Il signait « Gustaff », puis « Gostauus »
Sur les rares documents écrits de sa main, le roi signe « Gustaff » en cursive, puis adopte dans les années 1540 une forme plus solennelle, « Gostauus », tracée en capitales d’imprimerie. Avant son élection de 1523, lui-même et ses contemporains l’appellent Gustav Eriksson, Gustave fils d’Erik, et son nom de règne est ensuite Gustave Iᵉʳ. Le mot « Vasa » désigne la gerbe, vasi en vieux suédois, qui orne le blason familial et dont le dessin médiéval reste discuté. D’après le service suédois des bâtiments de l’État, la forme « Gustav Eriksson Vasa » n’apparaît qu’au XVIIᵉ siècle et « Gustave Vasa » ne s’impose qu’au XVIIIᵉ, de sorte que l’usage français retenu ici a deux siècles de moins que l’homme.
L’année de naissance se calcule. Sa cousine Birgitta Kristiernsdotter et un contemporain, Mårten Helsing, la placent en mai 1495 ; la chronique de Peder Svart, évêque de Västerås, donne 1496, que la notice d’Ivan Svalenius dans le Svenskt biografiskt lexikon (SBL) tient pour la plus probable, avec un 12 mai lui-même incertain. Le lieu hésite entre Lindholmen, dans la paroisse d’Orkesta, et Rydboholm, en Uppland. Son père, Erik Johansson, siège au conseil du royaume ; sa mère, Cecilia Månsdotter, appartient à la lignée Eka, et les deux familles tiennent au parti des Sture. Les dates suivent ici le calendrier julien, le seul que connaissent les documents cités.
Après des études à Uppsala, il entre vers dix-huit ans à la cour du régent Sten Sture le Jeune, dont il dirige probablement la maison. Il combat en 1517 et 1518 contre les assauts de Christian II de Danemark sur Stockholm. Le 2 octobre 1518, remis en otage au roi pour une négociation, il est emmené par la flotte danoise qui lève l’ancre. Retenu près d’un an au château de Kalø, dans le Jutland, il gagne Lübeck en septembre 1519 et débarque près de Kalmar le 31 mai 1520. En novembre, Christian II, couronné à Stockholm, fait exécuter des hommes du parti Sture. Le père de Gustave et son beau-frère sont du nombre ; sa mère et trois de ses sœurs sont emprisonnées, et la mère meurt en captivité avec deux de ses filles.
Amnistié et invité au couronnement, il ne s’y était pas rendu. Il passe en Dalécarlie, région minière du centre, où les paysans de Mora refusent d’abord de le suivre ; il repart vers la Norvège, et des skieurs le rappellent depuis le village de Sälen. En janvier 1521, la Dalécarlie le fait hövitsman, qu’on traduit par « capitaine » plutôt que par « chef », parce que le mot suédois nomme une charge de commandement précise. Une victoire à Västerås en avril, puis la reconnaissance comme régent à Vadstena le 23 août 1521, étendent la révolte au royaume entier. À partir de l’été 1522, Lübeck fournit une flotte et des mercenaires contre des reconnaissances de dette. Élu roi à Strängnäs le 6 juin 1523, il n’est couronné à Uppsala qu’en janvier 1528.
Le règne se résume en quelques actes datés. En 1527, la diète de Västerås transfère au roi les châteaux des évêques, et l’ordonnance d’application figure au quatrième volume du registre de sa chancellerie (Konung Gustaf den förstes registratur, IV, 1527, Stockholm, 1868). En 1531, Laurentius Petri est consacré archevêque d’Uppsala sans le concours du pape. La guerre dite du Comte, de 1534 à 1536, permet d’annuler les privilèges de Lübeck et de solder la dette.
Entre-temps éclatent des soulèvements en Dalécarlie, en Västergötland, puis en Småland en 1542-1543 derrière Nils Dacke. L’hommage héréditaire d’Örebro en 1540 et la diète de Västerås de 1544 rendent la couronne transmissible à ses fils (Svenska riksdagsakter, I, 1521-1544, Stockholm, 1887). Marié trois fois, il meurt au château de Stockholm le 29 septembre 1560 et il est inhumé dans la cathédrale d’Uppsala le 21 décembre.
Tout ce qui précède repose sur deux ensembles qui ne se recoupent qu’en partie. La jeunesse et la Dalécarlie viennent presque entièrement d’une chronique écrite dans l’entourage du roi ; le gouvernement se lit dans les lettres copiées par sa chancellerie. Il faut maintenant prendre ces sources une à une, dire qui les a produites et à quelle distance des faits, puis reprendre trois décisions disputées, l’élection de Strängnäs, la diète de Västerås et l’exécution de Rostock en 1528, avant de suivre la fabrication du nom et de la figure entre 1560 et la fête nationale de 1983.

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