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Biographie
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Phidias, sculpteur du chantier du Parthénon

Antiquité2 octobre 202615 min de lecture
Jean-Christophe BENOIST / Wikimedia Commons
15 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Une cruche noire au nom de son propriétaire

Sous le pied d’une petite oenochoé à vernis noir, une cruche à vin sans décor, quelqu’un a gravé deux mots en lettres attiques, ΦΕΙΔΙΟ ΕΙΜΙ, « je suis à Phidias ». L’objet est sorti des fouilles allemandes de l’atelier d’Olympie, menées entre 1954 et 1958, et il est exposé au Musée archéologique du site. C’est le seul objet connu qui porte le nom du sculpteur écrit probablement de son vivant, et la seule trace matérielle attribuable à un homme dont aucune statue originale n’a été conservée.

Le nom grec est Pheidias. L’usage français a retenu la forme latine, Phidias. Pausanias, qui visite Olympie au IIᵉ siècle apr. J.-C., lit sous les pieds du Zeus une signature qu’il transcrit, « Pheidias fils de Charmide, Athénien, m’a fait » (Description de la Grèce, V, 10, 2). C’est à peu près tout ce que l’on sait de sa famille, avec un frère peintre, Panainos, qui décore à ses côtés les écrans du trône (V, 11, 6). Aucune source ne donne l’année de sa naissance. Pline l’Ancien place son floruit dans la 83ᵉ olympiade, soit 448-445 av. J.-C. (Histoire naturelle, XXXIV, 49), date de chronographe qui correspond sans doute à une grande commande ; le groupe de bronze consacré à Delphes en l’honneur de Miltiade et les premières Athénas de l’Acropole font remonter ses débuts vers 470-460, et la naissance se loge donc, par calcul, vers 490-480.

Sa carrière se lit dans une liste d’œuvres. Il fond pour l’Acropole une grande Athéna de bronze, que Pausanias désigne seulement par sa matière et sa taille, et une autre, dédiée par des Athéniens établis à Lemnos (I, 28, 2). À partir de 447/446, un collège d’épistates finance une statue d’or et d’ivoire destinée au nouveau temple ; ses comptes, gravés année après année, sont conservés en fragments sous les numéros IG I³ 453 à 460. Plutarque affirme que Périclès lui confie en outre la surveillance de tous les travaux, alors que le temple a pour architectes Ictinos et Callicratès (Vie de Périclès, 13).

L’Athéna Parthénos est installée dans la cella en 438/437. Thucydide, seul historien contemporain à en parler, fait dire à Périclès, en 431, que la statue porte quarante talents d’or pur, entièrement amovibles, dont la cité pourrait se servir en cas de besoin à condition de les restituer (II, 13, 5). La même année 438/437, selon Philochore, historien de l’Attique, Phidias est jugé pour avoir détourné une partie de l’ivoire, condamné, et s’enfuit en Élide. Plutarque raconte une autre fin, la prison à Athènes, la maladie ou le poison.

Les deux versions ne peuvent pas être vraies ensemble.

À Olympie, un bâtiment aux dimensions de la cella du temple de Zeus, environ 32 mètres sur 18, sert à fabriquer par éléments la statue du dieu assis. La céramique qu’on y a recueillie date son activité des années 430-420, ce qui place Phidias en Élide après la consécration de l’Athéna. On ignore quand et où il est mort. Cette lacune pèse sur tout le reste, puisque la date de la mort commande l’ordre des œuvres et le sens du procès, et que les deux récits antiques de cette mort sont aussi ceux du procès.

Il faut donc regarder d’abord qui raconte cette vie, et à quelle distance : un vers d’Aristophane joué en 421, une note de scholiaste qui cite Philochore, une biographie de Périclès écrite au début du IIᵉ siècle apr. J.-C., un guide de voyage de la seconde moitié du même siècle, et des comptes gravés qui chiffrent l’or et l’ivoire. Viendront ensuite trois questions débattues, la date du procès, les deux portraits du bouclier et la part de Phidias dans les marbres du temple, puis l’histoire de sa réputation, de l’incendie de Constantinople aux reconstitutions modernes.

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