Justinien et Théodora : le couple qui voulut refaire l’Empire

Meister von San Vitale in Ravenna / Wikimedia Commons

Le père de Théodora gardait les ours. Il s’appelait Acacius, il nourrissait les fauves de la faction des Verts à l’hippodrome de Constantinople, et sa mort a laissé trois filles sans ressources. Le détail ne vient que d’un livre, un pamphlet que son auteur n’a jamais publié de son vivant. Ce même auteur, Procope de Césarée, a consacré deux autres ouvrages au règne de Justinien. Ils disent l’inverse.

Un homme, trois livres, deux Théodora

Procope a suivi le général Bélisaire comme conseiller juridique et secrétaire, en Perse, en Afrique, en Italie. Il en a tiré les Guerres, dont les sept premiers livres paraissent vers 551, puis les Constructions, panégyrique des chantiers impériaux. Et il a laissé les Anekdota, « les choses inédites », que le français appelle l'Histoire secrète.

Un même épisode y reçoit deux lectures inconciliables. Théodora fait ramasser des prostituées dans la capitale et les installe dans un couvent de la rive asiatique du Bosphore, la Métanoia, le « Repentir ». Aux Constructions, livre I, chapitre 9, c’est une œuvre de charité. À l'Histoire secrète, chapitre XVII, c’est un enfermement, et certaines se jettent par les fenêtres pour en sortir. Cinq cents femmes, avance le pamphlet. Aucune autre source ne confirme le chiffre, et on ignore ce que ces femmes sont devenues.

La chaîne de transmission est fragile. La Souda, lexique byzantin du Xᵉ siècle, donne la première mention certaine des Anekdota : sa notice Π 2479 les présente comme un neuvième livre des Guerres. Le plus ancien manuscrit conservé date du XIVᵉ siècle, le Vat. gr. 1001 de la Bibliothèque vaticane, et le texte n’est imprimé qu’en 1623, à Lyon, par Nicolas Alemanni. Huit siècles séparent la rédaction de la copie survivante.

Tout ce qu’on croit savoir de la jeunesse de Théodora passe donc par un homme qui la déteste, et Leslie Brubaker a montré que la charge sexuelle du pamphlet vise d’abord Justinien : salir l’impératrice était une façon d’atteindre l’empereur. La correction inverse ne vaut pas mieux : la Théodora des manuels, danseuse devenue femme d’État, doit beaucoup au livre que Charles Diehl lui consacre en 1904, contre le mélodrame qui en avait fait une intrigante de théâtre. Anthony Kaldellis, lui, lit les trois ouvrages comme une seule entreprise littéraire, bâtie sur des allusions classiques.

La clause qui efface « toute autre tache »

Le droit romain interdisait de longue date à un sénateur d’épouser une actrice, et l’infamie du théâtre ne s’effaçait pas : on ne cessait jamais d’avoir été actrice. Vers 520-523, une constitution de Justin Iᵉʳ, entrée au Code sous la référence V, 4, 23, ouvre une porte. Elle invoque la faiblesse du sexe, l'imbecillitas sexus, pour excuser un « choix irréfléchi », promet à la repentie qu’elle sera « pour ainsi dire rendue à sa naissance », et interdit qu’on la désigne encore par le mot déshonorant.

Vient ensuite un paragraphe discret. La femme qui a reçu une haute dignité sans avoir eu à supplier l’empereur voit disparaître la tache du théâtre et, avec elle, « toute autre tache » empêchant un mariage. David Daube a lu cette formule pour ce qu’elle est, une assurance dynastique : Théodora passait pour avoir été prostituée, catégorie que le droit ne réhabilitait pas et que Justinien empereur n’a jamais réhabilitée. Le texte ne concède rien : il neutralise l’accusation sans nommer personne. John Bagnell Bury objectait que cette loi était inutile, Théodora ayant déjà reçu le patriciat ; la disposition qui rend une patrice libre d’épouser qui elle veut se trouve précisément dans cette loi.

