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Biographie
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Samuel de Champlain, fondateur de Québec

Époque moderne28 septembre 202616 min de lecture
d’après Ducornet / Wikimedia Commons
16 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Il signe Champlain, Lescarbot écrit Champlein

Sur la page de titre du livre imprimé à Paris chez Claude de Monstr’œil à la fin de 1603, l’auteur s’appelle « Samuel Champlain, de Brouage », sans particule. L’avocat Marc Lescarbot, qui partage avec lui l’hiver 1606-1607 à Port-Royal, l’appelle dans ses livres « le sieur Champlein » ou « le capitaine Champlein ». Le contrat de mariage passé à Paris le 27 décembre 1610 le nomme au contraire « noble homme Samuel de Champlain, sieur dudit lieu, capitaine ordinaire de la Marine », fils de feu Antoine de Champlain, capitaine de marine, et de Marguerite Le Roy. On ne connaît aucune terre de Champlain dans les biens de la famille, et aucun titre de noblesse. La forme retenue ici est celle qu’il porte dès 1595 dans les comptes de l’armée de Bretagne et que les commissions des vice-rois reprennent après 1612.

La date de naissance est inconnue, le lieu seulement probable. Les registres de baptême de Brouage antérieurs à 1615 ont disparu ; Champlain se dit « de Brouage » en 1603, et le testament de son oncle Guillaume Allène le désigne comme natif de la ville. Pour l’année, deux chemins mènent à deux résultats. Un calcul part d’une phrase du Traitté de la marine joint aux Voyages de 1632, où il écrit avoir passé « trente huict ans de mon aage à faire plusieurs voyages sur mer », et aboutit aux environs de 1580. Un registre du temple protestant Saint-Yon de La Rochelle, repéré en 2012, porte au 13 août 1574 le baptême d’un Samuel, fils d’« Anthoynne Chapeleau » et de Marguerite Le Roy. La mort, elle, se date sans discussion au 25 décembre 1635, à Québec.

Les premières traces sûres sont comptables. Les livres de l’armée royale de Bretagne le donnent comme fourrier en 1595, chargé du logement des troupes, avec une solde de 33 écus et un tiers par mois en mars et en avril. En 1599, il accompagne la flotte espagnole des Indes occidentales sur le Saint-Julien, navire de son oncle, et rédige au retour un rapport illustré qui lui vaut une pension d’Henri IV. Le 27 mai 1603, près de Tadoussac, il assiste avec le capitaine malouin François Gravé Du Pont à la tabagie, festin diplomatique où le chef montagnais Anadabijou accepte l’installation des Français et leur aide contre les Iroquois, puis il remonte le Saint-Laurent jusqu’aux rapides de Lachine. De 1604 à 1607, il relève les côtes de l’Acadie et de la future Nouvelle-Angleterre pour Pierre Dugua de Mons, lieutenant général du roi en Acadie ; sur l’île Sainte-Croix, 35 ou 36 des 79 hivernants meurent du scorbut. Le 3 juillet 1608, avec le titre de lieutenant de Dugua, il fait bâtir au pied du cap Diamant une habitation fortifiée de trois corps de logis, dont 8 des 28 hivernants sortent vivants au printemps. En juillet 1609, sur le lac auquel il donne son nom, il tue à l’arquebuse deux chefs agniers aux côtés d’une soixantaine de guerriers alliés.

Le 30 décembre 1610, à Saint-Germain-l’Auxerrois, il épouse Hélène Boullé, fille d’un secrétaire de la Chambre du roi, âgée de moins de douze ans, sous réserve de ne consommer le mariage que deux ans plus tard ; la dot est de 6 000 livres. En 1612, il devient le lieutenant du comte de Soissons, puis du prince de Condé, vice-rois successifs de la Nouvelle-France. En 1615, il conduit quatre récollets à Québec, gagne le pays des Hurons et prend part le 11 octobre à l’assaut manqué d’un village fortifié onontagué, où deux flèches le blessent. Le 19 juillet 1629, faute de vivres, il signe la capitulation de Québec devant les frères Kirke ; la colonie n’est rendue à la France que par le traité de Saint-Germain-en-Laye du 29 mars 1632. Champlain y revient le 23 mai 1633 avec environ 150 colons, sous le titre de commandant « en l’absence de Monseigneur le Cardinal ». Il n’a jamais porté celui de gouverneur. Par un testament du 17 novembre 1635, il institue la Vierge Marie son héritière au profit de la chapelle Notre-Dame-de-Recouvrance ; l’acte est cassé en 1639 à la demande d’une cousine. Le lieu de sa sépulture est perdu.

Tout ce qui précède, à l’exception des actes notariés et de quelques registres, vient de quatre livres que Champlain a fait imprimer entre 1603 et 1632, chacun dédié à un protecteur différent. Il faut maintenant les prendre un à un avec le manuscrit des Indes occidentales et les actes parisiens, puis examiner quatre épisodes que la recherche lit de façon divergente, la naissance, le voyage de 1599, la fondation de 1608 et la phrase de 1633, avant de suivre comment le XIXᵉ siècle lui a prêté un visage et cherché une tombe.

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