Un âne chargé de sel paie un dinar d’or pour entrer dans le royaume, deux pour en ressortir. Une charge de cuivre coûte cinq mithqals, du nom de l’unité de poids qui sert à peser l’or, et une charge de marchandises ordinaires en coûte dix. Le tarif vient d’un géographe de Cordoue qui n’a jamais quitté al-Andalus, dans un livre achevé en 1068 (460 de l’hégire). C’est à peu près toute la comptabilité que l’on possède sur l’empire du Ghana, et c’est déjà beaucoup.
Ghana est un titre, le pays s’appelle Awkar
Abou Oubayd al-Bakri ouvre sa notice par un avertissement que la postérité a soigneusement ignoré : Ghana est le titre que ces gens donnent à leurs rois, et le nom du pays est Awkar. Le souverain en exercice cette année-là s’appelle Tounka Manin. Il règne depuis 1063 (455 de l’hégire) et succède à son oncle maternel Basi, devenu roi très vieux et mort presque aveugle, ses ministres soufflant à voix couverte ce qu’il devait répondre. La couronne va au fils de la sœur, note le géographe, parce qu’un roi ne doute jamais de sa parenté avec son neveu. Les traditions orales soninké, recueillies à partir du XIXᵉ siècle, donnent au royaume un tout autre nom, Wagadou.
Le mot « empire » est un ajout des modernes ; les textes arabes parlent d’un royaume et d’un roi. Le cadre chronologique aussi est importé. Parler de Moyen Âge pour le Sahel occidental relève de la commodité d’atelier et non d’une périodisation locale, et Pekka Masonen a montré comment ce « Moyen Âge soudanais » s’est fabriqué dans l’érudition européenne. Le mot sert de repère, rien de plus.
Reste le plus étrange. En mars 1957, la Côte-de-l’Or indépendante prend le nom de Ghana, à quinze cents kilomètres au sud-est du royaume ainsi honoré. Jean-Louis Triaud a écrit l’histoire de ce transfert : une mémoire en exil, importée, puis appropriée. Un titre de roi soninké est ainsi devenu, en mille ans, le nom d’un État de la côte guinéenne.
Six milles entre la mosquée et le bois sacré
Al-Bakri décrit une capitale en deux villes posées sur une plaine. La première est habitée par des musulmans, elle est grande et compte douze mosquées, dont une pour la prière du vendredi, avec des imams et des muezzins salariés, des juristes et des lettrés. Autour, des puits d’eau douce servent à boire et à arroser des légumes. Six milles plus loin se tient la ville du roi, nommée al-Ghaba, « la forêt » : un palais, des bâtiments à coupole, des bosquets où vivent les prêtres du culte royal et où sont les tombes des souverains. Personne n’y entre. Entre les deux villes, l’habitat est continu, en pierre et en bois d’acacia.
Le protocole est décrit avec la même précision. Le roi seul, et l’héritier fils de sa sœur, ont le droit de porter des vêtements cousus. Les interprètes, le trésorier et la plupart des ministres sont musulmans. À la mort du roi, on élève une grande coupole de bois sur la sépulture, on y dépose le corps, ses parures, ses armes, sa vaisselle pleine de nourriture et de boisson, et les hommes qui le servaient à table ; puis la foule entasse la terre jusqu’à former une colline. L’islam tient la chancellerie et le commerce ; le pouvoir reste attaché à ses propres rites.
Le terrain, lui, s’appelle Koumbi Saleh, dans le Hodh oriental mauritanien. Le site est un vaste tell aux ruelles orthogonales organisées autour d’une large place, et son emprise dépasse dix kilomètres de rayon. Entre 1914 et 1981, l’essentiel de l’effort de fouille a porté sur un seul secteur : la mosquée et les habitations voisines. Les datations calibrées y placent une occupation initiale dès les Vᵉ-VIᵉ siècles, la première mosquée aux Xᵉ-XIᵉ, une phase d’expansion à partir du XIIᵉ, et une séquence qui s’avance jusqu’au XVIIᵉ. Aucune inscription retrouvée ne nomme Ghana. La ville du roi n’a jamais été localisée. François-Xavier Fauvelle range cette capitale parmi les villes introuvables, et le mot est juste : on fouille un site qui correspond, sans tenir la preuve qu’il s’agit du bon.
