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Biographie
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Rollon, chef viking installé à Rouen par Charles le Simple

Moyen Âge3 octobre 202613 min de lecture
Frédéric Bisson / Wikimedia Commons
13 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

« Rolloni suisque comitibus »

Le 14 mars 918, au palais de Compiègne, la chancellerie de Charles III le Simple expédie un diplôme pour les moines de Saint-Germain-des-Prés. Par cet acte, le roi leur soumet l’abbaye de la Croix-Saint-Ouen, sur l’Eure, dont les reliques avaient été mises à l’abri des païens, sauf la part qu’il a concédée, dit le texte, aux Normands de la Seine, c’est-à-dire à Rollon et à ses compagnons, pour la protection du royaume. L’original, un parchemin scellé d’un peu plus de soixante centimètres de côté, est conservé aux Archives nationales sous la cote K 16, n° 9, et Philippe Lauer l’a publié en 1940 dans le Recueil des actes de Charles III le Simple. Aucun document daté plus ancien ne porte le nom de Rollon, et aucun autre acte de chancellerie connu ne le nomme de son vivant.

Le nom y paraît sous sa forme latine, Rollo, que les philologues rapprochent du vieux norrois Hrólfr. Les autres formes viennent plus tard. Dudon de Saint-Quentin, qui écrit vers l’an mil, lui donne au baptême le nom de Robert, celui de son parrain, le marquis Robert ; la poésie normande du XIIᵉ siècle dit Rou ; les sagas islandaises du XIIIᵉ siècle l’identifient à Göngu-Hrólfr, « Hrólfr le marcheur », fils d’un jarl de Møre, sur la côte ouest de la Norvège. On retient partout ici Rollon, forme française consacrée, parce qu’elle dérive directement du Rollo des actes et des annales.

Sa date de naissance est inconnue. Aucune source ne la donne, et aucune ne fournit un âge au décès qui permettrait de la calculer. Son milieu d’origine n’est décrit que par des auteurs postérieurs d’un siècle ou davantage. Dudon en fait le fils d’un grand de « Dacie », le Danemark, chassé par un roi hostile ; Richer de Reims, qui écrit dans les années 990, donne à son père le nom de Catillus. Les chroniqueurs normands lui prêtent une part au siège de Paris de 885-886 et à des raids en Bourgogne, mais les annales franques de ces années ne le nomment jamais.

En 911, une armée scandinave échoue devant Chartres. Flodoard, chanoine de Reims né vers 894, donc contemporain des faits, rapporte dans son Histoire de l’Église de Reims (livre IV, chapitre 14), rédigée entre 948 et 952, qu’après la guerre menée contre eux par le comte Robert devant Chartres, les Normands commencèrent à recevoir la foi et se virent concéder quelques pays maritimes avec la cité de Rouen, qu’ils avaient presque détruite. Le même chapitre résume la correspondance que l’archevêque Hervé de Reims entretient alors avec Witto, archevêque de Rouen, au sujet des baptisés qui retournent aux usages païens. Dudon seul date le baptême de Rollon lui-même, qu’il place en 912, à Rouen.

Dès 919, Flodoard tient des annales année par année. En 924, le roi Raoul, élu après la déposition de Charles, concède aux Normands de la Seine le Maine et le Bessin, le pays de Bayeux. L’année suivante, le comte Herbert de Vermandois et le comte Arnoul de Flandre attaquent leurs places fortes, dont Eu, et l’annaliste nomme Rollon à cette occasion. En 927, au château d’Eu, c’est son fils Guillaume qui se recommande à Charles, que le comte Herbert a tiré de sa prison pour la circonstance.

Aucun document contemporain ne date sa mort. Richer la place en 925, pendant les combats d’Eu ; Dudon décrit une transmission du pouvoir à Guillaume, suivie de cinq années de retraite, ce qui conduit la plupart des historiens vers 932 ou 933. Il est inhumé dans l’église cathédrale de Rouen, d’où ses restes passent en 1063 dans l’édifice roman que consacre l’archevêque Maurille.

Tout ce qui précède tient à un diplôme, à deux œuvres de Flodoard et à un récit normand écrit trois générations après les faits. Il faut maintenant prendre ces textes un à un, regarder qui les a écrits, à quelle distance et pour quel commanditaire, puis reprendre les quatre points que la recherche discute encore, l’accord de 911, l’origine, la date de la mort et la tombe.

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