L’impératrice Euphémie s’y opposait, elle que Justin avait achetée comme esclave, affranchie, puis fait monter sur le trône sous un nom neuf. Elle meurt vers 523 ou 524, le mariage suit vers 525. Dix ans plus tard, l’administration enregistre le résultat : le serment annexé à la Novelle 8, en 535, fait jurer les gouverneurs de province aux deux souverains, l’empereur et l’épouse de son trône.

Sept jours de janvier, et un chiffre que personne n’a compté

Le 13 janvier 532, l’hippodrome est plein. Trois jours plus tôt, une pendaison a échoué : la corde a cédé deux fois, un Bleu et un Vert ont survécu et se sont réfugiés dans une église. Justinien refuse la grâce. Les deux factions, ennemies héréditaires, se rassemblent sur un mot d’ordre commun, Nika, « vaincs ». Une semaine d’incendies suit. La première Sainte-Sophie brûle. Le sénateur Hypatios, neveu de l’empereur Anastase, est porté au trône par la foule.

C’est ici que Procope place le discours de Théodora, aux Guerres, livre I, chapitre 24 : elle refuse la fuite devant un conseil qui faisait déjà préparer les navires. Le morceau obéit aux règles de la rhétorique antique, ce qui n’établit ni qu’elle l’ait prononcé ni qu’elle se soit tue. Bélisaire et Mundus entrent ensuite dans l’hippodrome par deux portes.

Procope écrit plus de trente mille morts. Jean Malalas, fonctionnaire dans la capitale, raconte la même journée au livre XVIII de sa Chronographie. Le chiffre ne sort d’aucun dénombrement : il n’existait ni registre des victimes ni service chargé de les compter. Un ordre de grandeur, rien de plus. Le chantier qui suit, lui, est daté. Anthémios de Tralles et Isidore de Milet relèvent Sainte-Sophie entre 532 et 537 ; après les séismes de 553 et de décembre 557, la coupole s’effondre le 7 mai 558 sur l’ambon et l’autel. Isidore le Jeune la refait plus haute, et la seconde dédicace a lieu en 562. Le dôme qu’on voit aujourd’hui culmine à 55,6 mètres et date de la fin du règne, pas du début.

Deux guerres et cent cinquante mille lignes

L’Afrique vandale tombe en une campagne, de l’été 533 au printemps 534 ; l’Italie ostrogothique prend vingt ans, de 535 à 554, et le pays en sort ravagé. Ces guerres ont fait la réputation du règne, son œuvre la plus durable tient dans une bibliothèque.

Le premier Code est promulgué le 7 avril 529, le Digeste le 16 décembre 533. La constitution Tanta, qui lui donne force de loi, chiffre elle-même le travail de la commission dirigée par Tribonien : près de deux mille livres de jurisprudence lus, plus de trois millions de lignes, ramenés à cinquante livres et cent cinquante mille lignes. Les Institutes paraissent le 21 novembre 533, la seconde édition du Code le 16 novembre 534. Les Novelles, lois nouvelles du règne, sont ensuite rédigées pour l’essentiel en grec, signe que le latin recule dans l’administration d’Orient.

De ce chantier subsiste un objet unique. Le Codex Florentinus, dit Littera Florentina, est un exemplaire du Digeste copié au VIᵉ siècle, à peu près contemporain de la promulgation : 907 feuillets de parchemin de 36,6 sur 31 centimètres, à Florence, Biblioteca Medicea Laurenziana, cote Pandette, sans numéro. Toute la tradition médiévale du Digeste, et avec elle l’enseignement du droit à Bologne à partir du XIᵉ siècle, dépend de ce volume ou d’un intermédiaire perdu qui en dérivait.