Les pépites au roi, la poudre au peuple
La phrase la plus intéressante d’al-Bakri n’est pas dans les descriptions de cour. Toutes les pépites trouvées dans les mines du royaume reviennent au roi ; on laisse au peuple la seule poudre d’or. Et le géographe donne la raison, qui n’est pas la cupidité : sans cela, les gens en accumuleraient tant que le métal perdrait sa valeur. Un souverain du XIᵉ siècle sahélien retire de la circulation le stock métallique excédentaire pour tenir le cours de sa marchandise d’exportation. Certaines pépites, ajoute le texte, pèsent d’une once à une livre.
D’où venait cet or ? Le meilleur, dit la notice, vient de la ville de Ghiyarou, à dix-huit journées de marche de la ville du roi. Personne n’a jamais localisé Ghiyarou avec certitude, et surtout aucun auteur arabe n’a vu les gisements. C’est là qu’intervient le fameux commerce muet, ces échanges où les deux partis déposent tour à tour marchandises et or sans jamais se voir ni se parler. Paulo Fernando de Moraes Farias a montré dès 1974 que le récit se transmet de plume en plume depuis Hérodote, chaque auteur le plaçant juste au-delà du point où s’arrête son information. Le commerce muet est un motif littéraire. Il dit ce que l’on ignorait, pas ce que l’on faisait.
Le reste du dossier économique est plus tangible. Ibn Hawqal, au Xᵉ siècle, rapporte avoir vu une reconnaissance de dette de quarante-deux mille dinars liant un marchand d’Aoudaghost à son correspondant de Sijilmassa. Aoudaghost, identifiée au tell de Tegdaoust, douze hectares à trente-quatre kilomètres au nord-est de Tamchakett, a été fouillée de 1960 à 1976 par l’équipe de Jean Devisse, Serge et Denise Robert : maisons de pierre et de brique crue, lampes à huile et céramiques vernissées importées d’Ifriqiya, métallurgie du cuivre. Et à Essouk-Tadmekka, sur le versant nigérien du réseau, Sam Nixon et Thilo Rehren ont mis au jour des creusets et des moules à flans monétaires piquetés d’or, des IXᵉ-Xᵉ siècles. Al-Bakri écrivait que l’on frappait là des dinars nus, sans inscription ; on tenait le propos pour une exagération de voyageur. Le sol lui a donné raison.
1076, la conquête qui manque à l’appel
Al-Bakri écrit en 1068 et s’arrête là. Le récit que tout le monde connaît, celui d’une armée almoravide fondant sur la capitale et brisant le royaume en 1076, ne repose pas sur lui. Il repose sur deux textes, et il faut les peser un par un.
Le premier est d’al-Zuhri, géographe de Grenade actif dans les années 1130-1150. Il écrit que les gens de Ghana restèrent dans leur incroyance jusqu’à l’année 1076 (469 de l’hégire), quand parut Yahya ibn Abi Bakr, émir des Massoufa, et qu’ils devinrent alors musulmans, et bons musulmans. Pas de siège, pas de sac, pas de tribut : une conversion. Un détail achève de fragiliser l’ancrage. Dans l’édition procurée par Mahammad Hadj-Sadok en 1968, la date lue n’est pas 469 mais 496, soit un quart de siècle plus tard. La date la plus célèbre de l’histoire du Sahel médiéval tient à deux points diacritiques.
