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Han Wudi, empereur de l’expansion han

Antiquité13 octobre 202617 min de lecture
Unknown authorUnknown author / Wikimedia Commons
17 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Un empereur que Sima Qian appelait « Sa Majesté présente »

Aucun texte rédigé de son vivant ne le nomme Wudi. Le caractère wu, « martial », appartient au nom posthume que la cour lui décerne en 87 av. J.-C., Xiaowu huangdi, « l’empereur filial et martial », dont l’usage a retenu l’abréviation. Son nom personnel, Liu Che, était interdit d’écriture, au point que le titre nobiliaire de chehou devient tonghou. Sima Qian, le seul historien qui l’ait vu gouverner, l’appelle jinshang, et la table de son Shiji, au chapitre 130, annonce à la douzième place des annales de base un « Jinshang benji », les annales de l’empereur régnant (Shiji, chap. 130, éd. Zhonghua shuju, 1959).

On traduit ici jinshang par « Sa Majesté présente », qui garde la déférence que « l’empereur actuel » efface.

La naissance se date par le calcul. Le chapitre 6 du Hanshu, l’histoire des Han antérieurs de Ban Gu (32-92), lui donne seize ans au premier mois de 141 av. J.-C., quand meurt son père, l’empereur Jing, et que l’héritier monte sur le trône le jour jiazi (Hanshu, chap. 6, éd. Zhonghua shuju, 1962). Le même passage le dit fils puîné de Jing et d’une concubine que le texte appelle seulement dame Wang. Roi de Jiaodong à quatre ans, il devient prince héritier à sept, en 150 av. J.-C., après la déposition de son demi-frère aîné Liu Rong.

Pendant six ans, la cour compte avec sa grand-mère, l’impératrice douairière Dou. En 139 av. J.-C., le grand secrétaire Zhao Wan, qui a demandé qu’on cesse de soumettre les affaires à la douairière, est emprisonné avec Wang Zang, et tous deux se suicident. Le Hanshu place en 136 la création de boshi pour les cinq classiques, et en 135 la mort de la douairière. À partir de 134, chaque commanderie doit proposer chaque année un homme réputé pour sa piété filiale et un autre pour son intégrité.

En 133 av. J.-C., une embuscade tendue aux Xiongnu près de Mayi, avec trois cent mille hommes selon le Hanshu, échoue parce que le chanyu, le souverain des Xiongnu, flaire le piège et se retire. La rupture avec la paix matrimoniale date de cet échec. En 127, Wei Qing, demi-frère de l’impératrice Wei, reprend la boucle de l’Ordos, où l’on crée les commanderies de Shuofang et de Wuyuan ; en 121, Huo Qubing, neveu de Wei Qing, mène deux raids dans le corridor du Gansu, et le roi Hunye se rend avec plus de quarante mille personnes, ce qui ouvre la voie aux commanderies de Wuwei et de Jiuquan. En 119, les deux généraux franchissent le désert, au prix de plusieurs dizaines de milliers de morts dans les armées han selon le Hanshu. Viennent ensuite le royaume de Nanyue, annexé en 111 et partagé en neuf commanderies, le royaume de Chaoxian, au nord de la péninsule coréenne, transformé en 108 en quatre commanderies dont Lelang, et la campagne de Li Guangli contre le Dayuan, au Ferghana, qui ramène en 101 les chevaux que le texte dit « suant le sang ». Pour payer, la cour frappe à partir de 118 la pièce de cinq zhu, place le sel et le fer sous monopole, puis l’alcool en 98.

En 110 av. J.-C., au quatrième mois, il accomplit sur le mont Tai les sacrifices feng et shan, adressés au Ciel et à la Terre, et l’ère prend le nom de Yuanfeng. Six ans plus tard, le calendrier Taichu place le début de l’année au premier mois, place que garde ensuite, à quelques interruptions près, le calendrier chinois traditionnel.

Au septième mois de 91 av. J.-C., l’enquêteur Jiang Chong fait fouiller le palais du prince héritier Liu Ju à la recherche d’objets d’envoûtement ; le prince le fait exécuter et se bat dans Chang’an contre les troupes du chancelier, puis s’enfuit et se tue le mois suivant, tandis que l’impératrice Wei se donne la mort. En 89, un édit transmis par le Hanshu refuse d’installer des colons militaires à Luntai, dans le bassin du Tarim. Au deuxième mois de 87, au palais Wuzuo, un fils de huit ans selon le décompte chinois, Liu Fuling, est nommé héritier le jour yichou ; l’empereur meurt deux jours plus tard, le jour dingmao, et il est inhumé le jour jiashen du mois suivant à Maoling, dont la ville d’entretien avait été créée dès 139.

L’essentiel de ce récit sort d’une histoire achevée près de deux siècles après la mort de l’empereur, et le témoignage contemporain manque à l’endroit précis où on l’attendrait. Il faut donc reprendre ce qui subsiste du Shiji et les mains par lesquelles il est passé, puis trois épisodes, la promotion des lettrés en 136, l’affaire de sorcellerie de 91 et l’édit de Luntai, où le Hanshu et une chronique du XIᵉ siècle se séparent, avant de suivre la réputation du règne depuis le débat de 72 av. J.-C.

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