La peste et le silence des lois

En 541, une épidémie est signalée à Péluse, sur la bordure orientale du delta du Nil ; au printemps 542 elle est à Constantinople. Procope l’a vue et décrite aux Guerres, livre II, chapitres 22 et 23. Un second témoin oculaire, le clerc syriaque Jean d’Éphèse, ne nous parvient qu’inséré dans une chronique postérieure attribuée à Pseudo-Denys de Tell-Mahré. Les deux avancent des pointes de dix mille morts par jour, dans une ville d’environ un demi-million d’habitants, et Jean précise que les fonctionnaires ont fini par cesser de compter. Justinien a contracté la maladie et en a réchappé.

Le débat des dernières années ne porte pas sur l’existence de l’épidémie mais sur ses effets. En 2019, Lee Mordechai et Merle Eisenberg publient dans Past and Present, puis avec plusieurs coauteurs dans les PNAS, une réévaluation à la baisse : une pandémie sans conséquences, presque invisible dans les papyrus, les monnaies, les pollens et les sépultures. Peter Sarris leur a répondu en 2022 sur leur propre terrain. Entre l’avènement de 527 et l’année 541, on conserve environ 530 lois de Justinien ; entre 546 et la fin du règne, il en reste dix-neuf. Trente-cinq par an, puis une. Et les textes du creux nomment la chose : l’Édit 7, de mars 542, sur les banquiers et les héritiers de débiteurs morts, se dit rédigé dans l’encerclement de la mort ; la Novelle 122, en 544, plafonne prix et salaires parce que ouvriers et artisans réclament le double ou le triple de l’usage ; la Novelle 158, la même année, tranche une succession ouverte à Antioche par la mort d’une mère puis de sa fille « dans la récente épidémie de peste ».

L’apport des laboratoires est net et strictement borné. Yersinia pestis a été identifié en 2014, puis séquencé à haute couverture en 2016, dans deux cimetières bavarois. En 2019, l’équipe de Marcel Keller a criblé les restes humains de vingt et un sites répartis dans cinq pays d’Europe occidentale et reconstitué huit génomes. À Edix Hill, dans le Cambridgeshire, la bactérie apparaît chez près de 40 % des individus dont l’ADN a pu être exploité, et la souche y est la plus ancienne connue de la pandémie. Ces proportions ne donnent aucun taux de mortalité : à Aschheim, sur 456 corps exhumés, dix-neuf seulement ont été échantillonnés. Surtout, la carte restait vide là où les textes placent le foyer. Il a fallu 2025 et une fosse commune murée sous l’hippodrome abandonné de Gérasa, en Jordanie, pour obtenir cinq génomes en Méditerranée orientale. Gérasa est à 330 kilomètres de Péluse. De Constantinople, aucun.

Deux cortèges face à face

À Ravenne, l’archevêque Maximien consacre Saint-Vital en 547. De part et d’autre de l’abside, deux cortèges se répondent : l’empereur portant une patène, l’impératrice tenant un calice, chacun entouré de sa cour. Ni l’un ni l’autre n’a jamais vu Ravenne. Un seul nom est écrit dans ces mosaïques, au-dessus de l’évêque : MAXIMIANVS. Tous les autres visages sont identifiés par déduction, et Irina Andreescu-Treadgold et Warren Treadgold ont soutenu en 1997 que les panneaux ont connu deux états, la tête de l’évêque Victor ayant été remplacée par celle de Maximien en 548. Leur clé de lecture des autres figures vient des livres de Procope.

Le couple que ces murs donnent à voir uni ne l’était pas en matière de foi. Justinien poursuivait l’unité autour du concile de Chalcédoine : il déposa le pape Silvère, contraignit son successeur Vigile, réunit en 553 le deuxième concile de Constantinople. Théodora logeait le camp adverse au palais d’Hormisdas, à commencer par Théodose, patriarche d’Alexandrie déposé. C’est lui qui consacra évêque d’Édesse le moine Jacques Baradée, au début des années 540, les sources hésitant entre 541 et 543. Les ordinations qu’il mena ensuite ont produit une hiérarchie parallèle, à l’origine de l’Église syriaque orthodoxe. Théodora meurt le 28 juin 548 ; Justinien lui survit dix-sept ans et s’éteint en novembre 565.