Le second texte est d’Ibn Khaldoun, qui écrit en 1394 d’après un informateur, le faqīh de Ghana Uthmān. Les Almoravides, y lit-on, affaiblirent Ghana et levèrent tribut jusqu’à ce que l’autorité de ses rois s’éteigne et que les Sosso l’absorbent. Trois siècles séparent le témoignage des faits. C’est sur cette base que David Conrad et Humphrey Fisher ont publié en 1982 et 1983 leur double article, appuyé sur le recueil de sources arabes que Joseph Cuoq venait de donner en 1975 : aucune source, externe ou interne, n’atteste sans ambiguïté une conquête almoravide de Ghana, et les traditions orales soninké attribuent la dispersion de Wagadou à la sécheresse, pas à une armée.
L’archéologie ne comble pas le vide. Dans le secteur fouillé de Koumbi Saleh, la séquence est continue. Sophie Berthier constate qu’aucun des grands épisodes racontés par les textes, poussée almoravide, incursion sosso, expansion mandingue, n’est enregistré dans le sol. Barbara van Doosselaere, en reprenant l’assemblage céramique, repère bien des changements techniques au début du XIIIᵉ siècle, mais dans les manières de préparer la pâte et de monter les récipients, pas dans les traces d’un incendie. Pekka Masonen et Humphrey Fisher ont retracé en 1996 la fabrication de l’événement dans l’érudition moderne. Le cas voisin est parlant : Maurice Delafosse en 1912, puis Raymond Mauny, attribuaient l’abandon brutal du site aux conquêtes de Soundiata ; au moment supposé de cette destruction, l’occupation se maintient et s’intensifie.
Reste à donner au camp adverse ce qu’il a de meilleur, car il a mieux qu’une habitude. Un fait almoravide est solidement attesté au sud du Sahara, et par un contemporain : la prise d’Aoudaghost, que raconte al-Bakri lui-même. Sheryl Burkhalter a soutenu en 1992 que le silence des sources reflète la structure de l’historiographie almoravide plutôt que l’inexistence des faits, et qu’une expédition menée vers 1076 par Yahya ibn Abi Bakr reste plausible. Dierk Lange, travaillant sur les épitaphes royales de Gao-Sané, maintient qu’une pression politique almoravide a compté dans le délitement du royaume, même sans conquête militaire. Et le tombeau à colonnes de Koumbi Saleh, le plus grand monument de la nécropole, a livré des datations qui tombent exactement dans la fenêtre almoravide. Que les Almoravides aient pesé sur le Sahel, personne ne le conteste. Reste à savoir si l’on peut en tirer une date, une bataille et une chute.
Ce que le sable ne rend pas
Aucun texte produit dans le royaume lui-même n’est parvenu jusqu’à nous. Tout vient d’auteurs extérieurs, écrivant en arabe à des milliers de kilomètres, et de traditions orales fixées par écrit huit siècles après les faits. Les chiffres de population que l’on croise pour la capitale, quinze mille, vingt mille, trente mille habitants, sont des estimations d’archéologues à partir de superficies, jamais des dénombrements. L’identification du site n’est pas verrouillée. En 1914, Bonnel de Mézières hésitait entre plusieurs champs de ruines du sud-est mauritanien, et l’hésitation n’est pas entièrement levée chez les historiens, quand la culture populaire et les traditionnistes de Mauritanie, du Mali et du Sénégal ont tranché depuis longtemps pour Koumbi Saleh. Enfin, le site reste presque entier sous le sable : un secteur d’habitat, une mosquée, quelques bâtiments, sur une agglomération de dix kilomètres de rayon.
Un objet, pourtant, a fini par parler. Le tombeau à colonnes est connu depuis 1914 et n’avait jamais été daté autrement que dans une fourchette d’un millénaire. En 2015, une équipe conduite par Chloé Capel a repris le dossier grâce à des ossements prélevés dans la voûte cette année-là et oubliés depuis dans les réserves du Musée de l’Homme, à Paris. Trois crânes, datés sur la fraction apatite de l’os et de la dent : les trois hommes sont morts entre la fin du XIᵉ siècle et le XIIᵉ. On ne sait toujours pas qui ils étaient.
