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Biographie
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Zhang Qian, envoyé han explorateur de l’Asie centrale

Antiquité1 octobre 202613 min de lecture
PHG / Wikimedia Commons
13 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Cent hommes partis de Longxi, deux revenus

Plus de cent hommes quittent la commanderie de Longxi, à la limite occidentale de l’empire des Han, derrière un gentilhomme du palais nommé Zhang Qian, et le récit qui rapporte leur voyage n’en ramène que deux, treize ans plus tard. Le compte figure au chapitre 123 du Shiji de Sima Qian, le « Mémoire sur Dayuan » (Dayuan liezhuan), qui donne l’effectif du départ et celui du retour sans nommer un seul des disparus. Le second rescapé a un nom, Ganfu, esclave d’origine xiongnu appartenant à une famille Tangyi, et le texte précise qu’il chassait à l’arc pour nourrir la troupe quand les vivres manquaient.

Zhang Qian (張騫, Chang Ch’ien dans la transcription Wade-Giles) est dit « homme de Hanzhong » par Sima Qian. Au VIIᵉ siècle, le commentateur Yan Shigu précise la sous-préfecture de Chenggu, d’après un recueil de notices compilé au IIIᵉ siècle par Chen Shou. Aucune source ne donne sa date de naissance, ni même un âge. Sa mort se place vers 114 av. J.-C., et ce chiffre résulte d’un calcul, puisque le Shiji la situe « un peu plus d’un an » après le retour de sa seconde ambassade. Durant les années Jianyuan (140-135 av. J.-C.), il sert comme lang, gentilhomme de la garde intérieure, le vivier où la cour puise ses officiers et ses messagers.

Sima Qian rapporte que l’empereur Wu, informé par des Xiongnu passés aux Han que leur souverain avait tué le roi des Yuezhi et fait de son crâne une coupe à boire, voulut nouer contact avec ce peuple chassé vers l’ouest. La route traversant le territoire xiongnu, la cour chercha « des hommes capables d’être envoyés », et Zhang Qian répondit à l’appel. Capturé en chemin, il est conduit au chanyu, qui le retient plus de dix ans et lui donne une épouse dont il a un fils ; le texte ajoute qu’il ne perdit jamais l’insigne d’envoyé des Han, un bâton garni de crin. Échappé, il atteint Dayuan, dans la vallée de Ferghana, d’où on le conduit au Kangju, puis chez les Grands Yuezhi, maîtres de la Bactriane (le Daxia des textes) et installés au nord de l’Oxus. Sur cette terre fertile, écrit Sima Qian, ils n’avaient plus aucun désir de revanche. Zhang Qian rentre en longeant les monts du Sud, retombe aux mains des Xiongnu, et profite des troubles qui suivent la mort du chanyu, en 126 av. J.-C., pour s’enfuir avec son épouse et Ganfu. L’empereur le nomme taizhong dafu, grand conseiller du palais.

Son rapport, que le chapitre 123 résume en décrivant les quatre pays qu’il a vus et « cinq ou six » autres connus par ouï-dire, signale en Bactriane des cannes de bambou de Qiong et des étoffes de Shu, produits du Sichuan que des marchands achetaient au Shendu, l’Inde ; la cour lance alors depuis Shu quatre colonnes vers le sud-ouest, que les tribus Kunming arrêtent. En 123 av. J.-C., servant comme jiaowei (commandant) sous le général Wei Qing, Zhang Qian guide l’armée vers l’eau et les pâturages et reçoit le titre de Bowang hou, marquis de Bowang. L’année suivante, selon le même chapitre, il arrive en retard à la jonction avec le général Li Guang, est condamné à mort et rachète sa peine au prix de son rang.

Vers 119 av. J.-C., il propose d’attirer vers l’est les Wusun, nomades établis au nord-est de Dayuan, pour « couper le bras droit des Xiongnu ». Nommé zhonglangjiang, il part avec trois cents hommes, deux chevaux chacun, du bétail par dizaines de milliers de têtes, de l’or et des soieries. Le roi wusun, dont le royaume est partagé entre trois héritiers, refuse de déplacer son peuple. Zhang Qian envoie de chez lui des adjoints vers Dayuan, le Kangju, les Yuezhi, la Bactriane, le royaume parthe et l’Inde, puis rentre vers 115 avec des envoyés wusun. Nommé daxing, ministre chargé des hôtes étrangers, il meurt dans cette charge, et le chapitre 111 du Shiji place sa tombe dans le Hanzhong.

Aucun document de sa main n’a été conservé, ni rapport d’archives, ni inscription contemporaine portant son nom.

Tout ce qui précède vient de deux textes, le chapitre 123 du Shiji, achevé vers 91 av. J.-C., et le chapitre 61 du Hanshu, composé par Ban Gu à la fin du Iᵉʳ siècle apr. J.-C. (éd. Zhonghua shuju, 1959 et 1962), au récit presque identique. Il faut maintenant dire qui les a écrits et à quelle distance des faits, comprendre pourquoi un sinologue de Leyde a soutenu en 1975 que le premier avait été recomposé à partir du second, puis suivre la manière dont les siècles suivants ont prêté à Zhang Qian des raisins, un radeau céleste, deux statues du Bouddha et une route baptisée en 1877.

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