Reste le portrait le plus reproduit du règne. Au Louvre, salle 501, un feuillet de diptyque impérial en ivoire d’éléphant montre un empereur à cheval, la lance fichée dans le sol, un barbare tenu au bout du fer, le Christ bénissant au-dessus de lui. Trente-quatre centimètres sur vingt-sept, Constantinople, entre 525 et 550, numéro d’inventaire OA 9063. Au revers, une main du VIIᵉ siècle a copié une liste de noms du royaume d’Austrasie. Sur le cartel, le musée écrit : « l’Empereur triomphant (Justinien ?) ».

Pour aller plus loin

Ce dossier croise l’histoire de Sainte-Sophie, dont deux états successifs répondent au même problème de poussée. Il rejoint la Ravenne de Théodoric, dont les mosaïques de Saint-Apollinaire-le-Neuf portent la trace des figures effacées après la conquête byzantine, et la peste noire de 1347-1352, dont la documentation comptable autorise ce que le VIᵉ siècle interdit : compter.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Procope de Césarée, *Histoire secrète (Anekdota)*, IX (origine et famille de Théodora), XVII (le couvent de la Métanoia), IV, 1 (maladie de Justinien) ; plus ancien manuscrit conservé, XIVᵉ siècle Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. gr. 1001
  2. Procope de Césarée, *Guerres*, I, 24 (sédition Nika, discours de Théodora, bilan des morts) et II, 22-23 (la peste à Constantinople)
  3. Procope de Césarée, *Constructions (De aedificiis)*, I, 9 (fondation du couvent de la Métanoia)
  4. Jean Malalas, *Chronographie*, livre XVIII récit contemporain de la sédition de janvier 532
  5. *Souda*, notice Π 2479 plus ancienne mention certaine des *Anekdota*, présentées comme un neuvième livre des *Guerres*
  6. Code Justinien, V, 4, 23 constitution de Justin Iᵉʳ (520-523) sur la réhabilitation des actrices repenties et l’effacement de « toute autre tache »
  7. Novelle 8 de Justinien (535), serment annexé prestation de serment des gouverneurs aux deux souverains
  8. Édit 7 (mars 542), Novelle 122 (544, prix et salaires), Novelle 158 (544, succession ouverte à Antioche par la peste) textes législatifs de la période épidémique
  9. Constitution *Tanta* (16 décembre 533), § 1 décompte officiel des livres et des lignes réduits par la commission de Tribonien
  10. Digeste, exemplaire dit *Littera Florentina* ou *Codex Florentinus*, parchemin, 907 feuillets de 36,6 × 31 cm, VIᵉ siècle Florence, Biblioteca Medicea Laurenziana, Pandette, s. n.
  11. Feuillet de diptyque en cinq parties : l’Empereur triomphant (Justinien ?), dit ivoire Barberini, ivoire d’éléphant, 34,2 × 26,8 cm, Constantinople, 525-550, liste de noms austrasiens du VIIᵉ siècle au revers Musée du Louvre, OA 9063 ; MND 211, aile Richelieu, salle 501
  12. Panneaux impériaux de l’abside de la basilique Saint-Vital de Ravenne, mosaïque, milieu du VIᵉ siècle, seul personnage nommé par inscription : MAXIMIANVS
  13. Jean d’Éphèse, récit de la peste de 542 à Constantinople, conservé par insertion dans la *Chronique* dite de Pseudo-Denys de Tell-Mahré, troisième partie
  14. Jean d’Éphèse, *Vies des bienheureux orientaux*, éd. et trad. Ernest W. Brooks, *Patrologia Orientalis* 17, 1923 notices sur les clercs anti-chalcédoniens protégés par Théodora
  15. Fosse commune des chambres W2 et W3 de l’hippodrome abandonné de Gérasa (Jerash, Jordanie), vers 550-660, huit dents prélevées, cinq génomes de *Yersinia pestis*