Pour aller plus loin
Ce dossier touche à l’empire du Mali, qui hérite au XIIIᵉ siècle des routes de l’or et dont l’historiographie pose exactement les mêmes problèmes de sources tardives. Il croise l’histoire des Almoravides, mouvement saharien devenu dynastie andalouse, et celle du commerce transsaharien du sel, de Taghaza à Sijilmassa, dont les cités caravanières mauritaniennes gardent la trace.
On répète depuis un siècle que l’empire du Ghana est mort en 1076, écrasé par une armée venue du désert. Ce royaume occupait une bande de savane sèche entre le Sahara et les grands fleuves, dans le sud-est de l’actuelle Mauritanie et l’ouest du Mali. Il vivait de l’or et du sel. Sa date de chute est souvent la seule chose que l’on en retienne. C’est aussi la plus fragile.
Le mot désignait un homme
Ghana n’était pas le nom du pays. C’était le titre que l’on donnait au souverain, comme ailleurs on dit le sultan ou le calife. Les habitants appelaient leur royaume Wagadou, et ce nom-là nous vient des récits transmis de bouche à oreille. Le pays africain qui porte aujourd’hui le nom de Ghana se trouve à quinze cents kilomètres de là, vers le sud-est. Il l’a choisi en 1957, à son indépendance.
Le roi garde les pépites
Presque tout ce que l’on sait du royaume vient d’un seul livre, achevé par un savant de Cordoue. L’homme n’a jamais quitté l’Espagne musulmane. Il interroge les marchands qui reviennent du sud, et ses chiffres sont nets. Un âne chargé de sel paie une pièce d’or pour entrer dans le pays. Il en paie le double pour ressortir.
Le même livre donne une règle qui en dit long sur ce pouvoir. Les grosses pépites reviennent au roi, la poudre d’or reste aux habitants. L’auteur explique pourquoi. Si chacun pouvait entasser du métal, l’or finirait par ne plus rien valoir. Le souverain protège ainsi le prix de ce qu’il vend au reste du monde.
Aucun de ces auteurs n’a vu les mines. Ils situaient l’or très loin vers le sud et racontaient un troc silencieux, où les deux parties déposaient tour à tour leurs marchandises sans jamais se voir ni se parler. Les spécialistes ont montré que cette scène se recopie d’un livre à l’autre depuis l’Antiquité grecque. Elle mesure l’ignorance des voyageurs, et rien d’autre.
La ville que personne n’a retrouvée
Le livre décrit une capitale coupée en deux. D’un côté une ville de marchands musulmans, avec ses mosquées, ses juges et ses lettrés payés. De l’autre, à six milles de là, la ville du roi, son palais et un bois sacré où aucun étranger n’entre. Les souverains y sont enterrés sous des collines de terre.
Les archéologues fouillent depuis 1914 un site du sud-est mauritanien, Koumbi Saleh. Ils y ont dégagé une mosquée, des maisons de pierre et des rues tracées au cordeau. Ils y ont trouvé une occupation qui dure un millénaire. Ils n’y ont trouvé aucune inscription donnant au lieu le nom de Ghana, et la ville du roi reste introuvable.
La conquête que les textes ne racontent pas
Le savant de Cordoue écrit quelques années avant la date fatidique, puis le silence retombe. Pour l’année 1076, on ne dispose que de deux textes plus tardifs. Le premier, rédigé bien après, dit seulement que les gens du pays sont devenus musulmans. Il ne parle ni de siège, ni de sac, ni de tribut. Le second est écrit trois siècles plus tard.
Deux historiens, David Conrad et Humphrey Fisher, ont repris ce dossier dans les années 1980. Ils n’y ont trouvé aucune preuve claire d’une conquête. Les récits transmis oralement dans la région expliquent la dispersion du royaume par la sécheresse, pas par une armée. Le sol ne montre ni incendie ni rupture, et la ville continue même de grandir.
