de 690 à 705. Le nom sous lequel la tradition la range joint donc son nom de famille à un titre reçu au moment de sa chute, que rien ne montre employé par elle.

Les formes de son nom suivent ses charges. Les histoires lui donnent pour nom de cour Mei, que l’empereur Taizong lui aurait attribué à son entrée au palais. Vers la fin de 689, parmi une série de caractères nouveaux promulgués à la cour, apparaît le graphème 曌, le soleil et la lune posés sur le vide, qu’elle prend pour nom personnel et que l’historiographie anglophone récente préfère, sous la forme Wu Zhao. On garde ici Wu Zetian, forme du titre et de l’usage français, en sachant qu’elle est posthume.

Son père, Wu Shihuo, est un marchand de bois de Wenshui, dans l’actuel Shanxi, rallié en 617 au soulèvement de Li Yuan, le fondateur des Tang. Le Xin Tangshu (chap. 4) lui donne pour dernières charges la présidence du ministère des Travaux et le gouvernement militaire de Jingzhou, avec le titre de duc de Ying. Aucune source ne donne la date de naissance de sa fille, qu’on calcule à partir des âges au décès et qui oscille entre 623 et 625. En 637, elle entre au palais de Chang’an comme cairen, concubine du cinquième rang de Taizong. Après la mort de celui-ci en 649, les histoires la placent au monastère bouddhique de Ganye, parmi les concubines sans enfant tenues de quitter le palais, puis elle reparaît auprès du nouvel empereur, Gaozong.

Au neuvième mois de 655, le conseiller Chu Suiliang, opposé à son élévation, est relégué comme gouverneur à Tanzhou. Le mois suivant, l’impératrice Wang, sans fils, et la concubine Xiao sont déposées sous l’accusation de sortilège, et la concubine Wu devient huanghou. Dans les années 660, les maladies de Gaozong lui laissent une part croissante des affaires. En 674, le couple prend les titres de tianhuang et tianhou, « auguste céleste » et « impératrice céleste ». Elle a de Gaozong quatre fils et au moins deux filles, dont la princesse Taiping.

Gaozong meurt le 27 décembre 683. Son fils Li Xian, intronisé sous le nom de Zhongzong, est déposé au début de 684, après moins de deux mois de règne, et remplacé par son frère Li Dan, Ruizong, tenu à l’écart pendant que leur mère gouverne comme impératrice douairière. La révolte de Xu Jingye à Yangzhou en 684 et celle des princes de la maison Li en 688 échouent. En 686, des urnes de bronze sont installées pour recevoir les dénonciations, et des magistrats comme Lai Junchen et Zhou Xing conduisent les procès de trahison. Au neuvième mois de 690, elle prend le titre de huangdi et fonde la dynastie Zhou, avec Luoyang, rebaptisée Shendu, pour capitale.

Elle règne quinze ans. En 698, Li Xian est rappelé d’exil et redevient héritier. Le 20 février 705, un groupe de ministres et d’officiers de la garde conduit par Zhang Jianzhi tue ses deux favoris, les frères Zhang Yizhi et Zhang Changzong, et obtient son abdication. Elle meurt en décembre et rejoint Gaozong dans le tombeau de Qianling en 706.

Presque tout ce récit vient de trois histoires achevées en 945, en 1060 et en 1084. Les documents contemporains existent, mais ils sont rares et d’une autre nature. Une plaquette d’or de soixante-trois caractères, déposée en son nom sur le mont Song le septième jour du septième mois de l’an 700, est conservée au musée du Henan à Zhengzhou et porte le graphème 曌. Un commentaire bouddhique présenté à la cour en 690, retrouvé à Dunhuang, se trouve à la British Library sous la cote Or.8210/S.6502. Ni l’un ni l’autre ne donne une date de naissance, un mariage ou un jugement.

Il faut maintenant prendre ces trois histoires une à une et dater les couches de rédaction qu’elles recouvrent, puis rouvrir deux épisodes où leur récit se sépare des documents, la mort d’une nouveau-née en 654 et le texte bouddhique de 690, examiner ensuite le titre de seule souveraine que la tradition lui accorde, et suivre enfin le nom de Wu Zetian de son testament jusqu’à la tombe de Qianling, que personne n’a ouverte.

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