Bibliographie

  1. Pierre Maraval, *Justinien. Le rêve d’un empire chrétien universel*, Paris, 2016, 427 p. Tallandier
  2. Georges Tate, *Justinien. L’épopée de l’Empire d’Orient, 527-565*, Paris, 2004 Fayard
  3. Procope de Césarée, *Histoire secrète*, traduit et commenté par Pierre Maraval, Paris, 1990, 214 p., « La roue à livres » Les Belles Lettres
  4. Anthony Kaldellis, *Procopius of Caesarea : Tyranny, History, and Philosophy at the End of Antiquity*, Philadelphie, 2004, 320 p. University of Pennsylvania Press
  5. Leslie Brubaker, « Sex, lies and textuality : the Secret History of Prokopios and the rhetoric of gender in sixth-century Byzantium », dans Leslie Brubaker et Julia M. H. Smith (dir.), *Gender in the Early Medieval World : East and West, 300-900*, Cambridge, 2004 Cambridge University Press
  6. Brian Croke, « Procopius, from Manuscripts to Books : 1400-1850 », *Histos Supplement* 9, 2019 Histos
  7. David Daube, « The Marriage of Justinian and Theodora. Legal and Theological Reflections », *Catholic University Law Review* 16 (4), 1967, p. 380 et suiv. Catholic University of America
  8. Irina Andreescu-Treadgold et Warren Treadgold, « Procopius and the Imperial Panels of S. Vitale », *The Art Bulletin* 79 (4), 1997, p. 708-723 College Art Association
  9. David J. D. Miller et Peter Sarris (dir.), *The Novels of Justinian : A Complete Annotated English Translation*, Cambridge, 2018 Cambridge University Press
  10. Peter Sarris, « Viewpoint : New Approaches to the « Plague of Justinian » », *Past & Present* 254 (1), 2022, p. 315-346, DOI 10,1093/pastj/gtab024 Oxford University Press
  11. Lee Mordechai et Merle Eisenberg, « Rejecting Catastrophe : The Case of the Justinianic Plague », *Past and Present* 244, 2019, p. 3-50 Oxford University Press
  12. Lee Mordechai, Merle Eisenberg, Timothy P. Newfield et alii, « The Justinianic Plague : An Inconsequential Pandemic ? », *PNAS* 116 (51), 2019, p. 25546-25554, DOI 10,1073/pnas.1903797116 PNAS
  13. Mischa Meier, « The « Justinianic Plague » : An « Inconsequential Pandemic » ? A Reply », *Medizinhistorisches Journal* 55, 2020, DOI 10,25162/mhj-2020-0006 Franz Steiner Verlag
  14. Marcel Keller et alii, « Ancient Yersinia pestis genomes from across Western Europe reveal early diversification during the First Pandemic (541-750) », *PNAS* 116 (25), 2019, p. 12363-12372, DOI 10,1073/pnas.1820447116 PNAS
  15. Michal Feldman et alii, « A High-Coverage Yersinia pestis Genome from a Sixth-Century Justinianic Plague Victim », *Molecular Biology and Evolution* 33 (11), 2016, p. 2911-2923 Oxford University Press
  16. David M. Wagner et alii, « Yersinia pestis and the Plague of Justinian 541-543 AD : a genomic analysis », *The Lancet Infectious Diseases* 14 (4), 2014, p. 319-326 Elsevier
  17. Swamy R. Adapa et alii, « Genetic Evidence of Yersinia pestis from the First Pandemic », *Genes* 16 (8), 2025, article 926, DOI 10,3390/genes16080926 MDPI