L’autre camp conserve de vrais arguments. Les guerriers venus du désert, que l’on appelle les Almoravides, ont bien pris une grande ville marchande du Sahara, et un témoin du temps le raconte. Leur pression politique a compté dans l’affaiblissement du royaume. Le plus grand tombeau du site a même été daté de leur époque. Ce qui manque, c’est la bataille.
Du quartier royal, de son palais et de ses tombes recouvertes de terre, on n’a pour l’instant pas retrouvé une seule pierre.
L’article complet donne le tarif douanier en entier, la querelle sur une date qui se lit de deux façons selon les manuscrits, et les trois crânes datés cent ans après leur découverte.
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Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Al-Bakri, *Kitāb al-Masālik wa-l-Mamālik*, achevé à Cordoue en 1068 (460 de l’hégire), notice sur le pays de Ghana : tarif douanier, capitale double, régime des pépites, funérailles royales traduction Mac Guckin de Slane, *Description de l’Afrique septentrionale*, Paris, Imprimerie impériale, 1859, p. 381-389
- Al-Bakri, même ouvrage, notice sur la prise d’Aoudaghost par les Almoravides même traduction
- Al-Zuhri, *Kitāb al-Djaʿrāfiyya*, notice sur Ghana, mention de l’islamisation en 469 de l’hégire, avec la variante 496 édition de Mahammad Hadj-Sadok, *Bulletin d’études orientales* 21, 1968, p. 6-107
- Ibn Hawqal, *Kitāb Ṣūrat al-arḍ*, Xᵉ siècle, notice sur Aoudaghost et reconnaissance de dette de 42 000 dinars sur Sijilmassa traduit dans Levtzion et Hopkins, *Corpus of Early Arabic Sources for West African History*
- Ibn Khaldoun, *Kitāb al-ʿIbar*, notice sur les Almoravides et Ghana rédigée en 1394 d’après le faqīh de Ghana Uthmān traduit dans le même *Corpus*
- Tombeau à colonnes de Koumbi Saleh, Hodh oriental, Mauritanie : trois crânes prélevés dans la voûte principale en 1914, conservés au Musée de l’Homme, Paris, datés par spectrométrie de masse par accélérateur sur fraction apatite
- Mosquée et secteur d’habitat de Koumbi Saleh, fouillés entre 1914 et 1981, séquence radiocarbone calibrée des Vᵉ-VIᵉ siècles au XVIIᵉ
- Creusets et moules à flans monétaires en or d’Essouk-Tadmekka, Mali, IXᵉ-Xᵉ siècle Institut des sciences humaines, Mali
- Tell de Tegdaoust, identifié à Aoudaghost, 12 hectares, à 34 km au nord-est de Tamchakett, Mauritanie, fouillé de 1960 à 1976
Bibliographie
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Sources en ligne
- « Description de l’Afrique septentrionale / par El-Bekri ; traduite par Mac Guckin de Slane » Gallica, Bibliothèque nationale de France
- « Site archéologique de Kumbi Saleh » UNESCO, Centre du patrimoine mondial, listes indicatives
- « Technologie céramique et Histoire à Koumbi Saleh : premiers résultats, premiers enjeux » Afrique : Archéologie & Arts, OpenEdition Journals
- « Pourquoi un « cahier Koumbi Saleh » ? » Afrique : Archéologie & Arts, OpenEdition Journals
- « The End of a Hundred-Year-Old Archaeological Riddle : First Dating of the Columns Tomb of Kumbi Saleh (Mauritania) » Radiocarbon, Cambridge Core
- « New light on the early Islamic West African gold trade : coin moulds from Tadmekka, Mali » Antiquity, Cambridge Core
- « The Conquest That Never Was : Ghana and the Almoravids, 1076. II. The Local Oral Sources » History in Africa, Cambridge Core